Ris d’agneau poêlés dorés en persillade avec des girolles dans une assiette blanche, sur une table de bistrotImage générée par IA
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FranceToute la FranceAbat blanc poêlé

Ris d’agneau

De petites noix dorées au beurre, croustillantes dehors et fondantes dedans, avec une persillade et des champignons des bois : le ris d’agneau, abat fin et méconnu des bistrots de printemps.

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Origine France, cuisine des abats
Service Chaud
Difficulté Intermédiaire
Durée moyenne 2 h 10
Allergènes Gluten (farine), lait (beurre) ; sulfites possibles (vin blanc)

Ris d’agneau : qu’est-ce que c’est ?

Les ris d’agneau sont le thymus de l’agneau, une glande située dans la gorge et à l’entrée de la poitrine, très développée chez le jeune animal. Comme le ris de veau, ils font partie des abats blancs, les plus délicats de la boucherie. Ils se présentent en petites noix blanc rosé, à la chair tendre et au goût doux, que l’on dégorge à l’eau froide, blanchit, pare de leur membrane, puis poêle au beurre jusqu’à ce qu’ils soient bien dorés.

La préparation la plus classique les sert en persillade, avec de l’ail et du persil, ou à la meunière, farinés, dorés au beurre et relevés d’un trait de citron, déglacés au vin blanc. Ils s’accompagnent volontiers de champignons : girolles au printemps et en été, morilles à la crème pour les grandes occasions, cèpes en automne. En entrée chaude, ils se servent en cassolette à la crème.

Au restaurant, on les trouve surtout dans les bistrots et les brasseries qui cuisinent les abats, sous des intitulés comme « ris d’agneau poêlés », « ris d’agneau en persillade », « cassolette de ris d’agneau aux girolles » ou « ris d’agneau aux morilles », parfois déglacés au vin doux. Une belle assiette se reconnaît à des noix régulières, sans membrane, à une croûte blonde et croustillante, à un cœur moelleux, jamais caoutchouteux, et à un jus court qui ne détrempe pas la croûte.

Histoire & origine

Les abats occupent une place ancienne dans la cuisine française, et les ris comptent parmi les plus estimés. Les livres de cuisine français du XVIIe siècle les emploient déjà dans les tourtes, les ragoûts et les garnitures, le plus souvent sous la forme du ris de veau, le plus gros et le plus prestigieux. L’origine du mot « ris » reste obscure. Les ris d’agneau, plus petits et longtemps réservés à la saison des agneaux, ont laissé moins de traces écrites : ils relèvent surtout de la cuisine des boucheries et des familles.

Dans la cuisine bourgeoise des XIXe et XXe siècles, les techniques de préparation des abats blancs se fixent : dégorgement, blanchiment, parage, puis cuisson au beurre, à la meunière, en persillade ou en sauce à la crème. Les ris d’agneau suivent les mêmes méthodes que le ris de veau, en plus rapide, et se retrouvent dans les ragoûts, les vol-au-vent et les poêlées servies avec des champignons.

Autour de la Méditerranée, les ris d’agneau appartiennent à des traditions d’abats bien vivantes. En Espagne, les mollejas de cordero se servent à la plancha ou à l’ail, souvent en tapa ; en Italie, les animelle font partie de la cuisine des abats ; en Grèce, le kokoretsi, brochette d’abats d’agneau entourée de boyaux, en contient traditionnellement. En France, les régions d’élevage ovin, du Sud-Ouest à la Provence, les cuisinent volontiers en persillade, sans qu’une région puisse en revendiquer la paternité.

Comme la plupart des abats, les ris d’agneau ont reculé dans les cuisines familiales au cours de la seconde moitié du XXe siècle. Ils restent pourtant fidèles aux cartes des bistrots et des tables qui mettent en valeur les abats, où ils séduisent par leur finesse et leur prix plus doux que celui du ris de veau, surtout au printemps.

Le saviez-vous ?

Le thymus est une glande du système immunitaire, très développée chez le jeune animal, qui régresse en grandissant : c’est pourquoi les ris ne se prélèvent que sur l’agneau ou le veau. L’origine du mot « ris » est inconnue ; en anglais, les ris se disent sweetbreads, littéralement « pains sucrés ». En espagnol, molleja désigne à la fois le ris d’agneau ou de veau et le gésier des volailles : les mollejas de pollo sont des gésiers. En Argentine, les mollejas, surtout de veau, sont un classique de l’asado, grillées sur la braise. Les ris d’agneau se mangent cuits à cœur : contrairement à la viande d’agneau, ils ne se servent jamais rosés.

Composition traditionnelle

Une petite glande d’agneau, une préparation patiente et une cuisson vive au beurre.

1 Ris d’agneau thymus en petites noix, dégorgé, blanchi et paré
2 Beurre moussant, pour dorer et arroser les ris Voir la fiche → 3 Farine de blé un voile très fin, pour la croûte Voir la fiche →
4 Persillade ail et persil plat hachés, ajoutés en fin de cuisson
5 Champignons girolles, morilles ou cèpes, poêlés à part
6 Échalote ciselée, avec les champignons Voir la fiche →
7 Déglaçage vin blanc et jus de citron, parfois vin doux naturel
8 Crème facultative, pour la version en cassolette
Ce que la recette traditionnelle ne contient pas
Marinade longue, qui masque leur goût délicat Cuisson rosée : les ris se mangent cuits à cœur Panure épaisse, sauf dans une version panée assumée Sauce tomate ou épices fortes dans la version française classique
La recette

Ris d’agneau poêlés en persillade et girolles

Ris d’agneau dégorgés, blanchis départ eau froide, parés puis dorés au beurre moussant, finis en persillade, déglacés au vin blanc et servis avec une poêlée de girolles : la recette de référence du bistrot, pour 4 personnes.

Temps total
2 h 10
Difficulté
Intermédiaire
Portions
4 pers.
Coût / pers.
≈ 8,50 €
Voir la recette pas à pas → 16 ingrédients · 13 étapes

Le matériel pour réussir la ris d’agneau

Ustensiles utilisés dans la recette Ris d’agneau poêlés en persillade et girolles.

Conseils de réussite

  • Commander les ris chez le boucher et les cuisiner très frais.
  • Dégorger au moins 1 heure dans une eau très froide, souvent changée.
  • Blanchir départ eau froide, 2 minutes au frémissement seulement.
  • Retirer soigneusement la membrane et les parties nerveuses.
  • Dorer au beurre moussant, en une seule couche, en arrosant.
  • Ajouter la persillade en toute fin de cuisson.

Erreurs fréquentes

  • Blanchiment trop long Les ris durcissent et deviennent caoutchouteux.
  • Membrane oubliée Elle se rétracte à la cuisson et rend la texture élastique.
  • Poêle surchargée Les ris rendent leur eau et bouillent au lieu de dorer.
  • Sauce trop abondante Elle détrempe la croûte, qui fait tout l’intérêt du plat.

Variantes

Traditionnelle
Ris d’agneau en persillade

Dorés au beurre et finis avec de l’ail et du persil hachés, la version des bistrots.

Traditionnelle
Ris d’agneau meunière

Farinés, dorés au beurre, relevés de jus de citron et de persil, comme une sole meunière.

Traditionnelle
Ris d’agneau aux morilles

Poêlés puis nappés d’une sauce à la crème aux morilles, parfois au vin jaune, pour les repas de fête.

Traditionnelle
Cassolette de ris d’agneau

En entrée chaude, avec des girolles ou des cèpes, liés à la crème et servis en petit plat individuel.

Traditionnelle
Mollejas de cordero

En Espagne, ris d’agneau saisis à la plancha ou poêlés à l’ail, souvent servis en tapa.

Inspirée
Ris d’agneau déglacés au vin doux

Déglaçage au banyuls ou au madère, qui donne un jus sucré-salé brillant.

Adaptée
Ris d’agneau sans gluten

Farinés à la fécule de maïs ou à la farine de riz, pour une croûte plus fine.

Comparaisons utiles

Ris d’agneau ou ris de veau ? C’est le même organe, le thymus, prélevé sur l’agneau ou sur le veau. Le ris d’agneau est bien plus petit, se prépare plus vite et coûte en général moins cher ; le ris de veau, plus gros, se presse et se taille en escalopes. Ris d’agneau ou rognons ? Les deux sont des abats poêlés ; les rognons, abats rouges au goût plus marqué, se servent souvent à la moutarde, les ris, abats blancs et plus doux, au beurre et aux champignons. Ris d’agneau ou mollejas ? Les mollejas de cordero espagnoles sont des ris d’agneau, saisis à la plancha avec de l’ail ; les mollejas argentines sont surtout des ris de veau grillés. Ris d’agneau ou cervelle d’agneau ? Deux abats blancs délicats ; la cervelle, plus fragile et crémeuse, se poche puis se sert surtout à la meunière.

Conserver et réchauffer

  • Ris crusà cuisiner le jour de l’achat ou le lendemain, entre 0 et 4 °C.
  • Ris poêlésà déguster aussitôt ; les restes se gardent 24 heures au réfrigérateur, en boîte hermétique.
  • Ne pas les laisser plus de 2 heures à température ambiante.
  • RéchauffageSe réchauffent mal : quelques minutes à feu doux, couverts, avec un peu de beurre ; la croûte se perd.
  • CongélationDéconseillée une fois cuits. Crus et très frais, jusqu’à 3 mois ; décongeler au réfrigérateur, puis dégorger et blanchir.
Via Rankeat

Ris d’agneau à Paris

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Classement et notes : Rankeat · mis à jour le 7 novembre 2026

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Pour aller plus loin

Repères, techniques, histoire et vocabulaire pour tout savoir sur ris d’agneau.

À quoi reconnaître un plat réussi ?

  • Noix régulières, sans membrane ni filaments.
  • Croûte blonde et croustillante sur toutes les faces.
  • Cœur moelleux et fondant, jamais caoutchouteux.
  • Goût doux et net, sans note de sang.
  • Persillade parfumée, ail jamais brûlé.
  • Jus court qui accompagne les ris sans détremper la croûte.

Techniques

Dégorgement

Faire tremper les ris dans une eau très froide, changée plusieurs fois, pour éliminer le sang.

Blanchiment départ eau froide

Porter doucement les ris au frémissement dans l’eau salée, 2 minutes, pour les raffermir avant le parage.

Parage

Retirer la membrane, les vaisseaux et les parties nerveuses à froid, avec les doigts et la pointe d’un couteau.

Cuisson au beurre moussant

Dorer les ris farinés en une seule couche, en les arrosant sans cesse de beurre blond noisette.

Déglaçage

Dissoudre les sucs de cuisson avec du vin blanc ou un fond pour obtenir un jus court et brillant.

Alternatives

Proche
Ris de veau

Le même abat, plus gros, plus cher, servi en escalopes dorées, souvent aux morilles.

Proche
Mollejas de cordero

Ris d’agneau à l’espagnole, saisis à la plancha avec de l’ail, en tapa.

Variante
Cassolette de ris d’agneau

En entrée chaude, à la crème et aux champignons.

Variante
Ris d’agneau aux morilles

Version de fête, nappée d’une sauce à la crème et aux morilles.

Chronologie

XVIIe siècle
Les ris, surtout de veau, figurent dans les livres de cuisine français, en tourtes, ragoûts et garnitures.
XIXe et XXe siècle
La cuisine bourgeoise fixe les techniques des abats blancs : dégorgement, blanchiment, parage, cuisson au beurre ou à la crème.
Seconde moitié du XXe siècle
Les abats reculent dans les cuisines familiales mais restent présents dans les bistrots et chez les bouchers.
Aujourd’hui
Les ris d’agneau poêlés, en persillade ou aux champignons, sont un classique des tables qui cuisinent les abats, surtout au printemps.

Service & accords

Servir les ris d’agneau dès la sortie de la poêle, sur des assiettes chaudes, avec les champignons et un peu de jus de déglaçage.

Portion : environ 150 g de ris crus par personne en plat principal, 80 à 100 g en entrée chaude ou en cassolette.

Au restaurant : ils se commandent surtout en plat, dans les bistrots et brasseries qui cuisinent les abats, parfois en entrée chaude en cassolette. Ils sont plus fréquents à la carte au printemps.

Vins blancs : un chardonnay de Bourgogne ample, mâcon ou meursault, ou un savennières, dont la rondeur répond au beurre et aux champignons.

Vins rouges : un pinot noir léger ou un saint-joseph souple. Avec des morilles à la crème, un vin jaune du Jura.

Sans alcool : une eau gazeuse ou un jus de raisin blanc pétillant peu sucré.

Anecdotes

  • Un agneau ne donne qu’une petite quantité de ris : chez le boucher, mieux vaut les réserver quelques jours à l’avance.
  • Les ris d’agneau sont parfois servis à la plancha avec de l’ail dans les bars à tapas, à la manière espagnole.
  • Le mot anglais sweetbreads, « pains sucrés », n’a rien à voir avec le pain ni avec le sucre : son origine reste discutée.

Lexique

Ris
Thymus du jeune animal, veau ou agneau, rangé parmi les abats blancs.
Thymus
Glande située dans la gorge et l’entrée de la poitrine, développée chez le jeune animal.
Abats blancs
Abats de couleur claire, comme les ris, la cervelle ou la tête, qui se blanchissent avant cuisson.
Dégorger
Faire tremper dans l’eau froide pour éliminer le sang et les impuretés.
Blanchir
Porter dans l’eau, départ froid, jusqu’au frémissement, pour raffermir et purifier.
Parer
Retirer membranes, nerfs et graisse pour ne garder que la partie noble.
Persillade
Mélange d’ail et de persil hachés, ajouté en fin de cuisson.
Cassolette
Petit plat individuel allant au four, et par extension le mets qui y est servi.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le ris d’agneau ?

C’est le thymus de l’agneau, une glande située dans la gorge et l’entrée de la poitrine, développée chez le jeune animal. Rangé parmi les abats blancs, il se présente en petites noix blanches, tendres et au goût doux.

Quelle est la différence entre ris d’agneau et ris de veau ?

C’est le même organe, prélevé sur deux animaux différents. Le ris d’agneau est bien plus petit, se blanchit plus vite et coûte en général moins cher ; le ris de veau, plus gros et plus prestigieux, se presse et se coupe en escalopes. Leur goût et leur texture sont proches.

Où acheter des ris d’agneau ?

Chez un boucher, le plus souvent sur commande quelques jours à l’avance. Ils sont plus faciles à trouver au printemps, la saison des agneaux ; on en trouve aussi surgelés chez certains bouchers.

Comment préparer les ris d’agneau avant cuisson ?

On les dégorge environ 1 heure dans une eau très froide, changée plusieurs fois, on les blanchit départ eau froide 2 minutes au frémissement, on les rafraîchit, puis on retire la membrane et les parties nerveuses. Ils sont alors prêts à être poêlés.

Avec quoi servir des ris d’agneau ?

Avec des champignons, girolles, morilles ou cèpes, une purée, des pommes de terre grenaille ou des légumes de printemps comme les petits pois, les fèves et les asperges vertes.

Les ris d’agneau se mangent-ils rosés ?

Non : comme tous les ris, ils se mangent cuits à cœur. Le blanchiment, puis la cuisson à la poêle, les cuisent entièrement tout en gardant un cœur moelleux.

Combien de ris d’agneau prévoir par personne ?

Environ 150 g de ris crus par personne en plat principal, 80 à 100 g en entrée ou en cassolette. Ils perdent un peu de poids au parage et à la cuisson.

Sources