Lexique culinaire Pâtisserie
Détrempe
nom féminin
Pâte de base d’un feuilletage, faite de farine, d’eau et de sel, parfois de lait, de beurre ou de levure, dans laquelle on enferme ensuite le beurre de tourage.
Employé dans 1 recette- ConsistanceLisse, ferme, ne colle plus aux doigts
- Croissants24 °C au plus en fin de pétrissage
- Repos au froid30 minutes à une nuit selon la pâte
- Forme pour le reposAplatie, environ 2 cm d’épaisseur
- Avant le tourageMême consistance que le beurre
À quoi sert la détrempe ?
Une pâte feuilletée réunit deux éléments superposés : une pâte, la détrempe, et une plaque de beurre, le beurre de tourage. On enferme le beurre dans la détrempe, puis on étale et on plie le tout plusieurs fois : c’est le tourage. À la cuisson, l’eau de la pâte se vaporise entre les couches de beurre et les soulève, ce qui forme les feuillets. La détrempe doit donc être assez solide pour s’étirer en couches très fines sans se déchirer, et assez souple pour ne pas se rétracter à chaque coup de rouleau.
Pour une pâte feuilletée classique, elle se compose de farine, d’eau froide et de sel, souvent d’un peu de beurre. Pour une pâte levée feuilletée, celle des croissants, on y ajoute du lait, du sucre et de la levure : c’est une pâte levée à part entière, qu’on laisse pointer au froid. Le kouign-amann part d’une simple pâte à pain, qui joue le même rôle. Dans tous les cas, la détrempe reste nettement moins grasse que la pâte finie : l’essentiel du beurre arrive avec le tourage, en plaque, et c’est cette séparation entre pâte et beurre qui crée les couches.
Comment savoir qu’elle est réussie ?
La détrempe se travaille peu. On mélange juste assez pour obtenir une pâte homogène, lisse, assez ferme, qui ne colle plus aux doigts. On ne cherche pas le réseau élastique d’une pâte à pain : trop pétrie, elle résisterait au rouleau et reviendrait sur elle-même pendant le tourage. Pour les croissants, la pâte ne doit pas dépasser 24 °C environ à la fin du pétrissage, d’où l’eau et le lait bien froids.
Le repos au froid est indispensable : au moins 30 minutes pour une détrempe de feuilletage, 2 heures ou une nuit pour celle des croissants. Le gluten se détend, la pâte se raffermit et se rapproche de la consistance du beurre qu’elle va envelopper. C’est le point décisif : une détrempe plus dure que le beurre le brise en morceaux, une détrempe plus molle le laisse percer.
Les cas particuliers
On aplatit la détrempe en rectangle ou en carré d’environ 2 cm avant de la mettre au froid : à plat, elle refroidit vite et de façon homogène, et elle s’abaisse plus facilement ensuite. Pour une pâte feuilletée classique, on incise souvent une croix sur la boule de détrempe, ce qui permet de l’étaler en forme de croix autour du beurre. Dans le feuilletage dit inversé, les rôles s’échangent : c’est le beurre, mêlé d’un peu de farine, qui enveloppe la détrempe.
Attention au verbe détremper, très présent dans les recettes : une pâte détrempée est une pâte ramollie par l’humidité d’une garniture ou d’un sirop. Cela n’a rien à voir avec la détrempe du feuilletage, qui est une préparation à part entière.
Pas à pas
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Mélanger
Réunir la farine, le sel et le liquide froid, avec la levure et le sucre pour une pâte levée, sans contact direct entre le sel et la levure.
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Pétrir brièvement
Travailler juste jusqu’à une pâte homogène et lisse, puis ajouter le beurre mou s’il y en a, sans chercher l’élasticité.
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Aplatir
Former un rectangle ou un carré d’environ 2 cm d’épaisseur, ou une boule incisée en croix pour un feuilletage classique.
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Reposer au froid
Filmer au contact et réfrigérer au moins 30 minutes, 2 heures ou une nuit pour une détrempe levée.
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Comparer au beurre
Avant d’enfermer le beurre, presser du doigt la pâte et la plaque de beurre : leurs consistances doivent être proches.
Les erreurs à éviter
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Trop pétrir
La pâte devient élastique, se rétracte au rouleau et déforme les croissants ou les feuilletés à la cuisson. On s’arrête dès qu’elle est lisse.
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Utiliser un liquide tiède
La pâte chauffe, ramollit le beurre au moment du tourage et, pour une pâte levée, fermente trop vite. On travaille avec de l’eau et du lait froids.
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Écourter le repos
Une détrempe encore tendue résiste et se déchire, et le beurre perce. Le froid et le temps la rendent docile.
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Négliger les consistances
Une détrempe plus dure que le beurre le casse en éclats, plus molle elle le laisse s’échapper. On ajuste en remettant l’un ou l’autre quelques minutes au froid.
Mettre en pratique : nos recettes avec « détrempe »
Questions fréquentes
Quelle différence entre la détrempe et la pâte feuilletée ?
La détrempe n’est que la pâte de départ, sans le beurre de tourage. Elle ne devient pâte feuilletée qu’après avoir enfermé ce beurre et reçu ses tours, ces pliages successifs qui créent les couches.
Peut-on préparer la détrempe la veille ?
Oui, et c’est courant. Filmée au contact, elle passe la nuit au réfrigérateur. Pour une détrempe levée, comme celle des croissants, ce repos au froid développe même le goût ; on l’aplatit pour qu’elle refroidisse vite et que la levure se calme.
Pourquoi ma pâte feuilletée se rétracte-t-elle ?
La détrempe a été trop travaillée ou n’a pas assez reposé : le gluten est tendu et ramène la pâte sur elle-même. On la laisse se détendre 15 à 30 minutes au froid entre deux passages de rouleau.
Faut-il mettre du beurre dans la détrempe ?
Ce n’est pas obligatoire, mais un peu de beurre rend la pâte plus souple, plus facile à abaisser et plus tendre après cuisson. La recette de croissants du site en met 50 g, à côté des 250 g de beurre de tourage.