Lexique culinaire Cuisson

Confire

verbe transitif

Cuire très lentement un aliment immergé dans une graisse, un sirop de sucre ou son propre jus, sous l’ébullition, pour l’attendrir et souvent le conserver.

Employé dans 16 recettes
  • Graisse d’un confit85 à 95 °C, frémissement à peine visible
  • Cuisses de canard2 h 30 à 3 h
  • Rillettes de porcEnviron 4 heures à feu très doux
  • Oignons45 minutes ou plus à feu doux
  • Signe que c’est prêtLa lame entre sans résistance, la chair dégage l’os

À quoi sert le confisage ?

Une cuisse de canard grillée à feu vif durcit et se dessèche. Plongée pendant 2 h 30 à 3 h dans sa graisse à peine frémissante, elle devient fondante : la chaleur douce et régulière transforme peu à peu le tissu conjonctif en gélatine, sans que l’eau de la viande s’évapore brutalement. C’est le principe du confit de canard, que l’on retrouve ensuite dans la garbure ou le cassoulet, et des rillettes de porc, qui cuisent environ 4 heures dans leur propre gras avant d’être effilochées.

À l’origine, le confisage servait surtout à conserver : rangée dans un pot et recouverte de graisse figée, la viande était protégée de l’air. Le même verbe désigne la cuisson des fruits et des écorces dans le sucre et, plus largement, toute cuisson lente qui rend un légume fondant et concentré : les oignons d’une pissaladière ou d’une pastilla, l’ail en chemise qui confit dans sa peau autour d’un poulet rôti, le sofrito d’une paella, les échalotes du lipig d’un kig ha farz.

Comment savoir que c’est prêt ?

Pendant la cuisson, la graisse reste sous l’ébullition : quelques bulles lentes remontent le long des morceaux, autour de 85 à 95 °C au thermomètre. Si elle grésille comme une friture, la viande frit et se rétracte au lieu de confire. Elle est prête quand la pointe d’un couteau y entre sans aucune résistance et que la chair se rétracte en dégageant l’os.

Pour des oignons, il faut compter 45 minutes ou plus à feu doux : d’abord à couvert, pour qu’ils rendent leur eau, puis à découvert, pour l’évaporer. Ils sont confits quand ils s’écrasent sous la cuillère, presque en compotée, et qu’il ne reste plus de jus au fond. Leur couleur dépend de la recette : à peine blonds pour une pissaladière, plus dorés pour une pastilla.

Les cas particuliers

Au sucre. Les écorces d’orange confites du stollen, des cannoli ou des calissons, le melon confit sont cuits puis laissés dans un sirop de plus en plus concentré, souvent sur plusieurs jours : le sucre remplace peu à peu l’eau du fruit, qui devient translucide et se conserve. L’opération est longue, et on achète le plus souvent ces fruits tout prêts.

Les citrons confits du tajine ne sont pas cuits : ils se conservent plusieurs semaines dans le sel et leur jus, qui attendrissent l’écorce. On les rince avant usage pour retirer l’excès de sel. Au four, on confit des tomates à chaleur douce avec un filet d’huile, et le riz de la teurgoule confit 3 heures dans le lait sucré, protégé par la croûte qui se forme en surface.

Quelle graisse choisir ?

La graisse de canard ou d’oie est la référence pour les volailles du Sud-Ouest, le saindoux convient au porc, l’huile d’olive aux légumes, à l’ail et au poisson. Il en faut assez pour immerger complètement les morceaux : une cocotte étroite en demande moins qu’une large. Filtrée et gardée au froid, la graisse d’un confit resservira pour une autre cuisson ou pour faire dorer des pommes sarladaises.

Comment confire, pas à pas

  1. Saler la veille

    Pour une viande, la frotter de gros sel et d’aromates et la laisser une douzaine d’heures au frais, puis la rincer et l’éponger.

  2. Immerger

    Ranger les morceaux serrés dans une cocotte et les recouvrir entièrement de graisse fondue.

  3. Chauffer doucement

    Amener la graisse à un frémissement à peine visible, puis régler le feu au plus bas, ou passer la cocotte au four doux.

  4. Surveiller

    Contrôler de temps en temps la température et l’aspect : petites bulles lentes, jamais de friture.

  5. Égoutter ou conserver

    Sortir les morceaux tendres à la pince ; pour les garder, les ranger dans un bocal propre et les couvrir de graisse filtrée.

Les erreurs à éviter

  • Chauffer trop fort

    La graisse qui bout fait frire la viande : elle se rétracte, sèche et durcit. On garde un frémissement à peine visible, au thermomètre si possible.

  • Laisser dépasser les morceaux

    La partie à l’air sèche et cuit mal. Il faut assez de graisse pour tout immerger, ou une cocotte plus étroite.

  • Saler trop longtemps

    Au-delà d’une journée, le confit devient trop salé. Une douzaine d’heures suffisent, suivies d’un rinçage.

  • Brusquer les oignons

    À feu vif, ils colorent et brûlent avant d’avoir rendu leur eau. On commence à couvert, à feu doux, et on remue souvent.

Mettre en pratique : nos recettes avec « confire »

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Questions fréquentes

Quelle différence entre confire et mijoter ?

Les deux cuissons sont lentes, mais le mijotage se fait dans un liquide aqueux (bouillon, vin, sauce) qui frémit, alors que le confisage se fait dans une graisse ou un sirop, sous l’ébullition. La viande confite garde une texture plus dense et peut se conserver dans sa graisse.

Peut-on confire au four ?

Oui, et c’est même plus simple pour garder une chaleur régulière : la cocotte, viande couverte de graisse, passe plusieurs heures au four doux. On vérifie de temps en temps que la graisse frémit à peine et ne bout jamais.

Pourquoi mon confit est-il sec ?

Le plus souvent, la graisse a bouilli et la viande a frit au lieu de confire. Des morceaux mal immergés ou une cuisson prolongée bien au-delà du point où la chair se détache donnent le même résultat.

Que faire de la graisse d’un confit ?

La filtrer encore tiède et la garder au froid : elle sert à un nouveau confit, à dorer des pommes de terre ou à faire revenir les légumes d’une soupe. Le jus brun et gélatineux qui se dépose au fond se garde à part, car il se conserve moins bien.