Ris de veau poêlés et dorés, nappés de sauce à la crème aux morilles, petits légumes glacés et cerfeuilImage générée par IA
Cliquez pour agrandir la galerie
FranceToute la FrancePlat principal

Ris de veau

Un abat noble, fondant et délicat, doré au beurre et nappé de crème aux morilles : le plat de fête de la cuisine bourgeoise.

Signaler
Origine France
Service Chaud
Difficulté Intermédiaire
Durée moyenne 3 h 45
Allergènes Lait (beurre, crème), gluten (farine) ; contient de l’alcool si la sauce est déglacée au vin jaune

Ris de veau : qu’est-ce que c’est ?

Le ris de veau est le thymus du jeune veau, une glande située à l’entrée de la poitrine et le long de la trachée, qui régresse quand l’animal grandit. Rangé parmi les abats blancs et considéré comme le plus noble d’entre eux, il offre une chair blanc rosé, fondante et délicate, au goût doux et légèrement lacté. Le boucher distingue la noix, ou pomme, ronde et compacte, la plus recherchée, et la gorge, plus allongée et irrégulière.

Avant toute cuisson, il se dégorge à l’eau froide, se blanchit, se pare de ses membranes et se presse au frais. Son grand classique est le ris de veau aux morilles : des escalopes dorées au beurre, nappées d’une sauce à la crème et aux champignons, parfois relevée de vin jaune. On le sert aussi braisé, pané, ou en garniture de vol-au-vent et de bouchées à la reine.

Au restaurant, il figure à la carte des brasseries traditionnelles comme des tables gastronomiques, souvent en plat de fête, sous des intitulés comme « ris de veau aux morilles », « ris de veau croustillant » ou « pomme de ris de veau rôtie au beurre ». Une belle assiette se reconnaît à une croûte blonde et fine, un cœur moelleux et nacré, jamais caoutchouteux, et une sauce nappante qui accompagne son goût sans le masquer.

Histoire & origine

Les abats occupent depuis longtemps une place de choix dans la cuisine française, et le ris de veau en est le plus estimé. On le trouve déjà dans les grands livres de cuisine du XVIIe siècle, comme Le Cuisinier françois de La Varenne, paru en 1651, où il garnit tourtes, potages et ragoûts aux côtés des champignons, des culs d’artichaut et des crêtes de coq. L’origine du mot « ris » lui-même reste obscure.

Aux XVIIIe et XIXe siècles, la grande cuisine en fait un ingrédient de prestige : les ris sont piqués de lard, braisés et glacés, ou taillés en dés dans les garnitures composées comme la financière, avec quenelles, champignons et truffes. Ils entrent dans les vol-au-vent et les bouchées à la reine, dont l’invention est souvent associée au cuisinier Antonin Carême, sans que cette paternité soit établie. Au début du XXe siècle, Auguste Escoffier codifie dans son Guide culinaire de nombreuses préparations de ris de veau, braisés à blanc ou à brun.

C’est dans la cuisine bourgeoise et les brasseries que s’impose le ris de veau aux morilles à la crème, plat du dimanche et des repas de fête. L’accord avec les morilles et le vin jaune rappelle les cuisines du Jura et de la Franche-Comté, où ce champignon et ce vin sont emblématiques, mais le plat est devenu un classique de toute la France, sans attache régionale précise.

Si la consommation d’abats à la maison a nettement reculé dans la seconde moitié du XXe siècle, le ris de veau est resté un produit de restaurant. Les chefs le travaillent aujourd’hui rôti entier, croustillant ou laqué, et il demeure l’un des abats les plus chers. Ailleurs, on le retrouve sous d’autres noms : mollejas grillées de l’asado argentin et uruguayen, animelle italiennes ou sweetbreads des pays anglophones.

Le saviez-vous ?

Le thymus participe aux défenses immunitaires du jeune animal et régresse avec l’âge : on ne trouve donc de ris que chez le veau, l’agneau ou le chevreau. La noix, aussi appelée pomme, est la partie la plus recherchée du ris de veau ; la gorge, plus irrégulière, sert surtout aux garnitures. En anglais, le mot sweetbreads désigne le thymus, mais parfois aussi le pancréas, autre abat apprécié. En Argentine et en Uruguay, les mollejas, ris de veau grillés sur la braise et arrosés de citron, sont un classique de l’asado. Presser les ris au frais sous un poids leur donne une forme régulière et une texture plus serrée, qui dore mieux à la poêle.

Composition traditionnelle

Des ris de veau dégorgés, blanchis, parés et pressés, dorés au beurre, avec une sauce à la crème et aux morilles.

Ce que la recette traditionnelle ne contient pas
Ris servis rosés ou insuffisamment cuits Membranes laissées sur les ris Sauce épaissie avec beaucoup de farine Champignons de Paris seuls à la place des morilles (on parle alors de ris de veau aux champignons)
La recette

Ris de veau aux morilles

Le grand classique de la cuisine bourgeoise : des ris de veau dégorgés, blanchis, parés et pressés, dorés au beurre moussant, puis nappés d’une sauce à la crème et aux morilles, relevée si l’on veut d’un trait de vin jaune.

Temps total
3 h 45
Difficulté
Intermédiaire
Portions
4 pers.
Coût / pers.
≈ 18,20 €
Voir la recette pas à pas → 16 ingrédients · 12 étapes

Le matériel pour réussir la ris de veau

Ustensiles utilisés dans la recette Ris de veau aux morilles.

Conseils de réussite

  • Dégorger les ris au moins 1 h 30 dans l’eau très froide, au réfrigérateur.
  • Blanchir départ eau froide et laisser seulement frémir 2 à 3 minutes.
  • Parer soigneusement les membranes après avoir rafraîchi les ris.
  • Presser les ris 1 heure au frais pour une forme régulière.
  • Cuire au beurre moussant à feu moyen, en arrosant sans cesse.
  • Filtrer l’eau de trempage des morilles et l’utiliser dans la sauce.

Erreurs fréquentes

  • Ris mal dégorgés Ils gardent un goût fort et une couleur grise.
  • Blanchiment trop long Les ris deviennent fermes et caoutchouteux.
  • Membranes oubliées Elles se rétractent et rendent le ris élastique.
  • Morilles mal rincées Le sable des alvéoles se retrouve dans la sauce.

Variantes

Traditionnelle
Ris de veau braisé

Noix entières colorées puis braisées au four avec carottes, oignons, fond de veau et vin blanc, glacées de leur jus réduit.

Traditionnelle
Vol-au-vent et bouchées à la reine

Ris en dés, volaille, quenelles et champignons liés d’une sauce à la crème, dans une croûte de pâte feuilletée.

Traditionnelle
Ris de veau pané

Escalopes de ris panées à l’anglaise, dorées au beurre et servies avec du citron.

Traditionnelle
Ris de veau à la financière

Garniture classique de la grande cuisine, avec quenelles, champignons et truffes, liée d’une sauce au madère.

Inspirée
Ris d’agneau

Plus petits et moins chers, préparés de la même façon, souvent poêlés en persillade.

Inspirée
Mollejas grillées

Version argentine et uruguayenne : ris grillés sur la braise jusqu’à être croustillants, arrosés de citron.

Adaptée
Sauce sans alcool aux champignons

Sauce à la crème déglacée à l’eau des morilles, ou aux cèpes et champignons de Paris pour une version plus économique.

Adaptations par appareil

Seuls les appareils réellement pertinents pour ce plat sont affichés.

Conserver et réchauffer

  • Crustrès périssables, à cuisiner le jour de l’achat ou le lendemain, entre 0 et 4 °C.
  • Cuits en sauce2 jours au réfrigérateur, en boîte hermétique.
  • Ne pas laisser plus de 2 heures à température ambiante.
  • RéchauffageRéchauffer doucement la sauce, puis y ajouter les ris 5 minutes à couvert, sans bouillir ; les repasser d’abord 1 minute par face à la poêle beurrée pour retrouver la croûte.
  • CongélationLes ris crus et très frais se congèlent jusqu’à 3 mois et se décongèlent au réfrigérateur avant d’être dégorgés et blanchis. Le plat terminé se congèle mal : la sauce se sépare et les ris perdent leur croûte.
Via Rankeat

Ris de veau à Paris : les meilleures adresses

  1. Maison Dubois à Paris Maison Dubois 8ᵉ arrondissement · Gastronomique, fine dining · €€€€ 4,82/5 Note Rankeat Google 5 · 104 avis
  2. Maison Ruggieri Palais Royal à Paris Maison Ruggieri Palais Royal 1ᵉʳ arrondissement · gastronomique, cuisine française · €€€€ 4,8/5 Note Rankeat Google 4,9 · 182 avis
  3. MELT Cambronne à Paris MELT Cambronne 15ᵉ arrondissement · barbecue, américaine · €€€ 4,8/5 Note Rankeat Google 4,8 · 4 864 avis
  4. Le Maxan à Paris Le Maxan 8ᵉ arrondissement · cuisine française gastronomique, cuisine de saison · €€€ 4,79/5 Note Rankeat Google 4,8 · 1 180 avis
  5. Kigawa à Paris Kigawa 14ᵉ arrondissement · cuisine franco-japonaise, gastronomie créative · €€€ 4,77/5 Note Rankeat Google 4,8 · 541 avis
Voir les 49 restaurants de ris de veau classés à Paris sur Rankeat →

Classement et notes : Rankeat · mis à jour le 25 octobre 2026

Comment est calculée la Note Rankeat ?La Note Rankeat combine la note Google de l'établissement, le nombre d'avis reçus, et les votes et avis de la communauté Rankeat (comptes connectés) : une note appuyée sur des centaines d'avis pèse plus qu'une note parfaite obtenue sur quelques avis. Les fiches revendiquées par leur propriétaire bénéficient d'un léger bonus. C'est cette note qui détermine l'ordre du classement.

Pour aller plus loin

Repères, techniques, histoire et vocabulaire pour tout savoir sur ris de veau.

À quoi reconnaître un plat réussi ?

  • Croûte blonde, fine et croustillante, sans goût de beurre brûlé.
  • Cœur blanc nacré, chaud, moelleux et fondant, jamais élastique.
  • Aucune membrane ni filament sous la dent.
  • Goût doux, sans note forte d’abat.
  • Sauce nappante et brillante, ni pâteuse ni trop liquide.
  • Morilles propres, sans grain de sable, bien parfumées.

Techniques

Le dégorgement

Bain d’eau très froide, changée plusieurs fois, au réfrigérateur, pour éliminer le sang et blanchir la chair.

Le blanchiment

Départ eau froide salée, simple frémissement de 2 à 3 minutes, puis rafraîchissement dans l’eau glacée.

Le parage

Retrait de la membrane, des petits vaisseaux et de la graisse, à froid, sans déchirer la chair.

Le pressage

Une heure au frais entre deux assiettes, sous un poids, pour une forme régulière et une texture serrée.

La cuisson au beurre moussant

Ris farinés dorés à feu moyen dans un mélange de beurre et d’huile, arrosés sans cesse à la cuillère.

Alternatives

Proche
Ris d’agneau

La même glande, plus petite et moins chère, cuite plus vite.

Proche
Blanquette de veau

Veau mijoté en sauce blanche à la crème et aux champignons.

Variante
Vol-au-vent

Croûte feuilletée garnie de ris de veau, de volaille et de champignons en sauce.

Variante
Mollejas

Ris grillés sur la braise, à la mode argentine.

Chronologie

XVIIe siècle
Le Cuisinier françois de La Varenne (1651) et les livres de cuisine de l’époque utilisent le ris de veau en garniture de tourtes, de potages et de ragoûts.
XVIIIe-XIXe siècle
La grande cuisine pique, braise et glace les ris de veau et les intègre aux garnitures composées comme la financière.
Début du XIXe siècle
Vol-au-vent et bouchées garnies de ris de veau se répandent sur les tables bourgeoises ; leur invention est souvent associée à Antonin Carême, sans certitude.
1903
Le Guide culinaire d’Auguste Escoffier codifie de nombreuses préparations de ris de veau, braisés à blanc ou à brun.
XXe siècle
Le ris de veau aux morilles à la crème devient un plat de fête de la cuisine bourgeoise et un classique des brasseries.
Fin du XXe-XXIe siècle
La consommation d’abats recule à la maison ; les chefs revisitent le ris de veau rôti, croustillant ou laqué, qui reste un plat de restaurant.

Service & accords

Le ris de veau se sert en plat principal, environ 150 g de ris paré par personne, une ou deux escalopes nappées de sauce aux morilles, avec une garniture douce : riz pilaf, purée au beurre, tagliatelles fraîches, ou asperges vertes et petits pois au printemps. En entrée, une petite escalope de 80 à 100 g suffit.

Au restaurant : les brasseries le proposent souvent en sauce aux morilles ou en vol-au-vent, les tables gastronomiques en noix entière rôtie au beurre, croustillante, avec un jus réduit. C’est un plat cher, à juste titre : le produit est rare, et sa préparation longue.

À la maison : c’est un plat de fête qui s’organise, avec un dégorgement et un pressage qui peuvent se faire à l’avance ; la cuisson finale, elle, se fait au dernier moment.

Vins du Jura : un vin jaune ou un savagnin, dont les notes de noix et de curry s’accordent avec les morilles ; un chardonnay du Jura pour une version plus légère.

Vins de Bourgogne : un blanc ample comme un meursault, ou un pinot noir léger et peu tannique.

Sans alcool : jus de raisin blanc peu sucré allongé d’eau pétillante, ou infusion froide de verveine.

Anecdotes

  • Les bouchées à la reine, garnies de ris de veau, devraient leur nom à Marie Leszczynska, épouse de Louis XV, selon une tradition souvent répétée mais difficile à vérifier.
  • Dans de nombreuses cuisines de restaurant, les ris sont pressés une nuit entre deux plaques pour obtenir des portions parfaitement régulières.
  • Le ris de veau compte parmi les abats les plus chers, souvent davantage que bien des morceaux de viande du veau lui-même.

Lexique

Thymus
Glande du système immunitaire, développée chez le jeune animal, qui régresse avec l’âge ; c’est le ris.
Abats blancs
Abats de couleur claire, comme le ris, la tête ou les pieds de veau, souvent blanchis avant cuisson.
Noix (ou pomme)
Partie ronde et compacte du ris de veau, située près du cœur, la plus recherchée.
Gorge
Partie allongée et irrégulière du ris, prélevée le long de la trachée.
Dégorger
Faire tremper dans l’eau froide pour éliminer le sang et les impuretés.
Blanchir
Plonger brièvement dans l’eau qui frémit, départ à froid, pour raffermir et purifier.
Parer
Retirer membranes, nerfs et graisse pour ne garder que la partie noble.
Vin jaune
Vin blanc du Jura issu du cépage savagnin, élevé longuement sous un voile de levures, aux arômes de noix.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le ris de veau ?

Le ris de veau est le thymus du veau, une glande située à l’entrée de la poitrine et le long de la trachée, qui régresse quand l’animal grandit. C’est un abat blanc, considéré comme le plus noble, à la chair fondante et au goût doux. Il se prépare en plusieurs étapes avant d’être poêlé, braisé ou servi en sauce.

Quelle différence entre la noix et la gorge de ris de veau ?

La noix, aussi appelée pomme, se trouve près du cœur : ronde, épaisse et compacte, c’est la partie la plus fine et la plus chère, idéale à poêler ou rôtir. La gorge, prélevée le long de la trachée, est plus allongée et irrégulière ; moins chère, elle convient aux garnitures en dés, comme celle du vol-au-vent.

Pourquoi faut-il dégorger et blanchir le ris de veau ?

Le dégorgement dans l’eau froide élimine le sang et les impuretés et rend la chair plus blanche et plus douce. Le blanchiment, quelques minutes dans une eau qui frémit, raffermit le ris et coagule ses membranes, que l’on retire ensuite facilement. Ces deux étapes conditionnent la texture et le goût du plat.

Quel goût a le ris de veau ?

Bien préparé, le ris de veau a un goût doux, délicat et légèrement lacté, sans la saveur prononcée des abats rouges comme le foie ou les rognons. Sa texture est fondante, presque crémeuse à cœur, avec une croûte croustillante quand il est doré au beurre. C’est souvent l’abat qui convainc ceux qui pensent ne pas aimer les abats.

Avec quoi servir un ris de veau aux morilles ?

Avec une garniture douce qui profite de la sauce : riz pilaf, purée de pommes de terre au beurre, tagliatelles fraîches ou pommes de terre fondantes. Au printemps, des asperges vertes et des petits pois l’accompagnent très bien. Côté vin, un vin jaune ou un chardonnay du Jura prolonge les notes des morilles.

Combien de ris de veau prévoir par personne ?

Pour un plat principal, comptez environ 200 g de ris cru par personne, car le parage et la cuisson réduisent le poids, et 100 à 120 g en entrée ou en garniture. Le ris de veau étant un produit cher et très frais, mieux vaut le commander à l’avance chez le boucher, surtout pour les fêtes.

Peut-on manger le ris de veau rosé ?

Non, le ris de veau se mange bien cuit à cœur, chaud et encore souple, jamais rosé ni saignant comme une pièce de bœuf. Comme tout abat, il doit être très frais, conservé entre 0 et 4 °C et cuisiné dans les 24 à 48 heures. Les femmes enceintes, les jeunes enfants et les personnes âgées ou immunodéprimées veilleront particulièrement à une cuisson complète.

Sources