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Petit budgetVégétarien

Gâteau de Savoie traditionnel

Le vrai biscuit de Savoie, sans beurre dans la pâte ni levure : cinq œufs, du sucre, autant de farine que de fécule de pomme de terre et un zeste de citron, des blancs montés en neige ferme et une cuisson douce à 170 °C dans un moule haut à côtes, pour un gâteau de 8 parts aussi léger qu’une mousse.

Préparation
25 min
Cuisson
40 min
Total
1 h 35
Difficulté
Moyenne
Coût estimé
2 – 3,50 €
soit ≈ 0,30 €/pers.
Portions
8 pers.

Ce gâteau de Savoie suit la méthode du biscuit traditionnel : pas de beurre dans la pâte, pas de levure, seulement des œufs, du sucre, un mélange de farine et de fécule de pomme de terre, et le parfum d’un zeste de citron. Toute sa hauteur vient de l’air emprisonné dans les jaunes blanchis et dans les blancs montés en neige, puis fixé par une cuisson douce.

La fécule est le secret de sa mie si fine : elle ne contient pas de gluten et donne un biscuit tendre, presque fondant, qui s’effrite à peine. On la mélange à parts égales avec la farine, on tamise le tout, puis on l’incorpore en pluie, à la maryse, en soulevant la pâte plutôt qu’en la tournant. Le moule, beurré puis chemisé de sucre, donne au gâteau sa fine croûte dorée et légèrement croustillante.

La recette demande un peu de soin mais aucune technique difficile : des œufs à température ambiante, des blancs bien fermes, un mélange délicat et un four qui reste fermé pendant les 25 premières minutes. Le gâteau cuit 35 à 45 minutes à 170 °C dans un moule à savoie de 22 à 24 cm, ou à défaut dans un moule à kouglof ou à brioche, puis se démoule tiède sur une grille.

Fiche du plat
Gâteau de Savoie
Histoire, origine & variantes →
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Ingrédients

8 personnes

Préparation

  1. 1
    Beurrer et sucrer le moule
    • Beurre doux 15 g

    Avec un pinceau, enduire tout l’intérieur du moule de beurre mou, en insistant dans les cannelures et autour de la cheminée centrale s’il y en a une. Verser les 15 g de sucre dans le moule, le faire tourner pour en couvrir toutes les parois, puis retourner le moule et tapoter pour retirer l’excédent. Placer le moule au réfrigérateur le temps de préparer la pâte.

    Parois entièrement couvertes d’une fine couche de sucre, sans zone nue.
  2. 2
    Préchauffer le four

    Allumer le four à 170 °C (th. 5-6) en chaleur statique et placer la grille dans le tiers inférieur : le moule est haut et le dessus du gâteau doit rester à bonne distance de la résistance supérieure. Compter une quinzaine de minutes de préchauffage. En chaleur tournante, régler à 155 °C.

    Four à température au moment d’enfourner.
  3. 3
    Tamiser farine et fécule
    • Farine de blé 60 g
    • Fécule de pomme de terre 60 g

    Mélanger la farine et la fécule de pomme de terre dans un bol, puis les passer deux fois au tamis ou dans une passoire fine. Ce double tamisage aère les poudres, casse les petits grumeaux de fécule et permet de les incorporer ensuite en pluie, sans écraser les blancs.

    Poudre légère, homogène, sans aucun grumeau.
  4. 4
    Séparer les œufs
    • Œuf 5

    Casser les œufs un à un au-dessus d’un bol, en faisant passer le jaune d’une demi-coquille à l’autre pour laisser couler le blanc. Verser chaque blanc dans le grand saladier propre seulement s’il ne contient aucune trace de jaune, et les jaunes dans l’autre saladier. Ce passage par un bol évite de gâcher tous les blancs pour un jaune crevé.

    Blancs parfaitement limpides, sans la moindre trace de jaune.
  5. 5
    Blanchir les jaunes
    • Citron 1
    • Sucre vanillé 7,5 g

    Ajouter aux jaunes 120 g de sucre, le zeste de citron râpé et le sucre vanillé. Fouetter au batteur à vitesse moyenne pendant 4 à 5 minutes : le mélange double de volume, devient presque blanc et très épais. Il est prêt quand, en soulevant le fouet, il retombe en un ruban qui reste visible quelques secondes à la surface avant de se fondre.

    Mélange pâle, mousseux, qui forme un ruban épais.
  6. 6
    Monter les blancs en neige ferme
    • Sel 1 pincée

    Fouetter les blancs avec la pincée de sel, d’abord à vitesse moyenne jusqu’à ce qu’ils soient mousseux, puis plus vite. Quand ils commencent à former des pics souples, ajouter les 30 g de sucre en pluie et continuer 1 à 2 minutes : la neige devient ferme, lisse et brillante. Elle doit tenir au bout du fouet en formant un bec d’oiseau qui ne retombe pas.

    Neige ferme et brillante, qui ne glisse pas quand on penche le saladier.
  7. 7
    Détendre les jaunes

    Prélever environ un quart des blancs en neige et les mélanger vivement aux jaunes blanchis avec le fouet. Ce premier ajout sacrifie un peu d’air, mais il rend la base plus souple et plus légère : le reste des blancs s’y incorporera ensuite beaucoup plus facilement, sans être écrasé.

    Mélange plus souple et plus clair, homogène.
  8. 8
    Incorporer les poudres et les blancs

    Tamiser un tiers de la farine et de la fécule au-dessus du mélange, puis ajouter un tiers des blancs restants. Incorporer à la maryse en partant du centre : plonger la spatule jusqu’au fond, la ramener le long de la paroi en soulevant la pâte, tout en tournant le saladier d’un quart de tour. Recommencer deux fois, et s’arrêter dès qu’il ne reste plus de traces de poudre ni de gros flocons blancs.

    Pâte légère, aérienne et homogène, qui garde son volume.
  9. 9
    Remplir le moule

    Sortir le moule du réfrigérateur et y verser la pâte en la faisant glisser du saladier, sans la tasser. Lisser la surface d’un geste de maryse et donner un petit coup du moule sur le plan de travail pour chasser les grosses bulles. Le moule doit être rempli aux trois quarts au plus : le biscuit gonfle nettement à la cuisson. Enfourner immédiatement.

    Moule rempli aux trois quarts, surface lisse.
  10. 10
    Cuire 35 à 45 minutes

    Laisser cuire le gâteau à 170 °C : il gonfle, se fend parfois légèrement sur le dessus et se colore peu à peu d’un blond doré. Ne pas ouvrir la porte avant 25 minutes, sous peine de le voir retomber. Si le dessus dore trop vite, poser une feuille de papier aluminium dessus pour la fin de la cuisson. Compter 35 minutes pour un moule de 24 cm assez large, jusqu’à 45 minutes pour un moule plus haut et plus étroit.

    Gâteau bien gonflé, dessus blond doré, bords qui se détachent légèrement du moule.
  11. 11
    Vérifier la cuisson

    Planter une lame fine ou une pique en bois au point le plus épais du gâteau. Elle doit ressortir parfaitement sèche. Appuyer aussi légèrement sur le dessus du bout du doigt : un biscuit cuit est élastique et reprend sa forme aussitôt ; s’il garde la trace, prolonger de 5 minutes et vérifier à nouveau.

    Lame sèche, dessus souple et élastique.
  12. 12
    Démouler tiède et laisser refroidir

    À la sortie du four, attendre 5 minutes : le biscuit se rétracte légèrement et se décolle des parois. Passer si besoin une lame fine le long des bords, retourner le moule sur une grille et le soulever doucement. Laisser refroidir complètement sur la grille, à l’abri des courants d’air, environ 30 minutes : la mie finit de se stabiliser et le gâteau se coupe plus net.

    Gâteau démoulé entier, cannelures nettes et dorées.
  13. 13
    Saupoudrer et servir

    Poser le gâteau sur un plat, le saupoudrer d’un voile de sucre glace au tamis juste avant de servir, pour qu’il ne fonde pas. Le couper en parts au couteau à lame dentée, en sciant doucement sans appuyer, pour ne pas écraser la mie aérée.

    Parts nettes, mie jaune clair, fine et régulière.

Matériel

En images

Photos de la fiche Gâteau de Savoie

Avec vos appareils

Four traditionnel

170 °C en chaleur statique, grille dans le tiers inférieur : 35 à 45 minutes en moule à savoie de 22 à 24 cm, 22 à 25 minutes en moule à manqué de 26 cm. En chaleur tournante, baisser à 155 °C. Point d’attention : ne pas ouvrir la porte avant 25 minutes.

Robot pâtissier

Blanchir les jaunes et le sucre au fouet 5 minutes à vitesse moyenne, réserver, laver et sécher la cuve, puis monter les blancs à vitesse moyenne puis rapide en ajoutant le sucre aux premiers pics. Point d’attention : incorporer ensuite les blancs et les poudres à la main, à la maryse, jamais au robot.

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Thermomix

Avec le fouet en place, blanchir les jaunes, le sucre et le zeste environ 5 minutes à vitesse moyenne, transvaser, laver et sécher soigneusement le bol, puis monter les blancs avec le sel, toujours avec le fouet, en ajoutant le sucre en fin de montée. Point d’attention : le bol doit être parfaitement dégraissé, et l’incorporation se fait à la maryse ; les réglages varient selon le modèle.

Astuces du chef

  • Un œuf vieux de quelques jours a des blancs plus faciles à monter qu’un œuf pondu la veille, mais il doit être à température ambiante : sortir les œufs une heure avant.
  • Quelques gouttes de jus de citron ajoutées aux blancs en début de fouettage les stabilisent et limitent le risque de les voir grainer.
  • Frotter le zeste de citron avec le sucre entre les doigts avant de l’ajouter aux jaunes : le sucre absorbe ses huiles essentielles et le parfum se répartit dans toute la pâte.
  • Pour un biscuit encore plus fin, utiliser une farine de type 45, dite farine à gâteaux, et respecter le double tamisage.
  • Un moule en métal, qui conduit bien la chaleur, donne une croûte plus dorée et plus nette qu’un moule en silicone, qui convient mal à ce biscuit.

Erreurs fréquentes

Gâteau qui retombe à la sortie du four

Biscuit pas assez cuit ou porte ouverte trop tôt : prolonger la cuisson jusqu’à ce que la lame ressorte sèche et que le dessus soit élastique, et n’ouvrir qu’après 25 minutes.

Gâteau plat et compact

Jaunes pas assez blanchis, blancs trop mous ou pâte trop travaillée : fouetter les jaunes jusqu’au ruban, monter les blancs en neige ferme et incorporer en soulevant, sans tourner.

Gâteau qui reste collé au moule

Moule mal beurré ou en silicone : beurrer au pinceau jusque dans les cannelures, chemiser de sucre et démouler après 5 minutes seulement, quand le biscuit est encore tiède.

Grumeaux blancs dans la mie

Fécule non tamisée ou blancs mal incorporés : tamiser deux fois les poudres et les ajouter en pluie, en trois fois, en alternance avec les blancs.

Dessus brûlé, cœur humide

Four trop chaud ou grille trop haute : cuire à 170 °C dans le tiers inférieur du four et couvrir d’aluminium dès que le dessus est doré.

Biscuit sec

Cuisson trop longue ou gâteau laissé à l’air : vérifier dès 35 minutes et l’emballer dès qu’il a refroidi ; un biscuit de Savoie se sert volontiers avec une crème anglaise ou des fruits.

Remplacer un ingrédient

  • Fécule de pomme de terre remplacé par Fécule de maïs, même poids

    Résultat presque identique ; la mie est à peine plus friable.

  • Farine de blé remplacé par 60 g de fécule supplémentaire ou de farine de riz fine (biscuit sans gluten)

    Mie très fondante mais plus fragile, qui s’émiette davantage ; vérifier que les poudres sont garanties sans gluten.

  • Zeste de citron remplacé par Zeste d’orange, graines de vanille ou 1 cuillère à soupe d’eau de fleur d’oranger

    Seul le parfum change ; la fleur d’oranger, puissante, se dose avec retenue.

  • Sucre en poudre remplacé par Sucre blond ou de canne fin, même poids

    Mie un peu plus colorée et goût légèrement caramélisé ; éviter les sucres à gros grains, qui fondent mal dans les jaunes.

Variantes

Version express

Cuire la même pâte dans un moule à manqué de 26 cm beurré et sucré, ou dans 12 moules à muffins, à 175 °C : 22 à 25 minutes pour le moule à manqué, 15 à 18 minutes pour les petits biscuits, soit moins d’une heure en tout, refroidissement compris.

Compromis : le biscuit est moins haut et perd la silhouette à côtes du gâteau de Savoie, mais sa mie reste aussi légère.

Version gastronomique

Parfumer les jaunes avec les graines d’une gousse de vanille et le zeste d’un citron et d’une orange, et remplacer une partie de la fécule par 20 g de poudre d’amande pour une mie plus fondante.

Finition : servir chaque part tiède avec une crème anglaise à la vanille, une compote de myrtilles des Alpes et une quenelle de crème fouettée peu sucrée.

Dressage et accords

Présenter le gâteau entier sur un plat rond, cannelures bien visibles, simplement voilé de sucre glace au tamis. Pour le petit-déjeuner, le couper en parts et le servir avec de la confiture d’abricot ou de myrtille et du beurre salé. En dessert, poser chaque part dans une assiette creuse sur un fond de crème anglaise, avec quelques fruits rouges ou une cuillerée de compote de poires, et quelques zestes de citron en finition.

À boire, à servir avec

Au petit-déjeuner : un café, un thé noir ou un chocolat chaud. En dessert : un vin mousseux de Savoie, demi-sec de préférence, ou un muscat servi frais avec la crème anglaise. Sans alcool : un jus de pomme des Alpes, une infusion de verveine ou une citronnade peu sucrée.

Anti-gaspillage

  • Un gâteau de Savoie rassis se coupe en tranches pour une charlotte, un tiramisu ou un trifle, où il remplace les biscuits à la cuillère.
  • Les tranches sèches se dorent quelques minutes au four ou à la poêle avec un peu de beurre, comme un pain perdu.
  • Le citron dont on n’a utilisé que le zeste se presse dans une crème au citron, une vinaigrette ou une citronnade.
  • Les chutes ou les parts abîmées s’émiettent au fond de verrines, avec des fruits et du fromage blanc.

Questions fréquentes

Faut-il mettre de la levure dans un gâteau de Savoie ?

Non, la recette traditionnelle n’en contient pas : le gâteau monte uniquement grâce à l’air emprisonné dans les jaunes blanchis et les blancs montés en neige. Beaucoup de recettes modernes ajoutent un demi-sachet de levure chimique pour sécuriser la levée. Cela fonctionne, mais la mie devient un peu plus serrée et moins fondante.

Pourquoi mon gâteau de Savoie retombe-t-il ?

Le plus souvent, il n’était pas assez cuit à cœur ou la porte du four a été ouverte trop tôt. Un biscuit sans levure ne tient que par sa structure d’œufs coagulés : s’il sort encore humide, il s’affaisse en refroidissant. Attendre 25 minutes avant d’ouvrir, vérifier à la lame et au toucher, et prolonger de quelques minutes en cas de doute.

Fécule de pomme de terre ou de maïs ?

Les deux conviennent. La fécule de pomme de terre est la plus utilisée dans les recettes savoyardes et donne une mie très fine ; la fécule de maïs donne un résultat presque identique, à peine plus friable. L’essentiel est de la tamiser avec la farine, deux fois de suite, pour éviter les grumeaux.

Quel moule utiliser sans moule à savoie ?

Un moule à kouglof ou à brioche de 22 à 24 cm, haut et cannelé, donne une silhouette très proche. Un moule à manqué de 26 cm convient aussi, mais le gâteau sera plus bas et cuira en 22 à 25 minutes. Le moule en métal est préférable au silicone, qui dore mal le biscuit et le fait coller dans les cannelures.

Quelle différence entre un gâteau de Savoie et une génoise ?

La génoise se fait avec des œufs entiers fouettés avec le sucre, souvent au bain-marie, et contient parfois un peu de beurre fondu. Le gâteau de Savoie, lui, sépare les blancs et les jaunes et ne contient pas de beurre dans la pâte. La fiche « Comment réussir une génoise moelleuse (qui ne retombe pas) » détaille la méthode de la génoise.

Comment savoir si les blancs sont assez montés ?

Ils doivent être fermes, lisses et brillants, et tenir au bout du fouet en formant un bec d’oiseau qui ne retombe pas. Si l’on penche le saladier, la neige ne doit pas glisser. Des blancs encore mous font un gâteau plat ; des blancs trop fouettés, granuleux, se mélangent mal à la pâte et la font retomber.

Peut-on réduire la quantité de sucre ?

Un peu, jusqu’à 120 g au total, en gardant 30 g pour serrer les blancs. Le sucre ne sert pas qu’à sucrer : il stabilise la mousse des jaunes et des blancs. En dessous, le biscuit monte moins haut et sa mie devient plus sèche. Mieux vaut le servir avec des fruits peu sucrés ou une compote sans sucre ajouté.

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