Bún riêu cua, soupe de vermicelles au crabe et à la tomateImage générée par IA
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VietnamNord du VietnamSoupe de nouilles au crabe…

Bún riêu cua

Crabe d’eau douce pilé, tomate et vermicelles de riz : la soupe acidulée des matins de Hanoï.

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Origine Vietnam, Nord
Service Très chaud
Difficulté Intermédiaire
Durée moyenne 1 h 20 environ
Allergènes Crustacés (crabe, mắm tôm) ; poisson (nuoc-mâm) ; soja (tofu) ; œuf selon la recette ; vermicelles de riz naturellement sans gluten, à vérifier sur l’étiquette

Bún riêu cua : qu’est-ce que c’est ?

Le bún riêu cua est une soupe de vermicelles de riz (bún) au crabe d’eau douce (cua), originaire du nord du Vietnam. Les petits crabes des rizières sont pilés entiers avec leur carapace, délayés dans l’eau puis filtrés ; en chauffant doucement, la chair et le corail coagulent et remontent à la surface en nuages dorés : c’est le riêu.

Le bouillon, doucement acidulé, doit sa couleur rouge orangé et sa saveur à la tomate et, à Hanoï, au giấm bỗng, un vinaigre de riz fermenté. On le garnit de tofu frit, parfois de bœuf ou de charcuterie de porc, et on le sert avec des herbes et légumes crus : laitue, perilla, kinh giới, liseron d’eau effilé, fleur de bananier. Une pointe de mắm tôm, la pâte de crevettes fermentées, lui donne sa profondeur.

À Hanoï, c’est un plat populaire du matin et de midi, servi dans les marchés et les échoppes de trottoir plutôt qu’au restaurant.

Histoire & origine

Le bún riêu cua n’a ni date de naissance ni inventeur connu. Il est né dans les campagnes rizicoles du nord du Vietnam, où les petits crabes d’eau douce (cua đồng) abondent dans les rizières : les piler entiers avec leur carapace puis filtrer leur jus permettait de tirer un bouillon savoureux d’un produit modeste et bon marché. La même technique sert aux soupes familiales de crabe aux légumes, comme le canh cua.

À Hanoï, le plat est devenu un classique de la cuisine de rue, vendu au marché et sur les trottoirs, le matin et à midi. L’écrivain Vũ Bằng, qui a consacré des pages nostalgiques aux mets de Hanoï, le présente comme un plat ancien, simple et presque rustique, au bouillon rouge orangé constellé de corail de crabe.

Le bún riêu s’est ensuite répandu dans tout le Vietnam et au-delà, en se transformant : au Sud, le bouillon devient plus riche, souvent au porc, et se garnit de sang de porc caillé, de charcuterie et de pousses de soja. La version hanoïenne reste la plus dépouillée, centrée sur le crabe, la tomate et l’acidité du bouillon.

Le saviez-vous ?

Riêu désigne la préparation de crabe (ou de poisson) pilé qui coagule et flotte à la surface du bouillon. À Hanoï, l’acidité vient traditionnellement du giấm bỗng, un vinaigre obtenu en faisant fermenter le marc de l’alcool de riz, et de la tomate ; ailleurs, on utilise aussi le tamarin ou des fruits aigres. Les crabes sont pilés avec leur carapace : le bouillon filtré en garde une partie du calcium. Les cuisinières de Hanoï réservent le corail des crabes pour le faire revenir avec des échalotes et le verser sur les bols. Il existe aussi un bún riêu ốc, aux escargots d’eau douce, et des versions mêlant crabe et poisson.

Composition traditionnelle

Un bouillon de crabe et de tomate, des vermicelles, quelques garnitures et beaucoup d’herbes fraîches.

1 Riêu de crabe crabes d’eau douce pilés avec leur carapace, filtrés, dont la chair coagule en nuages à la surface
2 Bouillon jus de crabe filtré, tomate revenue, acidité du giấm bỗng, parfois un fond de porc Voir la fiche →
3 Bún vermicelles de riz frais, de calibre moyen
4 Tofu frit cubes de tofu dorés, garniture la plus courante à Hanoï
5 Garnitures selon les échoppes bœuf cru saisi par le bouillon, charcuterie de porc, oignons frits
6 Herbes et légumes crus laitue, perilla (tía tô), kinh giới, liseron d’eau effilé, fleur de bananier émincée, cébette
7 Condiments mắm tôm, piment, citron vert ou quartiers de kumquat, vinaigre
Ce que la recette traditionnelle ne contient pas
Crabe de mer en morceaux ou chair de crabe en bâtonnets Bouillon de bœuf longuement infusé aux épices (c’est un phở) Lait de coco ou pâte de curry Nouilles de blé ou de riz plates
La recette

Bún riêu cua à la hanoïenne, au crabe d’eau douce surgelé

La recette du bún riêu cua adaptée aux produits trouvables en France : crabe d’eau douce broyé surgelé délayé et filtré, dont la chair forme des nuages dorés dans un bouillon de tomate acidulé, avec tofu frit, vermicelles de riz,…

Temps total
1 h 20
Difficulté
Intermédiaire
Portions
4 pers.
Coût / pers.
≈ 4,10 €
Voir la recette pas à pas → 23 ingrédients · 13 étapes

Le matériel pour réussir la bún riêu cua

Ustensiles utilisés dans la recette Bún riêu cua à la hanoïenne, au crabe d’eau douce surgelé.

Conseils de réussite

  • Ajouter le mắm tôm petit à petit, il est très puissant.
  • Ne pas remuer la soupe une fois le riêu formé.
  • Mélanger les herbes au bouillon au fil du repas pour qu’elles restent fraîches.
  • Équilibrer son bol avec un trait de citron vert et du piment.
  • Servir le bouillon brûlant sur les vermicelles.
  • Goûter le riêu en premier : c’est lui qui porte le goût du crabe.

Erreurs fréquentes

  • Un bouillon remué Remuer après le frémissement brise le riêu en particules : il ne forme plus ses nuages en surface.
  • Trop de mắm tôm Son goût puissant écrase celui du crabe ; il se dose à la pointe de cuillère.
  • Une soupe sans acidité Le bún riêu doit être doucement acidulé : sans tomate ni vinaigre, il paraît lourd et fade.
  • Le confondre avec une soupe au crabe de mer Le goût du bún riêu vient du crabe d’eau douce, plus terrien ; le crabe de mer donne une autre soupe.

Variantes

Traditionnelle
Bún riêu cua de Hanoï

La version dépouillée du Nord : riêu de crabe, tomate, tofu frit, acidité du giấm bỗng, herbes et mắm tôm.

Traditionnelle
Bún riêu cua bò

Avec du bœuf cru finement tranché, saisi par le bouillon dans le bol, proposé par de nombreuses échoppes de Hanoï.

Traditionnelle
Bún riêu ốc

Le riêu de crabe associé à des escargots d’eau douce.

Inspirée
Bún riêu du Sud

Bouillon plus riche au porc, garni de sang de porc caillé, de charcuterie, de pieds de porc et de pousses de soja ; le riêu est souvent lié à l’œuf et au porc haché.

Adaptée
Au crabe broyé surgelé

Version hors du Vietnam, avec du crabe d’eau douce broyé vendu en épicerie asiatique et du vinaigre de riz.

Adaptations par appareil

Seuls les appareils réellement pertinents pour ce plat sont affichés.

Conserver et réchauffer

  • Bouillon avec le riêu2 jours au réfrigérateur.
  • Vermicelles et herbesà consommer le jour même.
  • Tofu frit2 jours au réfrigérateur, à part.
  • RéchauffageRéchauffer le bouillon à feu doux, sans faire bouillir pour ne pas briser le riêu, et ébouillanter les vermicelles quelques secondes.
  • CongélationLe bouillon filtré se congèle 2 mois ; le riêu, les vermicelles et les herbes ne se congèlent pas bien.
Via Rankeat

Bún riêu cua à Paris

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Classement et notes : Rankeat · mis à jour le 3 novembre 2026

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Pour aller plus loin

Repères, techniques, histoire et vocabulaire pour tout savoir sur bún riêu cua.

À quoi reconnaître un plat réussi ?

  • Bouillon rouge orangé, limpide et doucement acidulé.
  • Nuages de crabe épais, moelleux et dorés en surface.
  • Goût de crabe d’eau douce net, sans amertume ni débris de carapace.
  • Tomates fondantes mais entières.
  • Tofu doré, encore croustillant.
  • Herbes abondantes et très fraîches.

Techniques

Pilage du crabe

Les crabes sont pilés entiers avec leur carapace pour libérer la chair et le corail.

Filtrage

La pâte est délayée dans l’eau et filtrée plusieurs fois : le liquide devient la base du bouillon.

Formation du riêu

On racle le fond en chauffant puis on cesse de remuer au frémissement : la chair coagule en nuages.

Tomates revenues

Revenues à l’huile et aux échalotes, elles colorent le bouillon sans s’effondrer.

Acidulage

Giấm bỗng à Hanoï, tamarin ou vinaigre de riz ailleurs : l’acidité équilibre la douceur du crabe.

Alternatives

Proche
Bánh đa cua

Soupe de crabe d’eau douce de Hải Phòng, aux nouilles de riz plates brunes.

Proche
Canh cua

Soupe familiale de crabe d’eau douce pilé aux légumes verts, servie avec le riz.

Variante
Bún riêu ốc

Le riêu de crabe associé à des escargots d’eau douce.

Autre soupe de Hanoï
Phở bò

Soupe de nouilles de riz plates au bouillon de bœuf épicé.

Chronologie

Origine inconnue
Dans les campagnes rizicoles du delta du fleuve Rouge, les petits crabes d’eau douce sont pilés et filtrés pour faire des soupes, dont le bún riêu.
XXᵉ siècle
Le bún riêu cua s’installe dans la cuisine de rue de Hanoï, vendu dans les marchés et sur les trottoirs le matin.
Seconde moitié du XXᵉ siècle
L’écrivain Vũ Bằng évoque avec nostalgie le bún riêu parmi les mets de Hanoï, comme un plat ancien et simple.
Aujourd’hui
Répandu dans tout le Vietnam et dans la diaspora, le plat se décline en versions plus riches au Sud ; la version hanoïenne reste la plus dépouillée.

Service & accords

Le bún riêu cua se sert dans un grand bol, le bouillon brûlant versé sur les vermicelles, la garniture et le riêu en surface, avec un plat d’herbes et de légumes crus à côté.

Pour manger : ajouter dans son bol herbes et laitue au fil du repas, assaisonner d’une pointe de mắm tôm, de piment et de citron vert, puis manger aux baguettes et à la cuillère ; beaucoup finissent le bouillon.

Le moment : à Hanoï, plutôt au petit déjeuner ou au déjeuner, dans les marchés et les échoppes de trottoir.

Sans alcool : un thé vert chaud ou un thé au jasmin, ou un jus de citron vert allongé d’eau.

Bière : une blonde légère et fraîche.

Vins : un blanc sec et vif, muscadet ou sauvignon de Loire, qui accompagne l’acidité du bouillon et le goût iodé du crabe.

Anecdotes

  • Au marché, les cuisinières de Hanoï choisissent leurs crabes vivants, bien sombres et aux pinces intactes, et apprécient les femelles pour leur corail.
  • Beaucoup de Hanoïens jugent que le crabe pilé à la main au mortier donne un riêu plus moelleux que le crabe passé à la machine.
  • Dans certaines échoppes de Hanoï, on mange le bún riêu le bol à la main, assis sur de petits tabourets au bord du trottoir.

Lexique

Bún
Vermicelles de riz ronds, servis frais au Vietnam.
Riêu
Préparation de crabe ou de poisson pilé qui coagule et flotte à la surface du bouillon.
Cua đồng
Petit crabe d’eau douce des rizières, base du bún riêu cua.
Gạch cua
Corail et graisse du crabe, prisés pour leur goût et leur couleur.
Giấm bỗng
Vinaigre de Hanoï obtenu par fermentation du marc de l’alcool de riz.
Mắm tôm
Pâte de petites crevettes salées et fermentées, violacée et très odorante.
Kinh giới
Herbe aromatique vietnamienne, parfois appelée mélisse vietnamienne, au parfum citronné.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le bún riêu cua ?

Une soupe de vermicelles de riz du nord du Vietnam, au bouillon de crabe d’eau douce et de tomate. La chair de crabe pilée forme des nuages dorés à la surface ; on la sert avec du tofu frit, des herbes fraîches et du mắm tôm.

Que veut dire « riêu » ?

Le riêu est la préparation de crabe (ou de poisson) pilé qui coagule à la cuisson et flotte à la surface du bouillon. Bún désigne les vermicelles de riz et cua le crabe.

D’où vient le bún riêu cua ?

Des campagnes rizicoles du nord du Vietnam, où les petits crabes d’eau douce abondent. C’est aujourd’hui un classique de la cuisine de rue de Hanoï, servi le matin et à midi.

Quelle différence entre le bún riêu du Nord et celui du Sud ?

La version de Hanoï est plus dépouillée et acidulée, centrée sur le crabe, la tomate et le tofu. Au Sud, le bouillon est plus riche et se garnit de sang de porc caillé, de charcuterie et de pousses de soja.

Qu’est-ce que le mắm tôm ?

Une pâte de petites crevettes salées et fermentées, de couleur violacée et à l’odeur très forte. On en met une pointe dans le bouillon ou dans son bol ; on peut s’en passer.

Peut-on faire du bún riêu cua en France ?

Oui, avec du crabe d’eau douce broyé surgelé vendu en épicerie asiatique et du vinaigre de riz à la place du giấm bỗng. Le résultat est très proche, avec des nuages de crabe un peu plus fins.

Le bún riêu cua est-il épicé ?

Non, le bouillon est doux et acidulé. Le piment frais se sert à part, et chacun en ajoute selon son goût.

Sources