Lexique culinaire Cuisson

Flamber

verbe transitif

Arroser une préparation d’alcool fort tiédi puis l’enflammer pour en brûler une partie et garder ses arômes ; aussi, passer une volaille à la flamme pour brûler son duvet.

Employé dans 12 recettes
  • Alcool adaptéAlcool fort, autour de 40 % vol.
  • Dose couranteSouvent 2 à 5 cl pour 4 personnes
  • TempératureTiédi, jamais bouilli
  • Durée des flammes30 secondes à 1 minute environ
  • HotteÉteinte pendant le flambage
  • Flammes trop hautesCouvrir la sauteuse, jamais d’eau

À quoi sert le flambage ?

Un trait de cognac, de calvados ou d’armagnac apporte à une sauce un parfum profond, mais l’alcool cru laisse un goût piquant. En l’enflammant, on en brûle une partie en quelques dizaines de secondes, et la chaleur des flammes caramélise légèrement les sucs et la surface des morceaux. C’est ce que l’on fait avec le calvados du poulet Vallée d’Auge, le cognac de la lotte à l’armoricaine, de la sauce Nantua ou du canard à la rouennaise, le genièvre d’un coq à la bière.

Contrairement à une idée répandue, le flambage n’élimine pas tout l’alcool : une partie reste dans la sauce, d’autant plus que la cuisson qui suit est courte. Pour un plat destiné à des enfants ou sans alcool, il faut remplacer l’alcool, pas seulement le flamber. Beaucoup de recettes laissent d’ailleurs le choix : flamber si les conditions sont sûres, ou simplement laisser réduire.

Comment flamber sans danger ?

Le geste se fait toujours hors du feu. On ne verse jamais directement depuis la bouteille au-dessus d’une sauteuse chaude : les vapeurs peuvent s’enflammer jusqu’au goulot. On mesure l’alcool dans un verre ou une petite casserole, on éteint la hotte, qui aspirerait les flammes vers son filtre gras, et on éloigne torchons et papier. L’alcool tiédi s’enflamme bien plus facilement qu’un alcool froid : on le chauffe doucement, sans le faire bouillir, on le verse sur la préparation, puis on approche une longue allumette par le côté, le visage en retrait.

Les flammes, bleutées et peu visibles en pleine lumière, s’éteignent seules en 30 secondes à une minute environ. On peut arroser les morceaux à la cuillère pendant ce temps. Si elles montent trop haut ou durent, un couvercle posé sur la sauteuse les étouffe aussitôt. On ne verse jamais d’eau : la sauteuse contient de la graisse chaude.

Quels alcools choisir ?

Les alcools forts, autour de 40 % vol., s’enflamment facilement : cognac, armagnac, calvados, rhum, whisky, genièvre, liqueurs d’orange pour les desserts comme les crêpes ou les bananes flambées. Le vin et la bière ne prennent pas feu à froid ; quand une recette bourguignonne demande de flamber le vin, on l’enflamme une fois porté à ébullition, quand ses vapeurs sont assez chargées en alcool, ce qui demande encore plus de prudence.

L’autre sens : flamber une volaille

Avant de cuire une poule, un chapon ou une pintade, on passe rapidement la peau au-dessus d’une flamme, celle du gaz ou d’un chalumeau de cuisine, pour brûler le duvet et les restes de plumes que la pince n’attrape pas. On le fait vite, en tournant la volaille, pour roussir les poils sans cuire la peau, puis on l’essuie. C’est l’une des premières étapes de la poule au pot farcie ou du chapon rôti aux marrons.

Comment flamber, pas à pas

  1. Préparer

    Mesurer l’alcool dans un verre, éteindre la hotte et dégager les alentours de tout ce qui peut brûler.

  2. Tiédir l’alcool

    Le chauffer quelques instants dans une petite casserole, sans le laisser bouillir.

  3. Retirer du feu

    Écarter la sauteuse de la flamme, puis verser l’alcool sur les morceaux.

  4. Enflammer

    Approcher une longue allumette par le côté, le visage et les bras en retrait.

  5. Laisser s’éteindre

    Arroser à la cuillère pendant que les flammes dansent, puis attendre qu’elles s’éteignent seules avant de reprendre la cuisson.

Les erreurs à éviter

  • Verser depuis la bouteille

    Les vapeurs peuvent s’enflammer jusqu’au goulot. On mesure toujours l’alcool à part, hors du feu.

  • Laisser la hotte allumée

    Elle aspire les flammes vers le filtre chargé de graisse. On l’éteint, et on la rallume une fois les flammes éteintes.

  • Utiliser un alcool froid

    Il ne prend pas, on insiste et on en remet trop. On le tiédit sans le faire bouillir et on l’enflamme dès qu’il est versé.

  • Croire que l’alcool a disparu

    Une partie reste dans la sauce. Pour des enfants ou un plat sans alcool, on remplace l’alcool plutôt que de compter sur le flambage.

Mettre en pratique : nos recettes avec « flamber »

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Questions fréquentes

Le flambage enlève-t-il tout l’alcool ?

Non. Les flammes brûlent une partie de l’alcool, mais une part reste dans le plat, surtout si la cuisson qui suit est courte. Une longue cuisson à découvert en réduit davantage, sans garantir de l’éliminer complètement.

Peut-on flamber avec du vin ?

À froid, non : le vin est trop peu alcoolisé pour s’enflammer. Porté à ébullition, ses vapeurs peuvent prendre feu, ce que font certaines recettes bourguignonnes. C’est plus imprévisible, et l’on peut se contenter de le faire réduire.

Pourquoi mon cognac ne s’enflamme pas ?

Il est trop froid, ou déjà dilué dans le jus de la sauteuse. On le tiédit à part et on l’enflamme aussitôt versé, avant qu’il se mélange au liquide de cuisson.

Par quoi remplacer l’alcool d’un plat flambé ?

Un fond, un bouillon ou un jus de fruit (jus de pomme pour le calvados, jus d’orange pour une liqueur d’orange) déglacent les sucs de la même façon. Le parfum n’est pas le même, mais la sauce garde sa profondeur.