Poulet de Bresse à la crème et aux morilles dans un plat en cuivre, riz pilafImage générée par IA
Protéiné

Poulet de Bresse à la crème et aux morilles

Le grand classique bressan : un poulet de Bresse découpé, revenu au beurre sans brunir, déglacé au vin blanc et mijoté avec des morilles, puis nappé d’une sauce à la crème épaisse réduite jusqu’à devenir onctueuse et ivoire. Servi avec un riz pilaf, pour 4 personnes.

Préparation
30 min
Cuisson
1 h 05
Total
2 h 05
Difficulté
Moyenne
Coût estimé
44 – 60 €
soit ≈ 12,90 €/pers.
Portions
4 pers.

Le poulet de Bresse à la crème est le plat de fête de la Bresse : une volaille AOP découpée en morceaux, revenue au beurre sans brunir, déglacée au vin blanc puis mijotée à couvert, avant d’être nappée d’une sauce à la crème épaisse réduite jusqu’à ce qu’elle soit onctueuse et couleur ivoire. Les morilles, champignons de printemps au parfum boisé, en font la version la plus recherchée ; on les utilise ici séchées, disponibles toute l’année, et leur eau de trempage filtrée parfume la sauce.

La recette est simple, mais elle demande de la précision : une coloration juste blonde, pour garder une sauce claire ; des blancs ajoutés après les cuisses, pour qu’ils restent juteux ; des morilles soigneusement rincées, car leurs alvéoles retiennent le sable, et toujours bien cuites, car la morille est toxique crue ou insuffisamment cuite. Un poulet fermier Label Rouge remplace honnêtement la volaille de Bresse, et le vin jaune du Jura voisin, le vin blanc, comme expliqué dans les substitutions.

Comptez 2 h 05 dont 1 heure de travail, pour 4 personnes, avec un riz pilaf cuit pendant le mijotage. La découpe du poulet est détaillée dans la recette ; on peut aussi la demander au volailler, en gardant la carcasse pour un fond.

Fiche du plat
Volaille de Bresse à la crème
Histoire, origine & variantes →
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Ingrédients

4 personnes

Préparation

  1. 1
    Réhydrater les morilles

    Mettre les 30 g de morilles séchées dans un bol et les couvrir de 400 ml d’eau tiède, non bouillante. Les laisser se réhydrater 30 minutes, en les enfonçant de temps en temps dans l’eau : elles doublent ou triplent de volume et redeviennent souples.

    Morilles souples et charnues, eau colorée et parfumée.
  2. 2
    Découper la volaille

    Poser le poulet sur le dos. Couper la peau entre la cuisse et le corps, écarter la cuisse vers l’extérieur jusqu’à faire sortir l’articulation, puis la détacher en passant la lame au ras de la carcasse, en emportant le sot-l’y-laisse. Séparer pilon et haut de cuisse à l’articulation. Couper le bout des ailes. Détacher chaque blanc le long du bréchet, puis le couper en deux en biais pour obtenir l’aile et un morceau de blanc. Garder la carcasse pour un fond.

    Huit morceaux de taille comparable, peau intacte.
  3. 3
    Assaisonner
    • Sel 1 c. à café
    • Poivre blanc 6 tours de moulin

    Éponger soigneusement chaque morceau au papier absorbant : une peau sèche colore mieux. Saler avec la cuillerée à café de sel fin et poivrer au poivre blanc sur toutes les faces. Laisser les morceaux 10 à 15 minutes à température ambiante pendant la suite de la préparation, pas davantage.

    Morceaux secs et assaisonnés de façon régulière.
  4. 4
    Rincer les morilles et filtrer leur eau

    Prélever les morilles à la main, sans verser le bol : le sable reste au fond. Les rincer sous un filet d’eau froide en les ouvrant légèrement du doigt pour chasser la terre des alvéoles, puis les presser doucement. Couper les plus grosses en deux. Filtrer l’eau de trempage à travers un filtre à café ou un linge fin et en réserver 100 ml, très parfumés, pour le mijotage.

    Morilles propres, sans grain de sable ; eau filtrée limpide.
  5. 5
    Raidir la volaille au beurre

    Faire fondre les 40 g de beurre dans la cocotte à feu moyen, jusqu’à ce qu’il cesse de mousser, sans le laisser noisette. Ranger les cuisses et les pilons côté peau, puis les blancs et les ailes, en deux fois si la cocotte est trop petite. Les laisser raidir et blondir 5 à 6 minutes par face : la peau doit devenir dorée pâle, jamais brune, pour que la sauce reste ivoire. Réserver les blancs et les ailes sur une assiette ; laisser les cuisses dans la cocotte.

    Peau blonde et tendue, beurre doré sans trace de brûlé.
  6. 6
    Faire suer échalotes et morilles
    • Échalote 2

    Baisser légèrement le feu. Ajouter les échalotes ciselées et les morilles égouttées autour des cuisses, et les faire suer 2 minutes dans le beurre en remuant, jusqu’à ce que les échalotes deviennent translucides et que les morilles commencent à embaumer.

    Échalotes translucides, non colorées.
  7. 7
    Déglacer au vin blanc

    Verser les 200 ml de vin blanc et gratter le fond de la cocotte à la cuillère en bois pour décoller les sucs. Laisser bouillonner 3 à 4 minutes à feu moyen, jusqu’à ce que le vin ait réduit de moitié et que l’odeur d’alcool se soit dissipée.

    Vin réduit de moitié, sucs dissous, plus d’odeur d’alcool.
  8. 8
    Mijoter les cuisses, puis les blancs
    • Thym 2 brins
    • Laurier-sauce 1 feuille

    Verser les 150 ml de fond de volaille et les 100 ml d’eau de trempage filtrée, ajouter le thym et le laurier. Couvrir et laisser frémir doucement 10 minutes. Ajouter alors les blancs et les ailes réservés, avec leur jus, couvrir de nouveau et poursuivre la cuisson 20 minutes à tout petit frémissement, en retournant les morceaux à mi-cuisson. Les morilles cuisent ainsi largement plus de 20 minutes, comme il se doit.

    Liquide qui frémit à peine, sans bouillir à gros bouillons.
  9. 9
    Cuire le riz pilaf
    • Oignon jaune 0,5

    Dans une casserole, faire fondre l’oignon haché dans les 15 g de beurre 3 minutes sans coloration. Ajouter le riz et le remuer 2 minutes, jusqu’à ce que les grains deviennent translucides et nacrés. Verser les 375 ml de fond de volaille chaud, porter à frémissement, couvrir et cuire 17 minutes à feu très doux, sans remuer. Laisser reposer 5 minutes hors du feu, toujours couvert, puis égrainer à la fourchette.

    Grains tendres, détachés, tout le liquide absorbé.
  10. 10
    Vérifier la cuisson

    Piquer un haut de cuisse au plus épais, près de l’os, avec la pointe d’un couteau : le jus qui perle doit être clair, sans trace rosée, et la chair doit commencer à se détacher de l’os. Au thermomètre, compter 75 °C environ à cœur pour les cuisses. Si ce n’est pas le cas, prolonger de 5 minutes à couvert.

    Jus clair, chair cuite à cœur, blanc encore juteux.
  11. 11
    Réserver la volaille

    Retirer les morceaux de volaille à la pince et les ranger dans un plat creux chaud, couvert d’une feuille d’aluminium. Laisser les morilles dans la cocotte. Retirer le thym et le laurier.

    Volaille au chaud, jus et morilles dans la cocotte.
  12. 12
    Réduire la crème

    Ajouter les 350 g de crème fraîche épaisse au jus et aux morilles, en fouettant pour bien mélanger. Porter à ébullition douce et laisser réduire 8 à 10 minutes à feu moyen, en remuant régulièrement et en raclant le fond, jusqu’à ce que la sauce épaississe, prenne une couleur ivoire et nappe le dos de la cuillère : un trait de doigt doit y rester net.

    Sauce onctueuse et ivoire, qui nappe la cuillère.
  13. 13
    Rectifier l’assaisonnement
    • Citron 1 c. à café

    Goûter la sauce : ajuster le sel, puis le poivre blanc. Ajouter le jus de citron goutte à goutte, juste assez pour réveiller la crème sans qu’on le reconnaisse. Si la sauce est trop épaisse, la détendre d’une cuillerée d’eau des morilles ou de fond.

    Sauce ronde et équilibrée, ni fade ni acide.
  14. 14
    Napper et servir

    Remettre les morceaux de volaille et le jus rendu dans le plat dans la cocotte. Les enrober de sauce et les réchauffer 3 à 5 minutes à feu doux, sans faire bouillir. Servir aussitôt dans des assiettes chaudes, un morceau de cuisse et un morceau de blanc par personne, nappés de sauce et de morilles, avec le riz pilaf à côté.

    Volaille brûlante, bien nappée, sauce lisse.

Matériel

Avec vos appareils

Cocotte en fonte

La meilleure méthode : la fonte répartit la chaleur et permet un frémissement très régulier. Raidir la volaille à feu moyen, en deux fois si nécessaire, mijoter à couvert 10 minutes pour les cuisses puis 20 minutes avec les blancs, et réduire la crème couvercle ôté. Point d’attention : la fonte garde longtemps la chaleur ; baisser le feu dès que le beurre fonce, et retirer la volaille avant de réduire la crème.

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Sauteuse couverte

Une sauteuse de 30 cm à bords hauts et couvercle bien ajusté convient si les morceaux tiennent en une seule couche. Suivre la recette à l’identique, en surveillant le liquide pendant le mijotage. Point d’attention : moins étanche que la cocotte, elle évapore davantage ; ajouter 50 ml de fond si le jus descend trop.

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Cookeo

Mode dorer : faire fondre 40 g de beurre et raidir les morceaux en deux fois, 4 à 5 minutes par face, sans brunir ; réserver. Ajouter échalotes et morilles 2 minutes, déglacer au vin blanc et réduire 3 minutes. Remettre toute la volaille, ajouter 150 ml de fond, 100 ml d’eau des morilles, thym et laurier, fermer et cuire 10 minutes sous pression, puis dépressuriser. Retirer la volaille, repasser en mode dorer, ajouter la crème et réduire 8 à 10 minutes couvercle ouvert. Point d’attention : sous pression, les blancs sèchent plus vite ; préférer des morceaux de cuisse ou ajouter les blancs seulement pour la réduction finale. Les morilles cuisent au total plus de 20 minutes, montée en pression comprise.

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Astuces du chef

  • Le secret d’une sauce ivoire est une volaille seulement « raidie » au beurre, à feu moyen : on cherche une peau blonde, pas une croûte.
  • L’eau de trempage des morilles, filtrée, est un concentré de parfum : elle donne à la sauce un goût de sous-bois qu’aucun bouillon n’apporte.
  • Pour une sauce plus liée, certains cuisiniers bressans la finissent hors du feu avec un jaune d’œuf délayé dans une cuillerée de crème, sans la faire bouillir ensuite.
  • Préparez la volaille la veille si vous recevez : elle se réchauffe très bien dans sa sauce, à feu doux, et gagne même en goût.
  • Gardez la carcasse : rôtie 20 minutes puis mijotée 1 heure avec un oignon et une carotte, elle donne le fond du prochain poulet à la crème.
  • Choisissez une crème épaisse et entière : les crèmes allégées tranchent à la réduction.

Erreurs fréquentes

Sauce brune ou amère

Beurre ou volaille trop colorés. Raidir à feu moyen, retirer la cocotte du feu quelques instants si le beurre fonce, et ne pas laisser brunir les échalotes.

Blancs secs et filandreux

Cuits aussi longtemps que les cuisses. Les ajouter 10 minutes après les cuisses et les réserver dès la fin du mijotage.

Sable sous la dent

Morilles mal rincées ou eau de trempage non filtrée. Les prélever à la main, les rincer en ouvrant les alvéoles et filtrer l’eau à travers un filtre à café.

Sauce trop liquide

Réduction trop courte. Laisser réduire la crème jusqu’à ce qu’elle nappe la cuillère, volaille retirée de la cocotte.

Sauce qui tranche

Crème allégée ou ébullition trop forte. Utiliser une crème épaisse entière, réduire à ébullition douce et ne pas faire bouillir après avoir remis la volaille ; une cuillerée de crème froide fouettée hors du feu rattrape souvent la sauce.

Sauce trop acide

Vin pas assez réduit ou trop de citron. Réduire le vin de moitié avant de mouiller et ajouter le citron goutte à goutte, en goûtant.

Remplacer un ingrédient

  • Volaille de Bresse remplacé par Poulet fermier Label Rouge de 1,6 à 1,8 kg

    Chair un peu moins persillée et moins fine, mais excellent résultat en sauce ; même temps de cuisson.

  • Morilles séchées remplacé par 250 g de morilles fraîches au printemps, ou 300 g de champignons de Paris pour un poulet à la crème simple

    Les morilles fraîches donnent une sauce plus délicate, toujours à cuire au moins 20 minutes ; les champignons de Paris, un plat plus simple et bien moins coûteux.

  • Vin blanc sec remplacé par Vin jaune du Jura

    Version plus puissante, aux notes de noix et d’épices, cousine du poulet au vin jaune ; en mettre 150 ml seulement.

  • Vin blanc sec remplacé par Fond de volaille et 1 cuillerée à café de jus de citron

    Version sans alcool, adaptée aux enfants ; sauce un peu moins vive.

  • Crème fraîche épaisse remplacé par Crème liquide entière à 30 %

    Sauce plus longue à réduire et un peu moins onctueuse ; éviter les crèmes allégées, qui tranchent.

  • Riz pilaf remplacé par Pommes de terre vapeur, crêpes vonnassiennes ou pâtes fraîches

    Tous absorbent bien la sauce à la crème ; les crêpes vonnassiennes, petites crêpes de pomme de terre, sont l’accompagnement traditionnel de la région.

Variantes

Version express

En 50 minutes : utiliser 4 cuisses de poulet fermier et 200 g de champignons de Paris émincés à la place de la volaille entière et des morilles. Colorer les cuisses au beurre, ajouter échalotes et champignons, déglacer au vin blanc, mijoter 30 minutes à couvert, puis réduire la crème 8 minutes.

Compromis : sauce moins parfumée, sans le goût boisé des morilles ni la finesse du blanc de Bresse.

Version gastronomique

Choisir une poularde de Bresse, déglacer au vin jaune du Jura à la place du vin blanc et cuire 250 g de morilles fraîches de printemps, sautées à part au beurre puis mijotées 20 minutes dans la sauce. Lier la sauce hors du feu d’un jaune d’œuf et d’un trait de crème crue, la passer au chinois, et servir avec des crêpes vonnassiennes ou un riz pilaf au beurre de Bresse.

Finition : quelques pointes d’asperges vertes au beurre en saison.

Dressage et accords

Servir dans des assiettes creuses chaudes : un morceau de cuisse et un morceau de blanc par personne, nappés de sauce ivoire, quelques morilles posées dessus, et un dôme de riz pilaf moulé dans une petite tasse à côté. Pour un service à table, présenter la volaille dans la cocotte ou dans un plat creux, le riz à part, et napper chaque assiette d’une louche de sauce.

À boire, à servir avec

Vins : un blanc de chardonnay de Bourgogne, mâcon-villages, pouilly-fuissé ou meursault, dont la rondeur répond à la crème ; un blanc du Bugey, vin de l’Ain ; ou, pour la version au vin jaune, un vin jaune ou un savagnin du Jura. En rouge, un pinot noir léger peut convenir. Sans alcool : un jus de raisin blanc coupé d’eau pétillante, ou une eau pétillante au citron.

Anti-gaspillage

  • La carcasse, les bouts d’ailes et le cou donnent un fond de volaille : 1 heure de mijotage avec un oignon, une carotte et un bouquet garni.
  • Le reste de sauce aux morilles nappe des pâtes fraîches, des œufs cocotte ou des croûtes de pain grillé, à la façon d’une croûte aux morilles.
  • Les restes de volaille, effilochés et liés à la sauce, garnissent des vol-au-vent ou une tourte.
  • L’eau de trempage des morilles non utilisée, filtrée, parfume un risotto ou une soupe.

Questions fréquentes

Faut-il absolument un poulet de Bresse ?

Non : un poulet fermier Label Rouge de 1,6 à 1,8 kg donne un excellent résultat avec la même recette. La volaille de Bresse apporte une chair plus fine et plus persillée, mais la technique, la crème et les morilles font l’essentiel du plat.

Comment bien nettoyer les morilles ?

Après la réhydratation, les prélever à la main sans verser le bol, puis les rincer sous un filet d’eau froide en ouvrant légèrement les alvéoles du doigt. Filtrer l’eau de trempage à travers un filtre à café avant de l’utiliser dans la sauce.

Les morilles sont-elles dangereuses ?

Elles sont toxiques crues ou insuffisamment cuites : il faut toujours les cuire à cœur, au moins une vingtaine de minutes, et les consommer en quantité raisonnable. Dans cette recette, elles mijotent plus de 30 minutes avec la volaille.

Peut-on remplacer le vin blanc par du vin jaune ?

Oui, c’est une variante très appréciée, proche du poulet au vin jaune du Jura voisin. Le vin jaune étant puissant, en mettre 150 ml au lieu de 200 ml et le réduire de la même façon.

Ma sauce a tranché, que faire ?

Retirer la cocotte du feu et fouetter vivement une cuillerée de crème froide dans la sauce : elle redevient souvent lisse. Pour l’éviter, utiliser une crème épaisse entière et ne jamais faire bouillir la sauce une fois la volaille remise.

Peut-on préparer le poulet à la crème la veille ?

Oui : le laisser refroidir dans sa sauce, le réfrigérer dans les 2 heures, puis le réchauffer à feu doux et à couvert 10 à 12 minutes, avec un peu d’eau ou de fond. Préparer le riz pilaf au dernier moment.

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Classement et notes : Rankeat · mis à jour le 1 novembre 2026

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