Lexique culinaire Sauces & liaisons
Passer au chinois
locution verbale Aussi : filtrer
Filtrer une sauce, un fond, une soupe ou une crème à travers une passoire conique à maille fine, en pressant au besoin, pour retirer aromates, peaux, arêtes et grumeaux.
Employé dans 18 recettes- UstensilePassoire conique à maille fine, avec manche
- Fond clair, fumetLaisser égoutter, sans presser
- Soupe de poissonPresser fort au dos de la louche
- Bouillon limpideChinois tapissé d’un linge fin humide
- Signe que c’est prêtLiquide lisse, résidus secs dans le chinois
À quoi sert le chinois ?
Le chinois est une passoire en forme de cône, munie d’un manche, dont la pointe rassemble le liquide en un filet que l’on dirige facilement au-dessus d’une casserole ou d’un bol. Sa maille retient ce qu’une passoire ordinaire laisse passer : petites arêtes, débris de carapaces, brindilles de thym, pépins et peaux de tomate. Le chinois étamine, à toile métallique très serrée, donne les sauces les plus lisses ; le chinois en tôle perforée, plus robuste, se prête aux préparations que l’on presse fort.
On passe au chinois les fonds, fumets et bouillons de cuisson, comme ceux du vol-au-vent, du waterzooi ou des filets de sole normande ; les soupes de poisson comme l’aziminu ou la bouillabaisse ; les sauces à base de carapaces, Nantua ou armoricaine ; le vin des œufs en meurette après le pochage ; le gazpacho, pour en retirer peaux et pépins ; ou encore une pâte à cannelés, pour qu’elle soit parfaitement lisse.
Comment bien passer au chinois ?
On pose le chinois sur un récipient stable, assez haut pour que la pointe ne trempe pas dans le liquide filtré, ou on le tient au-dessus de la casserole. On verse progressivement, puis on aide le liquide à passer en tapotant le bord ou en remuant doucement avec une petite louche.
Pour extraire le maximum de goût d’une soupe de poisson ou d’une sauce aux crustacés, on presse les solides avec le dos de la louche, d’un mouvement de piston contre la paroi : c’est ce que l’on appelle fouler. Pour un fond clair ou un fumet, au contraire, on laisse simplement égoutter, sans fouler les arêtes, pour ne pas troubler le liquide. Pour une sauce très fine, on peut la passer deux fois : d’abord dans un chinois à trous, qui retient les gros morceaux, puis dans un chinois étamine, qui la lisse.
Comment savoir que c’est bien filtré ?
Le liquide est lisse, sans grain ni particule sous la cuillère. Il ne reste dans le chinois que des éléments secs : peaux et pépins pour un gazpacho, arêtes et carcasses bien pressées pour une soupe de poisson. Pour un bouillon que l’on veut limpide, comme celui du jambon persillé, on tapisse le chinois d’une étamine ou d’un linge fin humide, qui retient les plus fines particules.
Peut-on s’en passer ?
Une passoire fine fait le même travail pour de petites quantités, plus lentement, et beaucoup de recettes la proposent comme alternative. Le mixeur plongeant rend une sauce homogène mais ne retire ni les peaux ni les arêtes : il ne remplace pas le chinois pour une soupe de poisson ou une sauce aux carapaces, seulement pour lisser une sauce ou une pâte légèrement grumeleuse. Avec un blender très puissant, le passage d’un gazpacho devient facultatif.
Pas à pas
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Installer
Poser le chinois au-dessus d’une casserole ou d’un bol haut, la pointe dégagée du liquide.
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Verser
Verser la préparation par petites quantités pour ne pas faire déborder le cône.
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Aider le passage
Tapoter le bord ou remuer doucement à la petite louche.
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Presser si besoin
Fouler les solides au dos de la louche pour une soupe ou une sauce de crustacés, s’en abstenir pour un fond clair.
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Rincer aussitôt
Passer le chinois sous l’eau chaude, de l’extérieur vers l’intérieur, avant que les résidus ne sèchent dans la maille.
Les erreurs à éviter
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Fouler un fond clair
Les fines particules passent et troublent le liquide. On le laisse simplement égoutter.
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Verser tout d’un coup
Le cône déborde et la maille se colmate. On verse par petites quantités.
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Laisser la pointe tremper
Le liquide filtré remonte, le filtrage ralentit et éclabousse. On choisit un récipient plus haut.
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Ne pas presser une soupe de poisson
Une grande partie du goût et de la matière reste dans le chinois. On foule fermement les solides.
Mettre en pratique : nos recettes avec « passer au chinois »
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Questions fréquentes
Par quoi remplacer un chinois ?
Par une passoire fine, éventuellement tapissée d’une étamine ou d’un linge propre humide pour un liquide très limpide. Le filtrage est plus lent, mais le résultat est proche.
Quelle différence entre un chinois et une passoire ?
Le chinois est conique et à maille fine : il concentre le liquide en un filet précis et retient de très petites particules. La passoire, ronde et souvent plus grossière, sert surtout à égoutter des aliments solides comme les pâtes ou les légumes.
Faut-il passer une crème anglaise au chinois ?
C’est conseillé : le chinois retire les filaments d’œuf, les grains de vanille trop gros et les petits grumeaux si la crème a un peu trop chauffé. On la passe chaude, directement dans un récipient froid, pour arrêter la cuisson.
Qu’est-ce qu’un chinois étamine ?
Un chinois dont le cône est fait d’une toile métallique très fine plutôt que de tôle perforée. Il donne des sauces et des fonds très lisses, mais il est plus fragile et ne supporte pas d’être pressé trop fort.