Panettone maison au moule papier, une part coupéeImage générée par IA
Végétarien

Panettone maison à la levure, pousse lente sur une nuit

Le grand pain brioché de Noël de Milan fait à la maison : deux pâtons pétris à douze heures d’intervalle, beurre, jaunes, raisins secs, écorces d’orange et de citron confites, scarpatura en croix et refroidissement tête en bas. Pour un panettone de 1 kg.

Préparation
1 h 30
Cuisson
55 min
Total
7 h
Difficulté
Difficile
Coût estimé
7 – 11 €
soit ≈ 0,80 €/pers.
Portions
12 pers.

Le panettone est un grand classique de Noël, mais aussi l’un des gâteaux les plus exigeants à faire chez soi. Cette recette maison remplace le levain naturel des pâtissiers milanais par un peu de levure boulangère, tout en gardant l’essentiel de la méthode : un premier pâton qui lève toute la nuit, un second pâton enrichi de beurre, de jaunes d’œufs, de miel et d’agrumes, puis les raisins secs et les écorces confites.

Le reste tient à la patience : un apprêt au chaud jusqu’à ce que la pâte remplisse presque le moule, l’incision en croix, une cuisson contrôlée à cœur, et le geste le plus célèbre du panettone, le refroidissement tête en bas, suspendu à deux brochettes, pour que la mie très légère ne s’affaisse pas. Comptez deux jours, mais peu de travail effectif. En Italie, le nom « panettone » est réservé par la loi aux gâteaux levés au levain naturel : la version à la levure est une adaptation maison.

Fiche du plat
Panettone
Histoire, origine & variantes →
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Ingrédients

12 personnes

Préparation

  1. 1
    Délayer la levure

    Le soir, vers 20 h, émietter 5 g de levure boulangère fraîche dans les 85 ml d’eau tiède (25 à 30 °C) et mélanger jusqu’à dissolution complète. Avec de la levure sèche, compter 2 g et la laisser se réhydrater 10 minutes.

    Levure entièrement dissoute, sans grumeaux.
  2. 2
    Pétrir le premier pâton

    Dans la cuve du robot, crochet pétrisseur, mélanger 225 g de farine et l’eau levurée à vitesse lente jusqu’à obtenir une pâte ferme et lisse, 5 minutes environ. Ajouter les 55 g de sucre en deux fois, puis les 50 g de jaunes en trois fois, en attendant à chaque fois que la pâte redevienne lisse et se décolle des parois avant l’ajout suivant.

    La pâte est élastique, brillante, et se décolle des parois.
  3. 3
    Incorporer le beurre

    Ajouter 70 g de beurre mou, à consistance de pommade, en 3 ou 4 fois, en pétrissant à vitesse lente puis moyenne jusqu’à ce que chaque morceau soit absorbé. Faire le test du voile : un petit morceau de pâte étiré doucement entre les doigts doit devenir fin et translucide sans se déchirer.

    Test du voile réussi, pâte lisse et souple qui ne colle plus aux doigts.
  4. 4
    Pointage de nuit

    Bouler la pâte, la déposer dans un récipient haut et transparent légèrement beurré, marquer son niveau avec un trait ou un élastique, couvrir de film et laisser pousser toute la nuit, 12 heures environ, dans une pièce entre 20 et 22 °C, à l’abri des courants d’air. Ce pointage long développe les arômes et la mie filante. Le lendemain matin, la pâte doit avoir triplé ; sinon, la placer quelques heures de plus dans un endroit un peu plus chaud (26 °C).

    Le matin, la pâte a triplé de volume et sa surface est légèrement bombée.
  5. 5
    Préparer les fruits et les arômes
    • Miel 15 g
    • Orange 1
    • Citron 1
    • Vanille 1 gousse

    Le matin, couvrir les 150 g de raisins secs d’eau tiède 15 minutes, puis les égoutter et les sécher soigneusement dans un torchon. Couper les écorces d’orange et de citron confites en dés de 5 mm. Dans un petit bol, réunir le miel, les zestes finement râpés de l’orange et du citron et les graines de la gousse de vanille : c’est le mélange aromatique.

    Raisins gonflés mais parfaitement secs au toucher, écorces en petits dés réguliers.
  6. 6
    Rafraîchir le premier pâton

    Remettre le premier pâton dans la cuve du robot avec 125 g de farine et pétrir à vitesse lente 5 à 8 minutes, jusqu’à obtenir une pâte lisse, élastique, qui se décolle des parois. Si elle reste trop ferme, ajouter 1 ou 2 cuillères à soupe d’eau.

    Pâte homogène et élastique, sans traces de farine.
  7. 7
    Pétrir le second pâton
    • Sel 4 g

    Ajouter les 50 g de sucre en deux fois, puis les 60 g de jaunes en trois fois, en attendant toujours que la pâte redevienne lisse et se décolle des parois. Ajouter le sel avec le dernier jaune, puis le mélange miel, zestes et vanille.

    La pâte reste élastique et se décolle des parois après chaque ajout.
  8. 8
    Monter au beurre

    Ajouter les 90 g de beurre pommade en 4 fois, en pétrissant à vitesse moyenne jusqu’à absorption complète. Refaire le test du voile : la pâte doit être lisse, brillante, très élastique, et former un voile fin et translucide.

    Pâte brillante qui forme un voile fin et se décolle franchement de la cuve.
  9. 9
    Ajouter les fruits

    Ajouter les raisins secs et les dés d’écorces confites et pétrir 1 minute à vitesse minimale, ou les incorporer à la main en rabattant la pâte sur elle-même, juste le temps de les répartir.

    Fruits répartis dans toute la pâte, qui reste lisse et entière.
  10. 10
    Laisser détendre

    Déposer la pâte sur le plan de travail légèrement beurré, la couvrir d’un saladier retourné et la laisser se détendre 45 minutes entre 24 et 26 °C. La pâte se relâche et devient plus facile à façonner.

    La pâte est souple, un peu gonflée, et ne se rétracte plus quand on la touche.
  11. 11
    Bouler et mettre au moule

    Beurrer légèrement les mains et le plan de travail. Bouler la pâte en la faisant tourner sur elle-même entre les paumes, en la poussant vers soi pour tendre la surface : c’est la pirlatura. Répéter deux ou trois fois, à quelques minutes d’intervalle, jusqu’à obtenir une boule bien tendue. La déposer dans le moule en papier de 1 kg, posé sur une plaque.

    Une boule lisse et tendue, posée bien au centre du moule.
  12. 12
    Apprêt dans le moule

    Placer le moule dans le four éteint, lumière allumée, avec un bol d’eau chaude pour l’humidité, ou dans un endroit chaud entre 26 et 28 °C. Laisser lever jusqu’à ce que le sommet de la pâte arrive à 1 ou 2 cm sous le bord du moule : 3 heures à 4 h 30 selon la chaleur. Sortir le moule du four 30 minutes avant la fin pour le préchauffer.

    Le dôme de pâte affleure presque le bord du moule et frémit quand on le secoue doucement.
  13. 13
    Sécher la surface et préchauffer

    Laisser le moule découvert à température ambiante 15 à 20 minutes : la surface sèche légèrement et forme une fine peau qui se coupe plus nettement. Pendant ce temps, préchauffer le four à 170 °C en chaleur statique, grille placée dans le tiers inférieur.

    La surface est sèche au toucher et ne colle plus au doigt.
  14. 14
    Inciser en croix et beurrer

    Avec une lame très fine, inciser une croix peu profonde sur toute la largeur du dôme. Soulever délicatement les quatre pointes de pâte avec la lame pour les décoller sur 2 à 3 cm, déposer au centre une noix de 10 g de beurre froid, puis rabattre les pointes. C’est la scarpatura, qui donne au panettone sa couronne de croûte ouverte.

    Une croix nette, quatre pointes rabattues sur le beurre.
  15. 15
    Cuire le panettone

    Enfourner aussitôt et cuire 50 à 55 minutes à 170 °C sans ouvrir la porte pendant les 25 premières minutes. Si le dessus brunit trop vite, le couvrir d’une feuille d’aluminium. Vérifier la cuisson avec une sonde enfoncée par le côté jusqu’au centre : elle doit indiquer 92 à 94 °C. À défaut, une longue pique en bois doit ressortir sèche.

    Croûte brun doré, sonde à 92-94 °C au cœur.
  16. 16
    Embrocher et suspendre à l’envers

    Préparer avant la fin de la cuisson deux chaises ou deux grandes casseroles espacées. Dès la sortie du four, enfoncer deux longues brochettes métalliques ou deux aiguilles à tricoter de part en part, parallèles, à 2 cm du fond du moule. Retourner aussitôt le panettone et le suspendre tête en bas entre les deux supports, sans que le dôme touche quoi que ce soit.

    Le panettone pend à l’envers, bien d’aplomb, sans glisser sur les brochettes.
  17. 17
    Refroidir à l’envers

    Laisser le panettone suspendu à l’envers 8 à 12 heures, à l’abri des courants d’air : pendant ce temps, la vapeur s’échappe et la mie se stabilise. Le retourner seulement quand il est complètement froid, retirer les brochettes, puis l’enfermer dans un grand sac alimentaire fermé. Il est encore meilleur après 24 heures de repos.

    Panettone froid à cœur, dôme intact, qui garde sa forme une fois retourné.

Matériel

En images

Photos de la fiche Panettone

Avec vos appareils

Four traditionnel

170 °C en chaleur statique, grille dans le tiers inférieur, 50 à 55 minutes pour 1 kg. En chaleur tournante, baisser à 160 °C et contrôler à la sonde dès 45 minutes. Point d’attention : couvrir d’aluminium dès que le dessus est brun doré, et ne pas ouvrir la porte pendant les 25 premières minutes.

Robot pâtissier

Crochet pétrisseur, vitesse lente pour lancer la pâte puis moyenne pour développer le gluten ; ajouter sucre, jaunes et beurre en plusieurs fois. Point d’attention : contrôler la température de la pâte, qui chauffe avec la friction, et la mettre au frais quelques minutes si elle dépasse 26 °C.

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Thermomix

Premier pâton : eau et levure 1 min/37 °C/vitesse 2, puis farine, sucre et jaunes en mode pétrin 3 minutes, et le beurre en morceaux en 2 fois, 3 minutes de mode pétrin. Second pâton : farine en mode pétrin 2 minutes, puis sucre, jaunes, sel et arômes en plusieurs fois, et le beurre en 2 ou 3 fois. Point d’attention : la pâte chauffe vite dans le bol ; faire des pauses et incorporer les fruits à la main, hors du bol.

Astuces du chef

  • Choisir une farine de force riche en protéines : c’est elle qui supporte autant de beurre, de sucre et de fruits sans s’effondrer.
  • Surveiller la température de la pâte au thermomètre : entre 24 et 26 °C, le beurre reste lié ; au-delà, la pâte graisse. Mettre la cuve 10 minutes au réfrigérateur si elle chauffe.
  • Ajouter sucre, jaunes et beurre toujours en plusieurs fois, en attendant que la pâte se décolle des parois : c’est le secret d’une mie filante.
  • Un récipient transparent et un repère sur la paroi permettent de voir sans hésitation si la pâte a triplé.
  • Préparer les brochettes et les supports avant d’enfourner : le panettone doit être retourné dans la minute qui suit la sortie du four.
  • Attendre 24 heures avant de l’entamer : les arômes de beurre, d’agrumes et de vanille se fondent et la mie se coupe mieux.

Erreurs fréquentes

Pâte qui ne lève pas pendant la nuit

Pièce trop froide ou levure abîmée par une eau trop chaude : placer la pâte quelques heures vers 26 °C ; si rien ne bouge, recommencer avec une levure fraîche.

Pâte collante qui ne se tient plus

Sucre, jaunes ou beurre ajoutés trop vite, ou pâte trop chaude : refroidir la cuve 15 minutes au réfrigérateur, puis reprendre le pétrissage à vitesse lente.

Panettone affaissé ou creusé

Il n’a pas été suspendu à l’envers dès la sortie du four, ou il était trop levé : le retourner dans la minute et enfourner dès que le dôme atteint 1 à 2 cm du bord.

Mie dense et serrée

Pointage ou apprêt trop courts : attendre que le premier pâton triple et que le dôme approche du bord du moule, quitte à prolonger.

Fruits tombés au fond

Raisins mal séchés ou pâte trop molle : bien essuyer les raisins et vérifier le test du voile avant d’ajouter les fruits.

Cœur humide ou pâteux

Cuisson insuffisante : se fier à la sonde (92 à 94 °C à cœur) plutôt qu’à la couleur, en couvrant d’aluminium si le dessus brunit.

Remplacer un ingrédient

  • Levure boulangère remplacé par Lievito madre (levain ferme rafraîchi), environ 100 g

    C’est la méthode traditionnelle : mie plus filante, parfum plus complexe, meilleure conservation ; mais il faut entretenir un levain et rallonger les temps de pousse.

  • Farine de force remplacé par Farine T45 classique

    Possible, mais la pâte tient moins bien le beurre et les fruits : panettone plus bas et mie moins filante.

  • Écorces de citron confites remplacé par Cédrat confit

    Plus proche de la tradition milanaise, parfum d’agrume plus intense.

  • Raisins secs et écorces confites remplacé par Pépites de chocolat noir (150 g)

    Donne un panettone au chocolat, variante moderne très répandue ; garder éventuellement les écorces d’orange.

  • Miel remplacé par Même poids de sucre

    Un peu moins de moelleux et de parfum, sans autre conséquence.

  • Moule en papier remplacé par Moule à charlotte haut chemisé de papier cuisson dépassant de 8 cm

    Possible, mais le panettone ne peut pas être suspendu aussi facilement : le démouler tiède et le coucher sur le côté, en le tournant régulièrement.

Variantes

Version express

Faire les deux pâtons le même jour : 10 g de levure fraîche dans le premier pâton, pointage 2 h 30 à 3 heures à 28 °C jusqu’au triplement, puis la suite de la recette avec un apprêt de 2 h 30 environ.

Compromis : mie moins filante, parfum plus simple et panettone qui sèche plus vite ; à manger dans les 3 jours.

Version gastronomique

Remplacer la levure par 100 g de lievito madre (levain ferme) rafraîchi trois fois dans la journée, avec un premier pâton qui pousse 12 heures vers 24 °C, comme les pâtissiers milanais. Utiliser des écorces d’orange et de cédrat confites entières, coupées à la main, des raisins sultanines macérés une nuit dans un peu de moscato, et une vanille de Madagascar ou de Tahiti.

Finition : servir avec une crème au mascarpone légère et un zabaione tiède au marsala.

Dressage et accords

Présenter le panettone entier, dans son moule en papier, sur une planche, et le couper à table en parts verticales, du sommet vers la base, comme un gâteau : on garde ainsi dans chaque part un morceau de croûte et de mie filante.

Le servir à température ambiante, ou passé quelques minutes près d’une source de chaleur pour réveiller le parfum du beurre et des agrumes, avec une crème au mascarpone à part et un verre de moscato d’Asti ou de spumante.

À boire, à servir avec

Vins : un moscato d’Asti, peu alcoolisé et légèrement pétillant, un spumante ou un vin doux passito. Sans alcool : café, chocolat chaud ou thé noir.

Anti-gaspillage

  • Le panettone un peu rassis fait un pain perdu exceptionnel : tranches trempées dans un mélange d’œufs et de lait, dorées au beurre.
  • En dés, il remplace les biscuits d’un tiramisu ou se transforme en pudding au four avec du lait, des œufs et un peu de sucre.
  • Toasté en tranches fines, il accompagne une glace ou une crème au mascarpone.
  • Les blancs d’œufs restants servent pour des meringues, des macarons ou des financiers.
  • À Milan, on garde parfois le dernier morceau pour le 3 février, jour de la Saint-Blaise.

Questions fréquentes

Peut-on faire un panettone sans levain naturel ?

Oui, à la maison : un peu de levure boulangère et un pointage long sur une nuit donnent un très bon résultat. En Italie, la loi réserve toutefois le nom « panettone » aux gâteaux du commerce levés au levain naturel.

Pourquoi faut-il deux pâtons ?

Le premier pâton lève longuement et développe la force et les arômes de la pâte ; le second l’enrichit en sucre, jaunes, beurre et fruits. Tout mettre d’un coup donnerait une pâte trop lourde pour lever.

Pourquoi suspendre le panettone à l’envers ?

À la sortie du four, sa mie très riche et très aérée est encore fragile et humide : à l’endroit, elle s’affaisse sous son propre poids. Tête en bas, elle refroidit en gardant son dôme.

Combien de temps le laisser à l’envers ?

8 à 12 heures, jusqu’à ce qu’il soit froid à cœur. Le plus simple est de le suspendre l’après-midi et de le retourner le lendemain matin.

Faut-il un robot pâtissier ?

C’est très conseillé : la pâte doit être pétrie longtemps et recevoir beaucoup de beurre et de jaunes. À la main, c’est possible mais long, avec une pâte très collante.

Quand le préparer pour Noël ?

Deux à quatre jours avant : il se garde 5 à 7 jours dans un sac fermé et il est meilleur après 24 heures de repos.

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