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Linguine aux fruits de mer
Les linguine allo scoglio dans les règles : moules et palourdes ouvertes à couvert au vin blanc, jus filtré, crevettes et calamars saisis à feu vif, pâtes finies dans le jus avec ail, persil, piment et huile d’olive. Pour 4 personnes, version aux tomates cerises en variante.
Ces linguine aux fruits de mer suivent la version italienne dite allo scoglio, « du rocher » : des moules et des palourdes ouvertes à couvert au vin blanc, des crevettes et des calamars simplement saisis, et des pâtes finies dans le jus filtré des coquillages, avec de l’ail, de l’huile d’olive, du persil et une pointe de piment. C’est la version in bianco, sans tomate ni crème ; la variante aux tomates cerises, très courante, est indiquée à l’étape 9.
Le plat se joue en quelques minutes, une fois tout préparé. Trois gestes font la différence : trier les coquillages avant et après cuisson, filtrer leur jus pour en retirer le sable, et cuire chaque fruit de mer juste ce qu’il faut, pour qu’aucun ne devienne caoutchouteux. Les pâtes, retirées de l’eau 2 minutes avant la fin, terminent leur cuisson dans ce jus iodé, qui les parfume et se lie à leur amidon.
Comptez 30 minutes de préparation, 30 minutes de trempage des palourdes et une vingtaine de minutes de cuisson. Les coquillages s’achètent vivants le jour même ; un mélange de fruits de mer surgelés peut dépanner, avec un résultat moins parfumé.
Ingrédients
Quantités recalculées, aussi sous chaque étape. Les chiffres écrits dans le texte des étapes restent ceux de la recette d’origine, pour 4 personnes.
Préparation
- 1Faire dégorger les palourdes
- Palourdes 500 g
Dissoudre 30 g de gros sel dans 1 litre d’eau froide, y plonger les palourdes et les laisser 30 minutes au réfrigérateur : elles s’ouvrent légèrement et rejettent leur sable. Les sortir à la main ou à l’écumoire, sans verser l’eau sur elles, puis les rincer sous l’eau froide. Des palourdes vendues « dégorgées » demandent seulement un rinçage.
Du sable s’est déposé au fond du récipient ; les palourdes sont propres. - 2Trier et nettoyer les coquillages
- Moules 500 g
Examiner les coquillages un par un. Jeter toute coquille cassée ou fêlée, et tout coquillage entrouvert qui ne se referme pas dans la minute quand on le tapote contre le plan de travail : il est mort. Écarter aussi ceux qui sentent fort ou paraissent anormalement lourds (pleins de sable). Gratter les moules avec le dos d’un couteau, tirer le byssus vers la charnière, rincer rapidement à l’eau froide et égoutter, sans laisser tremper.
Uniquement des coquilles intactes, fermées ou qui se referment au toucher. - 3Préparer les calamars et les crevettes
- Crevette 300 g
- Calamar 300 g
Rincer les calamars, couper les tubes en anneaux d’un centimètre et les tentacules en deux ou trois. Décortiquer les crevettes en laissant le dernier anneau et la queue, inciser le dos et retirer le boyau noir avec la pointe du couteau. Éponger soigneusement calamars et crevettes dans du papier absorbant et les garder au réfrigérateur jusqu’à la cuisson.
Anneaux réguliers, crevettes propres et bien sèches. - 4Préparer les aromates et l’eau des pâtes
- Persil plat 1 bouquet
- Citron 1
Écraser 2 gousses d’ail avec le plat du couteau et émincer finement les 2 autres. Ciseler l’échalote. Séparer les tiges du persil des feuilles ; ciseler les feuilles et garder les tiges entières. Prélever le zeste du citron si on l’utilise. Porter 4 litres d’eau à ébullition dans un grand faitout et la saler avec 30 g de gros sel seulement.
Aromates prêts et eau à ébullition avant d’ouvrir les coquillages : tout va très vite ensuite. - 5Ouvrir les coquillages à couvert
- Huile d’olive 5 c. à soupe
Chauffer 2 cuillerées à soupe d’huile d’olive dans une large cocotte, y faire revenir 1 minute l’ail écrasé, l’échalote et les tiges de persil sans les colorer. Ajouter les moules et les palourdes, verser le vin blanc et couvrir aussitôt. Cuire à feu vif 3 à 5 minutes en secouant la cocotte deux fois. Retirer les coquillages à l’écumoire au fur et à mesure qu’ils s’ouvrent, pour qu’ils ne durcissent pas.
Coquilles grandes ouvertes, chair encore bombée et brillante. - 6Trier après cuisson et filtrer le jus
Jeter sans hésiter tout coquillage resté fermé après cuisson. Décoquiller environ la moitié des moules et des palourdes, en gardant les autres dans leur coquille pour la présentation, et réserver le tout dans un bol couvert. Filtrer le jus de cuisson à travers une passoire fine garnie de papier absorbant ou d’une étamine, en laissant le fond sableux dans la cocotte : on obtient 250 à 300 ml d’un jus clair et iodé.
Jus limpide, sans grain de sable au fond du bol. - 7Cuire les pâtes
Plonger les linguine dans l’eau bouillante, remuer pendant la première minute pour qu’elles ne collent pas, et compter 2 minutes de moins que le temps indiqué sur le paquet (par exemple 8 minutes pour 10) : elles finiront de cuire dans le jus des coquillages. Mettre une louche d’eau de cuisson de côté avant d’égoutter.
Pâtes encore fermes au centre, nettement al dente. - 8Saisir les calamars et les crevettes
Pendant que les pâtes cuisent, chauffer 1 cuillerée à soupe d’huile dans une grande sauteuse jusqu’à ce qu’elle soit très chaude. Y jeter les anneaux et les tentacules de calamar en une seule couche et les saisir 1 minute. Ajouter les crevettes et les cuire 1 à 2 minutes en les retournant, juste jusqu’à ce qu’elles soient roses et opaques à cœur. Poivrer et retirer aussitôt dans une assiette.
Calamars blancs et tendres, crevettes roses et opaques, légèrement dorées. - 9Préparer la sauce
- Piment en flocons 0,5 c. à café
- Tomate cerise 250 g
Baisser le feu, verser 1 cuillerée à soupe d’huile dans la sauteuse et y faire revenir l’ail émincé et le piment 30 secondes, sans les colorer. Verser le jus filtré des coquillages et le laisser frémir 2 minutes pour le réduire d’environ un tiers. Pour la version à la tomate, ajouter ici les tomates cerises coupées en deux et les cuire 4 à 5 minutes, jusqu’à ce qu’elles éclatent.
Jus parfumé, réduit d’un tiers environ. - 10Finir les pâtes dans le jus
Égoutter les linguine sans trop les secouer et les verser dans la sauteuse. Les faire sauter 2 minutes à feu vif en les remuant à la pince : elles absorbent le jus, finissent de cuire et libèrent leur amidon, qui lie la sauce. Ajouter un peu d’eau de cuisson réservée si elles semblent sèches.
Pâtes al dente, enrobées d’un jus légèrement nappant, sans liquide au fond. - 11Réunir les fruits de mer
- Poivre noir 4 tours de moulin
Retirer la sauteuse du feu. Ajouter les moules et les palourdes, avec et sans coquille, les calamars, les crevettes et leur jus, les feuilles de persil ciselées, la dernière cuillerée à soupe d’huile d’olive crue, le zeste de citron si on l’utilise et le poivre. Mélanger 30 secondes : la chaleur des pâtes suffit à réchauffer les fruits de mer. Goûter et ne saler qu’à la fin, si nécessaire.
Sauce brillante et liée, fruits de mer chauds mais tendres. - 12Servir aussitôt
Répartir les pâtes dans des assiettes creuses chaudes en les enroulant à la pince, disposer les coquillages en coquille et les crevettes sur le dessus, et napper avec le jus resté dans la sauteuse. Servir immédiatement, avec un bol vide pour les coquilles.
Pâtes chaudes et brillantes, garniture bien répartie dans chaque assiette.
Matériel
- Grand faitout de 5 litres pour les pâtes Acheter Cocotte sur Amazon (lien affilié)
- Large cocotte avec couvercle pour ouvrir les coquillages Acheter Cocotte sur Amazon (lien affilié)
- Grande sauteuse de 28 à 30 cm Acheter Sauteuse sur Amazon (lien affilié)
- Écumoire Acheter Écumoire sur Amazon (lien affilié)
- Passe-thé ou passoire fine et papier absorbant ou étamine Acheter Passoire sur Amazon (lien affilié)
- Passoire pour égoutter les pâtes Acheter Passoire sur Amazon (lien affilié)
- Pince de cuisine Acheter Pince de cuisine sur Amazon (lien affilié)
- Couteau d’office et planche à découper Acheter Couteau de cuisine sur Amazon (lien affilié)
- Saladier pour le trempage des palourdes Acheter Saladier sur Amazon (lien affilié)
- Râpe fine pour le zeste Acheter Râpe sur Amazon (lien affilié)
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Avec vos appareils
Plaque à induction
Parfumer l’huile à puissance moyenne, puis passer à puissance forte au moment d’ajouter les coquillages et le vin, couvercle fermé. Point d’attention : pour secouer la cocotte ou faire sauter les pâtes, la soulever à peine, car certaines plaques coupent la chauffe dès que le fond quitte le foyer.
Astuces du chef
- Faites revenir les têtes et les carapaces des crevettes 2 minutes dans l’huile avant d’y ouvrir les coquillages, puis retirez-les : le jus prend un goût de crustacé beaucoup plus profond.
- Gardez quelques moules et palourdes dans leur coquille : elles font la présentation et rappellent qu’il s’agit de coquillages frais.
- Le jus filtré est l’âme du plat : il remplace le sel, le bouillon et la crème.
- Ajoutez une cuillerée d’huile d’olive crue à la fin, hors du feu : elle émulsionne la sauce et apporte son fruité.
- Pas de fromage râpé : en Italie, il n’accompagne pas en principe les pâtes aux fruits de mer, dont il masquerait le goût iodé.
- Pour un plat plus généreux, ajoutez quelques langoustines ou des noix de Saint-Jacques, saisies comme les crevettes.
Erreurs fréquentes
Sable dans l’assiette
Les palourdes n’ont pas dégorgé ou le jus n’a pas été filtré : les faire tremper 30 minutes dans l’eau salée et filtrer le jus à travers un papier absorbant.
Calamars caoutchouteux
Ils ont cuit trop longtemps : une minute à feu vif suffit, puis les retirer et ne les remettre qu’au dernier moment, hors du feu.
Pâtes trop cuites
Elles ont fini de cuire dans l’eau puis dans la sauce : les égoutter 2 minutes avant le temps indiqué.
Plat trop salé
Le jus des coquillages est déjà salé : saler l’eau des pâtes moitié moins que d’habitude et ne rectifier qu’à la fin, en goûtant.
Sauce trop liquide
Le jus n’a pas réduit ou les pâtes n’ont pas sauté assez longtemps : les faire sauter 1 minute de plus à feu vif, avec un trait d’huile d’olive pour lier.
Pâtes sèches et collantes
Le jus a été trop réduit ou le plat a attendu : ajouter un peu d’eau de cuisson réservée et servir immédiatement.
Remplacer un ingrédient
-
Linguine remplacé par Spaghetti, spaghettoni, tagliatelles ou paccheri
Les spaghetti donnent un plat presque identique ; les tagliatelles aux œufs, plus tendres, appellent plutôt une sauce à la tomate ou à la crème ; les paccheri retiennent la sauce dans leur tube.
-
Palourdes remplacé par Coques, ou davantage de moules
Les coques sont plus petites et plus sableuses, à faire dégorger avec soin ; avec des moules seules, le jus est plus doux et moins salé.
-
Coquillages frais remplacé par Mélange de fruits de mer surgelé, décongelé au réfrigérateur et égoutté
Plus pratique et moins cher, mais sans le jus des coquillages : le plat est moins iodé. Compléter avec un peu de fumet de poisson.
-
Vin blanc remplacé par Même quantité de fumet de poisson allongé d’eau, avec un trait de jus de citron
Version sans alcool, un peu moins vive ; l’alcool du vin s’évapore en partie seulement pendant la cuisson courte.
-
Version in bianco remplacé par 250 g de tomates cerises coupées en deux, cuites dans le jus à l’étape 9
Version rossa très courante : sauce plus douce et colorée, un peu acidulée, qui couvre davantage le goût des coquillages.
Variantes
Version express
Avec 600 g de mélange de fruits de mer surgelé (moules décortiquées, calamars, crevettes), décongelé la veille au réfrigérateur et bien égoutté : faire revenir 2 gousses d’ail et le piment dans 3 cuillerées à soupe d’huile, ajouter les fruits de mer 2 minutes à feu vif, mouiller de 100 ml de vin blanc et réduire 2 minutes. Y faire sauter 360 g de linguine cuites al dente avec une louche d’eau de cuisson, puis ajouter du persil.
Compromis : sans le jus des coquillages frais, le plat est moins iodé ; les fruits de mer surgelés rendent souvent de l’eau et durcissent plus vite.
Version gastronomique
Ajouter aux coquillages des couteaux et des coques, remplacer les crevettes par des langoustines ou des gambas entières et finir avec quelques noix de Saint-Jacques snackées. Préparer un jus corsé en faisant rissoler les têtes de crustacés dans l’huile avec l’ail et un peu de concentré de tomate, déglacé au vin blanc et réduit avec le jus filtré des coquillages.
Finition : linguine tréfilées au bronze, huile d’olive vierge extra fruitée, zeste de citron et persil frais, servi en cocotte en fonte ou en papillote ouverte à table.
Dressage et accords
Enrouler les linguine à la pince dans des assiettes creuses chaudes, en formant un nid, puis disposer dessus les moules et les palourdes restées dans leur coquille, les crevettes et quelques anneaux de calamar. Napper du jus resté dans la sauteuse, parsemer de persil et finir d’un filet d’huile d’olive. Poser un bol vide pour les coquilles et, si l’on veut, du pain pour saucer.
À boire, à servir avec
Vins : un blanc italien vif et iodé, vermentino de Sardaigne ou de Ligurie, falanghina ou greco di Tufo de Campanie ; en France, un picpoul-de-pinet, un muscadet ou un cassis blanc. Pour la version à la tomate, un rosé sec de Provence. Sans alcool : eau pétillante citronnée.
Anti-gaspillage
- Les têtes et carapaces des crevettes se congèlent pour préparer plus tard un fumet ou une bisque.
- Le jus filtré en trop se congèle en glaçons et parfume un risotto ou une soupe de poisson.
- Les restes de fruits de mer décortiqués se mangent froids en salade, avec un filet d’huile d’olive et de citron, dans les 24 heures.
- Les tiges de persil restantes parfument un bouillon.
Questions fréquentes
Pourquoi filtrer le jus des coquillages ?
Parce qu’il contient presque toujours un peu de sable, même après le trempage. Filtré à travers une passoire fine garnie de papier absorbant, il devient un jus clair et très parfumé, qui sert de base à la sauce et remplace le sel et le bouillon.
Que faire des moules et des palourdes restées fermées ?
Les jeter. Un coquillage qui ne s’ouvre pas à la cuisson était probablement mort avant, ou abîmé : il ne faut pas le forcer. De même, avant cuisson, on écarte les coquilles cassées et celles qui restent ouvertes quand on les tapote.
Comment éviter que les calamars soient caoutchouteux ?
En les saisissant très peu : une minute à feu vif, dans une sauteuse très chaude, des anneaux bien épongés et en une seule couche. Ensuite, on ne les remet qu’à la fin, hors du feu. Au-delà de 2 minutes, le calamar durcit ; seule une cuisson longue et douce, en sauce, l’attendrit à nouveau.
Peut-on préparer les fruits de mer à l’avance ?
On peut nettoyer les coquillages, préparer les calamars et les crevettes et ciseler les aromates une ou deux heures avant, en gardant tout au réfrigérateur. Les coquillages s’ouvrent en revanche au dernier moment, juste avant de cuire les pâtes : réchauffés, ils durcissent.
Comment faire la version à la tomate ?
Ajouter 250 g de tomates cerises coupées en deux dans la sauteuse, juste après l’ail et le piment, puis verser le jus filtré et laisser cuire 4 à 5 minutes, jusqu’à ce qu’elles éclatent. On peut aussi utiliser 200 g de tomates pelées concassées, à réduire un peu plus longtemps.
Faut-il saler l’eau des pâtes ?
Oui, mais moitié moins que d’habitude, environ 7 à 8 g par litre, car le jus des coquillages est naturellement salé. On goûte le plat à la toute fin, et l’on rectifie seulement si nécessaire.
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