Lexique culinaire Pâtisserie

Tourage

nom masculin

Opération qui consiste à enfermer une plaque de beurre dans une détrempe, puis à étaler et plier la pâte plusieurs fois pour créer les couches d’un feuilletage ou de croissants.

Employé dans 2 recettes
  • Tour simplePliage en trois, couches multipliées par 3
  • Tour doublePliage en quatre, couches multipliées par 4
  • Feuilletage classique6 tours simples, traditionnellement
  • Croissants du site1 tour double puis 1 tour simple
  • Repos entre deux tours20 à 45 minutes au réfrigérateur
  • Plaque de beurreEnviron 1 cm, froide mais souple

À quoi sert le tourage ?

Le tourage fabrique le feuilletage. On enferme une plaque de beurre froid dans la détrempe, puis on étale le pâton en long rectangle et on le replie sur lui-même : chaque pliage, appelé un tour, multiplie les couches alternées de pâte et de beurre. À la cuisson, l’eau de la pâte se change en vapeur et soulève les feuillets, que le beurre empêche de se souder. C’est ce qui donne la tranche alvéolée d’un croissant, le croustillant d’une galette des rois ou d’un mille-feuille, et la croûte en couches caramélisées du kouign-amann.

Tour simple, tour double : comment s’y retrouver ?

Le tour simple consiste à plier la bande de pâte en trois, comme une lettre : il triple le nombre de couches. Le tour double, ou tour portefeuille, ramène les deux extrémités vers le centre, puis replie le tout en deux comme un livre : il les quadruple. Entre deux tours, on fait pivoter la pâte d’un quart de tour, pliure sur le côté, pour l’étaler dans l’autre sens et répartir les tensions.

Le nombre de tours dépend de la pâte. Une pâte feuilletée classique reçoit traditionnellement six tours simples, donnés deux par deux avec un repos entre chaque paire. Une pâte levée feuilletée en demande moins : la recette de croissants du site donne un tour double puis un tour simple, car avec trop de couches, trop fines, le beurre se mêle à la pâte et la mie perd ses alvéoles. Le kouign-amann reçoit trois tours simples, chacun parsemé de sucre.

Comment le réussir ?

Tout repose sur la température. Le beurre doit rester froid mais souple : il plie sans casser et garde l’empreinte du doigt sans coller. Trop dur, il se brise en éclats dans la pâte ; trop mou, il fond, se mêle à la détrempe et le feuilletage disparaît. On commence donc par taper le beurre de tourage au rouleau entre deux feuilles de papier cuisson pour l’assouplir, puis on l’abaisse en plaque régulière d’environ 1 cm. Détrempe et beurre doivent avoir la même consistance au moment de les réunir.

Entre deux tours, la pâte retourne au réfrigérateur, filmée, 20 à 45 minutes : le beurre se raffermit et le gluten se détend. On étale à coups de rouleau réguliers, toujours dans le même sens, et on brosse l’excès de farine avant chaque pliage : prise entre les couches, elle les empêcherait d’adhérer et dessécherait la pâte. Beaucoup de pâtissiers marquent d’un appui du doigt le nombre de tours déjà donnés.

Comment savoir que c’est réussi ?

Le pâton garde des angles droits et une épaisseur régulière, aucun morceau de beurre ne perce ni ne se brise, et des couches nettes se voient sur la tranche. Si le beurre apparaît par une déchirure, on farine légèrement l’endroit et on remet au froid avant de continuer. Si la pâte résiste et se rétracte, elle a besoin de repos, pas de force.

Pas à pas

  1. Préparer le beurre

    Taper le beurre froid au rouleau entre deux feuilles de papier cuisson et l’abaisser en plaque régulière d’environ 1 cm, puis le réfrigérer quelques minutes.

  2. Enfermer le beurre

    Abaisser la détrempe, poser la plaque de beurre dessus et rabattre la pâte pour l’enfermer de tous côtés, en soudant les bords.

  3. Étaler

    Abaisser le pâton en un long rectangle, à coups de rouleau réguliers dans le même sens, puis brosser l’excès de farine.

  4. Plier

    Plier en trois pour un tour simple, ou en portefeuille pour un tour double, en gardant des angles bien droits.

  5. Reposer et tourner

    Filmer et réfrigérer 20 à 45 minutes, puis faire pivoter la pâte d’un quart de tour avant le tour suivant.

Les erreurs à éviter

  • Beurre trop froid

    Il se casse en éclats au lieu de s’étirer : le feuilletage est irrégulier, avec des trous. On le tape au rouleau et on le sort quelques minutes avant de l’enfermer.

  • Beurre trop mou

    Dans une cuisine chaude, il fond dans la pâte et les couches disparaissent : la pâte devient grasse et lève mal. On travaille vite, au frais, et on remet au froid au moindre doute.

  • Sauter les repos

    La pâte se rétracte, se déchire et le beurre ramollit. Chaque tour, ou chaque paire de tours, mérite son passage au réfrigérateur.

  • Laisser la farine entre les couches

    La farine du plan de travail, enfermée dans les plis, sèche la pâte et nuit au feuilletage. On la brosse avant chaque pliage.

Mettre en pratique : nos recettes avec « tourage »

Questions fréquentes

Quelle différence entre un tour simple et un tour double ?

Le tour simple plie la pâte en trois et triple le nombre de couches. Le tour double, ou tour portefeuille, ramène les deux bouts vers le centre puis plie en deux : il les quadruple. Les deux s’enchaînent souvent dans une même recette.

Combien de tours pour une pâte feuilletée ?

Une pâte feuilletée classique en reçoit traditionnellement six simples. Une pâte levée feuilletée, pour les croissants, se contente de deux ou trois tours : au-delà, les couches deviennent si fines qu’elles se confondent et la pâte gonfle moins bien.

Peut-on utiliser du beurre ordinaire pour le tourage ?

Oui. Les professionnels emploient souvent un beurre spécial, plus ferme et plus facile à étirer. À la maison, un beurre doux de bonne qualité convient, à condition de travailler au frais et de respecter les repos au réfrigérateur.

Pourquoi le beurre sort-il de la pâte pendant le tourage ?

Le beurre était trop mou, la détrempe trop dure, ou la pâte a été étalée trop fort. On farine légèrement la déchirure, on remet au froid 20 à 30 minutes et on reprend avec des gestes plus réguliers.