Bol de curry rouge thaï au poulet : sauce coco orangée, pousses de bambou, aubergines thaïes, feuilles de combava, basilic thaï et piment, riz jasminImage générée par IA
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ThaïlandeThaïlande centralePlat principal

Curry rouge thaï

Piments rouges séchés, lait de coco et basilic thaï : le plus classique des curries thaïs.

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Origine Thaïlande centrale
Service Chaud
Difficulté Facile
Durée moyenne 45 min
Allergènes Poissons (sauce poisson), crustacés (pâte de crevettes de la pâte de curry) ; selon la garniture, crustacés ou soja (tofu). Sans gluten ni lait dans la recette de base : vérifier l’étiquette de la pâte

Curry rouge thaï : qu’est-ce que c’est ?

Le curry rouge thaï, en thaï kaeng phet (« curry piquant »), est un curry au lait de coco construit sur une pâte de piments rouges séchés, pilés avec de l’échalote, de l’ail, de la citronnelle, du galanga, du zeste de combava et de la pâte de crevettes. On y cuit du poulet, du bœuf, du porc, des crevettes ou du canard rôti, avec des pousses de bambou, des aubergines thaïes, des feuilles de combava et une poignée de basilic thaï.

En France, il figure sur presque toutes les cartes de restaurants thaïs, annoncé « curry rouge » suivi de sa garniture : au poulet, au bœuf, aux crevettes ou au canard. Il arrive dans un bol ou une assiette creuse, avec un riz jasmin servi à part, et l’on vous demande souvent le degré de piquant souhaité. Certaines maisons y ajoutent poivrons, courgettes ou haricots verts, absents de la recette thaïe.

Sa sauce orangé-rouge, fluide et brillante, se reconnaît aux perles d’huile rouge qui remontent en surface quand la pâte a été bien frite dans la crème de coco. Plus rond que le curry vert, fait de piments frais, et moins chargé en épices sèches que le massaman, il joue sur l’équilibre entre le piquant, le salé de la sauce poisson et une légère douceur de sucre de palme.

Histoire & origine

En Thaïlande, le mot kaeng désigne une vaste famille de plats en sauce ou en bouillon préparés à partir d’une pâte d’aromates pilés au mortier ; les anglophones l’ont traduit par « curry ». Le kaeng phet, littéralement « curry piquant », est le curry rouge de la cuisine du centre du pays, souvent considéré comme le curry de base de cette famille, aux côtés du curry vert (kaeng khiao wan), du curry jaune, du massaman et du panang.

Sa couleur et sa force viennent des piments rouges séchés. Or le piment, originaire des Amériques, n’est arrivé en Asie du Sud-Est qu’à partir du XVIe siècle, avec le commerce maritime portugais et espagnol. Avant lui, les pâtes de kaeng tiraient leur piquant du poivre, du gingembre ou du galanga. La forme actuelle du curry rouge est donc postérieure, sans qu’il soit possible de la dater ni de lui attribuer un inventeur. Le lait de coco, lui, est surtout associé aux cuisines du centre et du sud, où pousse le cocotier.

Le curry rouge a donné l’une des grandes recettes de restaurant de Bangkok : le curry rouge au canard rôti (kaeng phet pet yang), où le canard est accompagné d’ananas, de litchis, de raisins ou de tomates cerises. Selon l’explication la plus répandue, ce mariage serait né de la rencontre entre la cuisine thaïe et les rôtisseries de canard de la communauté d’origine chinoise de la capitale ; aucune date précise ne s’y rattache.

Dans la seconde moitié du XXe siècle, l’essor du tourisme et l’ouverture de restaurants thaïs en Europe, aux États-Unis et en Australie ont fait du curry rouge, avec le curry vert et le pad thaï, l’un des plats thaïs les plus commandés à l’étranger. Les pâtes de curry vendues en pot ou en sachet l’ont rendu facile à cuisiner partout. Depuis le début du XXIe siècle, le gouvernement thaïlandais soutient aussi la cuisine thaïe à l’étranger, notamment avec le label Thai SELECT attribué à des restaurants.

Le saviez-vous ?

En thaï, phet signifie « piquant » : kaeng phet est littéralement le « curry piquant », alors que le nom du curry vert signifie « vert sucré ». La couleur rouge vient surtout de grands piments longs séchés, assez doux et très colorés ; le piquant, de petits piments séchés bien plus forts, que l’on dose à part. La même pâte de curry rouge parfume les galettes de poisson thaïes (tod man pla) et de nombreux sautés. Sur les marchés thaïs, la pâte de curry se vend souvent au poids, en monticules, pilée par le marchand. Le curry rouge au canard rôti associe le canard à des fruits : ananas, litchis, raisins ou tomates cerises selon les maisons.

Composition traditionnelle

Une pâte de piments rouges séchés frite dans la crème de coco, une viande ou des crevettes, des pousses de bambou, des aubergines et du basilic thaï.

Ce que la recette traditionnelle ne contient pas
Curry en poudre à la place de la pâte de curry Crème fraîche ou crème liquide de vache Farine ou fécule pour épaissir la sauce Tomate concassée en base de sauce (les tomates cerises du curry au canard sont un ajout de fin de cuisson) Citron vert pressé en quantité : le curry rouge n’est pas acide
La recette

Curry rouge thaï au poulet, pousses de bambou et basilic

Le kaeng phet des restaurants thaïs, fait à la maison : crème de coco que l’on fait « craquer », pâte de curry rouge frite jusqu’à l’huile rouge, poulet émincé, pousses de bambou, aubergines thaïes, combava et basilic thaï, avec…

Temps total
45 min
Difficulté
Facile
Portions
4 pers.
Coût / pers.
≈ 4,70 €
Voir la recette pas à pas → 14 ingrédients · 12 étapes

Le matériel pour réussir la curry rouge thaï

Ustensiles utilisés dans la recette Curry rouge thaï au poulet, pousses de bambou et basilic.

Conseils de réussite

  • Ne pas secouer les boîtes de lait de coco pour récupérer la crème épaisse du dessus.
  • Faire craquer la crème de coco jusqu’à ce qu’elle rende son huile, puis y frire la pâte.
  • Doser la pâte du commerce progressivement : sa force varie beaucoup d’un pot à l’autre.
  • Émincer la viande finement et la cuire peu, pour qu’elle reste tendre.
  • Garder le lait de coco à petit frémissement, jamais à gros bouillons.
  • Ajouter le basilic thaï hors du feu, au tout dernier moment.

Erreurs fréquentes

  • Pâte non frite Délayée directement dans le lait de coco, elle garde un goût cru et la sauce reste plate, sans huile rouge.
  • Lait de coco bouilli À gros bouillons, la sauce tranche et devient granuleuse, et la viande sèche.
  • Excès de sucre La sauce devient douceâtre et masque le piquant et les aromates.
  • Basilic cuit Ajouté trop tôt, il noircit et perd son parfum anisé.

Variantes

Traditionnelle
Kaeng phet pet yang, au canard rôti

Canard rôti à la chinoise en tranches, souvent annoncé « canard laqué » sur les cartes, avec ananas, litchis, raisins ou tomates cerises ; une grande recette de restaurant et de fête.

Traditionnelle
Curry rouge au bœuf

Fines lamelles de bœuf saisies dans la pâte, avec pousses de bambou et basilic ; l’une des versions les plus courantes en France.

Traditionnelle
Curry rouge au porc

Très répandu en Thaïlande, avec de l’échine ou du filet en lamelles et des aubergines thaïes.

Traditionnelle
Avec sa pâte de curry rouge maison

Piments rouges séchés trempés et épépinés, pilés 20 à 30 minutes au mortier avec sel, citronnelle, galanga, zeste de combava, racines de coriandre, échalote, ail, graines grillées et pâte de crevettes : une pâte plus parfumée et moins salée que celle du commerce.

Inspirée
Curry rouge aux crevettes

Crevettes ajoutées 2 à 3 minutes avant la fin, souvent avec de l’ananas ou des pois mange-tout.

Inspirée
Curry rouge à la française

Version de nombreux restaurants en France, plus douce, avec poivrons, courgettes ou haricots verts à la place des aubergines thaïes.

Adaptée
Curry rouge au tofu

Tofu ferme en dés, pâte sans crevettes et sauce soja claire à la place de la sauce poisson, pour une version végétarienne.

Conserver et réchauffer

  • 2 jours au réfrigérateur, dans une boîte hermétique, le riz à part.
  • Refroidir rapidement le curry et le riz avant de les mettre au froid ; ne pas laisser le riz cuit plus de 2 heures à température ambiante.
  • RéchauffageÀ feu doux, avec un peu d’eau ou de lait de coco, jusqu’à frémissement, sans faire bouillir ; ajouter du basilic frais au moment de servir.
  • Congélation2 mois sans le riz, dans une boîte hermétique ; décongeler une nuit au réfrigérateur et réchauffer doucement. Les aubergines deviennent plus fondantes.
Via Rankeat

Curry rouge thaï à Paris

Le classement Rankeat est momentanément indisponible.

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Pour aller plus loin

Repères, techniques, histoire et vocabulaire pour tout savoir sur curry rouge thaï.

À quoi reconnaître un plat réussi ?

  • Perles d’huile rouge à la surface, signe que la pâte a été frite.
  • Sauce fluide et nappante, jamais farineuse ni épaissie à la crème.
  • Parfum net de combava, de citronnelle et de basilic thaï.
  • Viande tendre en lamelles fines, légumes cuits mais entiers.
  • Équilibre piquant, salé et à peine sucré, sans goût de curry en poudre.
  • Riz jasmin servi à part, détaché et parfumé.

Techniques

Faire craquer la crème de coco

Chauffer la crème épaisse jusqu’à ce qu’elle réduise et rende son huile, pour y frire la pâte.

Frire la pâte de curry

Deux à trois minutes dans l’huile de coco, en remuant, pour libérer les arômes et colorer l’huile en rouge.

Émincer et cuire peu

Viande en lamelles fines, saisie dans la pâte puis pochée quelques minutes dans le lait de coco.

Équilibrer l’assaisonnement

Piquant d’abord, puis salé par la sauce poisson, avec une simple pointe de sucre de palme.

Parfumer hors du feu

Basilic thaï et piment long ajoutés au dernier moment, pour garder leur fraîcheur.

Alternatives

Proche
Curry vert thaï

Même famille et mêmes garnitures, avec une pâte de piments verts frais, plus vive.

Proche
Panang

Curry rouge épais et doux, souvent aux cacahuètes, avec très peu de sauce.

Variante
Curry rouge au canard rôti

Le kaeng phet pet yang des restaurants, avec ananas, litchis ou tomates cerises.

Variante
Kaeng pa, curry de la jungle

Curry thaï sans lait de coco, en bouillon, beaucoup plus piquant et herbacé.

Chronologie

Avant le XVIe siècle
Les kaeng, plats en sauce à base d’aromates pilés au mortier, tirent leur piquant du poivre, du gingembre et du galanga.
XVIe et XVIIe siècles
Le piment, venu des Amériques avec le commerce maritime européen, gagne l’Asie du Sud-Est et s’impose dans les pâtes de curry.
1782
Fondation de Bangkok, capitale du royaume ; la cuisine du centre du pays, riche en lait de coco, devient la référence de la cuisine thaïe.
XXe siècle
À Bangkok, le curry rouge au canard rôti s’impose dans les restaurants, à la rencontre des cuisines thaïe et sino-thaïe (datation imprécise).
Seconde moitié du XXe siècle
Les restaurants thaïs se multiplient en Europe et en Amérique ; les pâtes de curry en pot diffusent le curry rouge dans les cuisines domestiques.

Service & accords

Le curry rouge se sert chaud, dans un bol ou une assiette creuse, avec un riz jasmin à part. On en verse un peu sur le riz, bouchée après bouchée, à la cuillère ; la fourchette sert à pousser la nourriture, comme en Thaïlande.

Au restaurant : la carte précise la garniture, poulet, bœuf, crevettes ou canard, et le serveur demande souvent le niveau de piquant. Le curry au canard, plus riche, est généralement le plus cher. Un bon curry rouge arrive brillant, avec ses perles d’huile rouge et des feuilles de basilic encore vertes.

À la maison : lancer le riz en premier, préparer toute la garniture avant d’allumer le feu, et servir dès que le basilic est ajouté. À plusieurs, poser le curry au centre de la table avec d’autres plats à partager.

Blancs aromatiques : un gewurztraminer ou un riesling d’Alsace, avec une pointe de douceur, ou un pinot gris : leur rondeur calme le piment et répond au lait de coco.

Bières : une blonde légère et bien fraîche, de type lager, qui désaltère sans alourdir.

Sans alcool : eau de coco, thé au jasmin glacé ou citronnade au citron vert peu sucrée.

Anecdotes

  • En Thaïlande, le curry ne se sert pas seul : il est l’un des plats posés au centre de la table, partagés avec le riz, une salade épicée et un plat sauté.
  • Dans les marchés, les marchands de pâte de curry préparent souvent leurs propres mélanges, plus ou moins piquants, et conseillent les quantités selon le plat.
  • Les restaurants thaïs en France proposent souvent leur curry moins piquant qu’en Thaïlande ; certains servent à part une coupelle de piments dans la sauce poisson, le phrik nam pla, pour relever soi-même.

Lexique

Kaeng phet
« Curry piquant » : nom thaï du curry rouge.
Phrik kaeng
Pâte de curry, mélange d’aromates et de piments pilés au mortier.
Kapi
Pâte de crevettes fermentées et salées, présente dans la plupart des pâtes de curry.
Hua kathi
Crème de coco, la partie la plus épaisse du lait de coco, utilisée pour frire la pâte.
No mai
Pousses de bambou, en lamelles, l’une des garnitures classiques du curry rouge.
Makheua pro
Petites aubergines thaïes rondes, vertes et blanches, à chair ferme.
Horapha
Basilic thaï à tige violette et au parfum anisé.
Pet yang
Canard rôti, garniture du curry rouge au canard (kaeng phet pet yang).

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le curry rouge thaï ?

C’est un curry au lait de coco, le kaeng phet, dont la base est une pâte de piments rouges séchés pilés avec échalote, ail, citronnelle, galanga, zeste de combava et pâte de crevettes. On y cuit du poulet, du bœuf, du porc, des crevettes ou du canard rôti, avec des pousses de bambou, des aubergines thaïes et du basilic thaï, et on le sert avec du riz jasmin.

Quelle différence entre curry rouge et curry vert ?

Tout tient à la pâte. Celle du curry vert est faite de piments verts frais et de beaucoup d’herbes : elle donne une sauce vert pâle, vive et souvent plus piquante. Celle du curry rouge repose sur des piments rouges séchés, réhydratés : la sauce est orangé-rouge, plus ronde et plus profonde. Les garnitures, elles, sont souvent les mêmes.

Le curry rouge thaï est-il très piquant ?

Il est relevé, mais son piquant dépend de la pâte et de la quantité utilisée. En Thaïlande, il est souvent plus fort qu’en France, où beaucoup de restaurants l’adoucissent et demandent le niveau souhaité. Le lait de coco et le riz jasmin tempèrent le piment ; à la maison, on dose la pâte à son goût.

Que contient la pâte de curry rouge ?

Des piments rouges séchés, de l’échalote, de l’ail, de la citronnelle, du galanga, du zeste de combava, des racines de coriandre, des graines de coriandre et de cumin, du poivre et presque toujours de la pâte de crevettes fermentée, le kapi. Elle se vend toute prête en épicerie asiatique ou se pile maison au mortier.

Qu’est-ce que le curry rouge au canard ?

C’est le kaeng phet pet yang, une grande recette de restaurant : du canard rôti à la chinoise, souvent appelé canard laqué sur les cartes françaises, tranché et réchauffé dans le curry rouge avec de l’ananas, des litchis, des raisins ou des tomates cerises. Les fruits apportent une douceur acidulée qui équilibre le gras du canard.

Curry rouge, panang, massaman : comment s’y retrouver ?

Le curry rouge est la version de base, fluide et piquante. Le panang en est un cousin plus épais et plus doux, souvent aux cacahuètes, avec peu de sauce. Le massaman, d’influence persane et indienne, est le plus doux et le plus épicé au sens des épices sèches, avec pommes de terre et cacahuètes.

Avec quoi servir un curry rouge ?

Avec du riz jasmin nature, servi à part, qui absorbe la sauce. En Thaïlande, le curry se pose au centre de la table avec d’autres plats, une salade épicée comme le som tam, une omelette ou des légumes sautés, et chacun en verse un peu sur son riz. On le mange à la cuillère, la fourchette servant à pousser les bouchées.

Sources