Yudofu de Kyoto : tofu soyeux mijotant dans un bouillon de kombu en donabe, ponzu et condimentsImage générée par IA
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JaponKyotoPlat mijoté en pot

Yudofu

Du tofu frémissant dans un bouillon de kombu : la douceur des temples de Kyoto.

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Origine Japon, Kyoto
Service Brûlant
Difficulté Facile
Durée moyenne 25 min
Allergènes Soja ; gluten possible dans la sauce soja et le ponzu ; poisson si l’on ajoute du katsuobushi ou si le ponzu contient de la bonite

Yudofu : qu’est-ce que c’est ?

Le yudofu (湯豆腐, « tofu à l’eau chaude ») est un plat mijoté japonais composé de tofu doux chauffé dans un bouillon de kombu. Il est servi dans son pot, le plus souvent un donabe en terre, posé au centre de la table : chacun y pêche les morceaux de tofu et les trempe dans une sauce ponzu ou une sauce à base de soja, relevée de condiments (yakumi) comme la ciboule, le gingembre râpé ou les copeaux de bonite séchée.

Sa simplicité est voulue : le bouillon n’est pas assaisonné et tout repose sur la qualité du tofu, de l’eau et du kombu. Spécialité de Kyoto, il est associé à la cuisine végétarienne des temples bouddhistes (shōjin ryōri) et aux restaurants de tofu installés près des grands temples zen. C’est un plat d’hiver, léger et réconfortant, que l’on prépare aussi très simplement à la maison.

Histoire & origine

Le tofu est né en Chine. Selon la tradition, il serait arrivé au Japon par l’intermédiaire de moines bouddhistes, à une date discutée, quelque part entre l’époque de Nara et celle de Kamakura. Dans les monastères, où la viande et le poisson sont exclus, il devient une source précieuse de protéines et l’un des piliers de la shōjin ryōri, la cuisine végétarienne bouddhiste, qui se développe notamment avec le bouddhisme zen à partir de l’époque de Kamakura.

Kyoto, capitale impériale pendant plus de mille ans et ville aux innombrables temples, acquiert une solide réputation pour son tofu. On l’explique souvent par la qualité de son eau souterraine, abondante et douce, jugée idéale pour le fabriquer. Le yudofu, qui ne demande rien d’autre que du tofu, de l’eau et du kombu, s’inscrit naturellement dans cette tradition sobre ; on ne lui connaît pas de date de naissance précise.

À l’époque d’Edo (1603-1868), le tofu devient un aliment populaire dans tout le Japon : en 1782 paraît le Tofu Hyakuchin, recueil de cent préparations de tofu qui connaît un grand succès. À Kyoto, des maisons spécialisées dans le tofu s’installent aux abords des temples, en particulier sur les chemins qui mènent au Nanzen-ji, à l’est de la ville ; certaines revendiquent plusieurs siècles d’existence.

Aujourd’hui, le yudofu reste l’une des spécialités les plus recherchées par les visiteurs de Kyoto, notamment autour du Nanzen-ji et dans le quartier d’Arashiyama, près du Tenryū-ji, où il est souvent servi en menu avec d’autres préparations de tofu. Dans les foyers japonais, il est surtout un nabe d’hiver simple et économique, préparé en quelques minutes.

Le saviez-vous ?

Au Japon, on dit que le tofu du yudofu est prêt quand il commence à trembler et à se soulever dans le bouillon ; trop cuit, il se creuse de petits trous. Dans les pots de yudofu traditionnels, une petite tasse de sauce chauffe parfois au centre, plongée dans le bouillon. Le kombu reste au fond du pot pendant tout le repas : il parfume le bouillon et évite au tofu d’accrocher. Le pendant estival du yudofu est le hiyayakko, du tofu servi froid avec les mêmes condiments. À Ureshino, dans la préfecture de Saga, on prépare un yudofu à l’eau thermale qui fait fondre la surface du tofu et rend le bouillon laiteux. Le washoku, les traditions culinaires des Japonais, est inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO depuis 2013.

Composition traditionnelle

Du tofu, un bouillon de kombu et une sauce relevée de condiments : rien de plus.

1 Tofu doux soyeux (kinugoshi) ou ferme mais tendre (momen), en gros cubes
2 Kombu algue séchée infusée dans l’eau, au fond du pot Voir la fiche → 3 Eau peu calcaire ; sa qualité est souvent mise en avant à Kyoto Voir la fiche →
4 Sauce de trempage ponzu aux agrumes ou sauce chaude à base de soja et de mirin
5 Ciboule (negi) finement ciselée, le condiment indispensable Voir la fiche →
6 Gingembre râpé pour la fraîcheur et le piquant
7 Katsuobushi (facultatif) copeaux de bonite séchée, absents de la version végétale Voir la fiche →
8 Légumes d’hiver (facultatifs) chou chinois, shiitake, shungiku, ajoutés dans les versions familiales
Ce que la recette traditionnelle ne contient pas
Viande, poisson ou fruits de mer dans le pot Bouillon salé ou assaisonné : l’assaisonnement est dans la sauce Tofu frit (atsuage, aburaage) Piment en quantité ou bouillon épicé
La recette

Yudofu au kombu et sauce ponzu

Le yudofu comme à Kyoto : tofu soyeux chauffé tout doucement dans un bouillon de kombu, pêché à table et trempé dans le ponzu avec ciboule, gingembre et condiments. Un plat d’hiver léger et réconfortant, prêt en 25 minutes, vegan…

Temps total
25 min
Difficulté
Facile
Portions
4 pers.
Coût / pers.
≈ 3,20 €
Voir la recette pas à pas → 12 ingrédients · 11 étapes

Le matériel pour réussir la yudofu

Ustensiles utilisés dans la recette Yudofu au kombu et sauce ponzu.

Conseils de réussite

  • Choisir un tofu japonais très frais, idéalement en épicerie japonaise.
  • Faire tremper le kombu à froid au moins 30 minutes avant de chauffer.
  • Ne jamais laisser bouillir : un frémissement à peine visible suffit.
  • Couper le tofu en gros cubes, dans l’eau froide ou dans la paume.
  • Sortir le tofu dès qu’il tremble, après 3 à 5 minutes.
  • Mettre tout l’assaisonnement dans la sauce, pas dans le bouillon.

Erreurs fréquentes

  • Faire bouillir le bouillon Le tofu durcit et se creuse de trous, le kombu devient visqueux et amer.
  • Saler le bouillon Le tofu perd sa douceur et la sauce devient trop salée.
  • Couper le tofu trop petit Il se brise dans le pot et devient impossible à pêcher.
  • Tout mettre d’un coup Les derniers morceaux surcuisent en attendant d’être mangés.

Variantes

Traditionnelle
Yudofu des temples de Kyoto

Tofu seul dans le bouillon de kombu, sauce chaude au soja au centre du pot, servi en menu avec d’autres préparations de tofu dans les restaurants proches des temples.

Traditionnelle
Yudofu aux légumes d’hiver

Version familiale enrichie de chou chinois, de shiitake, de poireau japonais ou de shungiku.

Traditionnelle
Onsen yudofu d’Ureshino

Spécialité de la station thermale d’Ureshino (Saga) : le tofu chauffe dans l’eau de source, qui le rend fondant et trouble le bouillon.

Inspirée
Tōnyū nabe

Pot au lait de soja, où légumes et tofu mijotent dans un bouillon crémeux.

Adaptée
Yudofu entièrement végétal

Sans katsuobushi et avec un ponzu maison sans bonite, pour une version vegan.

Adaptations par appareil

Cocotte

Seuls les appareils réellement pertinents pour ce plat sont affichés.

Conserver et réchauffer

  • Le yudofu se mange aussitôt prêt.
  • Restes24 heures au réfrigérateur, tofu et bouillon séparés, dans des boîtes fermées.
  • RéchauffageRéchauffer le bouillon à feu doux et y remettre le tofu 2 à 3 minutes sans bouillir ; il sera un peu moins fondant.
  • CongélationDéconseillée : le tofu soyeux congelé devient spongieux. Seul le bouillon de kombu se congèle, 1 mois.
Via Rankeat

Yudofu à Paris

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Classement et notes : Rankeat · mis à jour le 25 octobre 2026

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Pour aller plus loin

Repères, techniques, histoire et vocabulaire pour tout savoir sur yudofu.

À quoi reconnaître un plat réussi ?

  • Tofu fondant et tremblant, lisse à la coupe, sans petits trous.
  • Bouillon limpide, au parfum discret de kombu, jamais trouble ni visqueux.
  • Goût de soja frais et doux du tofu bien perceptible.
  • Sauce équilibrée entre salé et acidité, ni trop salée ni trop sucrée.
  • Condiments frais, préparés au dernier moment.
  • Tofu servi juste chaud, au fur et à mesure.

Techniques

Infusion du kombu à froid

Faire tremper le kombu dans l’eau froide avant de chauffer pour en extraire l’umami sans amertume.

Chauffe douce

Maintenir le bouillon juste sous l’ébullition pour garder au tofu sa texture de flan.

Découpe du tofu dans l’eau

Couper le tofu soyeux en gros cubes dans un bol d’eau froide ou dans la paume pour éviter qu’il se brise.

Condiments (yakumi)

Ciboule, gingembre, daikon râpé, agrumes et épices ajoutés dans la sauce, au goût de chacun.

Sauce chaude au centre du pot

Une petite tasse de sauce au soja, posée dans le bouillon, chauffe en même temps que le tofu.

Alternatives

Proche
Hiyayakko

Tofu froid servi nature avec ciboule, gingembre et sauce soja, pour l’été.

Proche
Tōnyū nabe

Pot de légumes et de tofu dans un bouillon au lait de soja.

Variante
Onsen yudofu

Yudofu à l’eau thermale d’Ureshino, au tofu fondant et au bouillon laiteux.

Variante
Yudofu aux légumes

Version familiale avec chou chinois, shiitake et shungiku.

Chronologie

Entre l’époque de Nara et celle de Kamakura
Le tofu arrive de Chine au Japon, selon la tradition par l’intermédiaire de moines bouddhistes ; la date exacte reste discutée.
Époque de Kamakura (1185-1333)
Avec le bouddhisme zen se développe la shōjin ryōri, cuisine végétarienne des monastères, où le tofu tient une place centrale.
Époque d’Edo (1603-1868)
Le tofu devient un aliment populaire ; à Kyoto, des maisons de tofu s’installent aux abords des temples, notamment du Nanzen-ji.
1782
Parution du Tofu Hyakuchin, recueil de cent préparations de tofu, signe de l’engouement de l’époque pour cet aliment.
Aujourd’hui
Le yudofu est une spécialité recherchée par les visiteurs de Kyoto et un nabe d’hiver familial dans tout le Japon.

Service & accords

Le pot est posé sur un réchaud au centre de la table. Chaque convive dispose d’un petit bol de sauce, d’une écumoire ou d’une cuillère et de baguettes ; il pêche un morceau de tofu, le laisse égoutter, le trempe dans la sauce et l’assaisonne de condiments.

Température : le tofu se mange brûlant, dans une sauce fraîche ou tiède.

À Kyoto : dans les restaurants de tofu proches des temples, le yudofu est souvent servi au sein d’un menu comprenant d’autres préparations de tofu, du riz et des pickles.

Saké : un junmai servi tiède (kanzake) ou frais, dont la rondeur accompagne la douceur du tofu.

Vins : un blanc sec, minéral et peu boisé, comme un muscadet ou un chablis.

Sans alcool : thé vert hōjicha, aux notes torréfiées, sencha ou thé d’orge (mugicha).

Anecdotes

  • Le nom yudofu associe simplement « eau chaude » (yu) et « tofu » (tōfu).
  • À Kyoto, certaines maisons de tofu proches du Nanzen-ji revendiquent plusieurs siècles d’histoire et ne servent quasiment que des menus de tofu.
  • Le tofu de Kyoto est réputé dans tout le Japon ; la douceur de l’eau souterraine de la ville est l’explication la plus souvent avancée.
  • Le Tofu Hyakuchin, paru en 1782, classait ses cent recettes de tofu par degrés, de la plus ordinaire à la plus raffinée.

Lexique

Yudofu (湯豆腐)
Littéralement « tofu à l’eau chaude » : tofu chauffé dans un bouillon de kombu.
Kombu
Algue brune séchée, base du dashi japonais, riche en umami.
Ponzu
Sauce aux agrumes, vinaigre et mirin, généralement mêlée de sauce soja.
Yakumi
Condiments frais ajoutés à la sauce : ciboule, gingembre, daikon râpé, agrumes.
Donabe
Cocotte japonaise en terre, utilisée pour les plats mijotés à table.
Kinugoshi / momen
Tofu soyeux non pressé / tofu ferme pressé dans un moule garni de tissu.
Shōjin ryōri
Cuisine végétarienne des temples bouddhistes japonais.
Nabemono (nabe)
Famille des plats mijotés en pot, servis au centre de la table.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le yudofu ?

Un plat japonais de tofu doux chauffé dans un bouillon de kombu, servi dans son pot et trempé dans une sauce ponzu ou au soja avec de la ciboule, du gingembre et d’autres condiments.

Pourquoi le yudofu est-il associé à Kyoto ?

Kyoto est réputée pour son tofu, souvent attribué à la qualité de son eau souterraine, et pour la cuisine végétarienne de ses temples bouddhistes. Des restaurants de tofu se sont installés près des temples, notamment autour du Nanzen-ji et à Arashiyama.

Le yudofu est-il végétarien ?

Dans sa version des temples, oui : tofu, kombu et sauce. Il faut toutefois omettre le katsuobushi et choisir un ponzu ou une sauce sans bonite séchée pour qu’il soit végétarien et vegan.

Quel tofu utiliser pour un yudofu ?

Un tofu japonais doux et très frais : le soyeux (kinugoshi) pour une texture fondante, ou un tofu ferme tendre (momen), plus facile à manipuler.

Avec quelle sauce mange-t-on le yudofu ?

Le plus souvent avec du ponzu, sauce soja aux agrumes, ou avec une sauce chaude à base de soja et de mirin, parfois parfumée au katsuobushi. Les condiments (ciboule, gingembre, daikon, shichimi togarashi) s’ajoutent dans le bol.

Quand mange-t-on le yudofu ?

C’est avant tout un plat d’hiver, servi brûlant pour se réchauffer. Les restaurants de tofu de Kyoto le proposent toutefois toute l’année.

Où manger un yudofu à Kyoto ?

Les adresses les plus connues se trouvent aux abords du Nanzen-ji et dans le quartier d’Arashiyama, près du Tenryū-ji, où le yudofu est souvent servi en menu de tofu. Il est conseillé de réserver en haute saison.

Sources