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Curry massaman
Cardamome, cannelle, cacahuètes et lait de coco : le plus doux et le plus épicé des curries thaïs.
Curry massaman : qu’est-ce que c’est ?
Le curry massaman, en thaï kaeng matsaman, est un curry mijoté au lait de coco dont la pâte associe aux aromates thaïs (piments séchés, citronnelle, galanga, échalote, ail) des épices sèches venues de l’Inde et du monde persan : cardamome, cannelle, clou de girofle, muscade, cumin et coriandre. On y cuit du bœuf, du poulet ou de l’agneau, avec des pommes de terre, des oignons ou des échalotes et des cacahuètes.
Sa sauce brun-orangé, épaisse et nappante, se distingue par un équilibre sucré, salé et acidulé apporté par le sucre de palme, la sauce poisson et le tamarin. Moins piquant que le curry vert ou le curry rouge, il est souvent présenté comme le plus doux des grands curries thaïs, et son nom rappellerait les communautés musulmanes qui l’ont fait connaître.
Histoire & origine
Le curry massaman est né de la rencontre entre la cuisine thaïe et les cuisines du monde persan, indien et malais. Du XVIe au XVIIIe siècle, le royaume d’Ayutthaya, grand port de commerce, accueille des marchands venus de Perse, d’Inde et de la péninsule malaise, dont de nombreux musulmans. Ils apportent des épices sèches et des façons de cuisiner la viande en sauce qui vont marquer la cuisine de la cour et celle du sud du pays, où vivent d’importantes communautés musulmanes.
Son origine précise reste incertaine. Une tradition populaire relie le plat à l’entourage de Cheikh Ahmad Qomi, marchand persan installé à Ayutthaya au début du XVIIe siècle et devenu haut dignitaire du royaume ; aucune source d’époque ne permet de le confirmer. D’autres auteurs insistent plutôt sur le rôle des communautés musulmanes du sud de la Thaïlande, à la frontière du monde malais.
Le nom matsaman viendrait de l’ancien mot musalman, « musulman », passé par le persan : le massaman serait littéralement le « curry musulman ». Une autre hypothèse, moins répandue, le rapproche du malais masam, « aigre », en écho au tamarin. L’une des mentions écrites les plus souvent citées se trouve dans un poème attribué au roi Rama II (règne 1809-1824), consacré aux mets et aux douceurs, qui évoque le massaman et son parfum d’épices.
Plusieurs de ses ingrédients sont eux-mêmes des voyageurs : le piment, l’arachide et la pomme de terre, originaires des Amériques, ne sont arrivés en Asie qu’à partir du XVIe siècle, la pomme de terre plus tardivement encore. Au XXe siècle, les restaurants thaïs du monde entier ont fait du massaman l’un des curries thaïs les plus connus, apprécié pour sa douceur. Il est souvent cité pour sa première place dans un classement de lecteurs publié par CNN Travel en 2011, classement à prendre comme une marque de popularité plutôt que comme une référence.
Le mot « massaman » viendrait de « musulman » : le plat rappellerait les communautés musulmanes, perses, indiennes et malaises, qui ont contribué à la cuisine thaïe. C’est l’un des rares curries thaïs à utiliser autant d’épices sèches : cardamome, cannelle, clou de girofle, muscade, cumin et coriandre. Dans le sud de la Thaïlande, il se prépare surtout au poulet, au bœuf ou à l’agneau, et rarement au porc. Piment, cacahuètes et pommes de terre, trois de ses ingrédients, viennent des Amériques. Un poème attribué au roi Rama II, au début du XIXe siècle, évoque déjà le massaman et son parfum d’épices.
Composition traditionnelle
Une pâte aux épices sèches frite dans la crème de coco, une viande longuement mijotée, des pommes de terre, des cacahuètes et l’équilibre sucré-salé-acidulé du tamarin.
1
Pâte de curry massaman
piments séchés, échalote, ail, citronnelle, galanga, épices sèches torréfiées, pâte de crevettes Voir la fiche →
4
Pommes de terre
en gros morceaux, cuites dans la sauce Voir la fiche →
6
Cacahuètes grillées
entières, pour la texture et la rondeur Voir la fiche →
7
Tamarin
l’équilibre acidulé, sucré et salé de la sauce Voir la fiche →
8
Sucre de palme
l’équilibre acidulé, sucré et salé de la sauce Voir la fiche →
9
Sauce poisson
l’équilibre acidulé, sucré et salé de la sauce Voir la fiche →
Curry massaman de bœuf aux pommes de terre
Le curry massaman de bœuf à la maison : paleron mijoté 1 h 30 dans le lait de coco avec cardamome et cannelle, pâte massaman frite dans la crème de coco, pommes de terre, oignons, cacahuètes, puis l’équilibre sucré-salé-acidulé du…
- Temps total
- 2 h 40
- Difficulté
- Facile
- Portions
- 4 pers.
- Coût / pers.
- ≈ 4,80 €
Le matériel pour réussir la curry massaman
Ustensiles utilisés dans la recette Curry massaman de bœuf aux pommes de terre.
- Cocotte en fonte de 24 cm avec couvercle Acheter Cocotte sur Amazon (lien affilié)
- Poêle ou petite sauteuse pour frire la pâte Acheter Poêle sur Amazon (lien affilié)
- Casserole moyenne avec couvercle pour le riz Acheter Casserole sur Amazon (lien affilié)
- Passoire fine Acheter Passoire sur Amazon (lien affilié)
- Petit bol pour le tamarin Acheter Saladier sur Amazon (lien affilié)
- Planche à découper Acheter Planche à découper sur Amazon (lien affilié)
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Conseils de réussite
- Choisir un morceau de bœuf à mijoter, riche en collagène, comme le paleron.
- Cuire la viande longtemps à tout petit frémissement, jamais à gros bouillons.
- Faire frire la pâte dans la crème de coco jusqu’à ce que l’huile se sépare.
- Ajouter les pommes de terre seulement pour les 30 dernières minutes.
- Équilibrer en fin de cuisson avec le sucre de palme, la sauce poisson et le tamarin, en goûtant.
- Préparer le massaman la veille : il est meilleur réchauffé.
Erreurs fréquentes
- Viande cuite trop vite Un morceau à mijoter cuit à feu vif reste dur et filandreux.
- Pâte simplement diluée Versée crue dans le lait de coco, elle garde un goût poudreux et plat.
- Sauce trop sucrée Le massaman est doux, mais le sucre doit être équilibré par le salé et l’acidité du tamarin.
- Pommes de terre en purée Ajoutées trop tôt ou trop petites, elles se défont et épaississent la sauce.
Variantes
Souvent préparé avec des cuisses entières, cuites dans la sauce avec les pommes de terre ; l’une des versions les plus courantes en Thaïlande.
Bœuf à mijoter cuit longuement dans le lait de coco jusqu’à devenir fondant ; la version la plus connue à l’étranger.
Préparé notamment dans les communautés musulmanes du sud du pays, où le porc est exclu.
Morceaux très gélatineux mijotés 3 heures ou plus, une version prisée des restaurants.
Tofu, patate douce ou potiron, pâte sans crevettes et sauce soja à la place de la sauce poisson.
Adaptations par appareil
Seuls les appareils réellement pertinents pour ce plat sont affichés.
Comparaisons utiles
Conserver et réchauffer
- 3 jours au réfrigérateur, dans une boîte hermétique, séparément du riz.
- Réfrigérer dans les 2 heures après cuisson, en particulier le riz.
- RéchauffageÀ feu doux, à couvert, avec un peu d’eau ou de lait de coco, sans faire bouillir ; il est souvent meilleur le lendemain.
- Congélation3 mois sans le riz ; décongeler 12 heures au réfrigérateur et réchauffer doucement en mélangeant, les pommes de terre devenant un peu plus farineuses.
Curry massaman à Paris : les meilleures adresses
Classement et notes : Rankeat · mis à jour le 25 octobre 2026 Comment est calculée la Note Rankeat ?
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Repères, techniques, histoire et vocabulaire pour tout savoir sur curry massaman.
À quoi reconnaître un plat réussi ?
- Sauce brun-orangé, nappante, avec de fines perles d’huile parfumée en surface.
- Parfum net de cannelle, de cardamome et de clou de girofle.
- Goût doux et rond, sucré-salé, avec une pointe acidulée de tamarin.
- Viande fondante qui se détache à la cuillère.
- Pommes de terre tendres mais entières.
- Piquant présent mais discret.
Techniques
Cuire la viande à tout petit frémissement pendant 1 h 30 à 2 heures pour qu’elle devienne fondante sans que le lait de coco tranche.
Chauffer la crème épaisse du lait de coco jusqu’à ce que son huile se sépare, pour y frire la pâte.
Chauffer à sec cardamome, cannelle et autres épices entières pour libérer leurs arômes avant de mouiller.
Écraser piments séchés, aromates grillés et épices torréfiées jusqu’à une pâte fine et très parfumée.
Ajuster à la fin le sucré du sucre de palme, le salé de la sauce poisson et l’acidité du tamarin, en goûtant.
Alternatives
Autre curry thaï d’influence indienne, au curcuma, souvent au poulet et aux pommes de terre.
Bœuf indonésien et malais cuit dans le lait de coco et les épices jusqu’à une sauce presque sèche.
Curry thaï épais au lait de coco, souvent au bœuf, parfumé aux cacahuètes et aux feuilles de combava.
La même sauce avec des cuisses de poulet, prête en moins d’une heure.
Chronologie
Service & accords
Servir bien chaud dans un bol creux, avec du riz jasmin à part. En Thaïlande, le curry est l’un des plats d’un repas partagé : il se pose au centre de la table avec d’autres préparations, et chacun en verse sur son riz.
Couverts : on le mange à la cuillère, aidée d’une fourchette ; la viande, bien mijotée, se coupe sans couteau.
Accompagnement : un petit ajad de concombre au vinaigre sucré, ou des roti pour saucer, apportent fraîcheur et contraste.
Vins blancs aromatiques : un gewurztraminer d’Alsace, dont les notes épicées et la rondeur répondent à la cannelle et au lait de coco.
Vins rouges : un rouge souple, fruité et peu tannique, comme un gamay, convient à la version au bœuf.
Bière : une blonde légère et désaltérante.
Sans alcool : thé glacé thaï, eau de coco, citronnade au citron vert.
Anecdotes
- Le poème attribué à Rama II associerait le parfum du massaman à la personne qui l’a préparé ; l’identité de celle-ci est diversement rapportée.
- Hors de Thaïlande, le massaman est souvent conseillé aux convives qui craignent le piment, comme le curry thaï le plus doux de la carte.
- Le massaman fait partie des curries thaïs que l’on prépare volontiers à l’avance : comme un pot-au-feu ou un bourguignon, il gagne à être réchauffé.
Lexique
- Kaeng
- Mot thaï désignant les plats en sauce ou en bouillon à base de pâte d’aromates, traduit par « curry ».
- Matsaman
- Nom thaï du massaman, généralement rapproché du mot « musulman ».
- Kapi
- Pâte de crevettes fermentées et salées, ingrédient de la plupart des pâtes de curry.
- Tamarin
- Fruit en gousse dont la pulpe brune et acidulée, délayée dans l’eau, apporte l’acidité du massaman.
- Sucre de palme
- Sucre tiré de la sève de palmier, à la saveur caramélisée, vendu en pains ou en pâte.
- Ajad
- Petit condiment thaï de concombre, d’échalote et de piment au vinaigre sucré, servi avec les plats riches.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le curry massaman ?
Un curry thaï mijoté au lait de coco, le kaeng matsaman, dont la pâte associe aromates thaïs et épices sèches (cardamome, cannelle, clou de girofle, muscade). Il se prépare au bœuf, au poulet ou à l’agneau, avec des pommes de terre, des oignons et des cacahuètes, et se sert avec du riz jasmin.
D’où vient le nom « massaman » ?
Il viendrait de l’ancien mot « musalman », « musulman », passé par le persan : le plat serait le « curry musulman », en référence aux marchands et communautés musulmanes qui l’ont influencé. Une autre hypothèse le rapproche du malais « masam », « aigre ».
Le curry massaman est-il piquant ?
Il est doux à moyennement épicé : c’est souvent le moins piquant des grands curries thaïs. Sa pâte contient toutefois des piments séchés, et sa force varie selon les marques.
Quelle différence entre massaman et curry vert ?
Le curry vert repose sur des piments verts frais, du basilic thaï et des aubergines ; il est fluide et piquant. Le massaman utilise des épices sèches, des pommes de terre et des cacahuètes ; il est plus épais, plus doux et légèrement sucré-acidulé.
Avec quelle viande fait-on le massaman ?
Le bœuf et le poulet sont les plus courants ; l’agneau et le chevreau sont aussi utilisés, notamment dans le sud de la Thaïlande. Le porc est rare, le plat étant lié aux traditions musulmanes.
Le massaman contient-il des allergènes ?
Oui : des arachides (cacahuètes), du poisson (sauce poisson) et le plus souvent des crustacés (pâte de crevettes dans la pâte de curry). Il est naturellement sans lactose et généralement sans gluten ; vérifier toujours les étiquettes.
Comment conserver le curry massaman ?
3 jours au réfrigérateur, séparément du riz, ou 3 mois au congélateur. Le réchauffer doucement avec un peu d’eau, sans le faire bouillir.