Lexique culinaire Sauces & liaisons

Rectifier l’assaisonnement

locution verbale Aussi : ajuster l’assaisonnement

Goûter une préparation en fin de cuisson et corriger son goût en ajoutant, par petites quantités, ce qui lui manque : sel, poivre, acidité, sucre ou piment.

Employé dans 156 recettes
  • Quand goûterEn fin de cuisson, consistance finale atteinte
  • AjoutsPar pincées, en regoûtant entre deux
  • Plat servi froidLe goûter froid : le froid atténue les saveurs
  • Farce cruePoêler une noisette pour la goûter cuite
  • Fonds et réductionsSaler surtout à la fin

Pourquoi rectifier en fin de cuisson ?

Une sauce, une soupe ou un braisé change de goût en cuisant : le liquide réduit et concentre le sel, les aromates infusent, l’acidité du vin ou de la tomate s’arrondit. Saler fort au départ, c’est risquer un plat trop salé une fois réduit. On sale donc avec mesure au début, puis on goûte quand la préparation a atteint sa consistance finale, et on corrige. C’est le « goûter et rectifier » qui clôt la plupart des recettes, de la blanquette au veau Marengo.

Rectifier ne se limite pas au sel et au poivre. Une sauce peut manquer d’acidité, comme le trait de vinaigre qui termine une carbonnade ou le citron d’un taboulé ; de douceur, pour équilibrer une tomate trop acide ou une compote ; de piquant ou de sauce poisson dans un larb ; de muscade dans une purée. Il s’agit de retrouver l’équilibre propre au plat, pas d’en changer le caractère.

Comment goûter juste ?

On goûte avec une cuillère propre à chaque fois, jamais au doigt ni avec la cuillère de cuisson, et on laisse tiédir un instant : une bouchée brûlante masque les saveurs. On goûte à la température de service, car le froid atténue le sel et le sucre : un gazpacho, un céleri rémoulade ou une mayonnaise se goûtent froids.

On goûte aussi avec ce qui accompagnera le plat : une sauce avec une olive pour un veau aux olives, une béchamel en pensant au fromage qui gratinera dessus, une garniture d’endives en tenant compte du jambon déjà salé. Enfin, on ajoute par petites pincées ou quelques gouttes, en mélangeant et en regoûtant entre deux ajouts : on peut toujours en remettre, jamais en retirer.

Que faire si c’est trop salé ?

Il n’existe pas de remède miracle : il faut diluer. On ajoute du liquide non salé (eau, crème, lait de coco selon le plat) ou une part de garniture supplémentaire, légumes ou féculents, puis on rectifie la consistance. Un peu d’acidité ou de sucre ne retire pas le sel, mais peut rééquilibrer une sauce légèrement trop salée. La pomme de terre plongée dans une soupe a un effet limité : elle absorbe un peu de liquide salé, sans désaler le reste.

Les cas particuliers

Les préparations qui réduisent longtemps, fonds, jus, sauces au vin, se salent surtout à la fin. Les ingrédients déjà salés, lardons, anchois, olives, câpres, fromages, bouillons du commerce ou sauce soja, imposent de goûter avant tout ajout. Pour une préparation crue qui ne se goûte pas telle quelle, comme une farce de viande, on poêle une petite noisette pour la goûter cuite.

Une sauce servie sur un accompagnement neutre, riz, pâtes ou pain, peut être assaisonnée un peu plus franchement, car elle sera diluée dans l’assiette. Un plat préparé à l’avance se regoûte au moment de le réchauffer : il a souvent réduit, et les épices ont pu s’atténuer ou se renforcer.

Pas à pas

  1. Attendre la fin

    Goûter quand la sauce a réduit et atteint sa consistance, après avoir retiré les aromates.

  2. Goûter proprement

    Prélever un peu de préparation avec une cuillère propre et la laisser tiédir un instant.

  3. Identifier ce qui manque

    Chercher si le plat manque de sel, d’acidité, de douceur, de piquant ou de relief.

  4. Ajouter peu

    Ajouter une pincée ou quelques gouttes, mélanger et attendre un instant avant de regoûter.

  5. Regoûter

    Recommencer jusqu’à l’équilibre, puis servir sans attendre si la sauce réduit encore.

Les erreurs à éviter

  • Saler beaucoup au début

    En réduisant, le plat devient trop salé. On sale modérément au départ et on ajuste à la fin.

  • Oublier les ingrédients déjà salés

    Lardons, fromage, olives, bouillon du commerce ou sauce soja suffisent parfois. On goûte avant d’ajouter du sel.

  • Tout ajouter d’un coup

    On dépasse vite le point juste, sans retour possible. On procède par petites quantités.

  • Goûter brûlant

    La chaleur masque les saveurs et l’on surcharge. On laisse tiédir la cuillère quelques secondes.

Mettre en pratique : nos recettes avec « rectifier l’assaisonnement »

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Questions fréquentes

Que veut dire rectifier l’assaisonnement ?

Goûter le plat avant de le servir et ajuster ce qui manque. Il s’agit le plus souvent du sel et du poivre, mais aussi de l’acidité, du sucre, du piment ou des épices, selon le plat.

Quand faut-il saler une sauce ?

Un peu au début, pour que le sel accompagne la cuisson, puis à la fin, une fois la sauce réduite à sa consistance finale. Plus la réduction est longue, plus le salage doit attendre la fin.

Comment rattraper un plat trop salé ?

En le diluant : liquide non salé, crème ou garniture supplémentaire, puis on rééquilibre la consistance. Un trait d’acidité ou une pointe de sucre peut aider à masquer un léger excès, sans retirer le sel.

Faut-il poivrer en début ou en fin de cuisson ?

On poivre plutôt en fin de cuisson, au moulin : le parfum du poivre fraîchement moulu s’atténue au fil d’une longue cuisson. Les grains entiers, eux, peuvent infuser dès le début dans un bouillon ou un fond.