Faux-filet grillé à la croûte brune et au gras doré, beurre maître d’hôtel fondant, frites maison et sauce béarnaise sur une table en marbreImage générée par IA
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Steak frites

Une pièce de bœuf bien saisie, des frites cuites en deux bains, une noix de beurre persillé : le plat de brasserie par excellence.

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Origine France et Belgique
Service Chaud
Difficulté Intermédiaire
Durée moyenne 1 h 30
Allergènes Aucun allergène majeur dans la viande et les frites ; lait (beurre maître d’hôtel) ; selon la sauce choisie : œufs et lait (béarnaise), lait et sulfites (sauce au poivre au cognac) ; moutarde si servie

Steak frites : qu’est-ce que c’est ?

Le steak frites réunit une pièce de bœuf à griller, poêlée ou grillée à la cuisson demandée, et une portion de frites. Derrière cette formule toute simple se cache l’un des plats les plus servis des brasseries françaises et l’un des emblèmes de la table belge. Les cartes l’annoncent comme « steak frites », « steak grillé », « steak de bœuf » ou « steak de bœuf grillé, frites maison », en précisant souvent le morceau : entrecôte, faux-filet, rumsteck ou bavette.

Au moment de la commande, le serveur demande la cuisson : bleu, saignant, à point ou bien cuit. La viande arrive nature ou coiffée d’un beurre maître d’hôtel, avec une sauce présentée à part, béarnaise ou au poivre le plus souvent, et parfois une salade verte. En Belgique, les frites sont volontiers cuites dans la graisse de bœuf et le steak s’accompagne fréquemment d’une béarnaise.

Un bon steak frites se juge sur trois points : une croûte brune et régulière, une cuisson fidèle à la commande et des frites maison cuites en deux bains, croustillantes dehors et fondantes dedans. Le morceau fait le reste : l’entrecôte persillée est la plus fondante, le faux-filet le plus régulier, le rumsteck le plus maigre et la bavette la plus goûteuse.

Histoire & origine

Le mot bifteck est emprunté à l’anglais beefsteak, « tranche de bœuf », au XVIIIe siècle. La tranche de bœuf grillée « à l’anglaise » gagne ensuite les cartes des restaurants parisiens au XIXe siècle, à côté des pommes de terre, qui ont fini par s’imposer dans l’alimentation française après avoir longtemps été regardées avec méfiance. La cuisine classique codifie ensuite les grillades : dans le Guide culinaire d’Auguste Escoffier, au début du XXe siècle, les viandes grillées se servent avec un beurre maître d’hôtel, et la garniture dite vert-pré associe pommes paille, cresson et beurre persillé.

L’origine des frites elles-mêmes reste disputée. Les Belges revendiquent une tradition ancienne de pommes de terre frites, appuyée sur un récit dont aucun document ne permet d’établir l’authenticité ; côté français, la tradition associe les premières frites vendues dans la rue aux marchands installés près du Pont-Neuf à Paris, d’où le nom des pommes Pont-Neuf. Aucun des deux pays ne peut prouver son antériorité, et la question reste un sujet de joutes amicales.

Au XXe siècle, l’association du steak et des frites devient le plat type des brasseries, des bistrots, des restaurants ouvriers et des cantines. En 1957, le sémiologue Roland Barthes lui consacre un texte de ses Mythologies, « Le bifteck et les frites », où il voit dans le steak saignant et les frites un véritable signe de l’identité française, au même titre que le vin. En Belgique, le steak frites, souvent accompagné d’une salade et d’une béarnaise, s’installe parallèlement comme un plat de tous les jours dans les brasseries et les tavernes.

Dans la seconde moitié du siècle, la formule se décline : plat du jour, menu du midi, restaurants qui ne servent qu’un seul plat d’entrecôte tranchée, sauce maison et frites. Le nom français a voyagé tel quel : on lit « steak frites » sur les cartes des brasseries de Londres ou de New York. Aujourd’hui, le plat reste un repère des cartes françaises, avec un intérêt croissant pour l’origine de la viande, la race et la maturation, et pour les frites réellement faites maison.

Le saviez-vous ?

La cuisson « bleue », à peine saisie, est une particularité des tables françaises ; l’explication courante relie son nom à la teinte violacée de la viande presque crue. Un « à point » français reste rosé au centre : il correspond à peu près au medium des cartes anglophones, souvent plus cuit. Depuis un décret de 2002, les restaurants doivent indiquer l’origine de la viande bovine qu’ils servent. La garniture vert-pré de la cuisine classique associe aux viandes grillées des pommes paille, du cresson et du beurre maître d’hôtel. Sur les cartes anglaises et américaines, « steak frites » s’écrit en français, comme un label de brasserie.

Composition traditionnelle

Une pièce de bœuf à griller, des frites en deux bains et un beurre ou une sauce pour la viande.

1 Pièce de bœuf à griller entrecôte, faux-filet, rumsteck ou bavette, de 180 à 250 g, épaisse de 2 cm environ
2 Frites pommes de terre farineuses taillées en bâtonnets, cuites en deux bains
3 Matière grasse de cuisson huile neutre pour saisir, beurre pour arroser ; graisse de bœuf pour les frites à la belge
4 Beurre maître d’hôtel beurre, persil haché, jus de citron, sel et poivre Voir la fiche →
5 Sauce à part béarnaise ou sauce au poivre, servie en saucière
6 Salade verte (facultatif) laitue ou frisée à la vinaigrette moutardée Voir la fiche →
Ce que la recette traditionnelle ne contient pas
Steak haché, qui fait un autre plat : le steak haché-frites Frites surgelées précuites présentées comme maison Sauce nappée sur les frites Viande cuite à l’avance puis réchauffée
La recette

Steak frites maison, beurre maître d’hôtel

Un faux-filet saisi dans une poêle fumante et cuit exactement comme on l’aime, des frites de bintje en deux bains et une rondelle de beurre persillé au citron qui fond sur la viande : le steak frites de brasserie, à…

Temps total
1 h 30
Difficulté
Intermédiaire
Portions
4 pers.
Coût / pers.
≈ 9,10 €
Voir la recette pas à pas → 14 ingrédients · 13 étapes

Le matériel pour réussir la steak frites

Ustensiles utilisés dans la recette Steak frites maison, beurre maître d’hôtel.

Conseils de réussite

  • Choisir des steaks d’au moins 2 cm d’épaisseur pour obtenir un vrai saignant.
  • Sortir la viande du réfrigérateur un quart d’heure avant et bien l’éponger.
  • Saler juste avant la cuisson, poivrer après.
  • Saisir dans une poêle fumante, deux steaks au plus à la fois.
  • Laisser reposer la viande quelques minutes sur une grille avant de servir.
  • Cuire les frites en deux bains, à 150 °C puis à 180 °C.

Erreurs fréquentes

  • Steak trop mince Une tranche fine cuit à cœur avant d’avoir formé sa croûte : impossible d’obtenir un vrai saignant.
  • Poêle pas assez chaude La viande rend son jus, grisaille et bout au lieu de dorer.
  • Viande coupée aussitôt Sans repos, le jus s’échappe dans l’assiette et la viande paraît sèche.
  • Frites cuites en un seul bain Elles sont soit brunes et crues au centre, soit cuites mais molles et grasses.

Variantes

Traditionnelle
Entrecôte frites

La version la plus fondante, avec une entrecôte persillée de 250 à 300 g, souvent servie avec une béarnaise ou une sauce bordelaise.

Traditionnelle
Steak frites béarnaise

Le steak est servi avec une sauce béarnaise à part, émulsion au beurre, jaunes d’œufs, échalote et estragon.

Traditionnelle
Steak au poivre frites

La viande, enrobée de poivre concassé, est nappée d’une sauce au cognac et à la crème montée dans la poêle.

Traditionnelle
Steak frites à la belge

Frites cuites dans la graisse de bœuf, salade, et sauce au choix, béarnaise ou au poivre, avec de la mayonnaise pour les frites.

Traditionnelle
Entrecôte tranchée sauce maison

Formule unique de certaines brasseries : viande tranchée, nappée d’une sauce au beurre et aux herbes, frites servies en deux fois.

Inspirée
Steak frites cuisson inversée

Pièce très épaisse cuite d’abord doucement au four jusqu’à quelques degrés de la cuisson voulue, puis saisie à la poêle pour la croûte.

Adaptée
Steak frites à l’airfryer

Steak poêlé et frites cuites à l’air chaud avec une cuillerée d’huile : plus léger, frites moins fondantes à cœur.

Adaptations par appareil

Seuls les appareils réellement pertinents pour ce plat sont affichés.

Conserver et réchauffer

  • Viande crue2 à 3 jours au réfrigérateur, entre 0 et 4 °C, dans son papier de boucher.
  • Steak cuit2 jours au réfrigérateur en boîte hermétique, à servir plutôt froid et tranché.
  • Fritesà manger dès la sortie du bain.
  • RéchauffageÀ éviter pour un steak saignant, qui recuit : le manger froid, tranché finement. Sinon, 30 secondes par face dans une poêle très chaude. Les frites se raniment 5 minutes au four à 220 °C ou 3 minutes à l’airfryer.
  • CongélationLes steaks crus se congèlent jusqu’à 6 mois bien emballés et se décongèlent une nuit au réfrigérateur. Les frites précuites après le premier bain se congèlent à plat et se finissent au second bain ; le beurre maître d’hôtel se congèle 2 mois.
Via Rankeat

Steak frites à Paris : les meilleures adresses

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Classement et notes : Rankeat · mis à jour le 1 novembre 2026

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Pour aller plus loin

Repères, techniques, histoire et vocabulaire pour tout savoir sur steak frites.

À quoi reconnaître un plat réussi ?

  • Croûte brun foncé et régulière, bordure de gras rissolée.
  • Cuisson exactement conforme à la commande, du bleu au bien cuit.
  • Viande juteuse, qui ne laisse pas une flaque de jus dans l’assiette.
  • Frites maison dorées, sèches et croustillantes, au cœur fondant.
  • Beurre ou sauce servis à part ou sur la viande, jamais sur les frites.
  • Assiette chaude et couteau à steak bien affûté.

Techniques

La saisie à la poêle

Viande épongée et salée au dernier moment, posée dans une huile qui fume à peine, laissée immobile jusqu’à se décoller seule.

L’arrosage au beurre

Beurre ajouté après avoir retourné la viande et versé sans arrêt à la cuillère, pour finir la cuisson et nourrir la croûte.

Le contrôle de la cuisson

Température à cœur à la sonde, ou à défaut test de la pression du doigt, en tenant compte des degrés gagnés au repos.

Le repos sur grille

Quelques minutes au chaud, sans couvrir hermétiquement, pour répartir la chaleur sans ramollir la croûte.

Le beurre composé

Beurre pommade mélangé à des herbes et un acide, roulé en boudin et raffermi au froid.

La friture en deux bains

Premier bain à 150 °C pour cuire la pomme de terre, repos, second bain à 180 °C pour dorer et croustiller.

Alternatives

Proche
Steak au poivre

Pièce de bœuf enrobée de poivre concassé, sauce au cognac et à la crème.

Proche
Bavette à l’échalote

Bavette saisie et sauce d’échalotes fondues, avec des frites.

Variante
Entrecôte bordelaise

Entrecôte, sauce au vin rouge et à la moelle.

Variante
Steak frites à la belge

Frites à la graisse de bœuf, béarnaise et salade.

Chronologie

XVIIIe siècle
Le français emprunte à l’anglais le mot beefsteak, qui deviendra bifteck.
XIXe siècle
Le bifteck grillé s’installe sur les cartes des restaurants parisiens ; selon la tradition, des marchands vendent des pommes de terre frites près du Pont-Neuf.
Début du XXe siècle
Le Guide culinaire d’Auguste Escoffier codifie les grillades, le beurre maître d’hôtel et la garniture vert-pré.
1957
Roland Barthes publie Mythologies, avec le texte « Le bifteck et les frites ».
Seconde moitié du XXe siècle
Le steak frites devient le plat type des brasseries et des menus du midi en France et en Belgique ; apparition de restaurants à plat unique d’entrecôte et frites.
2002
Un décret oblige les restaurants français à indiquer l’origine de la viande bovine servie.

Service & accords

Le steak frites se sert en plat principal, à raison de 180 à 250 g de viande crue par personne, et jusqu’à 300 g pour une entrecôte. La viande se présente entière, sur une assiette chaude, avec les frites à côté et la sauce en saucière.

Au restaurant : la cuisson se demande toujours. Pour un rumsteck ou une bavette, saignant ou à point est le conseil habituel ; pour une entrecôte, l’à point fait fondre son gras. N’hésitez pas à renvoyer un steak trop cuit par rapport à la commande : c’est le premier critère d’une bonne brasserie.

À la maison : les frites maison demandent un peu plus d’une heure ; la viande, elle, se cuit au dernier moment, en commençant par les cuissons les plus longues pour servir tout le monde en même temps.

Beaujolais et Loire : un saint-amour, un juliénas ou un chinon, rouges souples et fruités, pour un steak au beurre maître d’hôtel.

Bordeaux : un saint-émilion ou un côtes-de-bourg, plus charpentés, pour une entrecôte persillée ou une sauce au poivre.

Bière et sans alcool : une blonde ou une ambrée belge, compagne naturelle des frites ; sinon une eau pétillante citronnée ou un jus de raisin rouge allongé d’eau gazeuse.

Anecdotes

  • Dans son texte sur le bifteck et les frites, Roland Barthes rapporte qu’après l’armistice d’Indochine, le général de Castries aurait demandé des frites pour son premier repas, détail que la presse de l’époque avait relevé.
  • Le mot « entrecôte » désigne, à l’origine, le morceau pris entre deux côtes du bœuf ; « rumsteck » vient de l’anglais rump steak, « tranche de croupe ».
  • En Belgique, il n’est pas rare de commander une béarnaise pour le steak et une mayonnaise pour les frites dans la même assiette.
  • Le beurre maître d’hôtel devrait son nom, selon une explication répandue mais invérifiable, au maître d’hôtel qui le déposait en salle sur les grillades, au moment du service.

Lexique

Bleu
Cuisson à peine saisie : croûte formée, cœur rouge violacé et à peine tiède.
Saignant
Cuisson courte : cœur rouge et chaud, jus rouge à la découpe.
À point
Cuisson intermédiaire : cœur rosé, jus clair rosé.
Bien cuit
Viande cuite d’un bord à l’autre, sans trace de rose.
Faux-filet
Aussi appelé contre-filet : muscle situé le long de l’échine, dans l’aloyau, tendre et bordé d’une bande de gras.
Persillé
Se dit d’une viande parcourue de fins filets de gras intramusculaire, gage de moelleux et de goût.
Beurre composé
Beurre mélangé à des aromates, herbes, épices ou condiments, puis raffermi au froid ; le beurre maître d’hôtel en est l’exemple type.
Pommes Pont-Neuf
Frites épaisses de la cuisine classique, taillées en gros bâtonnets réguliers et cuites en deux bains.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un steak frites ?

C’est une pièce de bœuf à griller, le plus souvent entrecôte, faux-filet, rumsteck ou bavette, poêlée ou grillée à la cuisson choisie par le client, et servie avec des frites. Elle arrive nature, avec un beurre maître d’hôtel ou une sauce à part, béarnaise ou au poivre. C’est l’un des plats les plus classiques des brasseries françaises et belges.

Quel morceau de bœuf choisir pour un steak frites ?

L’entrecôte, persillée et bordée de gras, est la plus fondante et la plus goûteuse. Le faux-filet, ou contre-filet, offre une tranche régulière et tendre, avec une bande de gras. Le rumsteck est plus maigre et se sert de préférence saignant. La bavette, plus fine et à fibres longues, a beaucoup de goût mais doit être tranchée contre les fibres. Comptez 180 à 250 g par personne.

Bleu, saignant, à point, bien cuit : comment reconnaître les cuissons ?

Le bleu est juste saisi, rouge violacé et à peine tiède à cœur, vers 45 à 50 °C. Le saignant est rouge et chaud au centre, autour de 50 à 55 °C. L’à point reste rosé, entre 55 et 60 °C environ. Le bien cuit est brun-gris d’un bord à l’autre, au-delà de 65 °C. Ces températures, mesurées après repos, sont indicatives : la sonde reste plus fiable que l’œil.

Quelle sauce servir avec un steak frites ?

En brasserie, la béarnaise et la sauce au poivre arrivent en tête, suivies de la sauce à l’échalote, de la sauce au roquefort et de la bordelaise. Le beurre maître d’hôtel, au persil et au citron, est la solution la plus simple et la plus classique. En Belgique, on ajoute volontiers une mayonnaise pour les frites, même quand le steak a déjà sa sauce.

Qu’est-ce que le beurre maître d’hôtel ?

C’est un beurre composé de la cuisine classique : du beurre ramolli mélangé à du persil haché, à un peu de jus de citron, à du sel et à du poivre, puis roulé en boudin et raffermi au froid. Coupé en rondelles, il fond lentement sur la viande ou le poisson grillé. Il se garde une semaine au réfrigérateur.

Le steak frites est-il français ou belge ?

Les deux pays le revendiquent comme un plat de tous les jours, et chacun y apporte ses habitudes : beurre maître d’hôtel ou béarnaise, frites à l’huile en France, frites à la graisse de bœuf et mayonnaise en Belgique. L’origine des frites elles-mêmes reste disputée entre Belges et Français, sans document décisif de part et d’autre.

Un steak saignant ou bleu est-il sans risque ?

Pour une pièce de bœuf entière saisie sur toutes ses faces, les cuissons bleue et saignante sont courantes, car la contamination se trouve surtout en surface. Une viande très fraîche et bien conservée au froid reste indispensable. Les femmes enceintes, les jeunes enfants et les personnes âgées ou immunodéprimées devraient choisir une cuisson bien cuite. La viande hachée doit toujours être cuite à cœur.

Sources