Deux jambonneaux glacés au miel et à la moutarde dans un plat en fonte, couenne laquée quadrillée, pommes de terre rôties et jus de cuissonImage générée par IA
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Jambonneau glacé au miel et à la moutarde

Deux jarrets de porc demi-sel dessalés, pochés 2 h 30 dans un bouillon au genièvre, puis rôtis et laqués au miel et aux deux moutardes, avec des pommes de terre dorées dans le jus : le jambonneau de brasserie, à la maison.

Préparation
25 min
Cuisson
3 h 15
Total
3 h 50
Difficulté
Facile
Coût estimé
18 – 25 €
soit ≈ 5,40 €/pers.
Portions
4 pers.

Ce jambonneau glacé au miel suit la méthode la plus répandue en brasserie : un jarret de porc demi-sel d’abord dessalé, puis poché longuement à petits frémissements dans un bouillon aromatique, jusqu’à ce que la chair se détache presque de l’os, avant d’être rôti au four et badigeonné, couche après couche, d’un glaçage au miel, à la moutarde de Dijon et à la moutarde à l’ancienne. Les pommes de terre cuisent dans le même bouillon, puis dorent dans le plat autour des jarrets.

La double cuisson a une raison : le pochage attendrit les tissus riches en collagène et retire l’excès de sel, le four colore et laque la couenne. Le résultat est une viande fondante sous une surface brillante, sucrée-salée, relevée par la moutarde. La variante braisée à la bière, à partir d’un jarret frais, est expliquée dans les FAQ et les substitutions ; pour une couenne craquante à l’allemande, c’est une autre recette, celle de la Schweinshaxe rôtie à cru.

Comptez 3 h 50 pour 4 personnes, dont 50 minutes de travail seulement, sans compter le dessalage du demi-sel, de 2 à 6 heures selon le salage, à prévoir le matin ou la veille. Le jarret patiente sans dommage dans son bouillon : on peut le pocher à l’avance et ne faire que le glaçage au moment du repas.

Fiche du plat
Jambonneau (jarret de porc)
Histoire, origine & variantes →
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Ingrédients

4 personnes

Préparation

  1. 1
    Dessaler les jarrets
    • Jarret de porc 2400 g
    • Eau 5 l

    Rincer les jarrets sous l’eau froide, puis les immerger entièrement dans un grand récipient d’eau froide, au réfrigérateur. Compter 2 à 6 heures selon le salage, en changeant l’eau une ou deux fois ; un jarret très salé peut demander davantage, d’où l’intérêt de demander conseil au charcutier. Ce temps n’est pas compté dans la durée totale de la recette.

    Les jarrets ont trempé le temps conseillé, l’eau a été renouvelée.
  2. 2
    Blanchir les jarrets

    Placer les jarrets égouttés dans le faitout, couvrir largement d’eau froide et porter doucement à frémissement. Laisser frémir 5 minutes en retirant l’écume grise qui monte, puis jeter l’eau, rincer les jarrets à l’eau froide et rincer le faitout. Ce blanchiment retire une partie du sel restant et les impuretés, pour un bouillon plus clair.

    Jarrets rincés, sans traces d’écume, faitout propre.
  3. 3
    Préparer la garniture aromatique
    • Oignon jaune 1
    • Clou de girofle 3
    • Carotte 3
    • Poireau 1
    • Céleri-branche 1 branche
    • Ail 2 gousses
    • Baie de genièvre 6 baies

    Peler l’oignon et le piquer des trois clous de girofle. Peler les carottes et les couper en deux, couper la branche de céleri en tronçons, laver et ficeler le vert de poireau. Écraser les gousses d’ail avec leur peau et les baies de genièvre du plat d’un couteau.

    Légumes en gros morceaux, qui tiendront 2 h 30 sans se défaire.
  4. 4
    Lancer le pochage
    • Laurier-sauce 2 feuilles
    • Thym 3 brins

    Remettre les jarrets dans le faitout avec l’oignon piqué, les carottes, le poireau, le céleri, l’ail, le laurier, le thym, le genièvre et le poivre en grains. Couvrir d’eau froide non salée jusqu’à dépasser la viande de 3 cm environ. Porter doucement à frémissement à feu moyen en retirant l’écume à l’écumoire pendant les 10 premières minutes.

    Bouillon clair, à peine agité de quelques bulles, écume retirée.
  5. 5
    Pocher à petits frémissements

    Baisser le feu pour que le bouillon frémisse à peine, quelques bulles éclatant à la surface, et poser le couvercle en le laissant entrouvert. Laisser cuire 2 h 15 environ, soit 2 h 30 de pochage depuis la mise sur le feu, en retournant les jarrets une fois à mi-cuisson et en ajoutant de l’eau chaude si la viande se découvre.

    La viande reste immergée, le bouillon ne bout jamais à gros bouillons.
  6. 6
    Préparer le glaçage
    • Moutarde de Dijon 2 c. à soupe
    • Moutarde à l’ancienne 1 c. à soupe
    • Vinaigre de cidre 1 c. à soupe

    Pendant le pochage, mélanger au fouet dans un petit bol le miel, la moutarde de Dijon, la moutarde à l’ancienne, le vinaigre de cidre et quatre tours de poivre. Si le miel est épais, le tiédir quelques secondes. Le glaçage sera détendu plus tard avec un peu de bouillon.

    Glaçage lisse et homogène, qui nappe la cuillère.
  7. 7
    Cuire les pommes de terre dans le bouillon
    • Pomme de terre à chair ferme 1000 g

    Éplucher les pommes de terre, couper en deux les plus grosses et les plonger dans le bouillon 20 minutes avant la fin du pochage : elles cuisent aux trois quarts en prenant le goût du jarret. Préchauffer le four à 200 °C.

    Pommes de terre presque tendres, encore légèrement fermes au centre.
  8. 8
    Contrôler la tendreté

    Piquer le jarret au plus épais avec une fourchette à viande : elle doit entrer et ressortir sans résistance, et l’os doit commencer à se libérer de la chair. Goûter le bouillon pour juger du sel. Si la viande résiste, prolonger le pochage de 15 à 30 minutes et contrôler de nouveau.

    Viande souple, qui cède à la fourchette, os qui joue légèrement.
  9. 9
    Égoutter et quadriller la couenne

    Sortir les jarrets à la pince en les soutenant, car la viande est fragile, et les poser dans le plat à rôtir. Égoutter les pommes de terre et les enrober d’huile. Éponger la couenne au papier absorbant, puis l’inciser en losanges de 2 cm avec la pointe d’un couteau, sans entailler la chair. Réserver 2 litres de bouillon et ajouter 3 cuillerées à soupe de bouillon au glaçage.

    Couenne sèche en surface, incisions nettes et régulières.
  10. 10
    Première couche et enfournement

    Badigeonner généreusement les jarrets d’un tiers du glaçage au pinceau, en insistant dans les incisions. Disposer les pommes de terre huilées autour, verser 2 cuillerées à soupe de bouillon au fond du plat et enfourner à mi-hauteur pour 10 minutes à 200 °C.

    Le glaçage commence à bouillonner et à blondir.
  11. 11
    Laquer en plusieurs couches

    Sortir le plat, badigeonner les jarrets d’un deuxième tiers du glaçage et les arroser du jus du fond du plat, retourner les pommes de terre et enfourner 10 minutes. Recommencer avec le reste du glaçage et poursuivre 10 à 15 minutes, jusqu’à ce que la couenne soit brune, brillante et laquée. Surveiller les dernières minutes : le miel passe vite du caramel au brûlé.

    Couenne acajou et brillante, pommes de terre dorées.
  12. 12
    Laisser reposer

    Sortir le plat et laisser reposer les jarrets 10 minutes, sans les couvrir pour ne pas ramollir le glaçage : la chair se détend et se découpe plus facilement. Pendant ce temps, filtrer le bouillon réservé au chinois et le laisser refroidir pour une soupe.

    Glaçage pris et brillant, jus clair au fond du plat.
  13. 13
    Découper et servir

    Présenter les jarrets entiers sur une planche à rigole, puis, à table, détacher la viande de l’os en gros morceaux avec une fourchette et un couteau, en gardant un morceau de couenne laquée par part. Servir avec les pommes de terre dorées, un peu du jus du plat et de la moutarde de Dijon à part.

    Viande qui se détache en morceaux juteux, chaque part avec sa couenne laquée.

Matériel

En images

Photos de la fiche Jambonneau (jarret de porc)

Avec vos appareils

Four traditionnel

Glaçage à 200 °C en chaleur tournante ou 210 °C en statique, plat à mi-hauteur, 35 minutes en trois couches. Point d’attention : rapprocher le plat du gril les 3 dernières minutes seulement si la couenne manque de couleur, en surveillant sans s’éloigner.

Cookeo

Après dessalage et blanchiment, mode cuisson sous pression : jarrets, garniture aromatique et eau sans dépasser le repère maximal, 60 à 70 minutes selon la taille, puis décompression naturelle 10 minutes. Point d’attention : vérifier la tendreté et relancer 10 minutes si la viande résiste, puis finir au four pour le glaçage.

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Astuces du chef

  • Le jarret arrière donne davantage de viande pour un même poids ; le jarret avant, plus petit et plus gélatineux, convient pour une personne.
  • Goûtez le bouillon après une heure de pochage : s’il est déjà très salé, remplacez une partie de l’eau par de l’eau chaude, et la prochaine fois prolongez le dessalage.
  • Le pochage peut se faire la veille : refroidissez les jarrets dans leur bouillon, puis réchauffez-les 20 minutes dans le bouillon frémissant avant le glaçage.
  • Une pointe de genièvre et de clou de girofle suffit : ces épices rappellent la choucroute sans masquer le goût du porc.
  • Le miel de sapin, plus sombre et moins sucré, donne un glaçage plus profond, très apprécié dans l’Est.
  • Gardez le bouillon : dégraissé, il fait une base de soupe aux pois cassés ou de lentilles, à saler très prudemment.

Erreurs fréquentes

Viande et bouillon trop salés

Dessalage trop court. Pour rattraper l’assiette, servir avec des pommes de terre nature et une moutarde douce ; la prochaine fois, dessaler plus longtemps et toujours blanchir départ à froid.

Viande ferme qui tient à l’os

Pochage trop court. Prolonger à petits frémissements par tranches de 15 à 30 minutes, jusqu’à ce que la fourchette entre sans résistance.

Chair sèche et filandreuse

Le bouillon a bouilli trop fort. Garder un frémissement à peine visible et laisser la viande toujours immergée.

Glaçage brûlé et amer

Four trop chaud ou glaçage posé en une seule fois. Glacer en trois couches fines, surveiller les dernières minutes et baisser à 180 °C si besoin.

Glaçage qui ne tient pas

Couenne mouillée ou trop grasse. L’éponger soigneusement et l’inciser en losanges avant de badigeonner.

Pommes de terre écrasées

Trop cuites dans le bouillon. Ne les y laisser que 20 minutes, pour qu’elles finissent de cuire en dorant au four.

Remplacer un ingrédient

  • Jarret demi-sel remplacé par Jarret frais

    Pas de dessalage : saler le bouillon à raison d’environ 10 g de sel par litre ; goût plus doux, chair plus pâle. C’est la base du jarret braisé à la bière, doré en cocotte puis cuit 2 h 30 à 3 h couvert à 160 °C avec oignons et bière.

  • Miel remplacé par Sirop d’érable ou cassonade délayée dans un peu de bouillon

    Laque comparable ; le sirop d’érable est plus parfumé, la cassonade caramélise plus vite et demande plus de surveillance.

  • Pommes de terre remplacé par Lentilles vertes cuites dans le bouillon ou choucroute

    Accompagnements de brasserie plus traditionnels ; les lentilles prennent le goût du jarret, la choucroute apporte une acidité qui équilibre le gras.

  • Moutarde à l’ancienne remplacé par Moutarde de Dijon seule

    Glaçage plus lisse et un peu plus piquant, sans le croquant des grains.

Variantes

Version express

En 1 h 45 environ : dessaler et blanchir comme indiqué, puis cuire les jarrets 60 à 70 minutes sous pression avec la garniture aromatique, à l’autocuiseur ou au Cookeo, couverts d’eau sans dépasser le niveau maximal. Pendant la décompression, cuire les pommes de terre 15 minutes à l’eau, puis glacer et rôtir le tout 25 minutes à 200 °C.

Compromis : viande un peu moins fondante et bouillon moins parfumé qu’après un long pochage.

Version gastronomique

Choisir des jarrets de porc fermier Label Rouge, les pocher dans un bouillon où la moitié de l’eau est remplacée par une bière de garde ou un riesling, puis les glacer au miel de sapin des Vosges AOP et à la moutarde à l’ancienne, en arrosant avec le bouillon réduit en sirop. Servir sur une choucroute crue cuite au riesling, avec des pommes de terre vapeur et du raifort frais râpé.

Finition : quelques grains de moutarde poêlés et une pincée de fleur de sel sur la couenne au moment de servir.

Dressage et accords

Présenter les deux jarrets entiers sur une planche à rigole ou dans le plat de cuisson, os vers le haut, couenne laquée bien visible, entourés des pommes de terre dorées. À table, détacher la viande de l’os en gros morceaux, une part de couenne par convive, et napper d’un peu de jus du plat. Servir la moutarde de Dijon en pot, éventuellement avec du raifort râpé et des cornichons, et une choucroute ou une salade de lentilles pour ceux qui le souhaitent.

À boire, à servir avec

Vins : un pinot noir d’Alsace, un riesling sec ou un sylvaner, dont la fraîcheur répond au glaçage sucré-salé. Bière : une blonde ou une ambrée d’Alsace, ou une bière de garde. Sans alcool : un jus de pomme artisanal, un jus de raisin blanc allongé d’eau pétillante ou une eau gazeuse citronnée.

Anti-gaspillage

  • Le bouillon de cuisson, filtré et dégraissé, sert de base à une soupe aux pois cassés, à des lentilles ou à une potée ; il se congèle 3 mois.
  • Les carottes du bouillon se servent avec le jarret ou s’écrasent dans la soupe.
  • Les restes de viande, effilochés, garnissent un hachis parmentier, une salade de lentilles, une tarte flambée ou des sandwichs à la moutarde.
  • L’os et la couenne restants parfument une soupe de haricots ou un bouillon de légumes.

Questions fréquentes

Combien de temps dessaler un jarret demi-sel ?

Comptez en général 2 à 6 heures dans un grand volume d’eau froide, au réfrigérateur, en changeant l’eau une ou deux fois. Le salage varie d’un charcutier à l’autre : demandez-lui la durée conseillée ou suivez l’emballage. Le blanchiment départ à froid termine le travail en retirant une partie du sel restant.

Comment savoir si le jambonneau est cuit ?

Piquez-le au plus épais avec une fourchette à viande : elle doit entrer et ressortir sans résistance, et l’os doit commencer à bouger dans la chair. Si la viande résiste, prolongez le pochage par tranches de 15 à 30 minutes. Une cuisson plus forte n’accélère rien : elle dessèche les parties maigres.

Peut-on faire la recette avec un jarret frais ?

Oui : supprimez le dessalage et salez le bouillon à raison d’environ 10 g de sel par litre. Le pochage et le glaçage restent identiques. La viande est plus pâle et plus douce qu’un demi-sel, qui garde une chair rosée et un goût de salaison typique des brasseries.

Comment faire un jarret de porc braisé à la bière ?

Partez d’un jarret frais : faites-le dorer en cocotte sur toutes ses faces, ajoutez deux oignons émincés, du genièvre, du thym, puis 50 cl de bière blonde ou brune et de l’eau jusqu’à mi-hauteur. Couvrez et cuisez 2 h 30 à 3 h au four à 160 °C, en retournant le jarret, puis découvrez 20 minutes pour colorer et réduire la sauce.

Que faire du bouillon de cuisson ?

Filtrez-le, laissez-le refroidir et retirez la graisse figée en surface. Il sert de base à une soupe aux pois cassés, à des lentilles ou à une potée. Il est déjà salé : goûtez-le avant d’en utiliser, et allongez-le d’eau si nécessaire. Il se garde 3 jours au réfrigérateur et 3 mois au congélateur.

Peut-on préparer le jambonneau à l’avance ?

Oui, c’est même pratique : pochez les jarrets la veille et laissez-les refroidir dans leur bouillon, au réfrigérateur. Le jour du repas, réchauffez-les 20 minutes dans le bouillon frémissant, égouttez-les, puis faites le glaçage au four comme indiqué. La viande reste très moelleuse.

Pourquoi la couenne n’est-elle pas croustillante ?

C’est normal : une couenne pochée longuement devient moelleuse et gélatineuse, et le glaçage la laque sans la faire craquer. Pour une couenne croustillante, il faut rôtir à cru un jarret frais, à la manière de la Schweinshaxe bavaroise, en finissant à température élevée.

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