Pavé de rumsteck grillé coupé sur un cœur rosé, frites maison et sauce béarnaiseImage générée par IA

Pavé de rumsteck sauce béarnaise et frites maison

Le grand classique des brasseries à la maison : un pavé de rumsteck de 3 cm saisi à la poêle très chaude et arrosé au beurre, une sauce béarnaise montée au beurre clarifié et parfumée à l’estragon, et des frites maison cuites en deux bains.

Préparation
45 min
Cuisson
35 min
Total
1 h 35
Difficulté
Moyenne
Coût estimé
29 – 40 €
soit ≈ 8,60 €/pers.
Portions
4 pers.

Le pavé de rumsteck est l’une des pièces de bœuf les plus servies dans les brasseries françaises : un morceau maigre et tendre, taillé épais dans la croupe, qu’on saisit vivement pour obtenir une croûte brune et un cœur rosé. Il arrive presque toujours avec des frites et une sauce au choix ; cette recette l’associe à la plus classique d’entre elles, la sauce béarnaise.

La béarnaise est une émulsion chaude : on monte des jaunes d’œufs en sabayon sur une réduction d’échalote, d’estragon, de vinaigre et de poivre, puis on y verse du beurre clarifié en filet, comme pour une mayonnaise. Elle demande de l’attention, surtout pour la température, mais aucune technique difficile. Les frites, elles, cuisent en deux bains : un premier à 150 °C pour les cuire à cœur, un second à 180 °C pour les dorer.

Comptez 1 h 35 en tout pour 4 personnes, dont 1 h 15 de travail. L’ordre est simple : frites taillées et précuites, béarnaise montée et gardée tiède, puis pavés saisis et reposés pendant le second bain des frites. Les cuissons au barbecue et à la plancha sont détaillées dans les adaptations ; la version au poivre est traitée dans la recette du steak au poivre.

Fiche du plat
Pavé de rumsteck
Histoire, origine & variantes →
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Ingrédients

4 personnes

Préparation

  1. 1
    Tempérer et sécher les pavés
    • Sel 4 g

    Sortir les 4 pavés de rumsteck du réfrigérateur 30 minutes avant de les cuire, pas davantage. Retirer au couteau la fine membrane brillante et les éventuels restes de nerf sur les côtés, puis les éponger soigneusement au papier absorbant et les poser sur une grille, à l’abri. Ne pas les saler maintenant : le sel ferait perler le jus en surface.

    Pavés secs, sans nerf, d’une épaisseur régulière de 3 cm.
  2. 2
    Tailler les frites

    Éplucher les 1,2 kg de pommes de terre, les couper en tranches de 1 cm, puis chaque tranche en bâtonnets de 1 cm de section. Garder les bâtonnets de même taille pour qu’ils cuisent ensemble ; écarter les petits morceaux, qui brûleraient.

    Bâtonnets réguliers de 1 cm, sans morceaux trop fins.
  3. 3
    Rincer et sécher les frites

    Plonger les bâtonnets dans un grand saladier d’eau froide, les remuer, égoutter, et recommencer jusqu’à ce que l’eau reste presque claire : on élimine l’amidon de surface, qui fait coller les frites et les fait brunir trop vite. Les étaler sur un torchon propre et les sécher en les roulant, puis en les tamponnant : il ne doit plus rester de gouttes d’eau.

    Frites sèches au toucher, sans eau visible.
  4. 4
    Premier bain des frites
    • Huile de friture 2 l

    Chauffer l’huile de friture à 150 °C dans une friteuse ou une grande casserole à bords hauts, remplie au tiers seulement. Plonger la moitié des frites dans le panier et les cuire 7 à 8 minutes : elles doivent être cuites à cœur, souples, mais encore pâles. Les égoutter, les étaler sur du papier absorbant et cuire la seconde fournée. Les laisser reposer au moins 10 minutes avant le second bain.

    Frites tendres sous la pointe du couteau, toujours blondes.
  5. 5
    Préparer la réduction
    • Échalote 2
    • Estragon 4 brins

    Dans une petite casserole à fond épais, réunir les échalotes ciselées, 4 brins d’estragon hachés avec leurs tiges, la cuillerée à café de poivre concassé, 50 ml de vinaigre de vin blanc et 50 ml de vin blanc (ou d’eau). Faire réduire à feu doux, 8 à 10 minutes, jusqu’à ce qu’il ne reste qu’environ 2 cuillerées à soupe de liquide autour des échalotes, presque à sec. Retirer du feu, ôter les tiges d’estragon et laisser tiédir.

    Échalotes fondantes, environ 2 cuillerées à soupe de liquide restant.
  6. 6
    Clarifier le beurre
    • Jaune d’œuf 3

    Faire fondre les 170 g de beurre à feu très doux, sans le laisser bouillir ni colorer. Retirer à la cuillère l’écume blanche de la surface, puis verser doucement le beurre jaune et limpide dans un bol à bec, en laissant au fond de la casserole le dépôt blanc de petit-lait. Il en reste environ 140 g. Le garder tiède, autour de 50 à 60 °C.

    Beurre limpide et doré, sans dépôt blanc.
  7. 7
    Monter le sabayon

    Ajouter dans la casserole de réduction tiédie (ou dans un cul-de-poule) les 3 jaunes et 2 cuillerées à soupe d’eau froide. Poser sur un bain-marie à peine frémissant, sans que le fond touche l’eau, et fouetter sans arrêt en formant des huit, en raclant bien les bords. En 4 à 6 minutes, le mélange devient mousseux, puis épais et crémeux : il laisse des traces du fouet et nappe la cuillère. Au thermomètre, viser 60 à 65 °C. Retirer aussitôt du bain-marie.

    Sabayon épais et brillant, qui laisse voir le fond de la casserole au passage du fouet.
  8. 8
    Incorporer le beurre clarifié

    Hors du feu, poser la casserole sur un torchon roulé pour la stabiliser. Verser le beurre clarifié tiède en mince filet, sans cesser de fouetter, comme pour une mayonnaise : la sauce épaissit et devient lisse et brillante. Si elle devient trop épaisse, ajouter une cuillerée à café d’eau tiède avant de poursuivre.

    Sauce onctueuse et nappante, qui tient sur le dos d’une cuillère.
  9. 9
    Finir et garder la béarnaise
    • Cerfeuil 3 brins

    Saler d’une pincée, goûter et rectifier : la béarnaise doit être acidulée, poivrée et très parfumée à l’estragon. Ajouter les feuilles d’estragon et le cerfeuil ciselés. Garder la casserole sur le bain-marie éteint, autour de 50 °C, en fouettant de temps en temps, et la servir dans les 30 minutes.

    Sauce tiède, lisse, verte de l’estragon frais.
  10. 10
    Saisir les pavés

    Chauffer une poêle en fonte ou en acier à feu vif avec l’huile, jusqu’à ce qu’elle fume légèrement. Saler les pavés sur toutes les faces juste avant de les déposer, en les espaçant. Les laisser 2 min 30 à 3 minutes sans les toucher, jusqu’à une croûte brune qui se décolle seule, puis les retourner à la pince et cuire l’autre face autant. Pour un pavé de 3 cm : environ 2 minutes par face pour un bleu, 2 min 30 à 3 minutes pour un saignant, 4 minutes pour un à point. Au thermomètre, à cœur : 50 à 52 °C pour un saignant, 55 à 57 °C pour un à point, la température montant encore de 2 à 3 °C au repos.

    Croûte brune et régulière, pavé souple et élastique sous le doigt pour un saignant.
  11. 11
    Arroser au beurre
    • Thym 2 brins
    • Ail 2 gousses

    Baisser à feu moyen, ajouter 30 g de beurre, les brins de thym et les gousses d’ail écrasées. Incliner la poêle et arroser les pavés à la cuillère de beurre mousseux et noisette pendant 1 minute, en saisissant aussi rapidement les côtés à la pince.

    Beurre mousseux couleur noisette, pavés brillants.
  12. 12
    Laisser reposer la viande

    Retirer les pavés sur une grille posée sur une assiette chaude, les couvrir sans serrer d’une feuille d’aluminium et les laisser reposer 5 minutes : la chaleur se répartit, les fibres se détendent et le jus reste dans la viande à la découpe. Récupérer le jus tombé dans l’assiette pour le verser sur les pavés au service.

    Jus qui ne s’écoule presque plus à la découpe.
  13. 13
    Second bain des frites

    Pendant le repos de la viande, faire monter l’huile à 180 °C. Plonger les frites en deux fournées et les cuire 2 à 3 minutes, en secouant le panier, jusqu’à ce qu’elles soient bien dorées et croustillantes. Les égoutter sur du papier absorbant et les saler aussitôt avec 3 g de sel en les faisant sauter dans un saladier.

    Frites dorées, croustillantes, qui sonnent creux quand on les secoue.
  14. 14
    Dresser et servir

    Poser chaque pavé entier, ou tranché en deux pour montrer la cuisson, sur une assiette chaude. Le poivrer d’un tour de moulin, l’arroser du jus de repos et d’un peu de beurre de cuisson, ajouter une généreuse portion de frites. Servir la béarnaise tiède à part, en ramequin ou en saucière, pour qu’elle ne détrempe pas les frites. Servir aussitôt.

    Pavé chaud et rosé, frites croustillantes, béarnaise tiède et lisse.

Matériel

Avec vos appareils

Poêle en fonte ou en acier (référence)

La méthode de la recette et des brasseries : une poêle épaisse, très chaude, saisit les pavés et forme une croûte régulière, puis le beurre mousseux les parfume. Point d’attention : ne pas surcharger la poêle, sinon la viande bout dans son jus ; cuire en deux fois avec une poêle de moins de 28 cm.

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Plancha

Chauffer la plancha au maximum (250 à 300 °C), huiler légèrement la viande plutôt que la plaque et saisir les pavés 3 minutes par face pour un saignant, sans les déplacer. Finir 1 minute sur la zone moins chaude avec une noisette de beurre. Point d’attention : la plancha cuit fort en surface, contrôler le cœur au thermomètre.

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Barbecue

Sur des braises bien rouges couvertes de cendre blanche, grille très chaude et propre, saisir les pavés 2 à 3 minutes par face en les faisant pivoter d’un quart de tour à mi-cuisson pour le quadrillage, puis les laisser 2 minutes sur une zone moins chaude si on les veut à point. Point d’attention : éviter les flammes vives, qui noircissent la viande, et préparer la béarnaise à l’intérieur, au bain-marie.

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Astuces du chef

  • Le cœur de rumsteck est la partie la plus régulière et la plus tendre : demandez-le nommément au boucher, et des pavés de même épaisseur.
  • Salez la viande au dernier moment, juste avant de la poser dans la poêle, ou au contraire au moins 45 minutes avant : entre les deux, le sel fait perler le jus et gêne la coloration.
  • Un pavé épais se juge au toucher : souple et élastique pour un saignant, plus ferme pour un à point ; le thermomètre lève le doute.
  • Pour une béarnaise sans stress, gardez un glaçon à portée de main : si le sabayon chauffe trop vite, posez la casserole sur un torchon froid et ajoutez le glaçon en fouettant.
  • Une béarnaise qui tranche se rattrape : fouetter un jaune avec une cuillerée d’eau tiède dans un autre bol, puis y reverser la sauce tranchée petit à petit.
  • Le beurre clarifié donne une béarnaise plus stable et plus ferme ; le beurre simplement fondu, plus courante en bistrot, une sauce plus souple.

Erreurs fréquentes

Béarnaise qui tranche

Sauce trop chaude ou beurre versé trop vite. Fouetter un jaune et une cuillerée d’eau tiède dans un bol propre, puis y incorporer la sauce tranchée petit à petit, au fouet.

Sabayon granuleux

Les jaunes ont cuit au-delà de 70 °C. Il faut recommencer avec de nouveaux jaunes, sur un bain-marie à peine frémissant, en retirant la casserole dès que la mousse nappe.

Pavé gris, sans croûte

Poêle pas assez chaude, viande humide ou trop de pavés à la fois. Bien sécher la viande, attendre que l’huile fume légèrement et cuire en deux fois si la poêle est petite.

Viande trop cuite au cœur

Pavé trop fin ou cuisson prolongée. Choisir des pavés de 3 cm, sortir la viande 2 à 3 °C avant la température visée et respecter le repos.

Frites molles et grasses

Huile pas assez chaude ou panier trop chargé. Cuire en petites fournées, attendre que l’huile revienne à température entre deux et faire le second bain à 180 °C juste avant de servir.

Sauce fade

Réduction pas assez concentrée ou estragon sec. Réduire presque à sec, utiliser de l’estragon frais et rectifier en fin de montage avec quelques gouttes de vinaigre et une pincée de sel.

Remplacer un ingrédient

  • Pavé de rumsteck remplacé par Faux-filet, entrecôte ou bavette

    Faux-filet plus régulier, entrecôte plus persillée et plus fondante, bavette plus goûteuse mais à trancher contre les fibres ; temps de cuisson voisins pour la même épaisseur.

  • Sauce béarnaise remplacé par Sauce au poivre, sauce à l’échalote ou beurre maître d’hôtel

    Les autres sauces des cartes de brasserie ; voir les recettes du steak au poivre et de la bavette à l’échalote.

  • Vin blanc sec remplacé par Même volume d’eau

    Réduction un peu plus acide et moins ronde ; version sans alcool.

  • Estragon frais remplacé par Estragon séché (1 c. à café) dans la réduction et persil plat frais pour finir

    Goût anisé moins net ; la sauce perd sa couleur verte.

  • Beurre clarifié remplacé par Beurre doux simplement fondu

    Sauce plus souple et un peu plus fragile, comme dans beaucoup de bistrots.

  • Frites maison remplacé par Pommes de terre sautées, pommes grenaille rôties ou salade verte

    Plus simple et moins gras ; les frites restent l’accompagnement attendu.

Variantes

Version express

En 30 minutes : remplacer les frites maison par des pommes de terre sautées à la poêle ou des frites surgelées cuites au four, et monter une béarnaise rapide au mixeur plongeant, en versant le beurre fondu bien chaud en filet sur les jaunes, la réduction et l’eau. Saisir les pavés comme dans la recette.

Compromis : béarnaise un peu moins stable, à servir aussitôt, et frites moins croustillantes.

Version gastronomique

Choisir un cœur de rumsteck de race à viande, maturé deux à trois semaines, taillé en pavés de 4 cm. Le saisir au sautoir, le finir 6 à 8 minutes au four à 120 °C jusqu’à 52 °C à cœur et l’arroser au beurre noisette. Monter la béarnaise au beurre clarifié avec une réduction d’estragon et de cerfeuil passée au chinois, et servir avec des frites cuites dans de la graisse de bœuf.

Finition : quelques grains de fleur de sel et de poivre concassé sur la tranche du pavé.

Dressage et accords

Servir sur de grandes assiettes chaudes : le pavé entier ou tranché en deux pour montrer son cœur rosé, nappé de son jus de repos, à côté d’une généreuse portion de frites dorées. Poser la béarnaise tiède dans un ramequin sur l’assiette ou en saucière au centre de la table, parsemée de quelques feuilles d’estragon ciselé. Une petite salade verte à la vinaigrette, servie à part, allège l’ensemble comme en brasserie.

À boire, à servir avec

Vins : un rouge souple et fruité, comme un saint-joseph, un chinon ou un bordeaux supérieur, dont les tanins fins accompagnent la viande sans écraser l’estragon ; un beaujolais cru, comme un morgon, servi légèrement frais. Bières : une ambrée ou une bière de garde. Sans alcool : une eau gazeuse citronnée ou un jus de raisin rouge coupé d’eau pétillante.

Anti-gaspillage

  • Un reste de pavé, tranché finement et froid, garnit une salade de pommes de terre, un sandwich à la moutarde ou une salade thaïe au bœuf.
  • Les parures de viande retirées au parage se hachent au couteau pour un petit tartare ou relèvent une sauce.
  • Les blancs d’œufs restants se congèlent pour des meringues, des macarons ou une omelette.
  • Le petit-lait du beurre clarifié se mélange à une purée ou à une pâte à crêpes.
  • L’huile de friture refroidie et filtrée se réutilise quelques fois pour d’autres frites.

Questions fréquentes

Combien de temps cuire un pavé de rumsteck ?

Pour un pavé de 3 cm dans une poêle très chaude : environ 2 minutes par face pour un bleu, 2 min 30 à 3 minutes pour un saignant, 4 minutes pour un à point, puis 5 minutes de repos. Au thermomètre, à cœur : 50 à 52 °C pour un saignant, 55 à 57 °C pour un à point.

Faut-il saler le pavé avant ou après la cuisson ?

Juste avant de le poser dans la poêle, ou au moins 45 minutes avant pour que le sel ait le temps d’être réabsorbé. Le poivre s’ajoute plutôt en fin de cuisson : il brûle et devient amer à feu vif.

Pourquoi ma béarnaise a-t-elle tranché ?

Le plus souvent parce qu’elle a trop chauffé ou que le beurre a été versé trop vite. Fouettez un jaune avec une cuillerée d’eau tiède dans un bol propre, puis incorporez-y la sauce tranchée petit à petit : elle redevient lisse.

Quelle différence entre béarnaise et hollandaise ?

Les deux sont des émulsions de jaunes et de beurre. La hollandaise se parfume au citron ; la béarnaise part d’une réduction d’échalote, d’estragon, de vinaigre et de poivre, qui lui donne un goût plus vif et herbacé, idéal avec les viandes grillées.

Peut-on préparer la béarnaise à l’avance ?

Une heure au maximum, gardée tiède au bain-marie éteint ou dans un thermos préchauffé à l’eau chaude, en la fouettant au moment de servir. Elle ne se réchauffe pas et ne se conserve pas : préparez-la le jour même.

Le rumsteck est-il tendre ?

Oui, s’il est pris dans le cœur de rumsteck, bien paré, et servi saignant ou à point : c’est un morceau maigre à fibre fine. Trop cuit, il se resserre et devient plus ferme qu’une entrecôte, qui supporte mieux le bien cuit grâce à son gras.

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Classement et notes : Rankeat · mis à jour le 1 novembre 2026

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