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Croissant
Pâte levée, beurre et patience : la viennoiserie du petit-déjeuner à la française.
Croissant : qu’est-ce que c’est ?
Le croissant est une viennoiserie en forme de corne, faite d’une pâte levée feuilletée : une pâte à la levure de boulanger, enrichie de lait et de sucre, dans laquelle on enferme une plaque de beurre avant de la plier plusieurs fois. Au four, l’eau du beurre se change en vapeur et soulève les couches, pendant que la levure fait gonfler la pâte.
Un bon croissant se reconnaît à sa croûte dorée qui s’effeuille sous les doigts et à sa mie en nid d’abeille, souple, au parfum de beurre. En boulangerie, on distingue le croissant au beurre, fait exclusivement au beurre, du croissant dit ordinaire, préparé avec d’autres matières grasses ; par une convention répandue, le premier est façonné droit et le second en arc.
Né d’un petit pain viennois en croissant, le kipferl, et devenu feuilleté en France, il est le symbole du petit-déjeuner à la française, nature ou trempé dans un café au lait. Il partage sa pâte avec le pain au chocolat et se décline en croissant aux amandes ou au jambon.
Histoire & origine
Les pains et gâteaux en forme de croissant existent depuis longtemps en Europe centrale. En Autriche, le kipferl, petit pain en forme de corne, est connu depuis le Moyen Âge ; c’est alors une pâte de pain ou une pâte briochée, sans feuilletage. On le trouve encore dans les boulangeries viennoises, et son nom a donné celui des Vanillekipferl, petits biscuits de Noël à la vanille.
Deux légendes tenaces entourent sa naissance. La première la situe à Vienne en 1683, pendant le siège de la ville par l’armée ottomane : des boulangers, au travail la nuit, auraient entendu les assiégeants creuser des galeries et donné l’alerte, puis façonné un pain en forme de croissant, emblème associé à l’Empire ottoman, pour fêter la victoire. La seconde attribue son arrivée en France à Marie-Antoinette, archiduchesse d’Autriche mariée en 1770 au futur Louis XVI, qui aurait réclamé les pains de son enfance. Aucun document d’époque n’étaye ces récits, que les historiens de l’alimentation tiennent pour des légendes.
La piste la mieux documentée mène à Paris au XIXe siècle. Vers 1838-1839, un ancien officier autrichien, August Zang, ouvre rue de Richelieu une boulangerie viennoise qui vend des pains et des kipferl préparés à la manière de Vienne. Leur succès pousse les boulangers parisiens à les imiter, et l’on finit par appeler ces produits des viennoiseries. Le mot « croissant » pour désigner ce petit pain apparaît dans les textes français vers le milieu du siècle.
Ce croissant n’est pas encore feuilleté. C’est en France, en appliquant au pain viennois la technique du tourage déjà employée pour la pâte feuilletée, que les boulangers mettent au point la pâte levée feuilletée. Les premières recettes de croissants feuilletés paraissent au début du XXe siècle, et le croissant au beurre devient peu à peu un pilier des boulangeries françaises.
Au cours du XXe siècle, il s’impose au petit-déjeuner des familles, des cafés et des hôtels, puis voyage dans le monde entier : cornetto en Italie, souvent plus brioché et parfois fourré, croissant dans la plupart des langues. En France, les concours du meilleur croissant au beurre organisés par la profession entretiennent l’exigence de ce classique, l’une des viennoiseries les plus vendues en boulangerie.
Le mot « viennoiserie » rappelle l’origine viennoise des pains briochés et feuilletés vendus en boulangerie. Le feuilletage d’un croissant vient du beurre : enfermé dans la pâte puis plié, il forme de fines couches que la vapeur sépare à la cuisson. Avec un tour double et un tour simple, la pâte compte douze couches de beurre : assez pour feuilleter, sans empêcher la mie de s’alvéoler. Le croissant aux amandes est une recette anti-gaspillage, faite avec des croissants de la veille. En Autriche, le kipferl existe toujours, en petit pain ou en biscuit à la vanille servi à Noël.
Composition traditionnelle
Une détrempe levée à la levure de boulanger, un beurre de tourage et une dorure à l’œuf.
1
Farine de blé
T45, idéalement de gruau, riche en protéines pour une pâte élastique Voir la fiche →
5
Beurre de tourage
environ la moitié du poids de farine, enfermé puis plié Voir la fiche →
Croissants pur beurre maison
Des croissants pur beurre comme en boulangerie, avec une détrempe reposée au froid, un beurre de tourage plié en un tour double et un tour simple, un façonnage soigné et une pousse lente pour une mie en nid d’abeille.
- Temps total
- 8 h 13
- Difficulté
- Difficile
- Portions
- 16 pers.
- Coût / pers.
- ≈ 0,30 €
Le matériel pour réussir la croissant
Ustensiles utilisés dans la recette Croissants pur beurre maison.
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- Balance de précision au gramme, pour la levure et le sel Acheter Balance de cuisine sur Amazon (lien affilié)
- Rouleau à pâtisserie lourd, de préférence sans poignées Acheter Rouleau à pâtisserie sur Amazon (lien affilié)
- Règle graduée de 50 cm ou mètre ruban
- Papier cuisson pour façonner la plaque de beurre Acheter Plaque de four sur Amazon (lien affilié)
- Film alimentaire
- Roulette à pizza ou grand couteau bien aiguisé Acheter Roulette à pizza sur Amazon (lien affilié)
- Brosse à farine (ou pinceau sec) Acheter Pinceau de cuisine sur Amazon (lien affilié)
- Deux plaques de cuisson de 30 × 40 cm
- Pinceau de cuisine pour la dorure Acheter Pinceau de cuisine sur Amazon (lien affilié)
- Thermomètre de cuisine, pour contrôler la pâte et la pousse Acheter Thermomètre de cuisine sur Amazon (lien affilié)
- Grille de refroidissement Acheter Grille sur Amazon (lien affilié)
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Conseils de réussite
- Travailler une pâte et un beurre de même consistance, froids mais souples.
- Laisser la détrempe reposer une nuit au froid pour développer le goût.
- Ne jamais dépasser 26 °C pendant la pousse, sinon le beurre fond.
- Rouler les triangles sans les écraser pour préserver les couches.
- Dorer délicatement, sans napper les tranches du feuilletage.
- Cuire jusqu’à une couleur brun doré franche : un croissant pâle reste mou.
Erreurs fréquentes
- Beurre qui casse dans la pâte Trop froid, il se brise en morceaux et le feuilletage devient irrégulier.
- Beurre qui fond Pâte ou pousse trop chaude : le beurre s’échappe et le croissant devient lourd.
- Pousse insuffisante Croissants denses, à la mie serrée, qui perdent leur beurre au four.
- Pâte trop pétrie Elle se rétracte à l’abaisse et les croissants se déforment.
Variantes
Préparé exclusivement au beurre, souvent façonné droit en boulangerie.
Fait avec d’autres matières grasses, traditionnellement façonné en arc de cercle.
Croissant de la veille imbibé de sirop, garni de crème d’amande et recuit avec des amandes effilées.
Garni de jambon et de béchamel ou de fromage, servi chaud en en-cas salé.
Beurre remplacé par une matière grasse végétale de tourage et lait par une boisson végétale ; goût différent.
Adaptations par appareil
Seuls les appareils réellement pertinents pour ce plat sont affichés.
Comparaisons utiles
Conserver et réchauffer
- Le jour même, à température ambiante, dans un sac en papier.
- Le lendemain, le repasser quelques minutes au four pour retrouver le croustillant.
- Au-delà, le transformer en croissant aux amandes ou en pain perdu.
- RéchauffageQuelques minutes au four chaud, jamais au micro-ondes qui ramollit la croûte.
- CongélationCrus et façonnés, ou déjà cuits : 1 mois au congélateur. Les croissants crus se décongèlent une nuit au réfrigérateur avant la pousse ; les cuits se réchauffent directement au four.
Croissant à Paris : les meilleures adresses
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Bistrot Instinct
4,88/5
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Brasserie Casel
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Arty Caffé
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Neonato
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Repères, techniques, histoire et vocabulaire pour tout savoir sur croissant.
À quoi reconnaître un plat réussi ?
- Couleur brun doré soutenue, brillante grâce à la dorure.
- Feuillets nets sur les côtés, qui s’effeuillent sous les doigts.
- Mie alvéolée en nid d’abeille, souple et légèrement filante.
- Volume généreux et grande légèreté pour son poids.
- Parfum de beurre frais, sans note rance.
- Dessous coloré et sec, jamais imbibé de gras.
Techniques
Pâte levée de base, pétrie juste assez pour rester souple et peu élastique.
Enfermer le beurre puis plier la pâte en tours double et simple pour créer les couches.
Repos prolongé de la détrempe au réfrigérateur, qui développe les arômes.
Rouler un triangle de pâte de la base vers la pointe, sans serrer.
Pousse finale à 25-26 °C au plus, pour que le beurre reste dans la pâte.
Alternatives
Même pâte, façonnée autour de deux barres de chocolat.
Cousin italien, souvent plus brioché et parfois fourré.
Croissant rassis imbibé et garni de crème d’amande.
Pâte levée feuilletée au beurre et au sucre, caramélisée.
Chronologie
Service & accords
Le croissant se mange le jour de sa cuisson, idéalement tiède, une vingtaine de minutes après la sortie du four, quand la mie a fini de prendre. On le présente nature, dans une corbeille, avec le reste du petit-déjeuner.
À la française : beaucoup le trempent dans le café au lait ou le chocolat chaud ; d’autres le tartinent de beurre ou de confiture, une habitude discutée chez les puristes, pour qui un bon croissant se suffit à lui-même.
Au café : il accompagne l’express ou le café crème au comptoir et figure dans la plupart des formules petit-déjeuner des cafés et des hôtels.
Boissons chaudes : café crème, café au lait ou chocolat chaud, les classiques du petit-déjeuner.
Thés : un thé noir de Ceylan, ou un Earl Grey dont la bergamote répond au beurre.
Brunch : un jus d’orange pressé ou, pour une table de fête, une coupe de crémant brut avec un croissant aux amandes.
Anecdotes
- August Zang, souvent présenté comme le père de la viennoiserie parisienne, est ensuite rentré à Vienne, où il a fondé le quotidien Die Presse.
- Le mot croissant est passé tel quel dans de nombreuses langues, de l’anglais au japonais.
- Dans les pays anglo-saxons, le croissant est souvent ouvert en deux et garni comme un sandwich, un usage presque inconnu en France en dehors du croissant au jambon.
Lexique
- Détrempe
- Pâte de base (farine, liquide, sel, sucre, levure) avant l’ajout du beurre de tourage.
- Tourage
- Opération qui consiste à enfermer le beurre dans la détrempe, puis à l’abaisser et à la plier plusieurs fois.
- Tour simple
- Pliage de la pâte en trois, comme une lettre.
- Tour double
- Pliage en quatre, dit en portefeuille : les deux extrémités vers le centre, puis en deux.
- Apprêt
- Dernière pousse des pièces façonnées, juste avant la cuisson.
- Viennoiserie
- Famille de produits de boulangerie à pâte levée enrichie ou feuilletée, d’origine viennoise.
Questions fréquentes
Quelle est l’origine du croissant ?
Le croissant descend du kipferl, un petit pain autrichien en forme de corne connu depuis le Moyen Âge. Il a été popularisé à Paris au XIXe siècle, notamment par la boulangerie viennoise d’August Zang, ouverte vers 1838-1839. Le croissant feuilleté au beurre, tel qu’on le connaît aujourd’hui, est en revanche une mise au point française du début du XXe siècle.
Le croissant a-t-il été inventé pendant le siège de Vienne ?
C’est une légende. Selon ce récit, des boulangers viennois auraient façonné un pain en forme de croissant pour célébrer la levée du siège ottoman en 1683. Aucune source de l’époque ne le confirme, pas plus que l’histoire de Marie-Antoinette apportant le croissant en France. Ces anecdotes ont été popularisées bien plus tard.
Quelle différence entre un croissant au beurre et un croissant ordinaire ?
Le croissant au beurre, ou pur beurre, n’utilise que du beurre comme matière grasse. Le croissant ordinaire contient d’autres graisses, souvent de la margarine, moins chère. Dans de nombreuses boulangeries, une convention permet de les distinguer : le croissant au beurre est façonné droit, l’ordinaire en arc de cercle. C’est une habitude du métier, pas une obligation légale.
Pourquoi appelle-t-on le croissant une viennoiserie ?
Parce que ces produits viennent de la boulangerie viennoise : au XIXe siècle, les pains et les kipferl préparés à la manière de Vienne ont connu un grand succès à Paris. Le terme désigne aujourd’hui les produits de boulangerie à pâte levée enrichie ou feuilletée, comme le croissant, le pain au chocolat ou la brioche.
Comment reconnaître un bon croissant ?
Il doit être brun doré, brillant et bien développé, avec des couches visibles sur les côtés. Sous les doigts, la croûte s’effeuille en fines lamelles. À l’intérieur, la mie forme des alvéoles régulières en nid d’abeille, souples et non pâteuses. Le goût de beurre est net, jamais rance, et le croissant ne laisse pas de sensation grasse en bouche.
D’où vient le croissant aux amandes ?
C’est une astuce de boulanger pour ne pas jeter les invendus : les croissants de la veille sont tranchés, imbibés d’un sirop, garnis de crème d’amande, recouverts d’amandes effilées puis repassés au four. Le croissant rassis retrouve ainsi du moelleux et devient une pâtisserie à part entière, souvent plus chère que l’original.
Combien de calories contient un croissant ?
Un croissant au beurre apporte environ 400 à 430 kcal pour 100 g, soit autour de 250 à 290 kcal pour un croissant de taille moyenne. L’essentiel de l’énergie vient du beurre et de la farine. C’est une viennoiserie à savourer de temps en temps, plutôt au petit-déjeuner ou au goûter qu’en grignotage.