Khinkali maison sur une grande assiette : raviolis plissés en bourse, poivrés, l’un coupé montrant la farce de viande cuite et son bouillonImage générée par IA
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Khinkali géorgiens maison (bœuf-porc)

Une pâte ferme de farine, d’eau et de sel, une farce crue de bœuf et de porc mouillée d’eau glacée qui devient bouillon à la cuisson, un pliage en bourse expliqué pas à pas et un pochage précis : la recette de référence des khinkali géorgiens, à manger à la main.

Préparation
1 h 10
Cuisson
30 min
Total
2 h 10
Difficulté
Moyenne
Coût estimé
7 – 11 €
soit ≈ 2,30 €/pers.
Portions
4 pers.

Les khinkali sont les gros raviolis de Géorgie : une pâte ferme de farine, d’eau et de sel, plissée en bourse autour d’une farce crue de bœuf et de porc hachés, d’oignon, de poivre, de cumin et de piment. Le secret tient dans l’eau glacée que l’on incorpore à la farce : à la cuisson, elle se mêle au jus de la viande et forme un bouillon enfermé dans la pâte, que l’on aspire avant de mordre. On les mange à la main, en les tenant par leur chapeau, le kudi, que l’on laisse dans l’assiette.

Trois points font la réussite. Une pâte assez ferme, reposée 30 minutes, abaissée finement mais régulièrement. Une farce froide, bien mouillée, mais qui se tient dans la cuillère. Un pliage serré, avec de nombreux petits plis réunis en un chapeau bien soudé, pour que rien ne s’échappe à la cuisson. Le geste s’apprend en quelques pièces : les premiers khinkali sont rarement parfaits, les suivants le deviennent.

Comptez 1 h 10 de préparation, dont l’essentiel pour le façonnage, 30 minutes de repos et 30 minutes de cuisson en deux fournées, pour 24 khinkali, soit 4 portions de 6. La farce contient de la viande hachée crue : achetez-la très fraîche, gardez-la au froid jusqu’au dernier moment et respectez le temps de cuisson, la viande devant être entièrement cuite à cœur. Les versions aux champignons, au fromage ou à la pomme de terre sont présentées dans la fiche du plat.

Fiche du plat
Khinkali (raviolis géorgiens)
Histoire, origine & variantes →
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Ingrédients

4 personnes

Préparation

  1. 1
    Pétrir la pâte
    • Farine de blé 500 g
    • Eau 230 ml
    • Sel 1 c. à café

    Dans un grand saladier, mélanger la farine et le sel. Verser l’eau froide en trois fois, en mélangeant à la main ou à la cuillère, jusqu’à ce que toute la farine soit humidifiée. Rassembler la pâte et la pétrir sur le plan de travail 10 minutes : elle doit devenir ferme, lisse et élastique, nettement plus ferme qu’une pâte à pizza. Si elle reste friable, ajouter une cuillerée d’eau ; si elle colle, un peu de farine. Une pâte ferme est indispensable : elle doit tenir les plis et retenir le bouillon de la farce.

    Pâte ferme, lisse, qui reprend lentement sa forme quand on la presse.
  2. 2
    Laisser reposer la pâte

    Former une boule, l’envelopper dans un film alimentaire ou la couvrir d’un bol retourné, pour qu’elle ne sèche pas. Pendant ces 30 minutes, le gluten se détend : la pâte, ferme, pourra s’abaisser finement sans se rétracter. Préparer la farce pendant ce temps et la garder au réfrigérateur.

    Pâte détendue et satinée, qui s’étire sans se rétracter.
  3. 3
    Préparer la farce
    • Bœuf haché 300 g
    • Porc haché 300 g
    • Oignon jaune 2
    • Poivre noir 1 c. à café
    • Cumin 1 c. à café
    • Carvi 0,5 c. à café
    • Piment en flocons 0,5 c. à café

    Hacher les oignons très finement au couteau, ou les râper : ils doivent presque disparaître dans la farce. Dans un saladier froid, mélanger le bœuf et le porc hachés, sortis du réfrigérateur au dernier moment, avec les oignons et leur jus, le sel, le poivre noir moulu, le cumin, le carvi si vous l’utilisez et le piment. Malaxer à la main une minute, jusqu’à ce que le mélange soit homogène et un peu collant. Ne pas goûter la farce crue.

    Farce homogène, oignon invisible, bien assaisonnée.
  4. 4
    Mouiller la farce
    • Coriandre 20 g

    Verser un tiers de l’eau glacée sur la farce et malaxer jusqu’à ce qu’elle soit complètement absorbée, puis recommencer deux fois. La farce devient souple, brillante, presque coulante, mais doit encore se tenir dans une cuillère. C’est cette eau, mêlée au jus de la viande, qui formera le bouillon à l’intérieur des khinkali. Ajouter la coriandre hachée pour la version de la ville, ou s’en passer pour la version des montagnes. Couvrir et garder au réfrigérateur jusqu’au façonnage.

    Farce souple et juteuse, sans eau qui stagne au fond du saladier.
  5. 5
    Diviser et abaisser la pâte

    Rouler la pâte en un long boudin et le couper en 24 morceaux égaux, d’environ 30 g, à garder sous un linge. Fariner légèrement le plan de travail, aplatir un morceau et l’abaisser au rouleau en disque de 12 à 13 cm de diamètre, en tournant la pâte d’un quart de tour à chaque passage. Le centre peut rester un peu plus épais que le bord, pour bien retenir le bouillon. On peut aussi abaisser toute la pâte et découper les disques avec un bol retourné.

    Disques réguliers de 12 à 13 cm, fins mais sans trou.
  6. 6
    Garnir les disques

    Poser un disque à plat sur les doigts légèrement repliés de la main gauche, si vous êtes droitier. Déposer au centre une grosse cuillerée à soupe de farce bien froide, environ 40 g, en la tassant légèrement. Garder un bord d’au moins 3 cm sans farce tout autour : c’est lui qui formera les plis. Garnir un seul disque à la fois et le plier aussitôt.

    Farce bien centrée, bord propre tout autour.
  7. 7
    Plisser le khinkali

    Avec le pouce et l’index de la main droite, pincer le bord du disque et former un petit pli. Faire le pli suivant juste à côté, en le rabattant sur le précédent, tout en faisant tourner le disque d’un cran avec la main gauche. Continuer tout autour, en remontant la pâte vers le haut : les plis se resserrent d’eux-mêmes et le disque se referme en bourse autour de la farce. La tradition veut un bon nombre de plis, on cite souvent au moins 19 ; plus ils sont nombreux et fins, plus la pâte est régulière. Les premiers khinkali sont rarement parfaits : on prend le geste en quelques pièces.

    Bourse régulière, plis serrés tout autour, farce enfermée.
  8. 8
    Fermer le chapeau

    Quand le tour est terminé, rassembler tous les plis au sommet entre le pouce et l’index, et les tordre d’un quart de tour en pinçant fermement : la soudure doit être hermétique, sans air. Ce nœud de pâte, le kudi, sert de poignée. S’il est très gros, couper l’excédent avec des ciseaux en laissant un petit chapeau de 1 cm. Poser chaque khinkali sur un plateau fariné, debout sur sa base, sans qu’ils se touchent.

    Chapeau soudé et torsadé, khinkali debout, bien ventru.
  9. 9
    Porter l’eau à ébullition

    Pendant le façonnage des derniers khinkali, porter à ébullition une grande casserole d’au moins 5 litres d’eau, avec le sel. Les khinkali crus ne doivent pas attendre plus de 15 à 20 minutes : l’eau de la farce finirait par détremper la pâte et la viande crue doit rester au froid. Si nécessaire, mettre le plateau au réfrigérateur.

    Grande quantité d’eau à gros bouillons, salée.
  10. 10
    Pocher les khinkali

    Plonger les khinkali un par un dans l’eau bouillante, par fournées de 10 à 12, et remuer aussitôt doucement le fond de la casserole avec une écumoire pour qu’ils ne collent pas. Maintenir une ébullition franche mais pas violente. Ils remontent à la surface au bout de 4 à 5 minutes ; compter encore 8 à 10 minutes, soit 12 à 15 minutes en tout. Pour vérifier, sortir un khinkali, l’ouvrir : la viande doit être grise à cœur, sans trace rosée, et baigner dans un jus clair et brûlant.

    Pâte tendre, viande grise à cœur, bouillon clair à l’intérieur.
  11. 11
    Égoutter et poivrer

    Sortir les khinkali délicatement à l’écumoire, sans les percer, et les poser debout ou couchés sur un grand plat chaud. Les saupoudrer aussitôt de poivre noir grossièrement moulu, sans sauce. Servir cette première fournée pendant que la seconde cuit : les khinkali se mangent brûlants et perdent leur bouillon en refroidissant.

    Khinkali entiers, brillants, bien poivrés.
  12. 12
    Manger les khinkali

    Attendre une minute que le bouillon soit un peu moins brûlant. Prendre le khinkali à la main par son chapeau et le retourner, chapeau vers le bas. Mordre une petite ouverture sur le côté et aspirer le bouillon, puis manger la pâte et la farce par petites bouchées. Le chapeau, plus épais et moins cuit, se laisse traditionnellement dans l’assiette. La fourchette est à éviter : elle perce la pâte et le bouillon se perd. Attention aux enfants : le bouillon intérieur est très chaud.

    Bouillon bu avant la première vraie bouchée, chapeau laissé dans l’assiette.

Matériel

En images

Photos de la fiche Khinkali (raviolis géorgiens)

Avec vos appareils

Poêle (khinkali dorés)

Pour les restes, chauffer 2 cuillerées à soupe d’huile ou 30 g de beurre dans une poêle à feu moyen, y poser les khinkali cuits et refroidis, couchés, et les dorer 3 à 4 minutes par face, jusqu’à ce que la pâte soit croustillante et la farce chaude à cœur. Point d’attention : ne jamais poêler des khinkali crus, la farce de viande ne cuirait pas à cœur.

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Astuces du chef

  • Râpez l’oignon plutôt que de le hacher : il disparaît dans la farce et son jus participe au bouillon.
  • Gardez la farce au réfrigérateur et ne sortez que la quantité nécessaire : froide, elle se manipule mieux et reste plus sûre.
  • Pesez les pâtons et les cuillerées de farce : des khinkali de même taille cuisent dans le même temps.
  • Ne cherchez pas le nombre de plis à tout prix : des plis réguliers et bien soudés comptent plus qu’un record.
  • Remuez le fond de la casserole dès que les khinkali y entrent : ils ne colleront ni au fond ni entre eux.
  • Poivrez au dernier moment, généreusement : c’est le seul assaisonnement des khinkali à table.

Erreurs fréquentes

Khinkali qui éclatent à la cuisson

Pâte trop fine ou percée, trop de farce ou chapeau mal soudé : abaisser à 1,5 à 2 mm, garnir de 40 g au plus, tordre et pincer fermement le chapeau, et cuire à petite ébullition.

Pas de bouillon à l’intérieur

Farce pas assez mouillée ou khinkali percés : incorporer toute l’eau glacée par petites quantités, utiliser une viande pas trop maigre et manipuler les khinkali avec douceur.

Pâte épaisse et dure

Pâte non reposée ou mal abaissée : la laisser reposer 30 minutes, puis l’abaisser plus finement ; le chapeau, lui, reste toujours plus épais.

Plis qui s’ouvrent

Disques trop farinés ou séchés : travailler un disque à la fois, garder les autres sous un linge, et humecter le bord d’une goutte d’eau si la pâte a séché.

Khinkali collés au fond

Casserole trop petite ou eau qui ne bout plus : utiliser au moins 5 litres d’eau, cuire par fournées de 10 à 12 et remuer doucement dès la mise à l’eau.

Farce fade

Pas assez de sel ni de poivre : respecter les quantités, ne pas goûter la farce crue, et poivrer généreusement les khinkali au service.

Remplacer un ingrédient

  • Mélange bœuf-porc remplacé par Bœuf haché seul, à 20 % de matières grasses

    Version sans porc, très répandue : farce un peu plus ferme et moins juteuse ; ajouter 2 cuillerées à soupe d’eau glacée.

  • Mélange bœuf-porc remplacé par Agneau ou mouton haché

    Version des montagnes de Géorgie, au goût plus marqué ; choisir une épaule pas trop maigre.

  • Cumin remplacé par Carvi seul, ou mélange de cumin et de carvi

    Les deux épices s’emploient selon les régions et les familles : le carvi est plus anisé, le cumin plus chaud.

  • Coriandre remplacé par Persil plat, ou aucune herbe

    Le persil donne une farce plus douce ; sans herbe, c’est la version des montagnes, à la viande, à l’oignon et au poivre.

  • Eau de la farce remplacé par Bouillon de bœuf ou de volaille froid, peu salé

    Bouillon intérieur plus savoureux ; réduire un peu le sel de la farce.

  • Farce de viande remplacé par Champignons de Paris hachés et revenus à l’oignon et au beurre

    Version végétarienne, sokos khinkali : farce déjà cuite, cuisson un peu plus courte, 10 à 12 minutes.

Variantes

Version express

En 50 minutes : remplacer la pâte maison par des disques de pâte à raviolis ou à gyoza du commerce de 9 à 10 cm, en en superposant deux légèrement humidifiés pour plus de solidité, et former des khinkali plus petits, de 20 à 25 g de farce, refermés en bourse. Les pocher 8 à 10 minutes en tout.

Compromis : khinkali moins généreux et pâte plus fine, avec moins de bouillon, mais le goût de la farce et le geste de dégustation sont bien là.

Version gastronomique

Préparer la farce avec un mélange de paleron de bœuf et d’échine de porc hachés au couteau, mouillée d’un bouillon de bœuf froid à la place de l’eau, relevée de coriandre et d’un peu de piment frais.

Finition : abaisser une pâte très fine sur les côtés et plus épaisse au centre, former des khinkali de taille parfaitement égale à plus de 20 plis, et les servir poivrés au moulin, avec un rouge géorgien de saperavi.

Dressage et accords

Disposer les khinkali brûlants sur un grand plat ou dans des assiettes chaudes, chapeau vers le haut, en couronne, six par personne. Les saupoudrer de poivre noir grossièrement moulu, sans autre sauce : c’est l’usage géorgien. Prévoir une petite assiette vide pour les chapeaux. Servir avec un verre d’eau minérale gazeuse ou un vin rouge géorgien, et, si l’on veut, une salade de tomates et de concombres en accompagnement.

À boire, à servir avec

Sans alcool : une eau minérale gazeuse bien fraîche, l’accompagnement le plus courant en Géorgie, ou un thé noir. Bière : une lager blonde, que l’on boit volontiers avec les khinkali dans les restaurants géorgiens. Vin : un rouge géorgien de saperavi, ou en France un rouge souple et fruité comme un gamay ; en blanc, un rkatsiteli géorgien.

Anti-gaspillage

  • Les khinkali cuits restants se dorent le lendemain à la poêle, dans un peu d’huile ou de beurre : c’est un usage géorgien.
  • Les chutes de pâte se découpent en lanières et se pochent comme des nouilles dans un bouillon.
  • Le reste de farce, bien cuit, se poêle en petites galettes ou garnit une sauce tomate pour des pâtes.
  • Les chapeaux laissés dans les assiettes ne se servent pas à d’autres convives ; ceux de la casserole, encore propres, se dorent à la poêle avec les restes.

Questions fréquentes

Pourquoi mettre de l’eau dans la farce des khinkali ?

L’eau glacée incorporée à la viande hachée se mêle, à la cuisson, au jus et à la graisse de la farce : elle forme le bouillon que l’on aspire avant de mordre. Sans elle, la farce reste compacte et sèche. Ajoutez-la en trois fois, en malaxant, pour qu’elle soit entièrement absorbée.

Combien de temps cuire les khinkali ?

Comptez 12 à 15 minutes à petite ébullition pour des khinkali frais d’environ 40 g de farce : ils remontent à la surface au bout de 4 à 5 minutes, puis cuisent encore 8 à 10 minutes. Surgelés, comptez 16 à 18 minutes. La viande doit être grise à cœur, sans trace rosée.

Comment plier les khinkali ?

Posez le disque garni sur les doigts d’une main, pincez le bord entre le pouce et l’index de l’autre, faites un petit pli, rabattez-le sur le précédent et tournez le disque d’un cran. Continuez tout autour en remontant la pâte, puis rassemblez les plis au sommet et tordez-les pour former le chapeau.

Faut-il vraiment faire 19 plis ?

On dit souvent qu’un bon khinkali compte au moins 19 plis, mais c’est une règle de tradition, pas une norme. L’important est d’avoir des plis réguliers et bien serrés, qui ferment la pâte sans l’étirer. Avec l’habitude, on en fait naturellement davantage.

Peut-on congeler les khinkali ?

Oui, crus, juste après le façonnage : congelez-les d’abord à plat sur un plateau fariné, puis réunissez-les dans un sac. Ils se gardent 3 mois et se cuisent sans décongélation, 16 à 18 minutes dans une grande quantité d’eau bouillante. Ne laissez jamais décongeler des khinkali crus à température ambiante.

Quelle viande choisir pour les khinkali ?

Un mélange de bœuf et de porc hachés, à parts égales, pas trop maigres : la graisse rend la farce juteuse et nourrit le bouillon. Le bœuf seul convient aussi, avec un peu plus d’eau. Dans les montagnes de Géorgie, on les prépare aussi à l’agneau ou au mouton. La viande doit être hachée le jour même.

Les khinkali conviennent-ils aux enfants et aux femmes enceintes ?

Oui, à condition qu’ils soient parfaitement cuits : la farce est de la viande hachée crue, qui doit être grise à cœur, ce qui est essentiel pour les jeunes enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées ou immunodéprimées. Vérifiez la cuisson en ouvrant un khinkali, et faites attention au bouillon intérieur, très chaud.

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Classement et notes : Rankeat · mis à jour le 4 novembre 2026

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