Tronçon de turbot rôti à la peau dorée au beurre noisette, chair nacrée, fondue de poireaux et pommes grenaille, casseroles de beurre blancImage générée par IA
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FranceToute la FrancePlat principal, poisson noble

Turbot rôti

Le poisson plat le plus noble, rôti sur l’arête et nappé de beurre blanc.

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Origine France, cuisine classique
Service Chaud
Difficulté Intermédiaire
Durée moyenne 1 h 15
Allergènes Poisson, lait (beurre, crème) ; sulfites (vin blanc du beurre blanc)

Turbot rôti : qu’est-ce que c’est ?

Le turbot rôti est un turbot (Scophthalmus maximus), grand poisson plat à la chair blanche, ferme et délicate, cuit au four entier ou, plus souvent, en tronçons coupés à travers l’arête centrale. Saisi puis rôti et arrosé de beurre, il garde une chair nacrée qui se détache en larges feuillets, rendue moelleuse par la gélatine de sa peau et de ses arêtes. On le sert avec un beurre blanc, une sauce hollandaise ou un simple beurre noisette, et des légumes de saison.

Sur les cartes, on le trouve sous les noms de turbot rôti, tronçon de turbot, pavé ou filet de turbot, turbot grillé, turbot au beurre blanc ou turbotin pour les petits poissons entiers. C’est souvent l’un des plats les plus chers de la carte, parfois vendu au poids lorsqu’il est servi entier pour deux ou quatre personnes et levé en salle.

Une bonne carte précise l’origine du poisson : turbot sauvage, pêché en Atlantique, en Manche ou en mer du Nord, ferme et goûteux mais rare, ou turbot d’élevage, plus tendre, plus régulier et plus abordable. Dans les deux cas, le signe d’une bonne maison est une cuisson précise : une chair nacrée près de l’arête, jamais sèche.

Histoire & origine

Le turbot est un poisson plat qui vit posé sur les fonds sableux de l’Atlantique Nord-Est, de la Manche, de la mer du Nord, de la Baltique et de la Méditerranée. Comme la sole et la barbue, il a les deux yeux du même côté, ici le gauche ; sa face sombre, sans écailles, porte de petits tubercules osseux. Sa chair blanche et ferme, avec peu d’arêtes en dehors de l’arête centrale et des nageoires, en a fait depuis longtemps l’un des poissons les plus estimés d’Europe.

Sa réputation est ancienne. Dans sa quatrième Satire, le poète latin Juvénal raille l’empereur Domitien, qui aurait réuni son conseil pour décider comment cuisiner un turbot gigantesque, faute de plat assez grand pour le contenir. Le récit est satirique, mais il montre que le turbot était déjà, à Rome, un poisson de prestige offert aux puissants.

En France, le turbot devient un plat de banquet de la grande cuisine. On le poche entier dans une turbotière, casserole en losange épousant sa forme, que l’on trouve encore dans les batteries de cuisine en cuivre anciennes, et on le sert avec une sauce hollandaise ou une sauce mousseline. Les grands traités de cuisine classique lui consacrent de nombreuses préparations. Le beurre blanc, né dans la région nantaise, est attribué selon le récit le plus répandu à une cuisinière, Clémence Lefeuvre, à la fin du XIXe siècle ; il est devenu la sauce la plus associée au turbot et au bar.

À la fin du XXe siècle, l’élevage du turbot se développe, notamment en Espagne, en Galice, et en France : le poisson devient disponible toute l’année à un prix plus accessible. Les restaurants adoptent alors la cuisson en tronçons rôtis sur l’arête, plus facile à servir que le poisson entier, tandis que les grillades du Pays basque espagnol, à Getaria, rendent célèbre le turbot entier grillé à la braise.

Le saviez-vous ?

Le turbot a les deux yeux sur sa face gauche ; la sole, elle, les a sur la face droite. Sa face sombre n’a pas d’écailles mais de petits tubercules osseux, qui le distinguent de la barbue, son proche cousin. La turbotière, casserole en losange, a été conçue pour pocher le turbot entier. La tête du turbot est si grosse que la chair représente à peine la moitié du poids du poisson. Ses arêtes et sa peau, très riches en gélatine, donnent un fumet qui se tient presque en gelée une fois refroidi.

Composition traditionnelle

Un turbot entier ou en tronçons, du beurre, une sauce et des légumes de saison.

1 Turbot sauvage ou d’élevage, en tronçons sur l’arête, entier (turbotin) ou en pavés Voir la fiche →
2 Beurre et huile pour saisir puis arroser le poisson pendant la cuisson
3 Aromates thym, ail en chemise, parfois laurier
4 Sauce beurre blanc, sauce hollandaise ou mousseline, ou beurre noisette au citron
5 Légumes de saison poireaux fondants, épinards, asperges, petits pois ou champignons
6 Pommes de terre grenailles, rattes vapeur ou écrasé à l’huile d’olive Voir la fiche →
7 Citron et fleur de sel pour la finition
Ce que la recette traditionnelle ne contient pas
Panure ou friture (le turbot se rôtit, se poche ou se grille) Sauce tomate ou épices fortes qui masquent la chair Cuisson à gros bouillons, qui fait éclater la chair Poisson de substitution vendu sous le nom de turbot (la barbue est un autre poisson)
La recette

Turbot rôti au beurre blanc et poireaux fondants

Quatre tronçons de turbot saisis à la poêle puis rôtis au four sur l’arête, arrosés de beurre au thym, servis avec un beurre blanc à l’échalote, des poireaux fondants et des pommes de terre grenailles : le grand classique des…

Temps total
1 h 15
Difficulté
Intermédiaire
Portions
4 pers.
Coût / pers.
≈ 13,80 €
Voir la recette pas à pas → 18 ingrédients · 13 étapes

Le matériel pour réussir la turbot rôti

Ustensiles utilisés dans la recette Turbot rôti au beurre blanc et poireaux fondants.

Conseils de réussite

  • Choisir des tronçons épais, coupés à travers l’arête, avec la peau : ils restent bien plus moelleux que des filets.
  • Sortir le poisson 15 minutes avant la cuisson et le sécher soigneusement.
  • Saisir côté peau sombre sans le déplacer, puis finir au four en arrosant de beurre.
  • Contrôler la cuisson à la sonde : 52 à 55 °C à cœur pour une chair nacrée.
  • Laisser reposer 3 à 5 minutes hors de la poêle avant de servir.
  • Monter le beurre blanc pendant la cuisson du poisson, avec un beurre très froid et sans jamais le faire bouillir.

Erreurs fréquentes

  • Turbot trop cuit Quelques minutes de trop suffisent à rendre sèche et fibreuse une chair aussi fine.
  • Filets sans peau Privés de la gélatine de la peau et de l’arête, ils sèchent beaucoup plus vite que les tronçons.
  • Sauce trop présente Un turbot noyé de sauce perd sa délicatesse : le beurre blanc se sert avec mesure.
  • Poisson mal séché Il colle à la poêle, ne dore pas et cuit à la vapeur.

Variantes

Traditionnelle
Turbot poché sauce hollandaise

La version classique des grandes tables : turbot poché entier dans un court-bouillon au lait, en turbotière, servi avec une hollandaise ou une mousseline.

Traditionnelle
Turbot au beurre blanc

Rôti ou poché, nappé du beurre blanc de la région nantaise, à l’échalote, au vin blanc et au vinaigre.

Traditionnelle
Turbot entier grillé

Grillé à la braise dans une grille double, à la manière de Getaria au Pays basque espagnol, simplement arrosé d’huile d’olive.

Inspirée
Turbot aux champignons ou au champagne

Versions de restaurant gastronomique, avec morilles, girolles ou une sauce au champagne crémée.

Adaptée
Pavé de turbot poêlé

Pavés sans arête poêlés côté peau puis au beurre noisette : plus rapide, mais moins moelleux qu’un tronçon.

Adaptations par appareil

Seuls les appareils réellement pertinents pour ce plat sont affichés.

Comparaisons utiles

Turbot rôti ou sole meunière ? Deux poissons plats nobles ; la sole, plus petite et plus fine, se farine et se dore au beurre, alors que le turbot, plus épais et plus gélatineux, se rôtit en tronçons sur l’arête. Turbot rôti ou bar grillé ? Le bar, poisson rond, se grille entier à l’huile d’olive et au fenouil ; le turbot, poisson plat à la chair plus ferme, se rôtit au beurre et se marie avec les sauces au beurre. Turbot ou barbue ? Deux poissons plats cousins ; la barbue a des écailles et une chair un peu moins ferme et moins gélatineuse, pour un prix nettement inférieur. Elle se cuisine de la même façon. Turbot sauvage ou turbot d’élevage ? Le sauvage a une chair plus ferme et plus goûteuse, mais il est rare et très cher ; l’élevage offre une chair plus tendre et un peu plus grasse, un calibre et un prix réguliers.

Conserver et réchauffer

  • 2 jours au réfrigérateur pour le turbot cuit, chair levée, en boîte fermée.
  • Ne pas laisser le poisson cuit plus de 2 heures à température ambiante.
  • Le turbot cru se cuisine dans les 24 heures suivant l’achat ; servi nacré (52 à 55 °C à cœur), il est déconseillé aux femmes enceintes, aux jeunes enfants et aux personnes âgées ou immunodéprimées, pour qui il vaut mieux le cuire à 60 °C à cœur.
  • RéchauffageÀ couvert, 8 à 10 minutes au four à 120 °C avec une noisette de beurre. Le beurre blanc ne se réchauffe pas directement : le refaire ou le fondre très doucement au bain-marie.
  • CongélationLe turbot cuit se congèle mal. Le turbot cru très frais se congèle 3 mois bien emballé ; le décongeler une nuit au réfrigérateur et le sécher avant la cuisson.
Via Rankeat

Turbot rôti à Paris : les meilleures adresses

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  5. La Fontaine Gaillon à Paris La Fontaine Gaillon 2ᵉ arrondissement · cuisine française, brasserie · €€€€ 4,5/5 Note Rankeat Google 4,5 · 828 avis
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Classement et notes : Rankeat · mis à jour le 1 novembre 2026

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Pour aller plus loin

Repères, techniques, histoire et vocabulaire pour tout savoir sur turbot rôti.

À quoi reconnaître un plat réussi ?

  • Chair blanche et nacrée, qui se détache de l’arête en larges feuillets humides.
  • Aucune partie sèche ou fibreuse sur les bords du tronçon.
  • Peau dorée, sans goût de brûlé, parfumée au beurre noisette.
  • Sauce légère et acidulée, servie avec mesure, sans masquer le poisson.
  • Origine précisée : turbot sauvage ou d’élevage.
  • Garniture de saison simple, qui laisse le poisson au premier plan.

Techniques

Tronçonnage sur l’arête

Couper le turbot en tranches épaisses à travers l’arête centrale, avec la peau, pour une cuisson protégée et moelleuse.

Saisie puis rôtissage

Dorer la peau à la poêle à feu vif, puis finir quelques minutes au four pour cuire la chair jusqu’à l’arête.

Arrosage au beurre

Napper le poisson à la cuillère d’un beurre moussant parfumé au thym et à l’ail pour le nourrir et le dorer.

Contrôle à la sonde

Mesurer la température à cœur contre l’arête : 52 à 55 °C pour une chair nacrée.

Montage d’un beurre blanc

Émulsionner du beurre très froid sur une réduction d’échalotes, de vin et de vinaigre, à feu très doux et sans ébullition.

Alternatives

Proche
Barbue rôtie

Poisson plat cousin, un peu moins ferme et beaucoup moins cher, qui se cuisine de la même façon.

Proche
Sole meunière

Poisson plat plus fin, fariné et doré au beurre noisette.

Variante
Turbot poché sauce hollandaise

La version classique des banquets, entier en turbotière.

Variante
Turbotin entier rôti

Petit turbot entier rôti au four et levé en salle, pour deux à quatre personnes.

Chronologie

Antiquité
À Rome, le turbot est un poisson de prestige : Juvénal, dans sa quatrième Satire, raille le conseil réuni par Domitien pour cuisiner un turbot géant.
Cuisine classique française
Le turbot devient un plat de banquet, poché entier en turbotière et servi avec sauce hollandaise ou mousseline.
Fin du XIXe siècle
Selon le récit le plus répandu, le beurre blanc naît dans la région nantaise ; il devient la sauce emblématique du turbot.
Fin du XXe siècle
L’élevage du turbot se développe, notamment en Galice et en France ; le poisson devient disponible toute l’année.
Aujourd’hui
Le tronçon de turbot rôti sur l’arête s’impose dans les restaurants, à côté du turbot entier grillé et des pavés poêlés.

Service & accords

Le turbot rôti se sert chaud, en plat principal, sur des assiettes chaudes : un tronçon de 250 à 300 g par personne, avec la sauce à part en saucière. Entier, un turbotin de 1,5 à 2 kg sert deux à quatre personnes ; il est présenté puis levé en filets devant les convives.

Au restaurant : on le trouve sous les noms de turbot rôti, tronçon de turbot, pavé ou filet de turbot, turbot de ligne, turbot sauvage, turbot grillé, turbot au beurre blanc ou turbotin. Entier, il est souvent vendu au poids, au prix des 100 g, ce qu’il vaut mieux vérifier avant de commander. Une bonne carte indique s’il s’agit d’un turbot sauvage ou d’élevage, et la cuisson doit être précise : nacrée à l’arête.

À la maison : c’est un plat de fête qui se prépare en un peu plus d’une heure ; l’essentiel est de tout préparer à l’avance pour cuire le poisson au dernier moment.

Blancs de Loire : un muscadet sèvre-et-maine sur lie, accord naturel du beurre blanc nantais, ou un pouilly-fumé.

Grands blancs de Bourgogne : un meursault ou un chablis premier cru, dont l’ampleur répond au beurre et à la chair ferme du turbot.

Bulles : un champagne blanc de blancs pour les repas de fête.

Sans alcool : eau pétillante au citron, ou jus de raisin blanc pétillant peu sucré.

Anecdotes

  • Dans la satire de Juvénal, le conseil de Domitien conclut qu’il faut fabriquer un plat à la mesure du turbot plutôt que de le découper.
  • La turbotière en cuivre figurait parmi les pièces de prestige des grandes batteries de cuisine, dans les hôtels comme dans les maisons bourgeoises.
  • À Getaria, au Pays basque espagnol, des restaurants ont fait du turbot entier grillé à la braise une spécialité réputée bien au-delà de l’Espagne.

Lexique

Tronçon
Tranche épaisse d’un poisson coupée à travers l’arête centrale, avec la peau.
Turbotin
Jeune turbot de petite taille, cuit entier pour deux à quatre personnes.
Turbotière
Casserole en forme de losange, munie d’une grille, conçue pour pocher un turbot entier.
Beurre blanc
Sauce émulsionnée de la région nantaise : réduction d’échalotes, de vin blanc et de vinaigre montée au beurre froid.
Nacré
Se dit d’une chair de poisson tout juste cuite, opaque mais encore brillante et moelleuse.
Arroser
Napper un aliment, pendant sa cuisson, de son corps gras ou de son jus à l’aide d’une cuillère.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le turbot rôti ?

C’est un turbot cuit au four, entier ou plus souvent en tronçons coupés à travers l’arête centrale, après avoir été saisi à la poêle. Arrosé de beurre au thym pendant la cuisson, il garde une chair blanche, ferme et nacrée. On le sert avec un beurre blanc, une sauce hollandaise ou un beurre noisette, et des légumes de saison.

Turbot sauvage ou d’élevage : quelle différence ?

Le turbot sauvage, pêché au chalut ou au filet en Atlantique, en Manche ou en mer du Nord, a une chair plus ferme et plus goûteuse, mais il est rare et son prix est élevé. Le turbot d’élevage, produit notamment en Espagne et en France, est plus tendre, un peu plus gras, et son calibre comme son prix sont réguliers. L’étiquette doit indiquer le mode de production.

Pourquoi le turbot est-il si cher ?

Le turbot sauvage est peu abondant et très recherché par les restaurants. Son rendement est faible : la tête et les arêtes représentent plus de la moitié du poids, si bien que le prix de la chair revient bien plus cher que le prix au kilo affiché. L’élevage a rendu le turbot plus accessible, sans en faire un poisson bon marché.

Tronçon, pavé ou filet de turbot : que choisir ?

Le tronçon, coupé à travers l’arête avec la peau, est le plus moelleux : l’arête et la peau, riches en gélatine, protègent la chair à la cuisson. Le pavé et le filet, sans arête, sont plus pratiques et plus rapides à cuire, mais sèchent plus facilement. Au restaurant, un tronçon de turbot est souvent le signe d’une cuisine soignée.

Quelle sauce servir avec le turbot ?

Le beurre blanc, à l’échalote, au vin blanc et au vinaigre, est la sauce la plus associée au turbot. La sauce hollandaise et la mousseline sont les sauces historiques du turbot poché. Un beurre noisette au citron et aux câpres convient à une version simple ; une sauce au champagne ou aux morilles, aux menus de fête.

Comment manger un tronçon de turbot ?

On retire d’abord la peau sombre, épaisse et parsemée de petits tubercules, que l’on écarte sur le bord de l’assiette. On lève ensuite la chair de part et d’autre de l’arête centrale, en larges feuillets, à la fourchette et au couteau à poisson. Les parties gélatineuses près de la peau et des nageoires sont très recherchées.

Qu’est-ce qu’une turbotière ?

C’est une grande casserole en forme de losange, souvent en cuivre, avec une grille intérieure, conçue pour pocher un turbot entier sans le plier ni le briser. Héritage de la grande cuisine, elle se rencontre encore dans les batteries de cuisine anciennes et chez les collectionneurs, mais la cuisson en tronçons l’a rendue rare à la maison.

Sources