Colombo de poulet antillais en cocotte : sauce dorée aux épices colombo, christophine, aubergine, piment, riz blancImage générée par IA
FranceAntilles françaisesPlat principal

Colombo de poulet

Le poulet mijoté aux épices jaunes des Antilles, héritage indien devenu un pilier de la cuisine créole.

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Origine Antilles françaises
Service Chaud
Difficulté Facile
Durée moyenne 2 h 50
Allergènes Moutarde (graines de moutarde de la poudre de colombo, dans la plupart des mélanges) ; vérifier l’étiquette des mélanges du commerce

Colombo de poulet : qu’est-ce que c’est ?

Le colombo de poulet est un mijoté de poulet parfumé à la poudre de colombo, un mélange d’épices jaune d’or où dominent le curcuma, la coriandre, le cumin, le fenugrec et les graines de moutarde, souvent lié au riz grillé moulu. Le poulet, mariné au citron vert, à l’ail, à la cive et au piment, mijote avec des oignons, du thym, un piment antillais entier et des légumes qui varient selon les familles : christophine, aubergine, pomme de terre, giraumon, parfois courgette ou haricots verts. La sauce, d’un jaune profond, est onctueuse et parfumée ; une finition d’ail cru et de citron vert la réveille au moment de servir.

C’est l’un des plats emblématiques de la Guadeloupe et de la Martinique, celui des repas du dimanche et des fêtes de famille. En France hexagonale, on le trouve sur les cartes des restaurants antillais et créoles, chez les traiteurs et sur les marchés, sous les noms de « colombo de poulet », « poulet colombo » ou simplement « colombo », à côté du colombo de porc ou de cabri. Il se sert avec du riz blanc, parfois des haricots rouges, et du piment à part.

Un bon colombo se reconnaît à une sauce dorée et nappante, liée par les légumes fondus et le riz grillé de la poudre, sans goût farineux ; à un poulet très tendre qui se détache de l’os, parfumé jusqu’au cœur par la marinade ; à des épices torréfiées, chaudes, jamais amères ; à une chaleur de piment présente sans brûler et à une note finale fraîche de citron vert. Une sauce pâle et liquide, au goût de poudre crue, trahit un colombo trop vite fait.

Histoire & origine

Après l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises, en 1848, les planteurs de Guadeloupe et de Martinique font venir des travailleurs sous contrat, les engagés, pour remplacer la main-d’œuvre des habitations sucrières. La plupart viennent d’Inde, et surtout du sud du pays, de langue tamoule, embarqués notamment depuis les comptoirs français de Pondichéry et de Karikal. Selon les repères habituellement retenus, les arrivées s’échelonnent des années 1850 à la fin des années 1880 ; plusieurs dizaines de milliers de personnes font la traversée, dans des conditions souvent très dures.

Ces engagés apportent avec eux leurs cultes, leurs fêtes et leur cuisine. Le colombo naît, selon le récit le plus répandu, de leurs mélanges d’épices moulues, recomposés avec ce que l’on trouvait sur place : curcuma, coriandre, cumin, fenugrec, graines de moutarde, poivre, et riz grillé pour lier la sauce. L’origine du mot est discutée : on le rapproche le plus souvent de Colombo, la capitale de Ceylan, l’actuel Sri Lanka, ou d’un mot tamoul désignant une sauce épicée, le kuzhambu.

Longtemps associé à la communauté indienne, en particulier le colombo de cabri préparé lors de certaines cérémonies religieuses, le plat est devenu au XXe siècle un pilier de la cuisine créole de toutes les familles antillaises. On le prépare au poulet, au porc, au cabri, au mouton, au poisson ou aux crevettes, autrefois dans le canari, la marmite de terre ou de fonte. Chaque famille a son mélange, ses légumes et son degré de piment.

En France hexagonale, le colombo se diffuse avec la migration antillaise, notamment à partir des années 1960. Il est aujourd’hui servi dans les restaurants antillais et créoles et chez les traiteurs, et la poudre de colombo se trouve aussi bien dans les épiceries exotiques qu’au rayon des épices des grandes surfaces.

Le saviez-vous ?

Le mot colombo désigne à la fois le mélange d’épices et le plat mijoté qu’il parfume. La poudre de colombo contient souvent du riz grillé moulu : c’est lui qui épaissit la sauce, sans farine. Le piment antillais se met souvent entier et non percé dans la marmite : il parfume sans brûler, et on le retire avant de servir. Le colombo de cabri est souvent présenté comme la forme la plus ancienne du plat, liée aux cérémonies de la communauté indienne des Antilles. La christophine des Antilles s’appelle chayotte en France hexagonale et chouchou à La Réunion. À La Réunion, autre terre d’engagés indiens, le massalé est un mélange d’épices cousin du colombo.

Composition traditionnelle

Du poulet mariné au citron vert, mijoté avec la poudre de colombo, des aromates, un piment entier et des légumes, servi avec du riz blanc.

1 Poulet cuisses ou poulet entier découpé, avec la peau et l’os Voir la fiche →
2 Marinade citron vert, ail, cive, thym, sel, poivre et un peu de colombo
3 Poudre de colombo curcuma, coriandre, cumin, fenugrec, moutarde, poivre, souvent riz grillé moulu Voir la fiche →
4 Aromates oignon, ail, thym, piment antillais entier, parfois bois d’Inde
5 Légumes christophine, pomme de terre, aubergine, giraumon, selon les familles
6 Finition ail cru écrasé, jus de citron vert, une pincée de colombo, persil et cive
7 Riz blanc en accompagnement, parfois avec des haricots rouges Voir la fiche →
Ce que la recette traditionnelle ne contient pas
Curry en poudre industriel à la place du colombo : goût plus piquant, sans liaison au riz grillé Farine ou fécule pour épaissir : les légumes fondus et le riz grillé suffisent Blancs de poulet sans os ni peau, qui sèchent au mijotage Lait de coco, que l’on trouve dans des versions modernes mais dont les recettes familiales antillaises se passent le plus souvent
La recette

Colombo de poulet antillais

Des cuisses de poulet marinées au citron vert, à l’ail, à la cive et au colombo, dorées puis mijotées 1 heure avec la poudre de colombo torréfiée, un piment antillais entier, de la christophine, des pommes de terre, du giraumon…

Temps total
2 h 50
Difficulté
Facile
Portions
6 pers.
Coût / pers.
≈ 4,10 €
Voir la recette pas à pas → 25 ingrédients · 13 étapes

Le matériel pour réussir la colombo de poulet

Ustensiles utilisés dans la recette Colombo de poulet antillais.

Conseils de réussite

  • Choisir des morceaux avec l’os et la peau, idéalement de poulet fermier.
  • Faire mariner au moins 1 heure, idéalement une nuit, au réfrigérateur.
  • Torréfier la poudre de colombo 1 minute dans l’huile, sans la brûler.
  • Mettre le piment entier et non percé, pour le parfum sans le feu.
  • Ajouter les légumes en deux temps, en gros cubes.
  • Finir hors du feu avec ail cru, citron vert et une pincée de colombo.

Erreurs fréquentes

  • Colombo brûlé La poudre noircit au fond de la cocotte et donne une sauce amère.
  • Poudre ajoutée dans l’eau Sans passage dans l’huile, la sauce garde un goût farineux de poudre crue.
  • Piment crevé Le plat devient beaucoup trop fort et ne s’adoucit plus.
  • Légumes en purée Cubes trop petits ou ajoutés trop tôt : la sauce devient une bouillie.

Variantes

Traditionnelle
Colombo de cabri

Au cabri (chèvre), souvent cité comme la forme la plus ancienne, lié aux cérémonies de la communauté indienne ; longue cuisson.

Traditionnelle
Colombo de porc

Échine ou épaule de porc en cubes, très répandu dans les familles, mijoté un peu plus longtemps.

Traditionnelle
Colombo de poisson ou de crevettes

Poisson à chair ferme, crevettes ou ouassous (écrevisses d’eau douce), ajoutés en fin de cuisson sur une sauce aux légumes déjà prête.

Traditionnelle
Colombo de légumes

Giraumon, christophine, aubergine et pois, sans viande, pour les jours maigres ou une version végétarienne.

Inspirée
Colombo au lait de coco

Version moderne où une partie de l’eau est remplacée par du lait de coco, plus douce et plus onctueuse.

Adaptée
Colombo au Cookeo

Poulet, oignons et colombo dorés dans la cuve, puis 15 minutes sous pression avec peu d’eau et les légumes en gros cubes.

Adaptée
Colombo doux

Sans piment, ou piment retiré après 15 minutes, pour les enfants ; le parfum des épices reste entier.

Adaptations par appareil

Cocotte Cookeo

Seuls les appareils réellement pertinents pour ce plat sont affichés.

Conserver et réchauffer

  • Crupoulet 2 jours au réfrigérateur entre 0 et 4 °C (voir la date indiquée) ; mariné, au plus 24 heures.
  • Cuit3 jours au réfrigérateur, en boîte hermétique ; il est encore meilleur le lendemain.
  • Congélation3 mois cuit, de préférence sans les pommes de terre.
  • RéchauffageÀ feu doux, à couvert, avec un peu d’eau, 15 à 20 minutes jusqu’à ce que le poulet soit chaud à cœur ; ajouter un trait de citron vert et un peu d’ail écrasé au moment de servir.
  • Congélation3 mois au congélateur, de préférence sans les pommes de terre, qui deviennent farineuses ; décongeler une nuit au réfrigérateur et réchauffer doucement.
Via Rankeat

Colombo de poulet à Paris : les meilleures adresses

  1. La Créole à Paris La Créole 14ᵉ arrondissement · cuisine antillaise, cuisine créole · €€€ 4,3/5 Note Rankeat Google 4,3 · 2 039 avis
Les meilleurs restaurants de colombo de poulet à Paris sur Rankeat →

Classement et notes : Rankeat · mis à jour le 1 novembre 2026

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Pour aller plus loin

Repères, techniques, histoire et vocabulaire pour tout savoir sur colombo de poulet.

À quoi reconnaître un plat réussi ?

  • Sauce jaune d’or, nappante, sans goût de poudre crue.
  • Poulet très tendre qui se détache de l’os, parfumé jusqu’au cœur.
  • Épices chaudes et torréfiées, jamais amères.
  • Légumes fondants mais encore reconnaissables, giraumon fondu dans la sauce.
  • Chaleur du piment présente sans brûler.
  • Note finale fraîche d’ail et de citron vert.

Techniques

La marinade au citron vert

Citron, ail, cive, thym et colombo, au moins 1 heure au frais, pour parfumer jusqu’à l’os.

La torréfaction des épices

Poudre de colombo revenue 1 minute dans l’huile avec les oignons, pour ouvrir ses arômes.

Le piment entier

Piment antillais posé entier et non percé dans la sauce : parfum sans brûlure.

Le mijotage en deux temps

Poulet seul d’abord, puis légumes fermes, puis aubergine, pour des textures justes.

La finition crue

Ail écrasé, citron vert et pincée de colombo ajoutés hors du feu, comme dans beaucoup de plats créoles.

Alternatives

Proche
Cari de poulet

Le mijoté réunionnais au curcuma, à l’ail et au gingembre, servi avec riz et grains.

Proche
Cabri massalé

Chèvre au massalé, le mélange d’épices réunionnais cousin du colombo.

Variante
Colombo de porc

La même recette avec de l’échine de porc, un classique des tables antillaises.

Variante
Colombo de poisson

Poisson à chair ferme ajouté en fin de cuisson sur la sauce aux légumes.

Chronologie

1848
Abolition de l’esclavage dans les colonies françaises ; les planteurs cherchent une nouvelle main-d’œuvre.
Années 1850
Premières arrivées de travailleurs indiens engagés en Martinique et en Guadeloupe, surtout venus du sud de l’Inde.
Fin des années 1880 (approximatif)
Fin des grandes vagues d’engagement ; les communautés indiennes s’enracinent aux Antilles avec leurs épices et leurs cultes.
XXe siècle
Le colombo dépasse la communauté indienne et devient un plat créole de toutes les familles antillaises, au poulet, au porc ou au cabri.
À partir des années 1960
Avec la migration antillaise vers l’Hexagone, le colombo gagne les cuisines familiales, puis les restaurants et les traiteurs.

Service & accords

Le colombo se sert bien chaud, dans des assiettes creuses ou dans la cocotte posée au centre de la table, avec du riz blanc à part : chacun se sert de poulet, de légumes et de sauce, et arrose son riz. Le piment entier et des quartiers de citron vert circulent pour ajuster le goût.

Au restaurant : en France, les restaurants antillais et créoles le proposent souvent en plat du jour, avec du riz blanc ou du riz aux haricots rouges, parfois en formule avec des accras de morue en entrée. On trouve aussi le colombo de porc, de cabri ou de poisson.

À la maison : c’est un plat de famille, du dimanche ou de fête, qui se prépare volontiers la veille : il n’en est que meilleur, à condition de refaire la finition à l’ail et au citron vert au moment de servir.

Vins : un rosé sec et fruité, un blanc aromatique, gewurztraminer sec ou viognier, dont les notes épicées répondent au colombo, ou un rouge souple et léger servi frais.

Bières : une blonde légère ou une bière ambrée des Antilles.

Sans alcool : un jus de goyave ou de fruit de la passion, un jus de canne citronné ou une eau fraîche au citron vert.

Anecdotes

  • En Guadeloupe et en Martinique, le colombo de cabri accompagne traditionnellement certaines cérémonies hindoues, où il est partagé entre les participants.
  • Beaucoup de familles antillaises gardent jalousement la recette de leur poudre de colombo, torréfiée et moulue à la maison.
  • Dans certaines poudres d’épices du sud de l’Inde, on torréfie aussi des lentilles ou du riz avant de les moudre : le riz grillé du colombo en serait un écho, selon une hypothèse souvent avancée.

Lexique

Colombo
Mélange d’épices des Antilles au curcuma, et plat mijoté qu’il parfume.
Engagés
Travailleurs sous contrat, venus surtout d’Inde après l’abolition de 1848, pour travailler dans les habitations sucrières.
Habitation
Aux Antilles, grande exploitation agricole, notamment sucrière, avec ses terres et ses bâtiments.
Christophine
Légume vert de la famille des courges, appelé chayotte en France hexagonale et chouchou à La Réunion.
Giraumon
Courge des Antilles à chair orange, proche du potiron, qui fond dans les mijotés.
Cive
Oignon vert antillais, proche de la cébette, haché dans les marinades.
Bois d’Inde
Arbre des Antilles dont les feuilles et les baies, au parfum de clou de girofle et de cannelle, aromatisent les plats créoles.
Canari
Aux Antilles, marmite traditionnelle, autrefois en terre cuite, puis en fonte.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le colombo de poulet ?

C’est un plat des Antilles françaises : du poulet mariné au citron vert et à l’ail, mijoté avec la poudre de colombo, un mélange d’épices jaune au curcuma, à la coriandre, au cumin et au fenugrec, et des légumes comme la christophine, la pomme de terre, l’aubergine ou le giraumon. Il se sert avec du riz blanc.

D’où vient le colombo ?

De Guadeloupe et de Martinique. Selon le récit le plus répandu, il est né des mélanges d’épices des travailleurs indiens engagés arrivés après l’abolition de l’esclavage de 1848, surtout du sud de l’Inde. Il est devenu au XXe siècle un pilier de la cuisine créole de toutes les familles antillaises.

Pourquoi s’appelle-t-il colombo ?

L’origine du mot est discutée. On le rapproche le plus souvent de Colombo, la capitale de Ceylan, l’actuel Sri Lanka, ou d’un mot tamoul désignant une sauce épicée, le kuzhambu. Le nom désigne à la fois la poudre d’épices et le plat.

Qu’y a-t-il dans la poudre de colombo ?

Surtout du curcuma, de la coriandre, du cumin, du fenugrec, des graines de moutarde et du poivre, souvent avec du riz grillé moulu qui lie la sauce. Selon les familles et les marques, on ajoute du fenouil, du clou de girofle, de l’ail séché ou du piment.

Le colombo est-il pimenté ?

Il est parfumé plus que piquant : la poudre est peu pimentée. Le piment antillais, mis entier dans la marmite, apporte son parfum fruité ; il ne devient brûlant que s’il est percé. Chacun peut ensuite en ajouter à son goût.

Avec quoi servir le colombo de poulet ?

Avec du riz blanc, l’accompagnement classique, parfois des haricots rouges à la créole. On propose du piment et du citron vert à part, et l’on peut commencer le repas par des accras de morue.

Quelle différence entre colombo et curry ?

Les deux viennent de traditions indiennes, mais le colombo antillais a sa propre poudre, plus douce et marquée par le fenugrec, souvent liée au riz grillé, et se cuisine avec des légumes antillais, un piment entier et une finition à l’ail et au citron vert.

Sources