Lexique culinaire Cuisson

Pocher

verbe transitif

Cuire un aliment plongé dans un liquide maintenu juste sous l’ébullition (eau, bouillon, fumet, vin, lait). En pâtisserie, le mot désigne aussi le fait de dresser à la poche.

Employé dans 56 recettes
  • LiquideFrémissant, jamais bouillant
  • Œuf poché3 minutes environ, jaune coulant
  • Quenelles de brochet8 à 10 minutes à frémissement
  • Poule au potEnviron 1 h 15 vers 90 à 95 °C
  • Poisson cuitChair opaque et nacrée, qui se détache

À quoi sert le pochage ?

Pocher, c’est cuire en douceur dans un liquide qui frémit sans bouillonner. Le liquide enveloppe l’aliment de tous côtés et sa température reste inférieure à 100 °C : c’est la cuisson des produits fragiles ou de ceux qu’on veut garder moelleux. Les recettes du site pochent des œufs (œufs en meurette, salade lyonnaise, œufs florentine), des poissons (lotte de la bourride, morue du grand aïoli, filets de sole normande), des quenelles de brochet, des saucisses et des volailles entières, comme la poule au pot.

Le liquide fait partie du résultat. Un court-bouillon ou un bouillon aromatisé parfume l’aliment, qui parfume à son tour le liquide ; celui-ci sert souvent de base à la sauce, comme pour les filets de sole normande ou les œufs pochés dans le vin rouge des œufs en meurette.

Départ à froid ou à chaud ?

À froid pour les grosses pièces et les produits salés : poule, langue de bœuf, saucisson à cuire, morue dessalée. On les couvre de liquide froid et on monte doucement jusqu’au frémissement, ce qui cuit le cœur sans surcuire l’extérieur et permet d’écumer. À chaud pour les petites pièces et les préparations qui doivent prendre aussitôt : œufs, quenelles, crevettes, médaillons de poisson. On les plonge dans le liquide frémissant et on compte le temps au retour du frémissement.

Dans les deux cas, le liquide ne doit pas bouillir : les gros bouillons déchirent les œufs, font éclater la peau des saucisses et dessèchent les chairs. Pour la poule au pot, la recette vise un frémissement à peine visible, autour de 90 à 95 °C. Les boulettes, comme les kniddelen ou les quenelles de brochet, remontent à la surface quand elles commencent à cuire ; on prolonge souvent le pochage de quelques minutes.

Le cas de l’œuf poché

L’œuf doit être très frais : son blanc épais reste groupé autour du jaune. On le casse d’abord dans un ramequin, puis on le fait glisser dans une eau frémissante additionnée de vinaigre, qui aide le blanc à coaguler ; nos recettes ne salent pas cette eau. Pour un résultat net, on peut laisser égoutter l’œuf une vingtaine de secondes dans un tamis fin, pour éliminer la partie la plus liquide du blanc. Comptez environ 3 minutes pour un jaune coulant, puis égouttez à l’écumoire.

Pocher en pâtisserie

En pâtisserie, le verbe a un autre sens : dresser une pâte ou une crème à la poche à douille, en formes régulières. On poche ainsi les choux et les éclairs, la couronne d’un paris-brest, les coques de macarons, la meringue d’une tarte au citron ou une rosace de chantilly. Le geste n’a rien à voir avec la cuisson dans un liquide, et la recette lève toujours l’ambiguïté.

Comment pocher, pas à pas

  1. Choisir le liquide

    Préparer un bouillon, un court-bouillon, un fumet ou de l’eau vinaigrée selon l’aliment, en quantité suffisante pour le couvrir.

  2. Froid ou chaud

    Plonger les grosses pièces dans le liquide froid, les petites pièces et les œufs dans le liquide déjà frémissant.

  3. Régler le frémissement

    Baisser le feu dès les premières bulles pour que la surface tremble sans bouillonner.

  4. Compter le temps

    Lancer le minuteur au retour du frémissement et ne pas couvrir hermétiquement, pour éviter l’ébullition.

  5. Égoutter

    Sortir l’aliment à l’écumoire et l’égoutter, ou le garder au chaud dans un peu de liquide de pochage.

Les erreurs à éviter

  • Laisser bouillir

    Les œufs se déchirent, les saucisses éclatent et les chairs deviennent sèches. On garde un frémissement à peine visible.

  • Pocher trop à la fois

    La température chute, la cuisson s’allonge et les pièces se collent. On procède par petites quantités, comme pour les quenelles.

  • Prendre des œufs pas assez frais

    Le blanc s’étale en filaments dans l’eau. On choisit des œufs très frais et on peut les égoutter quelques secondes au tamis.

  • Jeter le liquide

    Il contient le goût de l’aliment et des aromates. On le garde pour la sauce, une soupe ou la cuisson d’une garniture.

Mettre en pratique : nos recettes avec « pocher »

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Questions fréquentes

Quelle différence entre pocher et bouillir ?

Pocher, c’est cuire dans un liquide qui frémit, juste sous l’ébullition. Bouillir, c’est cuire dans un liquide agité de gros bouillons. Le pochage préserve les aliments fragiles et garde les chairs moelleuses.

Faut-il mettre du vinaigre pour pocher un œuf ?

Ce n’est pas indispensable, mais un peu de vinaigre aide le blanc à coaguler plus vite et à rester groupé. Un œuf très frais et une eau qui frémit sans bouillir comptent davantage.

Peut-on pocher un poisson au four ?

Oui : on le dispose dans un plat beurré, on le mouille à mi-hauteur de fumet ou de vin blanc, on le couvre et on enfourne. C’est la méthode des filets de sole normande, dont le liquide sert ensuite de base à la sauce.

Que veut dire pocher en pâtisserie ?

C’est dresser une pâte ou une crème à la poche à douille : choux, éclairs, macarons, meringue ou chantilly. Le geste ne fait pas intervenir de cuisson dans un liquide.