Rendang de bœuf maison dans sa cocotte avec citronnelle et combava, bols de riz blanc, concombre et sambalImage générée par IA
ProtéinéSans lactose

Rendang de bœuf au lait de coco

Le rendang minangkabau à la maison : cubes de paleron mijotés plus de trois heures dans le lait de coco et une pâte d’épices pilée, jusqu’à ce que la sauce s’évapore et caramélise autour de la viande. Pour 6 personnes, avec du riz blanc.

Préparation
40 min
Cuisson
3 h 30
Total
4 h 25
Difficulté
Moyenne
Coût estimé
24 – 33 €
soit ≈ 4,70 €/pers.
Portions
6 pers.

Le rendang est le grand plat de fête des Minangkabau de Sumatra occidental : du bœuf cuit très longuement dans du lait de coco avec une pâte d’épices (bumbu) de piments, d’échalotes, d’ail, de gingembre, de galanga et de curcuma, parfumée de citronnelle et de feuilles de combava. La sauce réduit peu à peu, l’huile de coco se sépare, puis la viande finit par frire doucement dans ce qui reste, jusqu’à devenir brun foncé.

Cette recette suit les trois stades du plat : une sauce encore liquide au début, le kalio, plus épais et nappant, au bout de deux heures environ, puis le rendang presque sec. Elle demande surtout de la patience et de la présence pendant la dernière heure, où il faut remuer souvent. Le rendang est encore meilleur réchauffé le lendemain.

Fiche du plat
Rendang
Histoire, origine & variantes →
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Ingrédients

6 personnes

Préparation

  1. 1
    Couper la viande
    • Paleron de bœuf 1200 g

    Couper le paleron en gros cubes de 4 à 5 cm, dans le sens contraire des fibres, en retirant les gros morceaux de nerf et de gras extérieur (garder les fines veines de gras qui fondront). Éponger soigneusement les cubes avec du papier absorbant.

    Des cubes réguliers d’au moins 4 cm de côté, secs en surface.
  2. 2
    Réhydrater les piments séchés
    • Eau 200 ml
    • Piment séché 6
    • Eau 600 ml

    Couper les piments séchés en deux, retirer une partie des graines pour moins de piquant, puis les couvrir d’eau très chaude 15 minutes. Les égoutter en jetant l’eau de trempage, souvent amère.

    Les piments sont souples et se plient sans casser.
  3. 3
    Torréfier la noix de coco
    • Noix de coco râpée 60 g

    Verser la noix de coco râpée dans une poêle sans matière grasse, à feu moyen-doux. Remuer sans arrêt à la spatule pendant 6 à 10 minutes : elle blondit d’abord par endroits, puis prend une couleur brun doré uniforme et une odeur de noisette grillée. La verser aussitôt dans le mortier.

    Couleur brun doré homogène, comme du pain grillé, sans points noirs.
  4. 4
    Piler le kerisik

    Piler la noix de coco encore chaude au mortier, en écrasant et en tournant, 5 minutes environ, jusqu’à ce qu’elle rende son huile et forme une pâte brune et grasse : c’est le kerisik. Un petit moulin à épices fonctionne aussi, par impulsions.

    La noix de coco s’agglomère en pâte et brille.
  5. 5
    Mixer la pâte d’épices
    • Lait de coco 800 ml
    • Échalote 8
    • Ail 6 gousses
    • Gingembre frais 30 g
    • Galanga 40 g
    • Curcuma 1 c. à café

    Couper grossièrement les piments frais, les échalotes, le gingembre et le galanga. Les mixer avec les piments réhydratés, l’ail et le curcuma, en ajoutant 3 à 4 cuillères à soupe de la crème épaisse du dessus des boîtes de lait de coco pour faciliter le mixage, jusqu’à obtenir une pâte très fine (le bumbu). Au mortier, piler d’abord les éléments les plus durs (galanga, gingembre), puis le reste.

    Pâte lisse et orangée, sans morceaux de galanga visibles.
  6. 6
    Cuire la pâte dans le lait de coco
    • Citronnelle 3 tiges
    • Feuilles de combava 6
    • Cannelle 1 bâton
    • Clou de girofle 3

    Dans la cocotte, verser le lait de coco, l’eau de rinçage des boîtes et la pâte d’épices. Ajouter la citronnelle nouée, les feuilles de combava (et la feuille de curcuma), le bâton de cannelle et les clous de girofle. Porter à frémissement à feu moyen en remuant régulièrement, puis cuire 15 minutes : la pâte perd son odeur crue et le lait de coco prend une couleur orangée.

    L’odeur d’échalote crue a disparu, remplacée par un parfum d’épices cuites.
  7. 7
    Ajouter la viande

    Ajouter les cubes de bœuf et bien les enrober de sauce. Laisser revenir à frémissement, sans couvercle : la viande doit être juste couverte de liquide. Ajouter un peu d’eau si ce n’est pas le cas.

    La viande est immergée, la sauce frémit doucement à la surface.
  8. 8
    Mijoter à découvert

    Laisser cuire à découvert à petits frémissements pendant 1 h 30, en remuant toutes les 15 minutes et en raclant bien le fond. La sauce réduit lentement et s’épaissit ; des gouttes d’huile commencent à apparaître à la surface.

    La sauce a réduit environ de moitié et commence à napper la viande.
  9. 9
    Atteindre le stade kalio
    • Tamarin 15 g
    • Sucre de palme 15 g
    • Sel 1,5 c. à café

    Quand la sauce est épaisse, brune-orangée et que l’huile de coco se sépare en surface, c’est le kalio. Ajouter le kerisik, le jus de tamarin filtré, le sucre de palme et le sel, bien mélanger, puis poursuivre la cuisson 30 minutes en remuant toutes les 5 minutes.

    Sauce épaisse et luisante, qui laisse un sillon quand on passe la spatule au fond.
  10. 10
    Cuire le riz
    • Riz jasmin 400 g

    Pendant la réduction, rincer le riz jasmin dans une passoire jusqu’à ce que l’eau soit claire. Le mettre dans une casserole avec 600 ml d’eau froide, porter à ébullition, couvrir et cuire 12 minutes à feu très doux, puis laisser gonfler 10 minutes hors du feu sans ouvrir.

    Grains tendres et détachés, plus d’eau au fond de la casserole.
  11. 11
    Réduire jusqu’au rendang

    Baisser le feu au minimum. La sauce n’est plus qu’une pâte épaisse dans laquelle la viande frit doucement dans l’huile de coco libérée. Remuer presque sans arrêt pendant environ 1 heure, en retournant les morceaux délicatement pour ne pas les briser, jusqu’à ce que la pâte soit brun foncé et enrobe la viande. S’arrêter plus tôt pour un rendang plus moelleux, encore un peu nappé.

    Plus de sauce liquide : une pâte brun foncé, presque chocolat, colle aux morceaux de viande, et le fond de la cocotte reste propre quand on y passe la spatule.
  12. 12
    Vérifier la viande et l’assaisonnement

    Goûter un morceau : il doit se couper à la cuillère tout en gardant sa forme. Rectifier le sel si besoin. Retirer les tiges de citronnelle, le bâton de cannelle et les grandes feuilles ; les petits morceaux de combava peuvent rester.

    Viande tendre, sauce salée, piquante et légèrement acidulée.
  13. 13
    Laisser reposer

    Couvrir la cocotte hors du feu et laisser reposer 15 minutes : la viande se détend et les arômes se fondent. Si vous préparez le rendang à l’avance, le laisser refroidir puis le garder au réfrigérateur : il sera encore meilleur le lendemain.

    Le rendang est chaud mais ne grésille plus.
  14. 14
    Servir

    Égrainer le riz à la fourchette. Servir le rendang à côté du riz, en raclant la pâte d’épices de la cocotte pour en mettre un peu sur chaque portion. Accompagner de rondelles de concombre ou de légumes verts blanchis pour la fraîcheur.

    Chaque assiette a de la viande, de la pâte d’épices et du riz.

Matériel

En images

Photos de la fiche Rendang

Avec vos appareils

Cocotte

La méthode de référence : une cocotte en fonte à fond épais, à découvert, sur feu moyen puis doux, 3 h 30 environ. Point d’attention : remuer presque sans arrêt pendant la dernière heure.

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Cookeo

Mode dorer : cuire la pâte dans le lait de coco 10 minutes. Ajouter la viande, puis cuisson sous pression 35 minutes. Ouvrir, repasser en mode dorer sans couvercle, ajouter le kerisik et l’assaisonnement, et réduire 30 à 40 minutes en remuant. Point d’attention : le fond de cuve attache vite en fin de réduction, remuer sans arrêt.

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Thermomix

Utiliser le robot pour la pâte d’épices : aromates coupés en morceaux avec 4 cuillères à soupe de lait de coco, 20 secondes/vitesse 8, racler, puis 10 secondes/vitesse 8. La longue réduction se fait ensuite en cocotte. Point d’attention : le bol est trop petit et trop fermé pour faire évaporer correctement le rendang.

Wok

Un wok profond à fond épais (comme le kuali des cuisines indonésiennes) convient très bien à la phase finale : la grande surface accélère l’évaporation. Point d’attention : sur un wok fin, baisser le feu au minimum et remuer sans arrêt.

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Astuces du chef

  • Choisir une viande à mijoter un peu gélatineuse (paleron, gîte, macreuse) : un morceau maigre à griller devient sec et fibreux.
  • Une cocotte en fonte à fond épais limite les risques d’attacher pendant la dernière heure.
  • Le kerisik épaissit le rendang et lui donne son goût grillé ; on en trouve aussi en pot dans les épiceries asiatiques.
  • Le rendang se prépare idéalement la veille : réchauffé, il est plus parfumé.
  • Pour un plat moins piquant, garder la même quantité de piments frais mais épépinés et supprimer les piments séchés : la couleur reste belle.
  • Les feuilles de curcuma (daun kunyit) sont typiques du rendang de Sumatra ; on en trouve parfois, fraîches ou surgelées, dans les épiceries asiatiques.

Erreurs fréquentes

Rendang qui attache au fond

Feu trop fort ou pas assez remué en fin de cuisson : baisser au minimum, remuer presque sans arrêt et utiliser une cocotte à fond épais. Ne pas racler la partie brûlée, transvaser dans une autre cocotte.

Viande dure

Morceau trop maigre ou cuisson trop courte : ajouter quelques cuillères d’eau et poursuivre à feu très doux jusqu’à ce que la viande se coupe à la cuillère.

Viande qui s’effiloche

Cubes trop petits ou remués trop vigoureusement : couper en morceaux de 4 à 5 cm et les retourner délicatement à la spatule.

Sauce qui ne réduit pas

Couvercle posé ou feu trop doux pendant la première phase : cuire à découvert, à vrais petits frémissements.

Goût amer

Noix de coco trop torréfiée, épices brûlées ou eau de trempage des piments utilisée : refaire le kerisik et toujours jeter l’eau de trempage.

Trop piquant

Servir avec plus de riz et du concombre ; la prochaine fois, épépiner les piments frais et supprimer les piments séchés.

Remplacer un ingrédient

  • Paleron de bœuf remplacé par Gîte, macreuse ou joue de bœuf

    Même usage ; la joue donne une texture encore plus fondante. Avec du poulet (rendang ayam), cuire seulement 1 heure à 1 h 15.

  • Galanga remplacé par 20 g de gingembre frais supplémentaires

    Goût moins résineux et moins citronné, mais le plat reste équilibré.

  • Feuilles de combava remplacé par Zeste d’1 citron vert

    Parfum agrume plus discret ; ajouter le zeste au stade kalio plutôt qu’au début.

  • Noix de coco râpée (kerisik) remplacé par Kerisik en pot, ou rien

    Sans kerisik, sauce moins épaisse et moins grillée : prolonger un peu la réduction.

  • Tamarin remplacé par Jus d’un demi-citron vert

    Acidité plus vive et moins fruitée, sans la note de pruneau du tamarin ; l’ajouter en toute fin de cuisson.

  • Piments séchés remplacé par 1 c. à café de piment du Cachemire ou de paprika doux

    Belle couleur rouge pour beaucoup moins de piquant ; l’ajouter à la pâte d’épices au moment du mixage.

Variantes

Version express

Utiliser une pâte de rendang du commerce (en sachet ou en pot) délayée dans le lait de coco, et cuire la viande 40 minutes à l’autocuiseur avant de réduire la sauce 30 minutes à découvert en remuant.

Compromis : goût plus uniforme et moins frais, viande moins caramélisée.

Version gastronomique

Remplacer le lait de coco en boîte par du lait de coco frais pressé à partir de noix râpées, et griller les piments séchés à sec avant de les réhydrater. Ajouter des feuilles de curcuma fraîches, un morceau d’asam kandis à la place du tamarin, et prolonger la réduction jusqu’au rendang tout à fait sec, comme pour les fêtes minangkabau.

Finition : servir avec du riz blanc et des ketupat (gâteaux de riz cuits en feuilles de palmier).

Dressage et accords

Servir le rendang dans un plat creux ou directement à côté d’un dôme de riz jasmin, avec la pâte d’épices brune bien raclée sur la viande. Ajouter quelques rondelles de concombre et, si on aime, un peu de sambal à part. À la manière des restaurants de Padang, on peut aussi le présenter parmi plusieurs petits plats posés au centre de la table.

À boire, à servir avec

Sans alcool : thé glacé peu sucré, eau citronnée, jus de citron vert allongé d’eau pétillante, ou lassi nature pour calmer le piquant. Vins : un gewurztraminer d’Alsace demi-sec, dont le fruit tient tête aux épices, ou un rouge souple et peu tannique comme un beaujolais-villages servi frais.

Anti-gaspillage

  • La pâte d’épices restée au fond de la cocotte parfume un riz sauté le lendemain, à la manière d’un nasi goreng.
  • Les restes de rendang effiloché garnissent des sandwichs, des crêpes ou des empanadas.
  • Le lait de coco restant d’une boîte entamée se congèle en bac à glaçons.
  • Les tiges de citronnelle et les feuilles de combava restantes se congèlent telles quelles.

Questions fréquentes

Quelle viande choisir pour un rendang ?

Un morceau de bœuf à mijoter, un peu gras et gélatineux : paleron, gîte, macreuse ou joue. Les morceaux à griller, trop maigres, deviennent secs après plusieurs heures.

Quelle différence entre rendang et kalio ?

C’est le même plat à deux stades de cuisson : le kalio est arrêté quand la sauce est encore épaisse et nappante, le rendang est poursuivi jusqu’à ce qu’elle soit presque entièrement évaporée.

Le rendang est-il très piquant ?

Il est relevé, mais sa force dépend des piments. Épépiner les piments frais et supprimer les piments séchés donne une version nettement plus douce, toujours bien colorée.

Peut-on faire un rendang sans galanga ni combava ?

Oui : remplacer le galanga par un peu plus de gingembre et le combava par un zeste de citron vert. Le goût sera moins typé mais reconnaissable.

Peut-on le préparer à l’avance ?

C’est même conseillé : préparé la veille et réchauffé doucement, le rendang est plus parfumé. Il se garde 4 jours au réfrigérateur.

Avec quoi servir le rendang ?

Avec du riz blanc, traditionnellement, ou des ketupat (gâteaux de riz) pendant les fêtes. Du concombre ou des légumes verts blanchis apportent de la fraîcheur.

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