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Filet de bœuf

La pièce la plus tendre du bœuf, rôtie entière ou taillée en chateaubriand et tournedos, avec sa béarnaise.

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Origine France
Service Chaud
Difficulté Intermédiaire
Durée moyenne 1 h 45
Allergènes Aucun allergène majeur dans la viande ; lait et œufs dans la béarnaise ; selon les préparations : gluten (pâte du Wellington, croûtons), sulfites (sauces au vin)

Filet de bœuf : qu’est-ce que c’est ?

Le filet de bœuf est le muscle le plus tendre de l’animal. Long et fuselé, il court sous les vertèbres lombaires, à l’intérieur de l’aloyau, et travaille si peu que sa chair reste fine, maigre et fondante. Chaque bœuf n’en compte que deux, ce qui en fait l’une des pièces les plus chères de la boucherie. Le boucher y distingue la tête, la plus épaisse, rôtie ou taillée en pavés, le cœur, régulier, d’où viennent le chateaubriand et les tournedos, et la pointe, plus fine, pour les émincés et les brochettes.

À la maison, il se cuisine surtout en rôti ficelé, saisi puis passé au four, servi rosé avec une sauce béarnaise, une sauce au poivre ou aux morilles. Au restaurant, il se décline sous de nombreuses appellations : tournedos Rossini au foie gras et à la truffe, chateaubriand béarnaise et pommes soufflées, filet de bœuf en croûte ou Wellington, pavé de filet au poivre, ou cru en carpaccio.

Son goût est plus doux que celui de l’entrecôte ou de la côte de bœuf, faute de gras persillé : tout se joue sur la cuisson, la croûte et la sauce. Une belle assiette se reconnaît à une viande rosée de bord à bord, une croûte dorée, une tranche juteuse qui ne baigne pas dans son jus, et une sauce faite minute.

Histoire & origine

Pièce la plus tendre de l’animal, le filet de bœuf est apprécié depuis longtemps sur les tables aisées. Les livres de cuisine français des XVIIe et XVIIIe siècles le proposent déjà rôti à la broche, souvent piqué de lardons pour compenser sa maigreur, ou braisé. Mais c’est au XIXe siècle, avec l’essor des restaurants parisiens, qu’il se taille une place à part, découpé en portions qui reçoivent chacune leur nom.

Le chateaubriand, tranche épaisse taillée dans le cœur du filet et servie pour deux, porterait le nom de l’écrivain François-René de Chateaubriand : selon la tradition, son cuisinier, Montmireil, l’aurait préparé pour lui dans la première moitié du XIXe siècle. Une autre hypothèse, moins répandue, le rattache à la ville de Châteaubriant, en Loire-Atlantique. Le tournedos, tranche ronde plus fine, a un nom dont l’origine est discutée ; le tournedos Rossini, couronné de foie gras poêlé et de truffe, est dédié au compositeur Gioachino Rossini, grand gastronome installé à Paris, et sa création est attribuée selon les récits à différents cuisiniers parisiens, sans certitude.

La sauce béarnaise, compagne habituelle du chateaubriand, ne vient pas du Béarn : selon le récit le plus répandu, elle serait née dans les années 1830 au Pavillon Henri IV de Saint-Germain-en-Laye, et nommée en hommage au roi Henri IV, né à Pau. Au début du XXe siècle, Auguste Escoffier codifie dans son Guide culinaire (1903) le chateaubriand et des dizaines de garnitures de tournedos, qui feront le répertoire des grandes brasseries.

Au XXe siècle, le bœuf Wellington, filet enrobé de duxelles et cuit en croûte, devient un plat de réception en Grande-Bretagne et aux États-Unis. Son nom est souvent rattaché au duc de Wellington, vainqueur de Waterloo, mais aucune source d’époque ne le confirme et les mentions écrites connues sont bien plus tardives ; le principe du filet en croûte existe aussi dans la cuisine française. Aujourd’hui, le filet reste la pièce de fête par excellence, rôtie pour Noël, servie en tournedos dans les brasseries, et cuite au thermomètre ou à basse température par les chefs.

Le saviez-vous ?

Un bœuf ne possède que deux filets, logés sous les vertèbres lombaires : c’est l’une des raisons de leur prix élevé. Le filet est le muscle grand psoas, très peu sollicité par l’animal, d’où sa tendreté exceptionnelle. Le faux-filet n’est pas une partie du filet : c’est un autre muscle, situé de l’autre côté des vertèbres ; le T-bone réunit les deux. Aux États-Unis, filet mignon désigne un steak taillé dans la partie fine du filet de bœuf, alors qu’en France le filet mignon est surtout une pièce de porc ou de veau. Selon le récit le plus répandu, le carpaccio aurait été créé au Harry’s Bar de Venise et nommé d’après le peintre Vittore Carpaccio, pour ses rouges éclatants.

Composition traditionnelle

Un rôti de cœur de filet, saisi puis fini au four, et une sauce béarnaise maison.

1 Filet de bœuf rôti pris dans le cœur, paré et ficelé, ou tournedos et chateaubriand Voir la fiche →
2 Matière grasse de cuisson huile pour saisir, beurre pour arroser
3 Sauce béarnaise émulsion de jaunes d’œufs et de beurre clarifié
4 Réduction échalote, vinaigre, vin blanc facultatif et poivre concassé
5 Estragon dans la réduction et frais en finition, l’herbe signature de la béarnaise Voir la fiche →
6 Garniture pommes de terre sautées, frites, pommes soufflées ou haricots verts
Ce que la recette traditionnelle ne contient pas
Marinade, inutile pour une viande aussi tendre Cuisson bien cuite par défaut, qui dessèche le filet Béarnaise en poudre ou industrielle Bardes épaisses de lard qui empêchent la croûte
La recette

Filet de bœuf rôti, sauce béarnaise

Un rôti de cœur de filet ficelé, saisi sur toutes les faces puis fini au four jusqu’à la cuisson voulue au thermomètre, reposé sous aluminium et servi en tranches rosées avec une béarnaise maison à l’échalote et à l’estragon.

Temps total
1 h 45
Difficulté
Intermédiaire
Portions
6 pers.
Coût / pers.
≈ 12 €
Voir la recette pas à pas → 18 ingrédients · 13 étapes

Le matériel pour réussir la filet de bœuf

Ustensiles utilisés dans la recette Filet de bœuf rôti, sauce béarnaise.

Conseils de réussite

  • Choisir un rôti pris dans le cœur du filet, de diamètre régulier.
  • Sortir la viande 30 minutes avant et la sécher soigneusement.
  • Saisir toutes les faces dans une poêle très chaude, extrémités comprises.
  • Cuire au thermomètre sonde plutôt qu’au temps.
  • Laisser reposer 10 minutes sous aluminium posé sans serrer.
  • Monter la béarnaise avec un beurre clarifié tiède, jamais chaud.

Erreurs fréquentes

  • Viande trop cuite Très maigre, le filet devient sec et grisâtre au-delà de 60 °C à cœur.
  • Pas de repos La viande tranchée aussitôt perd son jus sur la planche.
  • Poêle trop froide La viande grise et bout dans son jus au lieu de dorer.
  • Béarnaise tranchée Beurre trop chaud ou versé trop vite dans le sabayon.

Variantes

Traditionnelle
Chateaubriand béarnaise

Tranche épaisse de 3 à 4 cm taillée dans le cœur du filet, grillée ou poêlée pour deux, servie avec une béarnaise et des pommes soufflées ou des frites.

Traditionnelle
Tournedos Rossini

Tournedos poêlé posé sur un croûton, couronné d’une escalope de foie gras poêlée et de lamelles de truffe, nappé d’une sauce au madère.

Traditionnelle
Filet de bœuf en croûte

Rôti saisi, enrobé de champignons hachés et de pâte feuilletée, cuit au four : la version française du Wellington.

Traditionnelle
Filet de bœuf aux morilles

Tournedos ou rôti servis avec une sauce à la crème et aux morilles, souvent déglacée au cognac ou au vin jaune.

Inspirée
Bœuf Wellington

Filet enduit de moutarde, enrobé de duxelles, souvent de jambon cru, puis de pâte feuilletée, cuit au four et tranché rosé.

Inspirée
Carpaccio

Fines tranches de bœuf cru, huile d’olive, parmesan et roquette ; viande très fraîche, chaîne du froid stricte, consommation immédiate, déconseillé aux femmes enceintes, jeunes enfants et personnes âgées ou immunodéprimées.

Adaptée
Cuisson basse température

Filet cuit doucement au four ou au bain thermostaté jusqu’à la température voulue, puis saisi vivement : rosé uniforme de bord à bord.

Adaptations par appareil

Seuls les appareils réellement pertinents pour ce plat sont affichés.

Conserver et réchauffer

  • Cru2 à 3 jours au réfrigérateur, entre 0 et 4 °C, dans son papier de boucher ou sous vide.
  • Cuit2 à 3 jours au réfrigérateur en boîte hermétique, à servir froid en tranches fines.
  • Béarnaiseà consommer dans l’heure, restes 24 heures au réfrigérateur ; ne pas laisser plus de 2 heures à température ambiante.
  • RéchauffageSe mange de préférence froid, en tranches fines ; sinon 10 minutes au four à 100 °C sous aluminium, ou 20 secondes par face dans une poêle très chaude. La béarnaise se réchauffe très doucement au bain-marie tiède en fouettant.
  • CongélationLe filet cru se congèle sous vide jusqu’à 6 à 9 mois et se décongèle 24 heures au réfrigérateur. Cuit, il perd sa texture fondante ; la béarnaise ne se congèle pas.
Via Rankeat

Filet de bœuf à Paris : les meilleures adresses

  1. Pamela Popo à Paris Pamela Popo 4ᵉ arrondissement · cuisine française, bistronomie · €€€€ 4,59/5 Note Rankeat Google 4,6 · 734 avis
  2. Café des Ministères à Paris Café des Ministères 7ᵉ arrondissement · cuisine française, bistrot parisien · €€€ 4,59/5 Note Rankeat Google 4,6 · 609 avis
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Classement et notes : Rankeat · mis à jour le 25 octobre 2026

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Pour aller plus loin

Repères, techniques, histoire et vocabulaire pour tout savoir sur filet de bœuf.

À quoi reconnaître un plat réussi ?

  • Croûte brun doré sur toutes les faces, sans zones grises ni brûlées.
  • Cœur rosé uniforme, avec une très fine bande cuite sous la croûte.
  • Tranches épaisses et juteuses, qui ne baignent pas dans leur jus.
  • Texture fondante, qui se coupe sans effort.
  • Béarnaise maison lisse, tiède, bien parfumée d’estragon, ni grasse ni acide.
  • Cuisson demandée respectée : saignant, à point ou bleu.

Techniques

Le parage et le ficelage

Retrait de la graisse, de la membrane et de la chaînette, puis ficelage tous les 3 cm pour un diamètre régulier.

La saisie

Viande sèche, salée au dernier moment, dorée sur toutes les faces dans une huile très chaude, sans la bouger trop tôt.

L’arrosage au beurre

Beurre moussant, thym et ail versés à la cuillère sur la viande pour la parfumer et dorer la croûte.

La cuisson à cœur et le repos

Thermomètre sonde au centre, sortie 3 à 5 °C avant la température finale, puis 10 minutes de repos sous aluminium lâche.

La sauce émulsionnée

Sabayon de jaunes et de réduction monté au bain-marie, puis émulsionné au beurre clarifié tiède : le principe de la béarnaise.

Alternatives

Proche
Faux-filet rôti

Un rôti plus ferme et plus goûteux, nettement moins cher.

Proche
Côte de bœuf

Pièce persillée avec os, à partager, au goût plus puissant.

Variante
Tournedos Rossini

Tournedos au foie gras, à la truffe et au madère.

Variante
Bœuf Wellington

Filet en croûte feuilletée avec duxelles de champignons.

Chronologie

XVIIe-XVIIIe siècle (approximatif)
Les livres de cuisine français proposent le filet de bœuf rôti à la broche, souvent piqué de lard, ou braisé.
Première moitié du XIXe siècle
Selon la tradition, le cuisinier de l’écrivain Chateaubriand donne son nom au chateaubriand, tranche épaisse taillée dans le cœur du filet.
Années 1830
Selon le récit le plus répandu, la sauce béarnaise naît au Pavillon Henri IV de Saint-Germain-en-Laye.
Milieu du XIXe siècle
Le tournedos Rossini, au foie gras et à la truffe, est dédié au compositeur Gioachino Rossini ; sa création est attribuée à plusieurs cuisiniers parisiens.
1903
Auguste Escoffier codifie dans son Guide culinaire le chateaubriand et de nombreuses garnitures de tournedos.
XXe siècle
Le bœuf Wellington devient un plat de réception en Grande-Bretagne et aux États-Unis ; le chateaubriand béarnaise s’installe dans les brasseries françaises.
XXIe siècle
Thermomètres sonde et cuissons basse température se diffusent à la maison et au restaurant pour une cuisson précise du filet.

Service & accords

Le filet se sert en plat principal, environ 180 à 200 g de viande crue par personne, en tranches épaisses de 1,5 à 2 cm pour un rôti, ou en tournedos de 3 à 4 cm. La sauce se présente à part, en saucière, avec une garniture de pommes de terre et de légumes verts.

Au restaurant : on le commande au degré de cuisson voulu, bleu, saignant ou à point. Les brasseries le proposent en chateaubriand pour deux, en pavé de filet sauce au poivre ou en tournedos ; les tables gastronomiques en tournedos Rossini ou en filet en croûte, découpé en salle.

À la maison : c’est le rôti des grandes occasions, de Noël aux repas de famille. Il se cuisine en un peu plus d’une heure et demie, et le thermomètre sonde évite toute mauvaise surprise.

Bordeaux : un saint-émilion ou un pauillac aux tanins assouplis, l’accord classique du chateaubriand béarnaise.

Bourgogne et Rhône : un volnay ou un pommard pour une viande saignante, un saint-joseph ou un crozes-hermitage pour une sauce au poivre.

Sans alcool : un jus de raisin rouge allongé d’eau pétillante, ou une eau gazeuse citronnée qui rafraîchit la béarnaise.

Anecdotes

  • Selon la légende, les pommes soufflées, servies avec le chateaubriand, seraient nées d’un accident lors de l’inauguration d’une ligne de chemin de fer vers Saint-Germain-en-Laye, en 1837 ; l’histoire est invérifiable.
  • Dans les brasseries, le chateaubriand est traditionnellement proposé pour deux personnes et parfois découpé en salle.
  • Le tournedos Rossini figure encore à la carte de nombreuses tables classiques, avec sa garniture de foie gras et de truffe et sa sauce au madère.
  • Les sauces Choron et Foyot sont deux dérivées de la béarnaise : la première à la tomate, la seconde à la glace de viande.

Lexique

Aloyau
Partie arrière du dos du bœuf, qui comprend le filet, le faux-filet et le rumsteck.
Chaînette
Petit muscle nerveux qui longe le filet, retiré au parage.
Chateaubriand
Tranche épaisse de 3 à 4 cm taillée dans le cœur du filet, servie pour deux.
Tournedos
Tranche ronde de filet de 2 à 3 cm, souvent ficelée ou entourée d’une fine barde.
Saisir
Dorer vivement la surface d’une viande à feu vif pour créer une croûte et des arômes grillés.
Sabayon
Mousse de jaunes d’œufs fouettés au bain-marie, base de la béarnaise et de la hollandaise.
Beurre clarifié
Beurre fondu débarrassé de son petit-lait, qui supporte mieux la chaleur et donne une émulsion plus stable.
Mignonnette
Poivre grossièrement concassé, utilisé dans la réduction de la béarnaise.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le filet de bœuf ?

Le filet de bœuf est un muscle long et fuselé, situé sous les vertèbres lombaires, à l’intérieur de l’aloyau. Très peu sollicité, c’est la pièce la plus tendre de l’animal, maigre et fondante. Il se rôtit entier ou se taille en chateaubriands, tournedos et pavés, et se sert saignant ou à point.

Quelle différence entre chateaubriand, tournedos et filet mignon ?

Ce sont trois découpes du filet. Le chateaubriand est une tranche épaisse de 3 à 4 cm, taillée dans le cœur et servie pour deux. Le tournedos est une tranche ronde plus fine, de 2 à 3 cm, souvent ficelée. Pour le bœuf, filet mignon désigne surtout, aux États-Unis, un steak tiré de la partie fine du filet.

Pourquoi le filet de bœuf est-il si cher ?

Chaque bœuf ne possède que deux filets, qui pèsent ensemble quelques kilos seulement sur une carcasse de plusieurs centaines de kilos. Il faut en plus le parer, en retirant graisse, membrane et chaînette, ce qui réduit encore le poids vendu. Sa tendreté exceptionnelle en fait la pièce la plus demandée, d’où son prix.

Filet ou faux-filet : quelle différence ?

Ce sont deux muscles distincts de l’aloyau. Le filet, sous les vertèbres, est le plus tendre et le plus maigre, au goût doux. Le faux-filet, ou contre-filet, situé au-dessus, est plus ferme, bordé de gras et plus goûteux, et coûte nettement moins cher. Le T-bone réunit les deux de part et d’autre de l’os.

Quelle température à cœur pour un filet de bœuf ?

Après repos, comptez 45 à 48 °C pour un bleu, 50 à 52 °C pour un saignant et 55 à 57 °C pour un à point. Sortez la viande du feu 3 à 5 °C avant, car la température monte encore pendant le repos. Pour les femmes enceintes, une viande bien cuite à cœur est recommandée.

Quelle sauce servir avec un filet de bœuf ?

La béarnaise est la plus classique, notamment avec le chateaubriand. La sauce au poivre, la sauce aux morilles à la crème, la sauce au madère ou la sauce Périgueux à la truffe, celle du tournedos Rossini, sont aussi très courantes. Un simple beurre maître d’hôtel ou un jus de viande réduit conviennent à un filet saisi.

D’où vient le nom du bœuf Wellington ?

Le nom est souvent rattaché au duc de Wellington, vainqueur de Napoléon à Waterloo en 1815, mais aucune source d’époque ne confirme ce lien : les mentions écrites connues du plat sont bien plus tardives. Le principe du filet saisi et cuit en croûte existe aussi en France, sous le nom de filet de bœuf en croûte.

Sources