Lexique culinaire Sauces & liaisons

Velouté

nom masculin

Sauce de base de la cuisine classique, faite d’un roux blanc ou blond mouillé d’un fond blanc de volaille ou de veau, ou d’un fumet de poisson, puis cuite doucement jusqu’à napper.

Employé dans 2 recettes
  • RouxBlanc ou blond, cuit 2 à 3 minutes
  • Proportions50 à 70 g de beurre et de farine par litre
  • LiquideFond blanc ou fumet, chaud
  • Cuisson10 minutes au moins, à frémissement
  • Signe que c’est prêtNappe la cuillère, trait de doigt net
  • Après les jaunesNe plus faire bouillir

À quoi sert un velouté ?

Le velouté est l’une des sauces de base de la cuisine française classique, comme la béchamel. On le sert rarement tel quel : il sert de point de départ à d’autres sauces. Monté avec la réduction de cuisson d’un poisson, puis lié à la crème et aux jaunes et monté au beurre, il devient la sauce normande des filets de sole. Fait avec du bouillon de volaille et le jus des champignons, puis lié de la même façon, il donne la sauce crémeuse du vol-au-vent. La sauce d’une blanquette suit le même principe : le liquide de cuisson de la viande, lié par un roux.

Le mot ne désigne donc pas ici le potage mixé qu’on appelle aussi velouté, comme un velouté de potimarron, ni une texture « veloutée » : il s’agit d’une sauce précise, définie par sa base.

Velouté ou béchamel : quelle différence ?

Les deux sauces commencent par un roux, mélange à parts égales de beurre et de farine cuit quelques minutes. La différence tient au liquide : du lait pour la béchamel, un fond blanc ou un fumet pour le velouté. Le velouté a donc le goût de sa base, volaille, veau ou poisson, et une couleur ivoire. Il accompagne naturellement l’aliment dont il est issu : un velouté de poisson pour un poisson, un velouté de volaille pour une volaille. Le roux reste blanc ou à peine blond : coloré, il donnerait un goût de noisette et une teinte brune qui masqueraient la finesse du fond.

Comment savoir qu’il est prêt ?

On verse le fond chaud sur le roux tiède en fouettant vivement : l’écart de température limite les grumeaux. On porte ensuite à frémissement en remuant et on laisse cuire doucement au moins 10 minutes : la farine perd son goût cru et la sauce gagne en souplesse. Le velouté est prêt quand il nappe le dos d’une cuillère et qu’un trait de doigt y reste net. On écume la peau qui se forme en surface, et on passe la sauce au chinois si elle doit être très lisse.

La consistance dépend du roux : environ 50 à 70 g de beurre et autant de farine par litre de fond donnent une sauce nappante à épaisse. Pour la garniture d’un vol-au-vent, qui doit tenir dans sa croûte, on vise le haut de la fourchette.

Les sauces dérivées

Le velouté se transforme presque toujours en fin de cuisson. La liaison à la crème et aux jaunes l’enrichit : on détend les jaunes avec une louche de velouté chaud avant de les reverser dans la casserole, puis on chauffe sans jamais bouillir, sinon les jaunes coagulent en grains. Monté au beurre, relevé de citron ou de champignons, il prend le nom de nombreuses sauces classiques, comme la sauce suprême des volailles à la crème ou la sauce normande des poissons. Un velouté se garde 2 à 3 jours au réfrigérateur, filmé au contact ; on le réchauffe doucement en fouettant, détendu d’un peu de fond.

Pas à pas

  1. Chauffer le fond

    Porter le fond blanc ou le fumet à frémissement et le garder au chaud.

  2. Cuire le roux

    Faire fondre le beurre, ajouter la farine et cuire 2 à 3 minutes en remuant, sans colorer, puis laisser tiédir 1 minute hors du feu.

  3. Mouiller

    Verser le fond chaud sur le roux en fouettant vivement, en une ou plusieurs fois, jusqu’à obtenir une sauce lisse.

  4. Cuire doucement

    Porter à frémissement en remuant et cuire au moins 10 minutes à feu doux, en écumant la surface.

  5. Finir la sauce

    Lier à la crème et aux jaunes ou monter au beurre selon la sauce voulue, puis rectifier l’assaisonnement et passer au chinois.

Les erreurs à éviter

  • Colorer le roux

    Un roux bruni donne un goût de noisette et une sauce beige qui couvre le fond. On le retire du feu dès qu’il est mousseux, couleur paille.

  • Réunir roux et fond brûlants

    La farine saisit d’un coup et forme des grumeaux. On verse le liquide chaud sur un roux tiède, en fouettant sans s’arrêter.

  • Écourter la cuisson

    La sauce garde un goût de farine crue et une texture pâteuse. On compte au moins 10 minutes de frémissement après l’ébullition.

  • Faire bouillir après la liaison

    Les jaunes coagulent et la sauce graine. Une fois les jaunes ajoutés, on chauffe à feu très doux, sans dépasser le frémissement.

Mettre en pratique : nos recettes avec « velouté »

Questions fréquentes

Quelle différence entre un velouté et une béchamel ?

Les deux sauces sont liées par un roux. La béchamel est mouillée au lait, le velouté avec un fond blanc de volaille ou de veau, ou un fumet de poisson. Le velouté a donc le goût de sa base et sert surtout à préparer des sauces dérivées.

Quelle différence entre le velouté sauce et le velouté potage ?

Le même mot désigne deux préparations. Le potage velouté est une soupe mixée, lisse, souvent finie à la crème. La sauce velouté est une base de sauce, faite d’un roux et d’un fond, qui accompagne une viande, une volaille ou un poisson.

Peut-on faire un velouté sans gluten ?

Oui, en liant le fond à la fécule de maïs plutôt qu’au roux. On la délaie dans un peu de liquide froid, on la verse dans le fond frémissant en fouettant et on laisse épaissir 1 à 2 minutes. La sauce est plus translucide et supporte moins bien une longue cuisson.

Pourquoi mon velouté a-t-il des grumeaux ?

Le roux et le fond étaient tous deux trop chauds, ou le liquide a été versé sans fouetter. On rattrape la sauce en la passant au chinois ou en la mixant quelques secondes, puis on la remet à frémir.