Croissants au beurre dorés dans une corbeille et sur une assiette, l’un ouvert sur sa mie alvéolée, café crème, beurre et confiture d’abricotImage générée par IA
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FranceParis et toute la FranceViennoiserie, petit-déjeuner

Croissant

Pâte levée, beurre et patience : la viennoiserie du petit-déjeuner à la française.

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Origine France
Service Tiède ou à température ambiante
Difficulté Difficile
Durée moyenne 8 h 15 environ
Allergènes Gluten, lait, œufs (dorure)

Croissant : qu’est-ce que c’est ?

Le croissant est une viennoiserie en forme de corne, faite d’une pâte levée feuilletée : une pâte à la levure de boulanger, enrichie de lait et de sucre, dans laquelle on enferme une plaque de beurre avant de la plier plusieurs fois. Au four, l’eau du beurre se change en vapeur et soulève les couches, pendant que la levure fait gonfler la pâte.

Un bon croissant se reconnaît à sa croûte dorée qui s’effeuille sous les doigts et à sa mie en nid d’abeille, souple, au parfum de beurre. En boulangerie, on distingue le croissant au beurre, fait exclusivement au beurre, du croissant dit ordinaire, préparé avec d’autres matières grasses ; par une convention répandue, le premier est façonné droit et le second en arc.

Né d’un petit pain viennois en croissant, le kipferl, et devenu feuilleté en France, il est le symbole du petit-déjeuner à la française, nature ou trempé dans un café au lait. Il partage sa pâte avec le pain au chocolat et se décline en croissant aux amandes ou au jambon.

Histoire & origine

Les pains et gâteaux en forme de croissant existent depuis longtemps en Europe centrale. En Autriche, le kipferl, petit pain en forme de corne, est connu depuis le Moyen Âge ; c’est alors une pâte de pain ou une pâte briochée, sans feuilletage. On le trouve encore dans les boulangeries viennoises, et son nom a donné celui des Vanillekipferl, petits biscuits de Noël à la vanille.

Deux légendes tenaces entourent sa naissance. La première la situe à Vienne en 1683, pendant le siège de la ville par l’armée ottomane : des boulangers, au travail la nuit, auraient entendu les assiégeants creuser des galeries et donné l’alerte, puis façonné un pain en forme de croissant, emblème associé à l’Empire ottoman, pour fêter la victoire. La seconde attribue son arrivée en France à Marie-Antoinette, archiduchesse d’Autriche mariée en 1770 au futur Louis XVI, qui aurait réclamé les pains de son enfance. Aucun document d’époque n’étaye ces récits, que les historiens de l’alimentation tiennent pour des légendes.

La piste la mieux documentée mène à Paris au XIXe siècle. Vers 1838-1839, un ancien officier autrichien, August Zang, ouvre rue de Richelieu une boulangerie viennoise qui vend des pains et des kipferl préparés à la manière de Vienne. Leur succès pousse les boulangers parisiens à les imiter, et l’on finit par appeler ces produits des viennoiseries. Le mot « croissant » pour désigner ce petit pain apparaît dans les textes français vers le milieu du siècle.

Ce croissant n’est pas encore feuilleté. C’est en France, en appliquant au pain viennois la technique du tourage déjà employée pour la pâte feuilletée, que les boulangers mettent au point la pâte levée feuilletée. Les premières recettes de croissants feuilletés paraissent au début du XXe siècle, et le croissant au beurre devient peu à peu un pilier des boulangeries françaises.

Au cours du XXe siècle, il s’impose au petit-déjeuner des familles, des cafés et des hôtels, puis voyage dans le monde entier : cornetto en Italie, souvent plus brioché et parfois fourré, croissant dans la plupart des langues. En France, les concours du meilleur croissant au beurre organisés par la profession entretiennent l’exigence de ce classique, l’une des viennoiseries les plus vendues en boulangerie.

Le saviez-vous ?

Le mot « viennoiserie » rappelle l’origine viennoise des pains briochés et feuilletés vendus en boulangerie. Le feuilletage d’un croissant vient du beurre : enfermé dans la pâte puis plié, il forme de fines couches que la vapeur sépare à la cuisson. Avec un tour double et un tour simple, la pâte compte douze couches de beurre : assez pour feuilleter, sans empêcher la mie de s’alvéoler. Le croissant aux amandes est une recette anti-gaspillage, faite avec des croissants de la veille. En Autriche, le kipferl existe toujours, en petit pain ou en biscuit à la vanille servi à Noël.

Composition traditionnelle

Une détrempe levée à la levure de boulanger, un beurre de tourage et une dorure à l’œuf.

1 Farine de blé T45, idéalement de gruau, riche en protéines pour une pâte élastique Voir la fiche →
2 Eau et lait froids, pour mouiller la détrempe sans réveiller trop tôt la levure
3 Sucre et sel pour le goût et la coloration de la croûte
4 Levure de boulanger fraîche, pour la pousse et la mie alvéolée
5 Beurre de tourage environ la moitié du poids de farine, enfermé puis plié Voir la fiche →
6 Dorure à l’œuf pour une croûte brillante et bien colorée
Ce que la recette traditionnelle ne contient pas
Margarine ou autre matière grasse (c’est alors un croissant dit ordinaire) Levure chimique Garniture sucrée dans la version nature Pâte feuilletée sans levure (on obtient un feuilleté, pas un croissant)
La recette

Croissants pur beurre maison

Des croissants pur beurre comme en boulangerie, avec une détrempe reposée au froid, un beurre de tourage plié en un tour double et un tour simple, un façonnage soigné et une pousse lente pour une mie en nid d’abeille.

Temps total
8 h 13
Difficulté
Difficile
Portions
16 pers.
Coût / pers.
≈ 0,30 €
Voir la recette pas à pas → 9 ingrédients · 14 étapes

Le matériel pour réussir la croissant

Ustensiles utilisés dans la recette Croissants pur beurre maison.

Conseils de réussite

  • Travailler une pâte et un beurre de même consistance, froids mais souples.
  • Laisser la détrempe reposer une nuit au froid pour développer le goût.
  • Ne jamais dépasser 26 °C pendant la pousse, sinon le beurre fond.
  • Rouler les triangles sans les écraser pour préserver les couches.
  • Dorer délicatement, sans napper les tranches du feuilletage.
  • Cuire jusqu’à une couleur brun doré franche : un croissant pâle reste mou.

Erreurs fréquentes

  • Beurre qui casse dans la pâte Trop froid, il se brise en morceaux et le feuilletage devient irrégulier.
  • Beurre qui fond Pâte ou pousse trop chaude : le beurre s’échappe et le croissant devient lourd.
  • Pousse insuffisante Croissants denses, à la mie serrée, qui perdent leur beurre au four.
  • Pâte trop pétrie Elle se rétracte à l’abaisse et les croissants se déforment.

Variantes

Traditionnelle
Croissant au beurre

Préparé exclusivement au beurre, souvent façonné droit en boulangerie.

Traditionnelle
Croissant ordinaire

Fait avec d’autres matières grasses, traditionnellement façonné en arc de cercle.

Inspirée
Croissant aux amandes

Croissant de la veille imbibé de sirop, garni de crème d’amande et recuit avec des amandes effilées.

Inspirée
Croissant au jambon

Garni de jambon et de béchamel ou de fromage, servi chaud en en-cas salé.

Adaptée
Croissant végétal

Beurre remplacé par une matière grasse végétale de tourage et lait par une boisson végétale ; goût différent.

Adaptations par appareil

Seuls les appareils réellement pertinents pour ce plat sont affichés.

Conserver et réchauffer

  • Le jour même, à température ambiante, dans un sac en papier.
  • Le lendemain, le repasser quelques minutes au four pour retrouver le croustillant.
  • Au-delà, le transformer en croissant aux amandes ou en pain perdu.
  • RéchauffageQuelques minutes au four chaud, jamais au micro-ondes qui ramollit la croûte.
  • CongélationCrus et façonnés, ou déjà cuits : 1 mois au congélateur. Les croissants crus se décongèlent une nuit au réfrigérateur avant la pousse ; les cuits se réchauffent directement au four.
Via Rankeat

Croissant à Paris : les meilleures adresses

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Classement et notes : Rankeat · mis à jour le 25 octobre 2026

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Pour aller plus loin

Repères, techniques, histoire et vocabulaire pour tout savoir sur croissant.

À quoi reconnaître un plat réussi ?

  • Couleur brun doré soutenue, brillante grâce à la dorure.
  • Feuillets nets sur les côtés, qui s’effeuillent sous les doigts.
  • Mie alvéolée en nid d’abeille, souple et légèrement filante.
  • Volume généreux et grande légèreté pour son poids.
  • Parfum de beurre frais, sans note rance.
  • Dessous coloré et sec, jamais imbibé de gras.

Techniques

Détrempe

Pâte levée de base, pétrie juste assez pour rester souple et peu élastique.

Tourage

Enfermer le beurre puis plier la pâte en tours double et simple pour créer les couches.

Pointage au froid

Repos prolongé de la détrempe au réfrigérateur, qui développe les arômes.

Façonnage en triangle

Rouler un triangle de pâte de la base vers la pointe, sans serrer.

Apprêt contrôlé

Pousse finale à 25-26 °C au plus, pour que le beurre reste dans la pâte.

Alternatives

Proche
Pain au chocolat

Même pâte, façonnée autour de deux barres de chocolat.

Proche
Cornetto

Cousin italien, souvent plus brioché et parfois fourré.

Variante
Croissant aux amandes

Croissant rassis imbibé et garni de crème d’amande.

Variante
Kouign-amann

Pâte levée feuilletée au beurre et au sucre, caramélisée.

Chronologie

Moyen Âge
Le kipferl, petit pain en forme de corne, est connu en Autriche.
1683 (légende)
Selon un récit sans source d’époque, des boulangers viennois célèbrent la fin du siège ottoman avec un pain en croissant.
Vers 1838-1839
August Zang ouvre à Paris une boulangerie viennoise ; ses kipferl inspirent les boulangers parisiens.
Milieu du XIXe siècle
Le mot « croissant » désigne ce petit pain dans les textes français.
Début du XXe siècle
Premières recettes de croissant à pâte levée feuilletée.
XXe siècle
Le croissant au beurre devient le symbole du petit-déjeuner français et se diffuse dans le monde.

Service & accords

Le croissant se mange le jour de sa cuisson, idéalement tiède, une vingtaine de minutes après la sortie du four, quand la mie a fini de prendre. On le présente nature, dans une corbeille, avec le reste du petit-déjeuner.

À la française : beaucoup le trempent dans le café au lait ou le chocolat chaud ; d’autres le tartinent de beurre ou de confiture, une habitude discutée chez les puristes, pour qui un bon croissant se suffit à lui-même.

Au café : il accompagne l’express ou le café crème au comptoir et figure dans la plupart des formules petit-déjeuner des cafés et des hôtels.

Boissons chaudes : café crème, café au lait ou chocolat chaud, les classiques du petit-déjeuner.

Thés : un thé noir de Ceylan, ou un Earl Grey dont la bergamote répond au beurre.

Brunch : un jus d’orange pressé ou, pour une table de fête, une coupe de crémant brut avec un croissant aux amandes.

Anecdotes

  • August Zang, souvent présenté comme le père de la viennoiserie parisienne, est ensuite rentré à Vienne, où il a fondé le quotidien Die Presse.
  • Le mot croissant est passé tel quel dans de nombreuses langues, de l’anglais au japonais.
  • Dans les pays anglo-saxons, le croissant est souvent ouvert en deux et garni comme un sandwich, un usage presque inconnu en France en dehors du croissant au jambon.

Lexique

Détrempe
Pâte de base (farine, liquide, sel, sucre, levure) avant l’ajout du beurre de tourage.
Tourage
Opération qui consiste à enfermer le beurre dans la détrempe, puis à l’abaisser et à la plier plusieurs fois.
Tour simple
Pliage de la pâte en trois, comme une lettre.
Tour double
Pliage en quatre, dit en portefeuille : les deux extrémités vers le centre, puis en deux.
Apprêt
Dernière pousse des pièces façonnées, juste avant la cuisson.
Viennoiserie
Famille de produits de boulangerie à pâte levée enrichie ou feuilletée, d’origine viennoise.

Questions fréquentes

Quelle est l’origine du croissant ?

Le croissant descend du kipferl, un petit pain autrichien en forme de corne connu depuis le Moyen Âge. Il a été popularisé à Paris au XIXe siècle, notamment par la boulangerie viennoise d’August Zang, ouverte vers 1838-1839. Le croissant feuilleté au beurre, tel qu’on le connaît aujourd’hui, est en revanche une mise au point française du début du XXe siècle.

Le croissant a-t-il été inventé pendant le siège de Vienne ?

C’est une légende. Selon ce récit, des boulangers viennois auraient façonné un pain en forme de croissant pour célébrer la levée du siège ottoman en 1683. Aucune source de l’époque ne le confirme, pas plus que l’histoire de Marie-Antoinette apportant le croissant en France. Ces anecdotes ont été popularisées bien plus tard.

Quelle différence entre un croissant au beurre et un croissant ordinaire ?

Le croissant au beurre, ou pur beurre, n’utilise que du beurre comme matière grasse. Le croissant ordinaire contient d’autres graisses, souvent de la margarine, moins chère. Dans de nombreuses boulangeries, une convention permet de les distinguer : le croissant au beurre est façonné droit, l’ordinaire en arc de cercle. C’est une habitude du métier, pas une obligation légale.

Pourquoi appelle-t-on le croissant une viennoiserie ?

Parce que ces produits viennent de la boulangerie viennoise : au XIXe siècle, les pains et les kipferl préparés à la manière de Vienne ont connu un grand succès à Paris. Le terme désigne aujourd’hui les produits de boulangerie à pâte levée enrichie ou feuilletée, comme le croissant, le pain au chocolat ou la brioche.

Comment reconnaître un bon croissant ?

Il doit être brun doré, brillant et bien développé, avec des couches visibles sur les côtés. Sous les doigts, la croûte s’effeuille en fines lamelles. À l’intérieur, la mie forme des alvéoles régulières en nid d’abeille, souples et non pâteuses. Le goût de beurre est net, jamais rance, et le croissant ne laisse pas de sensation grasse en bouche.

D’où vient le croissant aux amandes ?

C’est une astuce de boulanger pour ne pas jeter les invendus : les croissants de la veille sont tranchés, imbibés d’un sirop, garnis de crème d’amande, recouverts d’amandes effilées puis repassés au four. Le croissant rassis retrouve ainsi du moelleux et devient une pâtisserie à part entière, souvent plus chère que l’original.

Combien de calories contient un croissant ?

Un croissant au beurre apporte environ 400 à 430 kcal pour 100 g, soit autour de 250 à 290 kcal pour un croissant de taille moyenne. L’essentiel de l’énergie vient du beurre et de la farine. C’est une viennoiserie à savourer de temps en temps, plutôt au petit-déjeuner ou au goûter qu’en grignotage.

Sources