Œufs Bénédicte sur muffin anglais toasté et jambon, sauce hollandaise, piment de Cayenne, jaune coulant, pommes sautées et saladeImage générée par IA
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États-UnisNew YorkPlat de brunch

Œufs Bénédicte

Muffin toasté, jambon, œuf poché et hollandaise : la bouchée reine du brunch.

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Origine New York, fin du XIXe siècle
Service Aussitôt monté
Difficulté Intermédiaire
Durée moyenne 50 min dont 40 min de travail
Allergènes Œufs, lait (beurre), gluten (muffin anglais)

Œufs Bénédicte : qu’est-ce que c’est ?

Les œufs Bénédicte, en anglais eggs Benedict, se composent d’un muffin anglais coupé en deux et toasté, sur lequel on pose une tranche de jambon ou de bacon canadien, un œuf poché au jaune coulant et une cuillerée généreuse de sauce hollandaise, émulsion tiède de jaunes d’œufs, de beurre et de citron. On les sert presque toujours par deux, une pincée de piment de Cayenne ou de paprika sur la sauce.

Plat emblématique du brunch, ils figurent à la carte des coffee shops, des hôtels et des restaurants de brunch, souvent sous leur nom anglais, avec plusieurs déclinaisons : Florentine aux épinards, Royale au saumon fumé, à l’avocat ou au bacon grillé. Ils arrivent le plus souvent accompagnés de pommes de terre sautées ou de rösti, d’une petite salade ou de fruits frais.

Une bonne assiette se juge sur trois détails : un muffin croustillant dessus et moelleux dedans, qui ne détrempe pas ; un œuf au blanc juste pris et au jaune qui coule à la première entaille ; une hollandaise lisse, tiède et citronnée, ni figée ni tranchée. Le plat est simple dans son principe, mais il exige d’enchaîner les cuissons au dernier moment.

Histoire & origine

Les œufs Bénédicte sont nés à New York : les récits s’accordent sur la ville et sur l’époque, la seconde moitié du XIXe siècle. Leur inventeur, en revanche, est disputé. Plusieurs histoires circulent, rapportées pour la plupart des décennies après les faits, et aucune ne peut être établie avec certitude.

Le premier récit conduit au restaurant Delmonico’s, la grande table new-yorkaise de l’époque. Une cliente fidèle, nommée Mrs LeGrand Benedict, lassée de la carte, aurait demandé quelque chose de nouveau ; le chef, généralement identifié comme Charles Ranhofer, lui aurait composé des œufs pochés sur muffin toasté et jambon, nappés de hollandaise. La date avancée se situe dans les années 1860 ou 1870. Ranhofer publie en 1894 The Epicurean, un grand livre de recettes où figurent des « eggs à la Benedick », très proches du plat actuel.

Le second récit, tout aussi répandu, se passe à l’hôtel Waldorf en 1894. Lemuel Benedict, courtier à Wall Street, aurait commandé pour soigner un lendemain de fête des toasts beurrés, du bacon croustillant, deux œufs pochés et de la sauce hollandaise ; le maître d’hôtel Oscar Tschirky aurait adopté l’idée en remplaçant le toast par un muffin anglais et le bacon par du jambon. Ce témoignage n’a été publié qu’en 1942, dans le magazine The New Yorker. Un troisième récit, paru dans la presse new-yorkaise dans les années 1960, attribue la recette au banquier E. C. Benedict.

Quelle que soit la version retenue, le plat devient au XXe siècle un pilier des petits-déjeuners d’hôtel américains, puis du brunch du dimanche. Il gagne l’Europe avec la mode du brunch à l’américaine et s’installe en France dans les cafés, les coffee shops et les hôtels, souvent sous son nom anglais, avec ses variantes au saumon fumé, aux épinards ou à l’avocat.

Le saviez-vous ?

Dans son livre The Epicurean (1894), Charles Ranhofer, chef de Delmonico’s, décrit des « eggs à la Benedick » : muffins toastés, rond de jambon, œuf poché et hollandaise. Le récit de Lemuel Benedict, venu chercher un remède à un lendemain de fête, a durablement associé les œufs Bénédicte aux brunchs tardifs. Le muffin anglais n’a rien d’un muffin sucré : c’est un petit pain plat, cuit sur plaque, à la mie alvéolée. Le bacon canadien des Américains est un bacon de longe, maigre et fumé, proche du bacon vendu en France. Les œufs à la bénédictine de la cuisine classique française sont un tout autre plat, garni de brandade de morue.

Composition traditionnelle

Un muffin toasté, du jambon, un œuf poché et une hollandaise tiède, servis par deux.

1 Muffin anglais fendu en deux et toasté, il sert de socle Voir la fiche →
2 Jambon ou bacon canadien une tranche par demi-muffin, réchauffée
3 Œuf poché blanc juste pris, jaune coulant Voir la fiche →
4 Sauce hollandaise jaunes d’œufs montés au bain-marie, beurre et jus de citron
5 Finition pincée de piment de Cayenne ou de paprika, parfois ciboulette
6 Accompagnement courant pommes de terre sautées ou rösti, salade ou fruits frais
Ce que la recette traditionnelle ne contient pas
Œuf au plat ou mollet à la place de l’œuf poché Mayonnaise à la place de la hollandaise Pain non toasté, qui se détrempe Hollandaise réchauffée ou gardée des heures au chaud Muffin sucré aux pépites ou aux myrtilles, qui n’est pas le même produit
La recette

Œufs Bénédicte maison, hollandaise au bain-marie

Les œufs Bénédicte du brunch à la maison : muffins anglais toastés, jambon réchauffé, œufs très frais pochés au jaune coulant et sauce hollandaise montée au bain-marie, au beurre et au citron. Pour 4 personnes, deux œufs chacune.

Temps total
50 min
Difficulté
Intermédiaire
Portions
4 pers.
Coût / pers.
≈ 2,40 €
Voir la recette pas à pas → 14 ingrédients · 12 étapes

Le matériel pour réussir la œufs bénédicte

Ustensiles utilisés dans la recette Œufs Bénédicte maison, hollandaise au bain-marie.

Conseils de réussite

  • Pocher des œufs extra-frais : le blanc reste groupé autour du jaune.
  • Monter les jaunes au bain-marie sans laisser l’eau bouillir sous le bol.
  • Incorporer le beurre tiède en filet, en fouettant sans arrêt.
  • Toaster le muffin juste avant de monter l’assiette.
  • Préparer tous les éléments avant de pocher : les œufs n’attendent pas.
  • Servir aussitôt, la sauce tiède sur l’œuf chaud.

Erreurs fréquentes

  • Hollandaise tranchée Trop chauffée ou montée avec un beurre versé trop vite, elle se sépare et devient granuleuse.
  • Œuf poché filandreux Œuf pas assez frais ou eau qui bout à gros bouillons : le blanc se disperse.
  • Jaune trop cuit Au-delà de quelques minutes, le jaune prend et le plat perd son intérêt.
  • Muffin détrempé Pas assez toasté ou monté trop tôt, il absorbe l’eau de l’œuf et la sauce.

Variantes

Traditionnelle
Bénédicte au jambon

La version de référence : muffin anglais, jambon cuit ou bacon canadien, œuf poché, hollandaise.

Traditionnelle
Florentine

Épinards tombés au beurre à la place du jambon ; en France, les œufs florentine désignent aussi des œufs pochés sur épinards, nappés d’une sauce crémeuse.

Traditionnelle
Royale

Saumon fumé à la place du jambon, parfois relevé d’aneth ; on la trouve aussi sous le nom d’œufs Bénédicte au saumon.

Inspirée
À l’avocat

Tranches d’avocat ou avocat écrasé sous l’œuf, avec du bacon ou en version végétarienne.

Inspirée
Au bacon grillé

Tranches de poitrine fumée croustillantes, à l’américaine, à la place du jambon.

Inspirée
Sauce béarnaise ou maltaise

Hollandaise remplacée par une béarnaise à l’estragon, ou parfumée au jus d’orange sanguine pour une sauce maltaise.

Adaptée
Hollandaise express

Sauce montée au mixeur plongeant avec un beurre fondu très chaud : plus rapide, un peu moins aérienne.

Adaptée
Sans gluten

Muffin remplacé par une galette de pomme de terre (rösti) ou un pain sans gluten toasté.

Conserver et réchauffer

  • À manger aussitôt montéœufs pochés et hollandaise ne se gardent pas une fois l’assiette dressée.
  • Les œufs pochés seuls, refroidis dans l’eau glacée, se gardent 24 heures au réfrigérateur.
  • La hollandaise, faite de jaunes peu cuits, ne se conserve pas : la préparer au dernier moment.
  • RéchauffageNe se réchauffe pas une fois monté. Seuls les œufs pochés d’avance se remettent à température, 1 minute dans une eau chaude non bouillante.
  • CongélationNe se congèle pas : œufs pochés et hollandaise ne supportent pas la congélation. Seuls les muffins anglais se congèlent, jusqu’à 3 mois.
Via Rankeat

Œufs Bénédicte à New-York

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Classement et notes : Rankeat · mis à jour le 1 novembre 2026

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Pour aller plus loin

Repères, techniques, histoire et vocabulaire pour tout savoir sur œufs bénédicte.

À quoi reconnaître un plat réussi ?

  • Muffin croustillant dessus, moelleux dedans, jamais détrempé.
  • Œuf poché bien rond, blanc juste pris et sans filaments.
  • Jaune entièrement coulant à la première entaille.
  • Hollandaise lisse, brillante et tiède, qui nappe sans couler.
  • Goût de beurre relevé par le citron, sans arrière-goût d’œuf cuit.
  • Assiette servie chaude, aussitôt montée.

Techniques

Œuf poché

Glisser un œuf extra-frais dans une eau frémissante légèrement vinaigrée et le cuire 3 minutes.

Sabayon au bain-marie

Fouetter les jaunes avec un peu d’eau au-dessus d’une eau frémissante jusqu’à une mousse épaisse.

Émulsion au beurre

Incorporer le beurre tiède en filet pour une hollandaise lisse et stable.

Toastage

Fendre le muffin à la fourchette et le dorer pour qu’il ne se détrempe pas.

Dressage minute

Enchaîner muffin, jambon, œuf et sauce en quelques secondes pour servir chaud.

Alternatives

Proche
Œufs florentine

Œufs pochés sur épinards, avec une sauce crémeuse dans la version française.

Proche
Œufs en meurette

Œufs pochés en sauce au vin rouge, à la bourguignonne.

Variante
Œufs Royale

Saumon fumé à la place du jambon.

Variante
Œufs Bénédicte à l’avocat

Avocat sous l’œuf, avec ou sans bacon.

Chronologie

Années 1860-1870
Selon un premier récit, le chef de Delmonico’s, à New York, crée le plat pour une cliente, Mrs LeGrand Benedict.
1894
Charles Ranhofer publie The Epicurean, où figurent des « eggs à la Benedick ». La même année, selon un autre récit, Lemuel Benedict commande un plat comparable à l’hôtel Waldorf.
1942
Le témoignage de Lemuel Benedict paraît dans le magazine The New Yorker.
Années 1960
Des lettres publiées dans la presse new-yorkaise relancent le débat ; l’une attribue la recette au banquier E. C. Benedict.
XXe siècle
Le plat devient un pilier des petits-déjeuners d’hôtel et du brunch du dimanche aux États-Unis.
Années 2000-2010
La mode du brunch à l’américaine l’installe dans les cafés, les coffee shops et les hôtels français.

Service & accords

Les œufs Bénédicte se servent par deux, chaque demi-muffin garni, sur une assiette chaude, la hollandaise nappée au dernier moment et saupoudrée d’une pincée de piment de Cayenne ou de paprika. On les mange au couteau et à la fourchette, en entaillant l’œuf pour que le jaune coule sur le muffin.

Au brunch : ils constituent le plat principal, avec des pommes de terre sautées ou une rösti et une salade, entre une boisson chaude, un jus pressé et une douceur. Dans les hôtels, ils figurent souvent à la carte du petit-déjeuner servi à table.

À la maison : tout se joue dans l’organisation. Hollandaise prête et gardée tiède, muffins toastés, jambon réchauffé : les œufs se pochent en dernier, quatre à la fois, et l’assiette part aussitôt.

Au brunch : un champagne brut ou un crémant, dont la vivacité tranche avec le beurre de la hollandaise ; un mimosa pour une version plus festive.

Vins blancs : un chardonnay de Bourgogne peu boisé, comme un mâcon ou un chablis.

Sans alcool : jus d’orange pressé, café, thé noir ou eau pétillante au citron.

Anecdotes

  • Certaines adresses de brunch proposent une carte entière de « Benedicts », du crabe à l’effiloché de bœuf, autour de la même base muffin, œuf poché et hollandaise.
  • Les cuisiniers de brunch pochent souvent les œufs à l’avance, les refroidissent dans l’eau glacée, puis les réchauffent quelques secondes au moment du service.
  • Le chef Charles Ranhofer, auquel on attribue la version de Delmonico’s, est aussi associé à d’autres classiques nés dans ce restaurant, comme le homard Newburg.

Lexique

Œuf poché
Œuf cassé et cuit sans coquille dans une eau frémissante, blanc pris et jaune coulant.
Sauce hollandaise
Sauce émulsionnée chaude de jaunes d’œufs, de beurre et de jus de citron.
Sabayon
Jaunes d’œufs fouettés au bain-marie jusqu’à une mousse épaisse et légère.
Muffin anglais
Petit pain rond et plat, levé, cuit sur plaque, à fendre et à toaster.
Bacon canadien
Nom américain du bacon de longe, maigre et fumé, proche du bacon à la française.
Brunch
Contraction de breakfast et lunch : repas de fin de matinée qui réunit petit-déjeuner et déjeuner.
Trancher
Se dit d’une sauce émulsionnée dont le gras se sépare.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que les œufs Bénédicte ?

C’est un plat de brunch né à New York : un muffin anglais coupé en deux et toasté, une tranche de jambon ou de bacon canadien sur chaque moitié, un œuf poché au jaune coulant et une sauce hollandaise au beurre et au citron. On les sert par deux, saupoudrés d’un peu de piment de Cayenne, souvent avec des pommes de terre sautées.

Qui a inventé les œufs Bénédicte ?

On ne le sait pas avec certitude. Un premier récit les situe au restaurant Delmonico’s, à New York, où le chef aurait créé le plat pour une cliente, Mrs LeGrand Benedict. Un autre l’attribue à Lemuel Benedict, courtier qui aurait commandé ce plat à l’hôtel Waldorf en 1894. Les deux récits s’accordent sur New York à la fin du XIXe siècle.

Pourquoi les appelle-t-on Bénédicte ?

Le nom vient du patronyme Benedict, celui de la cliente de Delmonico’s ou du courtier du Waldorf selon les récits. En français, on l’a transformé en « Bénédicte », comme un prénom, mais il n’a rien à voir avec les moines bénédictins ni avec les œufs à la bénédictine de la cuisine classique française, garnis de brandade de morue.

Quelle différence entre œufs Bénédicte, Florentine et Royale ?

La base reste la même : muffin anglais, œuf poché, sauce hollandaise. La Bénédicte classique porte du jambon ou du bacon canadien, la Florentine des épinards tombés au beurre, la Royale du saumon fumé. Les cartes de brunch ajoutent souvent des versions à l’avocat ou au bacon grillé, et parfois une béarnaise à la place de la hollandaise.

Les œufs Bénédicte sont-ils sans risque pour les femmes enceintes ?

Le jaune coulant de l’œuf poché et les jaunes peu cuits de la hollandaise présentent un risque de salmonellose. Pour les femmes enceintes, les jeunes enfants et les personnes âgées ou immunodéprimées, les recommandations sanitaires conseillent des œufs bien cuits : un œuf poché plus longtemps, jaune pris, une sauce préparée avec des jaunes pasteurisés, ou un autre plat.

Quel pain pour les œufs Bénédicte ?

Le muffin anglais, petit pain rond et plat cuit sur plaque, est le pain de référence : fendu à la fourchette et toasté, il reste croustillant dessus et absorbe juste ce qu’il faut de jaune. À défaut, une tranche épaisse de pain de mie toastée, un demi-bagel ou une brioche peu sucrée conviennent. En France, les muffins anglais se trouvent au rayon des pains de mie.

Que servir avec les œufs Bénédicte ?

Au brunch, on les accompagne de pommes de terre sautées, de rösti ou de pommes de terre rôties, d’une petite salade verte vinaigrée qui tranche avec la richesse de la sauce, ou de fruits frais. Côté boissons : café, jus d’orange pressé, et pour un brunch festif, un mimosa ou une coupe de champagne.

Sources