Harissa

Piments séchés, ail, carvi et huile d’olive : la pâte rouge tunisienne qui relève couscous, merguez et shakshuka.

Harissa tunisienne rouge en coupelleImage générée par IA

Harissa : qu’est-ce que c’est ?

La harissa est une pâte de piments rouges séchés, réhydratés puis pilés avec de l’ail, du sel, de l’huile d’olive et des épices, surtout le carvi et la coriandre, parfois le cumin. Son nom vient d’un verbe arabe qui signifie « piler, broyer ». Originaire de Tunisie, elle se vend en tube, en boîte ou en bocal, et se prépare aussi à la maison, plus ou moins forte.

Sa force dépend des piments et de la recette : certaines harissas en tube sont brûlantes, d’autres, dites douces ou artisanales, surtout parfumées. On ne la confond pas avec le ras-el-hanout, mélange d’épices en poudre, ni avec le sambal oelek indonésien, à base de piments frais et plus acide. Il existe aussi des variantes à la tomate séchée, aux poivrons grillés ou à la rose.

En Tunisie, elle accompagne le couscous, les ragoûts, les merguez et la salade méchouia, et se sert à l’apéritif arrosée d’huile d’olive. Elle relève la sauce tomate de la shakshuka, se glisse dans la sauce d’un kebab maison ou dans la marinade de brochettes de kefta, et parfume la chorba et les légumes rôtis.

Fiche d’identité

Origine

La harissa est née en Tunisie après l’arrivée du piment, rapporté des Amériques par les échanges méditerranéens. Devenue le condiment national tunisien, inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, elle s’est diffusée en Algérie, en Libye et au Maroc, puis en France et dans toute l’Europe avec les populations venues du Maghreb.

Goût et texture

Piquant franc mais rond, adouci par l’huile d’olive, avec l’odeur chaude du piment séché, la note anisée du carvi et le parfum de l’ail. Texture de pâte épaisse ; cuite, elle se fond dans les sauces en les colorant.

Fabrication

Les piments rouges sont séchés, traditionnellement au soleil en guirlandes, puis épépinés, trempés dans l’eau chaude et égouttés. On les pile ou les mixe avec l’ail, le sel, le carvi et la coriandre moulus et de l’huile d’olive jusqu’à obtenir une pâte. Les versions industrielles sont conditionnées en tube ou en boîte, parfois avec du concentré de tomate.

Comment cuisiner : harissa

Faites-la revenir 20 à 30 secondes dans l’huile avec les aromates, puis mouillez aussitôt pour qu’elle ne brûle pas. Pour un plat de 4 personnes, commencez par une demi-cuillère à café, goûtez après quelques minutes de cuisson et ajustez. Pour une sauce de table, détendez une cuillère de harissa avec de l’huile d’olive, du jus de citron ou un peu de bouillon.

Bien le conserver

  • Après ouverture au réfrigérateur, surface couverte d’une fine couche d’huile d’olive.
  • En tube bouchon bien refermé, au frais, selon la date indiquée.
  • Harissa maison quelques semaines au réfrigérateur, en bocal sous l’huile.

Par quoi le remplacer ?

  • Le sambal oelek, enrichi d’ail, de carvi et de coriandre, s’en rapproche le plus. On peut aussi mixer des piments séchés réhydratés avec ces épices et de l’huile d’olive ; en dépannage, une pincée de piment de Cayenne et de paprika dans un peu d’huile apporte couleur et piquant.

Recettes avec harissa 5

Mloukhia – vue principale

Mloukhia tunisienne au bœuf

5 h 05 Intermédiaire
Shakshuka aux œufs, tomates et poivrons

Shakshuka traditionnelle

55 min Intermédiaire
Couscous royal avec semoule, légumes, agneau, poulet et merguez

Couscous royal

2 h 40 Intermédiaire
Il vous reste harissa ? Trouvez quoi cuisiner avec ce que vous avez

Questions fréquentes : harissa

La harissa est-elle très piquante ?

Sa force varie beaucoup d’un produit à l’autre. Certaines harissas en tube sont franchement brûlantes, d’autres, artisanales ou dites douces, surtout parfumées. Le plus prudent est de commencer par une pointe de couteau ou une demi-cuillère à café, de laisser cuire quelques minutes, puis de goûter avant d’en rajouter. Servie à part, elle permet à chacun de relever son assiette selon sa tolérance au piment.

Comment faire une harissa maison ?

On fait tremper des piments rouges séchés, épépinés, dans l’eau chaude une trentaine de minutes, puis on les égoutte. On les mixe ou on les pile avec quelques gousses d’ail, du sel, des graines de carvi et de coriandre moulues et un filet d’huile d’olive, jusqu’à obtenir une pâte épaisse. Mise en bocal et recouverte d’huile, elle se garde quelques semaines au réfrigérateur.

Comment conserver la harissa après ouverture ?

Une fois ouverte, la harissa se garde au réfrigérateur. En bocal, on lisse la surface et on la recouvre d’une fine couche d’huile d’olive, qui la protège de l’air et des moisissures ; on la renouvelle après chaque usage. En tube, on referme bien le bouchon. On se sert toujours avec une cuillère propre et sèche, et on respecte la durée indiquée par le fabricant.

Comment adoucir un plat trop relevé à la harissa ?

Le piquant se calme avec des ingrédients gras ou lactés : une cuillère de yaourt, de crème ou de lait de coco, un filet d’huile d’olive ou un peu de beurre. On peut aussi allonger la sauce avec des tomates concassées, du bouillon ou des légumes supplémentaires, et ajouter une pincée de sucre ou un peu de miel. À table, du pain, de la semoule ou du riz atténuent la sensation de brûlure.

Quelle est la différence entre harissa et sambal oelek ?

Ce sont deux pâtes de piment, mais d’origines et de goûts différents. La harissa maghrébine associe généralement des piments séchés, de l’ail, de l’huile et des épices comme le carvi et la coriandre : elle est ronde et parfumée. Le sambal oelek indonésien est fait de piments frais broyés avec du sel et souvent du vinaigre : il est plus vif, plus acide et sans épices. On peut les échanger en ajustant l’assaisonnement.