Filet de saint-pierre poêlé à la peau croustillante, chair nacrée en gros feuillets, fenouil et poireaux braisés, sauce vierge tomate-basilic et citronImage générée par IA
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FranceToute la FrancePlat principal, poisson de mer

Filet de saint-pierre

Le poisson à l’empreinte de saint Pierre : chair blanche et nacrée, sauces au beurre ou sauce vierge, et un filet rare qui se mérite.

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Origine France
Service Chaud
Difficulté Intermédiaire
Durée moyenne 1 h
Allergènes Poisson, lait (beurre) ; céleri possible dans un fumet du commerce

Filet de saint-pierre : qu’est-ce que c’est ?

Le filet de saint-pierre est levé sur un saint-pierre (Zeus faber), poisson de mer au corps haut et plat, reconnaissable à la tache noire qui marque chacun de ses flancs. Sa chair blanche, ferme et fine, presque sans arêtes, se sépare en grosses lamelles nacrées. Au restaurant, il est le plus souvent poêlé côté peau ou rôti, et servi avec une sauce au beurre, beurre blanc, beurre aux agrumes, ou avec une sauce vierge tiède aux tomates et au basilic.

C’est un classique des restaurants de poisson et des tables gastronomiques, sur la côte comme en ville. Sur les cartes, on le trouve sous les noms de filet ou dos de saint-pierre, saint-pierre rôti, saint-pierre de ligne ou sauvage, aiguillettes ou goujonnettes de saint-pierre, et parfois en tartare. Les garnitures habituelles sont le fenouil, les poireaux, les asperges ou une purée fine.

Son prix s’explique : les filets ne représentent qu’environ un tiers du poisson, et le saint-pierre, presque toujours sauvage, n’est pas pêché en grande quantité. Le signe d’une bonne maison : une peau dorée, une chair nacrée et humide, jamais sèche, une sauce qui accompagne sans masquer, et une carte qui précise la zone et le mode de pêche.

Histoire & origine

Le saint-pierre doit son nom à une légende répandue dans tout le monde méditerranéen. Selon l’Évangile selon saint Matthieu, Jésus demande à l’apôtre Pierre de pêcher un poisson et d’en tirer une pièce de monnaie pour payer l’impôt du Temple. La tradition populaire a vu dans la tache noire des flancs du Zeus faber l’empreinte des doigts de saint Pierre, laissée quand il l’aurait saisi. L’histoire est d’autant plus légendaire que le poisson vit en mer, et non dans le lac de Tibériade, où l’on appelle aujourd’hui « poisson de saint Pierre » un tout autre poisson, le tilapia. Le nom se retrouve pourtant dans de nombreuses langues : pesce San Pietro en italien, pez de San Pedro en espagnol.

En France, on l’appelle aussi dorée ou jean-doré, et les Anglais John Dory, un nom dont l’origine est discutée. Longtemps, ce poisson à grosse tête et aux épines menaçantes a été moins considéré que la sole ou le turbot : on le mettait volontiers dans les soupes de poisson et la bouillabaisse, dont il fait partie des poissons traditionnels.

Au XXe siècle, les cuisiniers ont révélé la finesse de ses filets. La nouvelle cuisine des années 1970, qui recherche des cuissons courtes et des sauces légères, en fait l’un de ses poissons favoris, poêlé nacré ou cuit à la vapeur. La sauce vierge, souvent attribuée à Michel Guérard selon le récit le plus répandu, et les beurres aux agrumes deviennent ses accompagnements de prédilection.

Aujourd’hui, le filet de saint-pierre figure sur la carte de nombreux restaurants de poisson et tables gastronomiques. Sa rareté relative et son faible rendement en font un poisson cher, dont la provenance compte : pêche au chalut, à la ligne ou au filet, en Manche, dans l’Atlantique ou en Méditerranée.

Le saviez-vous ?

Le saint-pierre peut projeter brusquement sa bouche vers l’avant pour aspirer ses proies, de petits poissons qu’il approche lentement, de face, grâce à son corps très mince. Vu de face, il est si plat qu’il en devient presque invisible pour ses proies. Son nom scientifique, Zeus faber, associe le roi des dieux grecs et le mot latin qui désigne l’artisan ou le forgeron. En France, il porte aussi les noms de dorée et de jean-doré. Les filets ne représentent qu’environ un tiers du poids du poisson entier. Le saint-pierre figure parmi les poissons traditionnels de la bouillabaisse marseillaise.

Composition traditionnelle

Un filet de saint-pierre avec sa peau, poêlé ou rôti, une sauce au beurre ou une sauce vierge, et des légumes de saison.

1 Filet de saint-pierre avec la peau, de 140 à 170 g par personne, en dos épais ou en filets fins
2 Corps gras huile d’olive pour saisir, beurre pour arroser en fin de cuisson
3 Sauce vierge tomate en dés, échalote, basilic, citron et huile d’olive, servie tiède
4 Ou sauce au beurre beurre blanc, beurre aux agrumes, beurre noisette
5 Légumes fenouil braisé, poireaux fondants, asperges, épinards
6 Féculent (facultatif) purée fine, pommes de terre écrasées à l’huile d’olive, risotto
7 Finition fleur de sel, herbes fraîches, zestes d’agrumes
Ce que la recette traditionnelle ne contient pas
Panure ou friture, qui masquent la finesse de la chair (sauf en goujonnettes) Sauce épaisse ou très épicée, qui écrase le goût du poisson Cuisson prolongée qui rend la chair sèche Sauce versée sur la peau, qui la ramollit
La recette

Filet de saint-pierre poêlé, sauce vierge, fenouil et poireaux fondants

Des filets de saint-pierre poêlés côté peau, à la chair nacrée, servis avec une sauce vierge tiède aux tomates, au basilic, au citron et à l’huile d’olive, sur un lit de fenouil et de poireaux fondants : un plat de…

Temps total
1 h
Difficulté
Intermédiaire
Portions
4 pers.
Coût / pers.
≈ 11,10 €
Voir la recette pas à pas → 16 ingrédients · 12 étapes

Le matériel pour réussir la filet de saint-pierre

Ustensiles utilisés dans la recette Filet de saint-pierre poêlé, sauce vierge, fenouil et poireaux fondants.

Conseils de réussite

  • Demander la zone et le mode de pêche, et préférer un poisson entier d’au moins un kilo pour des dos épais.
  • Faire lever les filets par le poissonnier et récupérer la tête et les arêtes pour un fumet.
  • Adapter la cuisson à l’épaisseur : un filet fin cuit deux fois plus vite qu’un dos.
  • Viser 52 à 55 °C à cœur pour une chair nacrée, 60 °C pour les personnes à risque.
  • Tiédir la sauce vierge sans la cuire, et y ajouter le basilic au dernier moment.
  • Manipuler le filet le moins possible : il se sépare naturellement en morceaux.

Erreurs fréquentes

  • Filet trop cuit Très maigre, le saint-pierre devient sec et floconneux en une minute de trop.
  • Filet qui se défait Retourné plusieurs fois ou manipulé avec une spatule trop petite.
  • Sauce qui écrase Une sauce trop crémée, trop réduite ou trop relevée masque la délicatesse de la chair.
  • Peau molle Peau mal séchée, poêle pas assez chaude ou sauce versée dessus.

Variantes

Traditionnelle
Saint-pierre au beurre blanc

Filet poêlé ou poché, beurre blanc à l’échalote, poireaux fondants ou épinards : la version classique des poissons nobles.

Traditionnelle
Saint-pierre rôti entier

Poisson rôti au four sur l’arête, arrosé d’huile d’olive ou de beurre, levé à table : la chair reste plus moelleuse qu’en filets.

Inspirée
Saint-pierre, sauce vierge

Filet poêlé côté peau, sauce vierge tiède aux tomates, au basilic et au citron, fenouil et poireaux fondants.

Inspirée
Saint-pierre au beurre d’agrumes

Réduction de jus d’orange, de pamplemousse et de citron montée au beurre, suprêmes d’agrumes et fenouil confit.

Inspirée
Saint-pierre aux asperges

Version printanière : filet nacré, asperges vertes ou blanches et sauce mousseline ou beurre blanc.

Adaptée
Saint-pierre vapeur

Filets sans peau cuits à la vapeur sur un lit d’algues ou de fenouil, filet d’huile d’olive et citron : la version la plus légère.

Adaptations par appareil

Seuls les appareils réellement pertinents pour ce plat sont affichés.

Conserver et réchauffer

  • 2 jours au réfrigérateur pour le saint-pierre cuit, en boîte fermée.
  • Ne pas laisser le poisson cuit plus de 2 heures à température ambiante.
  • Le saint-pierre cru se cuisine dans les 24 heures suivant l’achat, gardé entre 0 et 2 °C ; pour une consommation crue, il doit avoir été congelé au préalable selon les recommandations de l’ANSES.
  • RéchauffageÀ couvert, 5 minutes au four à 110 °C, sur ses légumes ; la peau ne sera plus croustillante. La sauce vierge se sert tiède ou à température ambiante, jamais réchauffée sur le feu.
  • CongélationLe saint-pierre cuit se congèle mal. Les filets crus très frais se congèlent 3 mois bien emballés ; les décongeler une nuit au réfrigérateur et bien les sécher avant la cuisson.
Via Rankeat

Filet de saint-pierre à Paris

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Classement et notes : Rankeat · mis à jour le 1 novembre 2026

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Pour aller plus loin

Repères, techniques, histoire et vocabulaire pour tout savoir sur filet de saint-pierre.

À quoi reconnaître un plat réussi ?

  • Peau fine, dorée et croustillante, filet entier qui ne s’est pas défait.
  • Chair nacrée, blanche et humide, qui se sépare en grosses lamelles.
  • Aucune arête ni reste d’épine oubliés.
  • Sauce légère et nette, servie autour du poisson, jamais sur la peau.
  • Légumes de saison fondants, qui accompagnent sans dominer.
  • Zone et mode de pêche indiqués sur la carte.

Techniques

Cuisson nacrée

Arrêter la cuisson du poisson à 52 à 55 °C à cœur, quand la chair est blanche mais encore humide et légèrement translucide au centre.

Cuisson côté peau

Saisir le filet presque entièrement côté peau, en le pressant à la spatule au début, pour une peau dorée et une chair protégée.

Arrosage au beurre

Napper la chair d’un beurre moussant à la cuillère pendant la dernière minute de cuisson.

Sauce vierge

Assembler tomate en brunoise, échalote, herbes, citron et huile d’olive, puis tiédir sans cuire.

Monder une tomate

Plonger la tomate incisée quelques secondes dans l’eau bouillante puis dans l’eau glacée pour retirer sa peau.

Alternatives

Proche
Filet de turbot ou de barbue

Poissons plats à chair blanche et ferme, aussi fins, qui se cuisinent de la même façon.

Proche
Filet de bar, sauce vierge

La version plus abordable du même plat, courante dans les brasseries.

Variante
Saint-pierre rôti entier

Poisson rôti sur l’arête, levé à table, pour 2 à 3 personnes.

Variante
Goujonnettes de saint-pierre

Fines lanières de filet panées et frites, servies avec une sauce tartare.

Chronologie

Tradition ancienne
Le poisson est connu dans tout le monde méditerranéen ; la légende de l’empreinte de saint Pierre lui donne son nom dans de nombreuses langues.
Cuisine traditionnelle
Peu considéré à cause de sa grosse tête et de ses épines, il entre dans les soupes de poisson et la bouillabaisse.
XXe siècle
Les cuisiniers révèlent la finesse de ses filets, qui rejoignent la sole et le turbot parmi les poissons nobles.
Années 1970
La nouvelle cuisine en fait l’un de ses poissons favoris, cuit nacré, avec des sauces légères comme la sauce vierge.
Aujourd’hui
Le filet de saint-pierre est un classique des restaurants de poisson et des tables gastronomiques ; sa provenance et son mode de pêche sont de plus en plus indiqués.

Service & accords

Le filet de saint-pierre se sert chaud, en plat principal, aussitôt poêlé, sur assiette chaude : 140 à 170 g de filets par personne, un dos épais ou deux filets fins, peau dorée vers le haut, la sauce versée autour.

Au restaurant : on le trouve sous les noms de filet ou dos de saint-pierre, saint-pierre rôti, de ligne ou sauvage, en aiguillettes, en goujonnettes ou en tartare. Les restaurants de poisson le servent souvent au beurre blanc ou avec une sauce vierge, les tables gastronomiques au beurre d’agrumes, aux asperges ou rôti entier et levé en salle. C’est l’un des poissons les plus chers de la carte, en raison de son faible rendement.

À la maison : c’est un plat de fête prêt en une heure ; garnitures et sauce se préparent à l’avance, et le poisson se cuit en 4 minutes au dernier moment.

Avec la sauce vierge : un blanc méditerranéen frais et parfumé, cassis blanc, bandol blanc ou vermentino de Corse.

Avec un beurre blanc ou un beurre d’agrumes : un chablis, un meursault ou un sancerre, dont la vivacité répond au beurre.

Rosé : un rosé de Provence sec et délicat accompagne aussi la version à la tomate.

Sans alcool : eau pétillante au citron et au basilic, ou thé vert glacé peu sucré.

Anecdotes

  • Pour approcher ses proies, le saint-pierre avance lentement de face, profitant de son corps si mince qu’il en devient presque invisible, avant de projeter sa bouche pour les aspirer.
  • La tête et les arêtes du saint-pierre, très gélatineuses, donnent l’un des fumets les plus fins, recherché des cuisiniers.
  • Dans plusieurs pays méditerranéens, le saint-pierre porte un nom qui évoque l’apôtre, comme le pesce San Pietro italien ou le pez de San Pedro espagnol.

Lexique

Nacré
Se dit d’une chair de poisson cuite juste à point, blanche mais encore humide et légèrement translucide au centre.
Sauce vierge
Sauce non liée de tomate en dés, d’échalote, d’herbes, de citron et d’huile d’olive, servie tiède.
Monder
Retirer la peau d’une tomate ou d’un fruit après l’avoir plongé quelques secondes dans l’eau bouillante.
Brunoise
Taille de légumes en très petits dés réguliers, de 2 à 5 mm.
Dos de poisson
Partie la plus épaisse du filet, la plus recherchée.
Goujonnettes
Fines lanières de filet de poisson, panées ou farinées puis frites.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le saint-pierre ?

C’est un poisson de mer, Zeus faber, au corps très haut et aplati, à la grosse tête et aux nageoires épineuses, marqué d’une tache noire au milieu de chaque flanc. On le pêche dans l’Atlantique Nord-Est, la Manche et la Méditerranée. Sa chair blanche, ferme et fine, presque sans arêtes, en fait l’un des poissons les plus recherchés en cuisine.

Pourquoi s’appelle-t-il saint-pierre ?

Selon une légende populaire, la tache noire de ses flancs serait l’empreinte des doigts de saint Pierre, qui aurait saisi ce poisson pour en tirer une pièce de monnaie, d’après un épisode de l’Évangile selon saint Matthieu. C’est une légende : le saint-pierre vit en mer, et non dans le lac de Tibériade où pêchait l’apôtre.

Pourquoi le filet de saint-pierre est-il si cher ?

Son rendement est faible : la tête, les épines et les viscères pèsent lourd, et les filets ne représentent qu’environ un tiers du poisson. Il n’est pas pêché en grande quantité et il est pratiquement toujours sauvage. Enfin, sa chair très fine est recherchée par les restaurants gastronomiques, ce qui soutient les prix.

Le saint-pierre est-il un poisson sauvage ?

Oui, dans la quasi-totalité des cas : il n’existe pas d’élevage significatif de saint-pierre. Il est pêché surtout au chalut, souvent avec d’autres espèces, et plus rarement à la ligne ou au filet. Une mention « de ligne » ou la zone de pêche sur la carte indiquent un approvisionnement choisi ; l’étiquette en poissonnerie doit les préciser.

Comment le saint-pierre est-il cuit au restaurant ?

Le plus souvent poêlé côté peau ou rôti, et retiré dès que la chair est nacrée, autour de 52 à 55 °C à cœur. Les dos épais des grands poissons sont parfois finis au four ; les filets fins cuisent en 2 à 3 minutes. Les grandes tables le rôtissent aussi entier sur l’arête, puis le lèvent devant les convives.

Quelle sauce servir avec un filet de saint-pierre ?

Les sauces au beurre, beurre blanc, beurre aux agrumes ou beurre noisette, sont les plus classiques. La sauce vierge, mélange tiède de tomate, d’échalote, de basilic, de citron et d’huile d’olive, apporte une version plus fraîche et méditerranéenne. Toutes doivent rester légères pour ne pas masquer la délicatesse de la chair.

Peut-on manger le saint-pierre cru ?

Certains restaurants le servent en tartare ou en carpaccio. Comme tout poisson de mer cru, il expose au risque d’anisakis : il doit être extra-frais et congelé au préalable à –20 °C pendant au moins 7 jours, ou vendu « qualité sushi/sashimi » déjà traité, selon les recommandations de l’ANSES. Le poisson cru est déconseillé aux femmes enceintes, aux jeunes enfants et aux personnes âgées ou immunodéprimées.

Sources