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Marmite dieppoise
Poissons de la Manche, moules, crevettes et Saint-Jacques dans une sauce à la crème : la mer normande servie à la louche.
Marmite dieppoise : qu’est-ce que c’est ?
La marmite dieppoise est une soupe-ragoût de poissons et de fruits de mer originaire de Dieppe, port de pêche de la côte normande. Des morceaux de poissons à chair blanche, sole, turbot, lotte ou barbue, y sont pochés avec des moules, des crevettes et des noix de Saint-Jacques dans une sauce à la crème fraîche, mouillée au cidre ou au vin blanc et parfumée aux poireaux.
Elle réunit ce que la Normandie maritime et la Normandie laitière ont de meilleur : la marée débarquée sur les quais et la crème des herbages. Le mot « marmite » désigne le récipient dans lequel tout cuit ensemble ; l’adjectif « dieppoise » renvoie, dans le vocabulaire culinaire, à une garniture de moules et de crevettes liée d’une sauce blanche.
Plus douce et plus crémée que la bouillabaisse marseillaise, sans safran ni rouille, plus raffinée que la cotriade bretonne aux pommes de terre, la marmite dieppoise se sert en assiette creuse, en plat unique ou en grande entrée de fête, avec du pain grillé pour saucer.
Histoire & origine
Dieppe, sur la côte d’Albâtre, vit de la mer depuis des siècles. Port de pêche et de commerce, il a été longtemps l’un des grands ports du hareng sur la Manche, avant de devenir l’un des premiers ports français de débarquement de la coquille Saint-Jacques. La ville célèbre d’ailleurs ces deux produits chaque année, en novembre, lors de sa foire aux harengs et à la coquille Saint-Jacques.
Comme beaucoup de soupes de poissons du littoral, la marmite dieppoise est souvent présentée comme un plat de pêcheurs, préparé avec les poissons invendus ou abîmés de la marée. Cette filiation est vraisemblable pour l’idée d’une soupe commune, mais la version servie aujourd’hui, avec ses poissons nobles, ses Saint-Jacques et sa sauce à la crème, relève plutôt de la cuisine de restaurant. Aucune source fiable ne permet d’en dater l’apparition ni d’en attribuer la création à un cuisinier précis.
Le nom s’inscrit dans une tradition plus ancienne de la cuisine française : l’appellation « à la dieppoise » désigne, dans le répertoire classique, des poissons servis avec une garniture de moules et de crevettes décortiquées, souvent avec des champignons, et une sauce au vin blanc. La sole dieppoise en est l’exemple le plus connu. La marmite reprend cette garniture et l’associe à la crème, signature de la cuisine normande, et volontiers au cidre.
Au XXe siècle, avec l’essor des bains de mer et du tourisme sur la côte normande, la marmite dieppoise s’impose à la carte des restaurants du port et des brasseries de la région. Chaque cuisinier y met ses poissons du jour : sole, turbot, barbue, lotte, parfois merlan ou saint-pierre. Elle reste aujourd’hui le plat emblématique de Dieppe et un grand classique des repas de fête normands, surtout pendant la saison de la Saint-Jacques.
En France, la pêche de la coquille Saint-Jacques est encadrée par une saison, ouverte en Manche environ d’octobre à mai selon les gisements. L’appellation « à la dieppoise » désigne en cuisine classique une garniture de moules et de crevettes, que l’on retrouve dans la sole dieppoise. Le turbot et la barbue sont deux poissons plats cousins ; la barbue se reconnaît à sa peau lisse couverte de petites écailles. Le poisson vendu sous le nom de lotte est la baudroie, dont on ne commercialise le plus souvent que la queue, sans son énorme tête. Dieppe est l’un des ports de la côte d’Albâtre, ces falaises de craie blanche qui bordent la Seine-Maritime.
Composition traditionnelle
Des poissons blancs et des fruits de mer pochés dans une sauce au cidre ou au vin blanc, aux poireaux, aux champignons et à la crème.
2
Moules
ouvertes à part, leur jus filtré entre dans la sauce Voir la fiche →
4
Crevettes
roses ou grises, décortiquées Voir la fiche →
7
Crème fraîche
épaisse, pour une sauce veloutée Voir la fiche →
Marmite dieppoise traditionnelle
Lotte, turbot, noix de Saint-Jacques, moules et crevettes pochés quelques minutes dans une sauce veloutée au cidre, aux poireaux et à la crème fraîche : la grande soupe de poissons normande de Dieppe, pour 6 personnes.
- Temps total
- 1 h 20
- Difficulté
- Intermédiaire
- Portions
- 6 pers.
- Coût / pers.
- ≈ 11,50 €
Le matériel pour réussir la marmite dieppoise
Ustensiles utilisés dans la recette Marmite dieppoise traditionnelle.
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- Passoire et grand saladier (pour recueillir le jus des moules) Acheter Passoire sur Amazon (lien affilié)
- Passoire fine et papier absorbant ou étamine (pour filtrer le jus) Acheter Passoire sur Amazon (lien affilié)
- Couteau d’office (pour gratter les moules et parer les noix) Acheter Couteau de cuisine sur Amazon (lien affilié)
- Couteau filet de sole (pour détailler la lotte et le turbot) Acheter Couteau de cuisine sur Amazon (lien affilié)
- Pince à arêtes Acheter Pince de cuisine sur Amazon (lien affilié)
- Planche à découper réservée au poisson Acheter Planche à découper sur Amazon (lien affilié)
- Fouet (pour incorporer la crème) Acheter Fouet sur Amazon (lien affilié)
- Cuillère à arroser
- Assiettes creuses préchauffées
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Conseils de réussite
- Choisir deux ou trois poissons à chair ferme et les couper en gros morceaux.
- Filtrer le jus des moules et le goûter avant de saler.
- Faire fondre les poireaux sans coloration : la sauce doit rester blanche.
- Réduire le cidre ou le vin blanc avant d’ajouter le fumet.
- Pocher les poissons à simple frémissement, dans l’ordre de leur fermeté.
- Ajouter les Saint-Jacques en tout dernier, hors du feu.
Erreurs fréquentes
- Poisson en miettes Des morceaux trop petits ou une sauce qui bout font éclater la chair.
- Saint-Jacques élastiques Cuites trop longtemps, elles rétrécissent et durcissent.
- Sauce salée Jus des moules et fumet salent déjà beaucoup : saler en dernier.
- Sauce épaisse Trop réduite, la marmite devient un ragoût lourd au lieu d’une soupe veloutée.
Variantes
Mouillée au vin blanc sec plutôt qu’au cidre, version fréquente dans les restaurants.
Les petites crevettes grises de la Manche, décortiquées, à la place des crevettes roses.
Un jaune délayé dans la crème, ajouté hors du feu, pour une sauce plus veloutée.
Quelques pommes de terre fermes cuites dans le bouillon, pour un plat unique plus rassasiant.
Une pincée de curry ou de piment de Cayenne dans la sauce, comme le font certains cuisiniers.
Cabillaud ou lieu jaune et moules seulement, sans Saint-Jacques ni turbot.
Fumet reconstitué, moules décortiquées et crevettes cuites : prête en 30 minutes.
Adaptations par appareil
Seuls les appareils réellement pertinents pour ce plat sont affichés.
Comparaisons utiles
Conserver et réchauffer
- À consommer de préférence aussitôt préparée.
- 24 heures au réfrigérateur au maximum, en boîte fermée, refroidie rapidement.
- Ne pas la laisser plus de 2 heures à température ambiante.
- RéchauffageÀ feu très doux, à couvert, sans faire bouillir. Mieux vaut réchauffer la sauce seule et y remettre les poissons à la dernière minute.
- CongélationDéconseillée pour la marmite complète. Congeler seulement la base de sauce, avant la crème, jusqu’à 2 mois.
Marmite dieppoise à Rouen : les meilleures adresses
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Repères, techniques, histoire et vocabulaire pour tout savoir sur marmite dieppoise.
À quoi reconnaître un plat réussi ?
- Morceaux de poisson entiers, nacrés et fondants, qui se détachent en feuillets.
- Saint-Jacques encore translucides au centre.
- Moules dodues, sans sable.
- Sauce ivoire, veloutée mais fluide, au goût franc de mer.
- Crème présente sans écraser les poissons ni le cidre.
- Aucune âcreté d’alcool ni excès de sel.
Techniques
Les cuire à couvert, à feu vif, avec un peu de liquide, et récupérer leur jus.
Le passer à travers un papier ou une étamine pour éliminer le sable.
Cuire poireaux et échalotes doucement au beurre, sans coloration.
Faire bouillir le cidre ou le vin pour évaporer l’alcool et concentrer les arômes.
Cuire les poissons dans une sauce à simple frémissement, sans ébullition.
Retirer le petit muscle latéral, rincer rapidement et éponger.
Alternatives
Filets de sole nappés de sauce à la crème, aux moules et aux crevettes.
La soupe de poissons bretonne, aux pommes de terre.
Le plat gantois de poisson ou de volaille à la crème.
Les moules seules, à la crème et au cidre.
Chronologie
Service & accords
La marmite dieppoise se sert très chaude, dans des assiettes creuses préchauffées, en plat unique ou en grande entrée de fête. Comptez environ 150 g de poisson par personne, deux noix de Saint-Jacques, deux crevettes et quelques moules, avec une louche généreuse de sauce.
Au restaurant : elle est le plat emblématique des restaurants du port de Dieppe et figure à la carte de nombreuses brasseries de la côte normande, parfois servie dans un petit poêlon individuel.
À la maison : c’est un plat de fête, à réserver aux repas où l’on peut acheter le poisson le jour même ; la sauce se prépare à l’avance.
Blanc : un muscadet sèvre-et-maine sur lie, vif et iodé, ou un chablis minéral, qui accompagnent les fruits de mer sans alourdir la crème.
Cidre : un cidre brut fermier de Normandie, servi frais, pour un accord régional.
Sans alcool : une eau pétillante citronnée ou un jus de pomme brut pétillant.
Anecdotes
- À Dieppe, la foire aux harengs et à la coquille Saint-Jacques attire chaque automne les amateurs de produits de la mer sur les quais du port.
- Dans de nombreux restaurants normands, la marmite dieppoise est servie dans un petit poêlon de cuivre ou de fonte, posé directement sur la table.
- Avant d’être connue pour sa marmite, Dieppe fut l’une des premières stations de bains de mer de France, très fréquentée dès la première moitié du XIXe siècle.
Lexique
- Marmite
- Récipient de cuisson à couvercle, et par extension plat qui y cuit tout ensemble.
- À la dieppoise
- Garniture classique de moules et de crevettes, souvent avec des champignons, liée d’une sauce blanche.
- Fumet
- Bouillon concentré préparé avec des arêtes et des têtes de poissons, des aromates et du vin.
- Pocher
- Cuire un aliment dans un liquide maintenu juste sous l’ébullition.
- Byssus
- Touffe de filaments par laquelle la moule s’accroche à son support, à retirer avant cuisson.
- Parer
- Retirer d’un produit les parties non comestibles ou disgracieuses avant de le cuire.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la marmite dieppoise ?
C’est une soupe-ragoût de poissons et de fruits de mer originaire de Dieppe, en Normandie. Des morceaux de poissons blancs, comme la sole, le turbot ou la lotte, y sont pochés avec des moules, des crevettes et des Saint-Jacques dans une sauce à la crème, mouillée au cidre ou au vin blanc et parfumée aux poireaux.
Quels poissons met-on dans une marmite dieppoise ?
Des poissons à chair blanche et ferme pêchés en Manche : sole, turbot, barbue et lotte sont les plus cités. Certains cuisiniers ajoutent du saint-pierre ou du merlan selon la marée. Les fruits de mer, moules, crevettes et noix de Saint-Jacques, font partie de la recette classique. On associe généralement deux ou trois poissons différents.
D’où vient la marmite dieppoise ?
Elle est associée au port de Dieppe, en Seine-Maritime, grand port de pêche de la Manche. On la présente souvent comme une soupe de pêcheurs, mais la version actuelle, à la crème et aux Saint-Jacques, s’est surtout fixée dans les restaurants de la ville et de la côte normande au XXe siècle. Son origine exacte n’est pas documentée.
Que signifie « à la dieppoise » ?
Dans le vocabulaire de la cuisine classique, « à la dieppoise » désigne une préparation de poisson servie avec une garniture de moules et de crevettes décortiquées, souvent avec des champignons, et une sauce au vin blanc. La sole dieppoise en est l’exemple le plus connu. La marmite dieppoise reprend cette garniture dans une soupe à la crème.
Quelle est la différence entre la marmite dieppoise et la bouillabaisse ?
La bouillabaisse marseillaise est un bouillon de poissons de roche à l’huile d’olive, à la tomate et au safran, servi avec une rouille et des croûtons. La marmite dieppoise associe des poissons de la Manche et des coquillages dans une sauce blanche à la crème, au cidre ou au vin blanc. Elle est plus douce et ne contient ni tomate ni safran.
Cidre ou vin blanc dans la marmite dieppoise ?
Les deux se rencontrent. Le vin blanc sec est souvent employé dans les restaurants, dans la lignée des sauces « à la dieppoise » de la cuisine classique. Le cidre brut, produit emblématique de la Normandie, donne une note de pomme et une acidité plus douce. Dans les deux cas, il est réduit avant d’être mêlé au fumet et à la crème.
Quand déguster la marmite dieppoise ?
Toute l’année, mais elle est particulièrement appréciée en automne et en hiver, pendant la saison de la coquille Saint-Jacques, ouverte en Manche environ d’octobre à mai. Généreuse et festive, elle figure volontiers au menu des repas de fête et des réveillons, en plat unique ou en grande entrée.