Brandade de morue nîmoise gratinée dans un plat ovale, filet d’huile d’olive, persil et croûtons aillésImage générée par IA

Brandade de morue nîmoise

La brandade à la nîmoise, sans pomme de terre : une morue dessalée la veille, pochée à frémissement puis montée à la spatule avec l’huile d’olive et le lait chauds, jusqu’à une crème blanche et onctueuse servie avec des croûtons aillés.

Préparation
30 min
Cuisson
35 min
Total
1 h 05
Difficulté
Moyenne
Coût estimé
17 – 24 €
soit ≈ 3,30 €/pers.
Portions
6 pers.

La brandade nîmoise est la brandade d’origine, celle que revendique Nîmes : de la morue salée dessalée puis pochée, que l’on effeuille et que l’on travaille longuement avec de l’huile d’olive et du lait chauds, sans pomme de terre. On obtient une crème blanche, onctueuse, où l’on sent encore les fibres du poisson, servie bien chaude avec des croûtons frottés à l’ail.

La réussite tient à quelques gestes : une morue suffisamment dessalée, un pochage à frémissement qui garde la chair souple, une chair encore tiède au moment du montage, et surtout une huile et un lait chauds, versés peu à peu et en alternance pendant que l’on bat à la spatule sur un feu très doux. C’est ce geste énergique, le brandar provençal, qui a donné son nom au plat.

Le temps indiqué ne comprend pas le dessalage, qui se fait la veille ou l’avant-veille : 24 à 36 heures dans l’eau froide, au réfrigérateur, en changeant l’eau régulièrement. Le jour même, il faut environ une heure. La variante parmentière, allongée de pommes de terre, est expliquée dans les astuces et les substitutions.

Fiche du plat
Brandade de morue
Histoire, origine & variantes →
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Ingrédients

6 personnes

Préparation

  1. 1
    Vérifier le dessalage
    • Morue salée 700 g

    Égoutter la morue mise à dessaler la veille (voir préparations préliminaires) et la rincer une dernière fois sous l’eau froide. Prélever un petit morceau de chair, le plonger 1 minute dans de l’eau bouillante et le goûter : il doit avoir un goût agréablement salé, comme un poisson bien assaisonné. S’il pique encore la langue, remettre la morue 4 à 6 heures dans une eau froide renouvelée.

    Le morceau poché est assaisonné mais pas piquant de sel.
  2. 2
    Préparer le pochage à froid
    • Laurier-sauce 1 feuille
    • Thym 2 brins

    Déposer les morceaux de morue côté peau vers le bas dans une sauteuse ou un faitout large, en une seule couche. Couvrir d’eau froide de 3 à 4 cm, ajouter la feuille de laurier et les brins de thym, sans sel. Partir de l’eau froide permet à la chair de chauffer progressivement et de rester souple.

    Morue entièrement immergée, en une seule couche, eau froide non salée.
  3. 3
    Pocher à frémissement

    Chauffer à feu moyen jusqu’aux premiers frémissements, en écumant la mousse blanche qui se forme, ce qui prend environ 7 minutes. Baisser alors le feu pour garder un frémissement à peine visible et compter 8 minutes. Retirer du feu et laisser la morue 2 à 3 minutes dans l’eau : elle doit se détacher en larges feuillets nacrés.

    La chair s’ouvre en feuillets à la pointe d’un couteau, sans être sèche.
  4. 4
    Effeuiller la morue

    Égoutter la morue à l’écumoire en gardant un bol d’eau de pochage. Dès qu’elle peut être manipulée, retirer la peau et les parties noirâtres, puis séparer la chair en feuillets en la passant entre les doigts pour repérer les arêtes ; retirer les plus fines à la pince. Couvrir la chair d’une assiette pour qu’elle reste tiède.

    Chair en flocons réguliers, sans peau ni arête, encore tiède.
  5. 5
    Chauffer l’huile et le lait

    Verser les 250 ml d’huile d’olive dans une petite casserole et les 200 ml de lait dans une autre. Chauffer à feu doux jusqu’à environ 60 °C : le doigt ne supporte pas d’y rester, mais rien ne frémit. Garder les deux casseroles à feu très doux pendant le montage.

    Huile et lait chauds au toucher, sans fumée ni frémissement.
  6. 6
    Écraser la morue
    • Ail 1 gousse
    • Ail 1 gousse

    Mettre les flocons de morue dans une casserole à fond épais posée sur feu très doux. Si l’on met de l’ail, ajouter la gousse pilée ou passée au presse-ail. Verser 3 cuillerées à soupe d’huile chaude et écraser vigoureusement la chair à la spatule en bois, en la frottant contre les parois, jusqu’à obtenir une pâte grossière où les fibres se défont.

    Pâte grossière, fibres bien défaites, sans morceaux entiers.
  7. 7
    Monter la brandade

    Sans cesser de travailler la morue à la spatule, verser l’huile chaude en mince filet. Dès que la pâte paraît grasse et brillante, ajouter 2 cuillerées à soupe de lait chaud, puis reprendre l’huile, et ainsi de suite jusqu’à épuisement. Battre énergiquement, en soulevant la masse : c’est ce mouvement, le « brandar » provençal, qui crée l’émulsion. Selon la morue, il peut rester un peu de lait ou en falloir davantage.

    Masse blanche, souple et brillante, qui se tient en dôme sur la spatule.
  8. 8
    Assaisonner
    • Citron 0,5

    Hors du feu, poivrer généreusement, ajouter une pincée de noix de muscade râpée et quelques gouttes de jus de citron si on le souhaite, puis goûter. Le sel n’est presque jamais nécessaire, la morue en garde assez. Si la brandade est trop ferme, la détendre avec une cuillerée de lait chaud.

    Goût de morue franc, adouci par l’huile, sans excès de sel.
  9. 9
    Garder au chaud

    Couvrir la casserole et la poser sur une casserole plus grande remplie d’eau à peine frémissante, sans que le fond touche l’eau. La brandade attend ainsi sans risque jusqu’à 30 minutes ; la remuer de temps en temps.

    Brandade chaude, lisse, sans huile en surface.
  10. 10
    Préparer les croûtons aillés
    • Pain de campagne 6 tranches

    Couper les tranches de pain en deux ou en triangles. Chauffer les 30 ml d’huile d’olive dans une poêle à feu moyen et y dorer le pain 2 à 3 minutes de chaque côté. Égoutter sur du papier absorbant, puis frotter chaque croûton encore chaud avec la gousse d’ail coupée en deux : le pain croustillant râpe l’ail comme une râpe fine.

    Croûtons dorés et croustillants, parfumés à l’ail.
  11. 11
    Dresser et servir
    • Olive noire 60 g

    Remuer une dernière fois la brandade, puis la dresser en dôme dans un plat creux chaud ou directement dans les assiettes. Creuser quelques sillons à la fourchette, arroser d’un filet d’huile d’olive, entourer de croûtons et ajouter, selon les goûts, quelques olives noires et un peu de persil ciselé. Servir aussitôt avec une salade verte.

    Brandade chaude, brillante, croûtons encore croustillants.

Matériel

En images

Photos de la fiche Brandade de morue

Avec vos appareils

Robot de cuisine

Mettre la morue effeuillée encore chaude dans le bol muni de la feuille, ou de la lame par impulsions, puis verser l’huile et le lait chauds en filet par la cheminée, moteur à vitesse lente. Point d’attention : s’arrêter dès que la masse est crémeuse ; une lame qui tourne longtemps rend la brandade élastique.

Thermomix

Pocher la morue à la casserole, puis mettre la chair effeuillée dans le bol ; ajouter l’huile et le lait chauds en filet sur le couvercle, environ 3 min/50 °C/vitesse 3 à 4, en raclant à mi-parcours. Point d’attention : réglages indicatifs selon le modèle ; arrêter tant que l’on voit encore des fibres.

Four traditionnel

Pour une brandade gratinée, surtout en version parmentière : l’étaler dans un plat huilé, parsemer de chapelure, arroser d’huile d’olive et gratiner 10 à 15 minutes à 220 °C, gril allumé en fin de cuisson. Point d’attention : la surface dore très vite, rester à côté.

Astuces du chef

  • Variante parmentière : cuire 400 g de pommes de terre farineuses à la vapeur, les écraser au presse-purée et les incorporer bien chaudes à la morue à l’étape 6, avant l’huile ; prévoir 5 à 10 cl de lait en plus. La brandade est plus douce, plus ferme, et se prête bien au gratin.
  • Commencer le montage avec une chair tiède et des liquides chauds : les trois à la même température, l’émulsion prend presque toute seule.
  • Garder un petit pot de lait chaud près de soi : deux cuillerées suffisent à rattraper une brandade qui graisse ou se resserre.
  • Quelques gouttes de jus de citron réveillent le goût du poisson sans se faire remarquer.
  • Pour une texture très fine, écraser d’abord la morue au mortier, comme autrefois, avant de la passer dans la casserole.
  • Réserver quelques beaux flocons de morue pochée et les poser sur le dôme au moment de servir : on voit tout de suite qu’il s’agit d’une brandade maison.

Erreurs fréquentes

Brandade trop salée

Dessalage trop court. Il n’existe pas de vrai remède : on peut l’adoucir avec des pommes de terre écrasées (version parmentière) ou un peu plus de lait. Pour l’éviter, goûter un morceau poché avant de commencer.

Brandade qui tranche

Huile froide, versée trop vite ou feu trop fort : retirer du feu, ajouter 2 c. à soupe de lait chaud et battre énergiquement jusqu’à ce que la masse redevienne lisse, puis reprendre l’huile en filet très fin.

Texture élastique et collante

Mixage trop long à la lame du robot : préférer la spatule ou de brèves impulsions. Une fois la texture collante, on ne revient pas en arrière ; quelques pommes de terre écrasées l’assouplissent.

Chair dure et sèche

La morue a bouilli : partir de l’eau froide, garder un frémissement à peine visible et retirer du feu au bout de 8 minutes.

Brandade trop compacte

Pas assez de liquide pour la quantité de poisson : ajouter du lait chaud cuillerée par cuillerée jusqu’à une texture souple qui se tient en dôme.

Arêtes sous la dent

Effeuillage trop rapide : passer chaque feuillet entre les doigts et retirer les petites arêtes à la pince avant le montage.

Remplacer un ingrédient

  • Pommes de terre (variante parmentière) remplacé par 400 g de pommes de terre farineuses cuites à la vapeur et écrasées, ajoutées à la morue avant l’huile

    Brandade parmentière : plus douce, plus ferme et moins chère, plus facile à réussir, mais au goût de morue moins prononcé.

  • Morue salée remplacé par Morue vendue déjà dessalée, ou dos de cabillaud frais salé 1 heure au gros sel

    Pas de dessalage la veille ; avec le cabillaud frais, brandade plus douce et moins fibreuse.

  • Lait remplacé par Moitié lait, moitié crème liquide, ou eau de pochage

    Avec la crème, brandade plus riche et plus ronde ; avec l’eau de pochage, plus légère, sans lactose et plus marquée en poisson.

  • Pain de campagne remplacé par Pain sans gluten grillé, ou pommes de terre en robe des champs

    Repas sans gluten ; on perd un peu du contraste croustillant.

Variantes

Version express

Remplacer la morue salée par 700 g de dos de cabillaud frais, couvert de gros sel 1 heure au réfrigérateur, rincé puis poché 6 minutes ; monter au robot muni de la feuille, ou par brèves impulsions. Compter environ 1 h 15 en tout, sans dessalage la veille.

Compromis : brandade plus douce, moins fibreuse, au goût de morue moins affirmé.

Version gastronomique

Monter la brandade avec une huile d’olive de Nîmes AOP et, en fin de montage, y incorporer 15 à 20 g de truffe noire râpée ; laisser infuser 10 minutes au bain-marie, couvert. Dresser en quenelles à l’aide de deux cuillères, avec de fines tuiles de pain grillé et quelques olives picholines.

Finition : quelques lamelles de truffe et un trait d’huile d’olive juste avant de servir.

Dressage et accords

Chauffer un plat creux en terre ou des assiettes creuses. Dresser la brandade en dôme à la cuillère, puis tracer de légers sillons à la fourchette qui retiendront l’huile. Arroser d’un filet d’huile d’olive crue, poser deux ou trois beaux flocons de morue sur le dessus et planter quelques croûtons aillés tout autour. Ajouter, selon les goûts, des olives noires et une pincée de persil ciselé, et servir avec une salade verte simplement assaisonnée.

À boire, à servir avec

Un blanc sec du Gard ou du Languedoc, comme un costières-de-nîmes ou un picpoul-de-pinet, dont la vivacité équilibre l’huile d’olive ; un rosé de Provence bien frais convient aussi. Sans alcool : une eau pétillante avec une rondelle de citron, ou un jus de raisin blanc.

Anti-gaspillage

  • L’eau de pochage, parfumée au thym et au laurier, sert de base à une soupe de poisson ou à la cuisson de pommes de terre.
  • Les restes de brandade garnissent des tomates, des poivrons ou des courgettes que l’on gratine au four.
  • Mélangée à un œuf et à un peu de farine, la brandade froide se façonne en croquettes à dorer à la poêle.
  • C’est la recette idéale pour utiliser un pain de la veille : rassis, il donne de meilleurs croûtons.

Questions fréquentes

Combien de temps dessaler la morue pour une brandade ?

Comptez 24 heures pour des filets minces et jusqu’à 36 heures pour un dos épais, dans un grand volume d’eau froide, au réfrigérateur, en changeant l’eau toutes les 6 à 8 heures. Pour vérifier, pochez un petit morceau une minute et goûtez-le : il doit être assaisonné sans piquer la langue.

Pourquoi l’huile et le lait doivent-ils être chauds ?

Parce que la brandade est une émulsion, comme une mayonnaise chaude. Si l’huile ou le lait sont froids, ils figent les protéines de la morue au lieu de s’y lier, et l’huile se sépare. Chauds, autour de 60 °C, et versés peu à peu, ils s’intègrent à la chair tiède et donnent une crème lisse.

Ma brandade a tranché : comment la rattraper ?

Retirez la casserole du feu, ajoutez deux cuillerées à soupe de lait chaud et battez énergiquement à la spatule jusqu’à ce que la masse redevienne lisse. Reprenez ensuite l’huile restante en filet très fin. Si elle reste grasse, une ou deux pommes de terre écrasées bien chaudes aident à la reprendre.

Faut-il saler la brandade ?

Presque jamais. Même bien dessalée, la morue garde assez de sel pour assaisonner l’huile et le lait. Goûtez toujours à la fin, après le poivre et le citron, et n’ajoutez une pincée de sel qu’en cas de besoin, ce qui arrive surtout avec une morue dessalée trop longtemps.

Comment faire une brandade parmentière ?

Cuisez 400 g de pommes de terre farineuses à la vapeur, écrasez-les et ajoutez-les bien chaudes à la morue avant l’huile, puis montez comme pour la nîmoise avec un peu plus de lait. La brandade est plus douce et plus ferme ; on peut ensuite la gratiner au four avec de la chapelure.

Peut-on monter la brandade au robot ?

Oui, avec la feuille ou la lame par brèves impulsions, en versant l’huile et le lait chauds en filet. Arrêtez dès que la masse est crémeuse : une lame qui tourne trop longtemps casse les fibres et donne une texture élastique, très différente de la brandade travaillée à la spatule.

Peut-on préparer la brandade à l’avance ?

Oui, la veille ou quelques heures avant. Gardez-la au réfrigérateur, filmée au contact, puis réchauffez-la doucement au bain-marie en la travaillant avec quelques cuillerées de lait chaud. Préparez en revanche les croûtons au dernier moment, pour qu’ils restent croustillants.

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Classement et notes : Rankeat · mis à jour le 25 octobre 2026

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