Le ris de veau aux morilles est l’un des plats de fête de la cuisine bourgeoise française : des escalopes de ris de veau dorées au beurre moussant, croustillantes en surface et fondantes à cœur, nappées d’une sauce à la crème parfumée aux morilles. Le vin jaune du Jura, facultatif, apporte des notes de noix qui s’accordent particulièrement bien avec ce champignon.
La réussite tient surtout à la préparation du ris, qui demande du temps plus que de la technique. Il faut le dégorger à l’eau froide pour éliminer le sang, le blanchir à peine, le rafraîchir, le parer de ses membranes, puis le presser au frais pour lui donner une forme régulière. La cuisson finale, elle, ne prend qu’une dizaine de minutes : un beurre qui mousse sans brûler, des arrosages fréquents et un ris cuit à cœur mais jamais desséché.
Comptez 3 h 45 au total pour 4 personnes, dont environ 1 h 10 de travail, le reste étant consacré au dégorgement et au pressage. Les morilles séchées, réhydratées pendant le dégorgement, donnent aussi une eau très parfumée qui sert de base à la sauce. Les autres façons de servir le ris, braisé, pané ou en vol-au-vent, sont présentées dans la fiche du plat.
Ingrédients
Quantités recalculées, aussi sous chaque étape. Les chiffres écrits dans le texte des étapes restent ceux de la recette d’origine, pour 4 personnes.
Préparation
- 1Dégorger les ris
- Ris de veau 800 g
Rincer les ris de veau, puis les plonger dans un grand saladier d’eau très froide, éventuellement avec quelques glaçons. Les laisser dégorger 1 h 30 au réfrigérateur, idéalement 2 heures, en changeant l’eau trois ou quatre fois, jusqu’à ce qu’elle reste claire. Le dégorgement élimine le sang et les impuretés et rend la chair plus blanche.
L’eau reste claire et les ris sont blanc rosé, sans traces de sang. - 2Réhydrater les morilles
- Morilles séchées 30 g
Pendant le dégorgement, mettre les morilles séchées dans un bol et les couvrir de 300 ml d’eau tiède. Les laisser gonfler 30 minutes, en les remuant une ou deux fois. Ne jetez surtout pas l’eau de trempage : filtrée, elle parfume la sauce.
Les morilles sont souples et ont retrouvé leur forme alvéolée. - 3Blanchir les ris
- Gros sel 10 g
Égoutter les ris, les mettre dans une casserole et les couvrir largement d’eau froide additionnée du gros sel. Porter doucement au frémissement, écumer, puis laisser frémir 2 à 3 minutes, sans bouillir à gros bouillons. Les ris doivent se raffermir en surface tout en restant souples au centre.
Les ris ont blanchi en surface et restent souples quand on les presse entre deux doigts. - 4Rafraîchir
Retirer les ris à l’écumoire et les plonger aussitôt dans un saladier d’eau glacée pendant 5 minutes, pour stopper la cuisson et raffermir les membranes. Les égoutter et les éponger dans un torchon propre.
Les ris sont froids à cœur et bien égouttés. - 5Parer les ris
Avec les doigts et la pointe d’un petit couteau, décoller la fine membrane qui enveloppe les ris, puis retirer les petits vaisseaux, les parties nerveuses et les morceaux de graisse. Procéder délicatement pour garder les noix entières ; séparer les lobes de la gorge, qui se détachent naturellement. Garder les petits morceaux tombés pour un autre usage.
Les ris sont lisses, débarrassés de leur membrane et de tout filament, et tiennent encore en gros morceaux. - 6Presser au frais
Disposer les ris parés côte à côte dans un torchon propre ou entre deux feuilles de papier absorbant, les poser sur une assiette, couvrir d’une seconde assiette et lester d’un poids d’environ 1 kg. Laisser 1 heure au réfrigérateur : les ris s’égouttent, prennent une forme plus régulière et une texture plus serrée qui dorera mieux.
Les ris sont aplatis, réguliers, d’environ 2 à 3 cm d’épaisseur, et le torchon a absorbé l’humidité. - 7Préparer les morilles
Sortir les morilles de leur eau sans remuer le fond, où se dépose le sable. Les rincer rapidement sous un filet d’eau froide en ouvrant les alvéoles, couper les plus grosses en deux dans la longueur et les éponger. Filtrer l’eau de trempage à travers un filtre à café ou un chinois étamine et la réserver.
Les alvéoles des morilles sont propres et l’eau filtrée est limpide, sans dépôt. - 8Lancer la sauce
- Échalote 2
- Vin jaune 80 ml
Dans la sauteuse, faire fondre 20 g de beurre à feu doux et y faire suer les échalotes ciselées 3 minutes, sans coloration. Ajouter les morilles et les faire revenir 3 minutes en remuant. Verser le vin jaune, si vous l’utilisez, et laisser réduire de moitié.
Les échalotes sont translucides et le vin a réduit de moitié, sans odeur d’alcool. - 9Mouiller et crémer la sauce
- Fond de veau 10 g
Verser l’eau des morilles filtrée et le fond de veau, porter à ébullition et laisser réduire de moitié à feu moyen, environ 8 minutes. Ajouter la crème, saler légèrement, poivrer, et laisser réduire encore 8 à 10 minutes à petits bouillons, jusqu’à ce que la sauce nappe le dos d’une cuillère. Réserver au chaud, à feu très doux.
Un trait tracé du doigt sur le dos de la cuillère reste net. - 10Fariner et poêler les ris
- Farine de blé 30 g
Couper les ris pressés en escalopes de 2 à 3 cm d’épaisseur, ou laisser entières les petites noix. Les saler, les passer dans la farine et les tapoter pour ne garder qu’un voile. Chauffer l’huile et 40 g de beurre dans la grande poêle ; quand le beurre mousse, poser les ris sans les serrer et les cuire 4 à 5 minutes par face à feu moyen, en les arrosant sans cesse de beurre moussant à la cuillère.
Les ris sont blond doré et croustillants en surface, chauds et moelleux à cœur, cuits mais encore souples sous le doigt. - 11Déglacer et réunir
- Citron 0,25
- Sel 4 g
- Poivre blanc 1 pincée
Retirer les ris de la poêle et jeter l’excès de beurre de cuisson. Verser deux cuillerées à soupe de sauce dans la poêle chaude, gratter les sucs à la spatule et reverser ce déglaçage dans la sauteuse. Ajouter les ris dans la sauce et les enrober 2 minutes à feu très doux, sans faire bouillir. Goûter, rectifier le sel et le poivre et ajouter quelques gouttes de jus de citron.
La sauce enrobe les ris, brillante et nappante ; les ris restent croustillants sur le dessus. - 12Dresser
- Cerfeuil 4 brins
Répartir les ris de veau dans des assiettes chaudes, côté le plus doré vers le haut. Napper la sauce et les morilles autour plutôt que dessus, pour garder la croûte visible, puis parsemer de pluches de cerfeuil. Servir aussitôt avec la garniture choisie.
Assiettes chaudes, ris dorés bien visibles, sauce et morilles autour.
Matériel
- Grand saladier pour le dégorgement, rangé au réfrigérateur Acheter Saladier sur Amazon (lien affilié)
- Casserole de 3 litres pour le blanchiment Acheter Casserole sur Amazon (lien affilié)
- Écumoire Acheter Écumoire sur Amazon (lien affilié)
- Saladier d’eau glacée pour rafraîchir Acheter Saladier sur Amazon (lien affilié)
- Petit couteau d’office pour parer Acheter Couteau de cuisine sur Amazon (lien affilié)
- Deux assiettes plates et un poids d’environ 1 kg (boîte de conserve) pour presser
- Torchon propre ou papier absorbant
- Filtre à café ou chinois étamine pour l’eau des morilles Acheter Passoire sur Amazon (lien affilié)
- Grande poêle à fond épais de 28 cm Acheter Poêle sur Amazon (lien affilié)
- Sauteuse ou casserole de 20 cm pour la sauce Acheter Sauteuse sur Amazon (lien affilié)
- Cuillère à soupe pour arroser
- Spatule souple ou pince pour retourner les ris Acheter Maryse en silicone sur Amazon (lien affilié)
Liens affiliés Amazon : en tant que Partenaire Amazon, Eatipedia réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises, sans surcoût pour vous.
Avec vos appareils
Four traditionnel
Pour des noix entières : après pressage, les fariner et les colorer 2 minutes par face à la poêle au beurre, puis les poser dans un plat avec le beurre de cuisson et les enfourner 10 à 12 minutes à 180 °C, en les arrosant deux fois. Point d’attention : sortir les ris dès qu’ils sont chauds à cœur et encore souples, ils durcissent s’ils cuisent trop.
Plancha
Escalopes de ris pressées et farinées, sur plancha à feu moyen à vif, graissée d’huile et de beurre, 3 à 4 minutes par face, en les arrosant d’un peu de beurre fondu. Point d’attention : la plancha sèche vite les ris, servir la sauce aux morilles bien chaude à part.
Voir sur Amazon Plancha sur Amazon (lien affilié)Liens affiliés Amazon : en tant que Partenaire Amazon, Eatipedia réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises, sans surcoût pour vous.
Astuces du chef
- Commandez des noix plutôt que des gorges pour un plat principal : elles se tiennent mieux à la cuisson et donnent de belles escalopes régulières.
- Le pressage n’est pas un détail : un ris pressé dore uniformément et se tranche net, alors qu’un ris non pressé gonfle et cuit de façon inégale.
- Ajoutez toujours un peu d’huile au beurre de cuisson : il peut mousser plus longtemps sans brûler.
- Arrosez sans relâche : le beurre moussant cuit le dessus du ris pendant que le dessous dore, et le parfume.
- Gardez la sauce assez légère en sel jusqu’au dernier moment : le fond de veau et l’eau des morilles concentrent le goût en réduisant.
- Si vous trouvez des morilles fraîches au printemps, lavez-les rapidement à plusieurs eaux et faites-les cuire à cœur : les morilles se consomment toujours bien cuites.
Erreurs fréquentes
Ris au goût fort ou à la couleur grise
Ils ont été insuffisamment dégorgés ou ne sont pas assez frais. Dégorger au moins 1 h 30 en changeant souvent l’eau, et acheter les ris chez un boucher, à cuisiner dans les 24 à 48 heures.
Ris caoutchouteux
Blanchiment trop long ou trop vif, ou cuisson finale prolongée. Laisser simplement frémir 2 à 3 minutes, puis poêler 4 à 5 minutes par face à feu moyen.
Ris qui se déforment à la cuisson
Les membranes n’ont pas été retirées ou les ris n’ont pas été pressés. Parer soigneusement après le blanchiment et presser au moins 1 heure au frais.
Sable dans la sauce
Les morilles ont été mal rincées ou l’eau de trempage n’a pas été filtrée. Ouvrir les alvéoles sous l’eau et filtrer l’eau à travers un filtre à café.
Sauce trop liquide
Poursuivre la réduction à petits bouillons quelques minutes de plus, avant d’ajouter les ris. En dernier recours, lier avec une demi-cuillère à café de fécule délayée dans un peu d’eau froide.
Croûte molle
Ris mal épongés, poêle trop petite ou ris laissés à mijoter dans la sauce. Sécher les ris, les cuire sans les serrer et ne les enrober de sauce qu’au moment de servir.
Remplacer un ingrédient
-
Vin jaune remplacé par Vin blanc sec du Jura, ou un peu plus d’eau des morilles et quelques gouttes de citron
Le vin blanc donne une sauce plus simple, sans les notes de noix du vin jaune ; la version sans alcool reste très parfumée grâce aux morilles.
-
Morilles séchées remplacé par 300 g de morilles fraîches au printemps, ou 30 g de cèpes séchés
Les morilles fraîches sont plus charnues et doivent être bien cuites ; les cèpes donnent une sauce plus boisée et plus économique.
-
Ris de veau remplacé par Ris d’agneau, blanchis 1 à 2 minutes seulement
Plus petits et moins chers, goût un peu plus marqué ; temps de cuisson réduit de moitié.
-
Fond de veau remplacé par Fond de volaille
Sauce plus claire et plus légère, un peu moins corsée.
-
Farine de blé remplacé par Fécule de maïs ou farine de riz
Croûte plus fine et version sans gluten, à condition de vérifier aussi le fond de veau.
Variantes
Version express
En 1 h 15 environ : demander au boucher des ris de veau déjà dégorgés et blanchis, s’il les propose, ou utiliser des ris surgelés vendus parés, décongelés une nuit au réfrigérateur. Les éponger, les presser 20 minutes sous un poids pendant la réhydratation des morilles, puis préparer la sauce et poêler les ris comme dans la recette.
Compromis : ris un peu moins réguliers et moins blancs, cuisson plus délicate à maîtriser.
Version gastronomique
Cuire les noix de ris entières, après pressage, dans un beurre noisette en les arrosant longuement, puis les finir 5 à 6 minutes au four à 180 °C. Les servir sur un jus de veau réduit monté au beurre et relevé de vin jaune, avec des morilles fraîches étuvées, des asperges vertes et quelques pointes de petits pois.
Finition : lustrer les ris au pinceau avec le jus réduit et poser quelques grains de fleur de sel sur la croûte.
Dressage et accords
Servir sur des assiettes chaudes, une ou deux belles escalopes de ris par personne, la face la plus dorée vers le haut. Napper la sauce et répartir les morilles autour des ris plutôt que dessus, pour que la croûte reste visible et croustillante. Ajouter la garniture à côté : un riz pilaf, une purée de pommes de terre au beurre, des tagliatelles fraîches ou, au printemps, des asperges vertes et des petits pois. Finir par quelques pluches de cerfeuil et un tour de moulin à poivre blanc.
À boire, à servir avec
Vins : un vin jaune du Jura ou un savagnin, dont les notes de noix répondent aux morilles ; un chardonnay du Jura ou un bourgogne blanc ample comme un meursault. En rouge, un pinot noir léger peu tannique. Sans alcool : un jus de raisin blanc peu sucré allongé d’eau pétillante, ou une infusion froide de verveine.
Anti-gaspillage
- Les petits morceaux de ris tombés au parage se poêlent rapidement et garnissent un vol-au-vent, une omelette ou une salade tiède.
- Un reste de sauce aux morilles nappe des tagliatelles fraîches, des œufs cocotte ou un blanc de volaille poêlé.
- Les pieds des morilles fraîches parés et l’eau de trempage en trop parfument un risotto ou un velouté de champignons.
Questions fréquentes
Combien de temps faut-il dégorger le ris de veau ?
Comptez au moins 1 h 30, idéalement 2 heures, dans une eau très froide changée trois ou quatre fois, au réfrigérateur. Vous pouvez aussi les dégorger une nuit au frais, en changeant l’eau le soir et le matin. Les ris sont prêts quand l’eau reste claire et qu’ils n’ont plus de traces de sang.
Combien de temps blanchir les ris de veau ?
Départ eau froide salée, portez au frémissement puis laissez frémir 2 à 3 minutes seulement. Les ris doivent se raffermir en surface tout en restant souples au centre, car ils finissent de cuire à la poêle. Rafraîchissez-les aussitôt dans l’eau glacée pour stopper la cuisson.
Faut-il vraiment presser les ris de veau ?
C’est fortement conseillé. Pressés 1 heure au frais sous un poids, les ris perdent leur humidité, prennent une forme régulière et une texture plus serrée. Ils dorent alors uniformément, se tranchent net et ne gonflent pas à la cuisson. Sans pressage, le plat reste bon, mais moins élégant.
Comment savoir si le ris de veau est cuit ?
Le ris de veau se mange bien cuit à cœur, jamais rosé. Après 4 à 5 minutes par face au beurre moussant, il doit être doré, chaud au centre et encore souple sous le doigt, comme une noix de Saint-Jacques bien cuite. S’il devient ferme et élastique, il a trop cuit.
Peut-on faire la recette sans vin jaune ?
Oui, le vin jaune est facultatif. Remplacez-le par un vin blanc sec du Jura, ou supprimez l’alcool en ajoutant un peu plus d’eau de trempage des morilles et quelques gouttes de citron en fin de cuisson. La sauce reste très parfumée grâce aux morilles.
Peut-on utiliser des ris de veau surgelés ?
Oui. Décongelez-les une nuit au réfrigérateur dans leur emballage, puis dégorgez-les, blanchissez-les et parez-les comme des ris frais. Les ris surgelés vendus déjà parés gagnent du temps, mais ils sont souvent un peu moins réguliers et demandent une cuisson attentive.
Que servir avec un ris de veau aux morilles ?
Une garniture douce qui profite de la sauce : riz pilaf, purée de pommes de terre au beurre, tagliatelles fraîches ou pommes de terre fondantes. Au printemps, des asperges vertes et des petits pois sont parfaits. Évitez les légumes trop marqués, qui masqueraient le goût délicat du ris.
Vos réalisations
Vous avez réalisé cette recette ? Soyez le premier à partager votre photo.
Connectez-vous pour partager la photo de votre réalisation.
Avis
Soyez le premier à donner votre avis
Notez-la et partagez vos astuces avec les autres cuisiniers.
Ris de veau à Paris : les meilleures adresses
-
Maison Dubois
4,82/5
Note Rankeat
Google 5 · 104 avis
-
Maison Ruggieri Palais Royal
4,8/5
Note Rankeat
Google 4,9 · 182 avis
-
MELT Cambronne
4,8/5
Note Rankeat
Google 4,8 · 4 864 avis
-
Le Maxan
4,79/5
Note Rankeat
Google 4,8 · 1 180 avis
-
Kigawa
4,77/5
Note Rankeat
Google 4,8 · 541 avis
Classement et notes : Rankeat · mis à jour le 25 octobre 2026 Comment est calculée la Note Rankeat ?
La Note Rankeat combine la note Google de l'établissement, le nombre d'avis reçus, et les votes et avis de la communauté Rankeat (comptes connectés) : une note appuyée sur des centaines d'avis pèse plus qu'une note parfaite obtenue sur quelques avis. Les fiches revendiquées par leur propriétaire bénéficient d'un léger bonus. C'est cette note qui détermine l'ordre du classement.
