Goulash hongrois en marmite de fonte, bœuf au paprika, pommes de terre et poivrons, bol servi avec crème aigreImage générée par IA
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Goulash hongrois (gulyásleves)

La vraie soupe goulash hongroise : bœuf mijoté avec des oignons fondus et du paprika doux, carottes, panais et pommes de terre, et les petites pâtes pincées à la main appelées csipetke.

Préparation
30 min
Cuisson
2 h 15
Total
2 h 45
Difficulté
Facile
Coût estimé
12 – 18 €
soit ≈ 2,50 €/pers.
Portions
6 pers.

En Hongrie, le goulash (gulyásleves) est une soupe : un bouillon rouge et généreux où mijotent des cubes de bœuf, des oignons fondus, du paprika doux, du carvi, des carottes, des racines blanches et des pommes de terre. On y fait cuire en fin de cuisson les csipetke, de minuscules pâtes à l’œuf pincées entre deux doigts. Servie dans une assiette creuse, avec du pain, elle constitue un repas complet.

Toute la réussite tient à quelques gestes : des oignons fondus doucement dans le saindoux, le paprika versé hors du feu pour qu’il ne brûle pas, la viande étuvée dans son jus avant d’être mouillée, puis une longue cuisson à simple frémissement. Le jarret de bœuf, riche en tissu conjonctif, donne une viande fondante et un bouillon légèrement lié. Le panais remplace ici la racine de persil, plus difficile à trouver en France.

Comptez 30 minutes de préparation et 2 h 15 de cuisson douce, dont l’essentiel sans surveillance. Si vous préférez la version épaisse, servie avec des pâtes ou de la purée, c’est un pörkölt : la FAQ et les variantes expliquent comment l’obtenir à partir de la même base. Les adaptations détaillent la cuisson au Cookeo, au four et au chaudron sur le feu.

Fiche du plat
Goulash
Histoire, origine & variantes →
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Ingrédients

6 personnes

Préparation

  1. 1
    Couper la viande
    • Jarret de bœuf 900 g

    Parer le jarret : retirer les grosses membranes et les nerfs épais, mais garder le tissu conjonctif fin, qui fondra en mijotant et donnera du moelleux au bouillon. Couper la viande en cubes réguliers de 2 à 3 cm, plus petits que pour un bœuf bourguignon : dans le goulash, on doit pouvoir les manger à la cuillère. Éponger les morceaux avec du papier absorbant.

    Cubes réguliers de 2 à 3 cm, secs en surface.
  2. 2
    Préparer les légumes
    • Oignon jaune 300 g
    • Carvi 2 g
    • Ail 2 gousses
    • Tomate 1 pièce
    • Poivron vert 1 pièce
    • Panais 150 g
    • Céleri-rave 100 g
    • Eau 2 l

    Peler et hacher finement les oignons : ils doivent presque fondre et épaissir le bouillon. Écraser l’ail avec le carvi et une pincée de sel, au pilon ou du plat d’un couteau. Éplucher les carottes, le panais et le céleri-rave, les couper en dés de 1 cm. Éplucher les pommes de terre, les couper en cubes de 1,5 cm et les réserver dans l’eau froide. Couper la tomate en quartiers et le poivron en lanières, sans les graines.

    Oignons hachés fin, légumes en dés réguliers, pommes de terre dans l’eau froide.
  3. 3
    Fondre les oignons
    • Saindoux 40 g

    Faire chauffer le saindoux dans une cocotte en fonte de 5 à 6 litres, à feu moyen. Ajouter les oignons hachés et une pincée de sel, puis les cuire 10 à 12 minutes en remuant souvent : ils doivent devenir translucides, très tendres et à peine blonds. Cette base d’oignons fondus est le cœur du goût du goulash ; elle ne doit pas brunir, sinon le bouillon deviendrait amer.

    Oignons translucides, fondants et dorés pâle, sans parties brunes.
  4. 4
    Ajouter le paprika hors du feu
    • Paprika doux 15 g

    Retirer la cocotte du feu et laisser tomber la température une trentaine de secondes. Saupoudrer le paprika doux sur les oignons et mélanger aussitôt : il doit se dissoudre dans la graisse et la colorer d’un rouge profond, sans frire. Ajouter immédiatement 2 cuillerées à soupe d’eau pour stopper la cuisson. C’est le geste clé du goulash : le sucre du paprika brûle en quelques secondes au contact d’une graisse trop chaude.

    Oignons enrobés d’une graisse rouge vif, parfum doux de piment, aucune odeur de brûlé.
  5. 5
    Enrober la viande

    Ajouter les cubes de bœuf dans la cocotte et remettre sur feu moyen. Remuer pour bien les enrober d’oignons au paprika, puis les laisser cuire 5 à 7 minutes en mélangeant de temps en temps : la viande se raffermit, change de couleur et commence à rendre son jus. Dans le goulash, on ne cherche pas une coloration brune comme pour un bourguignon : on saisit la viande dans le paprika.

    Viande entièrement enrobée de rouge, qui rend un peu de jus.
  6. 6
    Étuver dans son jus

    Ajouter l’ail écrasé avec le carvi et le reste du sel, mélanger, puis couvrir et baisser le feu. Laisser la viande étuver 20 minutes dans son propre jus, en remuant de temps en temps et en ajoutant 2 à 3 cuillerées d’eau chaude si le fond commence à attacher. C’est la base d’un pörkölt : la viande s’imprègne du paprika et de l’oignon avant d’être mouillée.

    Viande nappée d’une sauce épaisse et brillante, rouge orangé.
  7. 7
    Mouiller et mijoter

    Verser 1,5 litre d’eau chaude dans la cocotte, ajouter les quartiers de tomate et les lanières de poivron, puis porter juste à frémissement. Couvrir en laissant un léger interstice et laisser mijoter 1 heure à feu doux. Le bouillon doit à peine trembler : une ébullition forte durcit la viande et trouble la soupe. La viande doit être presque tendre à la fin de cette étape.

    Bouillon rouge qui frémit doucement ; viande qui commence à céder sous la pointe d’un couteau.
  8. 8
    Ajouter les légumes

    Ajouter les dés de carotte, de panais et de céleri-rave et laisser frémir 10 minutes. Ajouter ensuite les pommes de terre égouttées et environ 500 ml d’eau chaude, selon l’épaisseur souhaitée : le goulash doit rester une soupe généreuse, pas un ragoût. Poursuivre la cuisson 20 minutes à frémissement, jusqu’à ce que les pommes de terre et la viande soient tendres.

    Pommes de terre tendres, qui commencent à épaissir légèrement le bouillon ; viande fondante.
  9. 9
    Préparer la pâte à csipetke
    • Farine de blé 100 g
    • Œuf 1 pièce

    Pendant que la soupe mijote, mettre la farine dans un bol avec une pincée de sel, ajouter l’œuf battu et mélanger à la fourchette, puis à la main. Pétrir 2 minutes : la pâte doit être ferme, lisse et ne pas coller, plus dure qu’une pâte à pâtes fraîches. Si elle s’effrite, ajouter une cuillerée d’eau ; si elle colle, un peu de farine. Laisser reposer 10 minutes sous un bol.

    Pâte ferme, lisse, qui ne colle pas aux doigts.
  10. 10
    Pincer les csipetke

    Aplatir la pâte entre les paumes en une galette de 3 à 4 mm d’épaisseur. La pincer entre le pouce et l’index farinés pour en détacher de tout petits morceaux irréguliers, de la taille d’un haricot ou d’un ongle : c’est le sens du mot csipetke, « petites pincées ». Les déposer au fur et à mesure sur une assiette farinée, sans les tasser.

    Une assiette de petits morceaux de pâte irréguliers et bien séparés.
  11. 11
    Cuire les csipetke dans la soupe

    Secouer les csipetke pour retirer l’excès de farine et les jeter dans la soupe frémissante, en remuant doucement. Les laisser cuire 5 minutes environ : elles remontent à la surface, puis deviennent tendres tout en gardant une légère fermeté. Goûter la soupe et rectifier le sel ; ajouter un peu d’eau chaude si elle a trop épaissi.

    Petites pâtes tendres à cœur, bouillon rouge et légèrement lié.
  12. 12
    Laisser reposer et servir
    • Piment rouge 2 pièces

    Hors du feu, couvrir la cocotte et laisser reposer 5 minutes : les saveurs se fondent et la graisse remonte en petits yeux rouges à la surface. Retirer les peaux de tomate et de poivron qui flottent, si on le souhaite. Servir dans des assiettes creuses ou des bols, avec le piment frais coupé en rondelles dans une coupelle, pour que chacun relève sa soupe, et du pain de campagne.

    Soupe-ragoût rouge, brillante, viande fondante et légumes tendres.

Matériel

En images

Photos de la fiche Goulash

Avec vos appareils

Cocotte en fonte

La méthode de référence de cette recette : oignons fondus, paprika hors du feu, viande étuvée 20 minutes puis mijotée à couvert environ 1 h 30 avant les légumes et les csipetke. Point d’attention : garder un simple frémissement, couvercle entrouvert.

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Cookeo

En mode dorer, faire fondre les oignons dans le saindoux, arrêter l’appareil et attendre une minute avant d’ajouter le paprika, puis la viande, l’ail et le carvi. Ajouter tomate, poivron et 1,2 litre d’eau, cuire 30 minutes sous pression. Ajouter racines et pommes de terre, cuire encore 8 minutes sous pression, puis les csipetke 5 minutes en mode dorer. Point d’attention : la cuve chauffe fort en mode dorer, le paprika doit toujours être ajouté appareil arrêté.

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Four traditionnel

Après l’étuvée de la viande sur le feu, mouiller, porter à frémissement puis glisser la cocotte couverte au four à 150 °C pendant 1 h 15. Ajouter les légumes et poursuivre 35 minutes au four, puis cuire les csipetke sur le feu. Point d’attention : utiliser une cocotte allant au four et vérifier le niveau de liquide à mi-cuisson.

Chaudron sur feu de bois (bogrács)

La version des bouviers : chaudron en fonte suspendu au-dessus d’un feu de bois, mêmes étapes en réglant la chaleur par la hauteur du chaudron et la taille du feu. Retirer le chaudron des flammes pour ajouter le paprika. Point d’attention : un feu trop vif fait bouillir la soupe à gros bouillons ; entretenir des braises régulières.

Astuces du chef

  • Le saindoux est la graisse traditionnelle du goulash : il donne un goût plus rond que l’huile et supporte bien la cuisson des oignons.
  • Prenez un paprika doux récent, d’un rouge vif : un paprika terne ou brunâtre a perdu son parfum et donne une soupe fade.
  • Retirez toujours la cocotte du feu avant d’ajouter le paprika, et mouillez aussitôt d’un peu d’eau.
  • Coupez la viande plus petit que pour un ragoût : dans une soupe, chaque cuillerée doit contenir viande, légumes et bouillon.
  • Comme beaucoup de plats mijotés, le goulash est encore meilleur réchauffé le lendemain ; ajoutez alors les csipetke au moment de servir.
  • Pour une touche de piquant sans gêner les convives sensibles, servez le piment frais à part, comme en Hongrie.

Erreurs fréquentes

Goulash amer

Le paprika a brûlé ou les oignons ont trop coloré : toujours ajouter le paprika hors du feu et cuire les oignons à feu moyen sans les laisser brunir. Un goût brûlé ne se rattrape pas.

Viande dure

Morceau trop maigre ou ébullition trop forte : choisir du jarret ou du paleron et cuire à simple frémissement ; prolonger de 20 à 30 minutes si la viande résiste encore.

Soupe trop épaisse

Les pommes de terre ont absorbé le bouillon : ajouter de l’eau chaude jusqu’à la consistance d’une soupe et rectifier le sel.

Bouillon fade et pâle

Paprika ancien ou en quantité insuffisante, oignons pas assez fondus : utiliser un paprika récent et ne pas raccourcir la cuisson des oignons.

Csipetke pâteuses

Pâte trop molle ou morceaux trop gros : faire une pâte ferme et pincer des morceaux de la taille d’un haricot.

Légumes en purée

Légumes ajoutés trop tôt : les racines entrent après 1 heure de mijotage de la viande, les pommes de terre 10 minutes plus tard.

Remplacer un ingrédient

  • Jarret de bœuf remplacé par Paleron, macreuse ou joue de bœuf

    Le paleron et la macreuse donnent une viande un peu plus maigre et une cuisson un peu plus courte ; la joue, très fondante, demande 30 minutes de plus.

  • Saindoux remplacé par Huile de tournesol ou de colza

    Goût plus neutre et soupe un peu plus légère ; la recette devient compatible avec une alimentation sans porc.

  • Panais remplacé par Racine de persil, ou une carotte supplémentaire

    La racine de persil est l’ingrédient d’origine en Hongrie ; une carotte de plus rend la soupe un peu plus douce.

  • Paprika doux de Hongrie remplacé par Paprika doux du commerce, avec une pointe de paprika fort

    Goût moins profond si le paprika est ancien ; éviter le paprika fumé, qui change complètement le caractère du plat.

  • Csipetke remplacé par Petites pâtes sèches (plombs, coquillettes) ou nouilles aux œufs cassées

    Plus rapide, mais on perd la texture irrégulière et rustique des pâtes pincées à la main.

Variantes

Version express

En 1 heure : utiliser 700 g de paleron coupé en cubes de 1,5 cm, cuire les oignons 8 minutes, ajouter le paprika hors du feu puis la viande, mouiller aussitôt de 1,5 litre d’eau chaude et cuire 35 minutes en cocotte-minute ou 50 minutes en cocotte classique, en ajoutant carottes et pommes de terre en petits dés pour les 20 dernières minutes. Remplacer les csipetke par 80 g de petites pâtes sèches (coquillettes, plombs), cuites 8 minutes dans la soupe.

Compromis : viande un peu moins fondante et bouillon moins profond, mais un vrai goût de paprika.

Version gastronomique

Préparer le goulash la veille avec un mélange de jarret et de joue de bœuf, le laisser refroidir puis reposer une nuit au réfrigérateur, et le réchauffer doucement avant de pocher les csipetke à la minute. Utiliser un paprika doux AOP de Szeged ou de Kalocsa et quelques graines de carvi fraîchement torréfiées à sec.

Finition : servir en bols chauds avec une cuillerée de crème aigre à part, des rondelles de piment hongrois frais et un pain de seigle grillé.

Dressage et accords

Servir le goulash bien chaud dans des assiettes creuses ou de grands bols, en répartissant viande, légumes et csipetke dans chaque portion avant de couvrir de bouillon rouge. Poser au centre de la table une coupelle de piment frais en rondelles et une corbeille de pain de campagne. Pour un service convivial, on peut présenter la soupe dans la cocotte, ou dans un petit chaudron en fonte posé sur un dessous-de-plat, en rappel du bogrács des bouviers.

À boire, à servir avec

Un rouge hongrois souple et épicé est l’accord naturel : un kékfrankos ou un vin de Szekszárd ou de Villány. À défaut, un rouge fruité et peu boisé du Beaujolais ou de Loire. Côté bière, une blonde ou une ambrée légère. Sans alcool : un jus de pomme trouble ou une eau gazeuse citronnée.

Anti-gaspillage

  • Le goulash restant se réchauffe le lendemain et gagne en goût : ajouter un peu d’eau, il épaissit au repos.
  • Une fois les pommes de terre écrasées dans le bouillon, un fond de goulash devient une sauce pour des pâtes ou une purée.
  • Les parures de légumes (pelures de carottes, de céleri, vert de poireau) servent à préparer un bouillon.
  • Le reste de pâte à csipetke se sèche à l’air sur un torchon et se garde quelques jours pour une autre soupe.

Questions fréquentes

Quelle viande choisir pour un goulash ?

Un morceau à mijoter, riche en tissu conjonctif : le jarret de bœuf, utilisé en Hongrie, est idéal car il devient fondant et lie légèrement le bouillon. Le paleron, la macreuse ou la joue conviennent aussi. Évitez les morceaux à griller, qui deviennent secs après deux heures de cuisson.

Pourquoi ajouter le paprika hors du feu ?

Le paprika contient des sucres qui brûlent en quelques secondes au contact d’une graisse trop chaude. Brûlé, il devient brun et amer, et gâche tout le plat. En retirant la cocotte du feu, puis en ajoutant un peu d’eau aussitôt, il se dissout dans la graisse et donne au goulash sa couleur rouge et son goût doux.

Quelle différence entre goulash et pörkölt ?

Le goulash hongrois est une soupe, avec beaucoup de bouillon, des légumes et des pommes de terre. Le pörkölt est un ragoût épais à base des mêmes oignons fondus, du même paprika et de la même viande, mais sans légumes racines ni bouillon. Pour l’obtenir, arrêtez cette recette après l’étape d’étuvée et prolongez-la à couvert avec très peu d’eau.

Que sont les csipetke ?

Ce sont de toutes petites pâtes de farine, d’œuf et de sel, pincées à la main au-dessus d’une assiette puis cuites quelques minutes dans la soupe. Leur nom signifie à peu près « petites pincées ». Elles sont typiques du goulash hongrois. À défaut, de petites pâtes sèches font l’affaire.

Peut-on faire le goulash à l’avance ?

Oui, et il n’en est que meilleur : préparez-le la veille jusqu’à la cuisson des légumes, laissez refroidir et gardez-le au réfrigérateur. Le lendemain, réchauffez-le doucement avec un peu d’eau et ne cuisez les csipetke qu’au moment de servir, pour qu’elles restent fermes.

Le goulash hongrois est-il piquant ?

Pas forcément. La recette de référence utilise du paprika doux, qui colore et parfume sans piquer. En Hongrie, chacun relève sa soupe à table avec du piment frais ou une pâte de piment. Vous pouvez aussi remplacer une petite partie du paprika doux par du paprika fort pour une version plus relevée.

Peut-on remplacer le carvi par du cumin ?

Ce n’est pas la même épice : le carvi, aussi appelé cumin des prés, a un goût anisé et frais typique de la cuisine d’Europe centrale, alors que le cumin est plus chaud et terreux. En petite quantité, le cumin donne un résultat correct mais différent. Mieux vaut simplement omettre le carvi que forcer sur le cumin.

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