Bollito misto à la piémontaise et bagnet vert
Une version maison du grand bollito piémontais : poitrine et plat de côte de bœuf, langue de veau et cotechino cuits doucement à frémissement, servis tranchés avec du gros sel, un peu de bouillon et un bagnet vert au persil et aux anchois. Pour 8 personnes.
Le bollito misto alla piemontese est le grand plat de viandes bouillies du Piémont : plusieurs morceaux de bœuf, de la langue, un cotechino, parfois une poule ou de la tête de veau, cuits doucement et servis tranchés, très chauds, avec des sauces. La tradition des restaurants en réunit sept morceaux, sept « ornements » et sept sauces ; à la maison, quelques pièces bien choisies suffisent.
Cette recette en garde l’essentiel pour 8 personnes : poitrine et plat de côte de bœuf plongés dans l’eau bouillante, langue de veau et cotechino cuits à part pour ne pas troubler le bouillon, et le bagnet vert, la sauce piémontaise au persil, aux anchois, à l’ail et à la mie de pain au vinaigre. Le bouillon restant fera une soupe, et les restes de viande, des mondeghili ou une salade de bœuf.
Ingrédients
Quantités recalculées, aussi sous chaque étape. Les chiffres écrits dans le texte des étapes restent ceux de la recette d’origine, pour 8 personnes.
Préparation
- 1Préparer les viandes
- Poitrine de bœuf 1 kg
- Plat de côte de bœuf 1 kg
- Langue de veau 700 g
- Eau 7 l
Ficeler la poitrine de bœuf en un rouleau régulier avec de la ficelle de cuisine. Laisser le plat de côte en un ou deux morceaux. Rincer soigneusement la langue de veau à l’eau froide en la frottant. Sortir toutes les viandes du réfrigérateur pendant la préparation des légumes.
Poitrine ficelée en un rouleau régulier, langue propre. - 2Préparer les aromates
- Carotte 4
- Oignon jaune 2
- Céleri-branche 3 branches
Éplucher les carottes et les oignons. Piquer chaque oignon d’un clou de girofle. Couper les branches de céleri en tronçons. Réserver deux tiers de ces légumes pour le bœuf et un tiers pour la langue, avec une feuille de laurier dans chaque marmite.
Légumes prêts, répartis pour les deux marmites. - 3Porter l’eau à ébullition
- Poivre noir 5 g
- Gros sel 25 g
Dans la plus grande marmite, porter à ébullition 5 litres d’eau avec deux tiers des carottes, des oignons piqués et du céleri, le gros sel, les grains de poivre et une feuille de laurier. Dans une deuxième marmite, mettre la langue, le reste des légumes, une feuille de laurier, et couvrir d’eau froide.
Eau aromatique à gros bouillons dans la grande marmite. - 4Plonger le bœuf
Plonger délicatement la poitrine et le plat de côte dans l’eau bouillante : saisie, la viande garde mieux ses sucs, comme le veut la tradition du bollito, alors qu’on part d’eau froide quand on veut surtout un bouillon riche. Laisser reprendre l’ébullition, puis baisser aussitôt le feu.
L’eau couvre largement la viande et recommence à frémir. - 5Cuire le bœuf à frémissement
Retirer l’écume grise qui remonte pendant les premières minutes. Cuire ensuite à petits frémissements, la surface à peine agitée, couvercle entrouvert, pendant 3 heures à 3 h 30. Écumer et dégraisser de temps en temps. Ajouter un peu d’eau bouillante si la viande se découvre.
Une fourchette entre sans résistance dans la poitrine. - 6Cuire la langue à part
Porter doucement à frémissement la marmite contenant la langue et ses légumes, écumer, puis cuire 2 heures environ à petit feu. La langue est cuite quand la pointe se perce facilement et que la peau épaisse commence à se décoller.
La pointe de la langue se perce facilement, la peau se soulève. - 7Peler la langue
Sortir la langue, la laisser tiédir une minute, puis inciser la peau sur le dessus et la retirer en tirant, à l’aide d’un petit couteau. Ôter les parties grasses et les petits os à la base. Remettre aussitôt la langue dans son bouillon chaud, pour qu’elle ne sèche pas.
Langue entièrement pelée, lisse et rosée. - 8Tremper la mie dans le vinaigre
- Vinaigre de vin blanc 30 ml
Pendant la cuisson des viandes, retirer la croûte du pain rassis, émietter la mie dans un bol et l’arroser du vinaigre. Laisser tremper 5 minutes, puis la presser légèrement pour en retirer l’excès.
Mie imbibée, pressée, encore humide. - 9Hacher le bagnet vert
- Persil plat 80 g
- Anchois 6 filets
- Ail 1 gousse
- Œuf 1
- Câpres 10 g
Effeuiller le persil, le laver et le sécher. Rincer et dessaler les anchois au sel, retirer l’arête centrale. Sur une planche, hacher finement au couteau le persil, les filets d’anchois, la gousse d’ail sans germe, les câpres rincées, le jaune d’œuf dur et la mie pressée, jusqu’à obtenir une pâte verte grossière. On peut aussi utiliser un petit hachoir, par impulsions.
Hachis vert foncé, fin mais pas réduit en purée. - 10Monter le bagnet à l’huile
Mettre le hachis dans un bol et verser l’huile d’olive en filet en mélangeant à la cuillère, jusqu’à obtenir une sauce épaisse et brillante. Goûter, poivrer et saler seulement si nécessaire, les anchois étant déjà salés. Couvrir et laisser reposer au moins 1 heure à température ambiante pendant la cuisson des viandes : les saveurs se fondent.
Sauce épaisse, d’un vert soutenu, nappante. - 11Cuire le cotechino
- Cotechino 1
Environ 45 minutes avant la fin de la cuisson du bœuf, plonger le cotechino précuit dans une casserole d’eau frémissante, dans son sachet ou sorti de celui-ci et piqué à l’aiguille, selon l’emballage. Le chauffer 30 minutes environ, sans faire bouillir. Toujours le cuire à part : il est gras et salerait le bouillon.
Cotechino chaud à cœur, peau intacte. - 12Cuire les pommes de terre
- Pomme de terre à chair ferme 1 kg
Éplucher les pommes de terre, les couper en deux si elles sont grosses, et les cuire 25 minutes à frémissement dans une casserole avec deux louches de bouillon de bœuf allongé d’eau jusqu’à les couvrir. Elles prennent le goût du bouillon. Récupérer aussi les carottes du bouillon de bœuf pour les servir.
La pointe d’un couteau entre sans résistance. - 13Vérifier et laisser reposer
Piquer la poitrine et le plat de côte : la fourchette doit entrer et ressortir sans effort, la viande rester entière. Éteindre le feu et laisser les viandes 15 minutes dans leur bouillon chaud, couvercle posé : elles se détendent et se trancheront mieux sans s’effilocher.
Viande tendre qui se tient encore à la découpe. - 14Trancher et servir
Sortir les viandes une à une, au fur et à mesure du service. Retirer la ficelle de la poitrine, trancher le bœuf et la langue en tranches de 1 cm contre le sens des fibres, le cotechino en rondelles épaisses. Disposer le tout sur un plat chaud, arroser d’une louche de bouillon bouillant, entourer des pommes de terre et des carottes. Servir avec le bagnet vert, du gros sel et, à volonté, de la moutarde.
Tranches nettes, humides et chaudes, nappées de bouillon.
Matériel
- Grande marmite de 8 litres au moins Acheter Cocotte sur Amazon (lien affilié)
- Faitout moyen pour la langue Acheter Cocotte sur Amazon (lien affilié)
- Casserole pour le cotechino Acheter Casserole sur Amazon (lien affilié)
- Casserole pour les pommes de terre Acheter Casserole sur Amazon (lien affilié)
- Écumoire Acheter Écumoire sur Amazon (lien affilié)
- Louche Acheter Louche sur Amazon (lien affilié)
- Ficelle de cuisine
- Couteau de chef Acheter Couteau de cuisine sur Amazon (lien affilié)
- Couteau d’office Acheter Couteau de cuisine sur Amazon (lien affilié)
- Planche à découper Acheter Planche à découper sur Amazon (lien affilié)
- Fourchette à viande
- Bol pour la sauce Acheter Saladier sur Amazon (lien affilié)
- Plat de service creux
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Avec vos appareils
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Cuire la poitrine et le plat de côte 60 minutes sous pression avec les légumes et 2 litres d’eau, puis la langue 35 minutes sous pression à part. Chauffer le cotechino précuit dans une casserole. Point d’attention : laisser la pression retomber naturellement et la viande reposer dans son bouillon avant de la trancher.
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Après l’écumage, enfourner la marmite fermée, si elle va au four, à 140 °C pour 3 heures : la cuisson reste très régulière, sans risque d’ébullition. Point d’attention : vérifier que la viande reste couverte de liquide.
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Astuces du chef
- Garder chaque viande dans son bouillon jusqu’au moment de la trancher : hors du liquide, le bouilli sèche et grisonne très vite.
- Préparer le bagnet vert la veille : il est encore meilleur après une nuit au réfrigérateur, couvert d’un film d’huile.
- Hacher le persil au couteau plutôt qu’au blender : la sauce reste verte et parfumée, sans amertume.
- Pour un bollito plus complet, ajouter une demi-poule, cuite 2 heures dans la marmite du bœuf.
- Filtrer et dégraisser le bouillon restant : servi en tasse avec un peu de fromage râpé, il termine le repas ou fait une soupe le lendemain.
Erreurs fréquentes
Viande dure ou filandreuse
Elle a bouilli trop fort ou pas assez longtemps : prolonger la cuisson à très petits frémissements, de 30 minutes en 30 minutes.
Viande sèche à la découpe
Elle est restée hors du bouillon : la remettre quelques minutes dans le liquide chaud et trancher au moment de servir.
Bouillon trouble
Écumer davantage en début de cuisson et ne jamais faire bouillir ; le filtrer à travers une étamine avant de le servir.
Cotechino éclaté
L’eau a bouilli : le chauffer à petits frémissements et le piquer à l’aiguille s’il est sorti de son sachet.
Bagnet vert amer ou noirci
Le persil a été trop mixé ou les tiges ont été gardées : refaire la sauce au couteau, avec les feuilles seulement.
Sauce trop salée
Les anchois n’étaient pas assez dessalés : ajouter un peu de persil haché, de mie de pain et d’huile.
Remplacer un ingrédient
-
Langue de veau remplacé par Demi-poule ou jarret de veau
Plat plus consensuel, sans abats ; la poule apporte un bouillon plus doux.
-
Cotechino remplacé par Saucisson à cuire ou saucisse de Morteau
Goût proche ; la Morteau est fumée et plus marquée.
-
Poitrine de bœuf remplacé par Gîte ou macreuse
Viande plus maigre, un peu moins fondante.
-
Anchois au sel remplacé par Anchois à l’huile
Plus simples à utiliser, goût un peu plus doux ; inutile de les dessaler.
-
Mie de pain au vinaigre remplacé par Un peu de jus de citron et plus de jaune d’œuf
Sauce sans gluten, plus fluide et plus acidulée.
Variantes
Version express
Cuire 1,5 kg de plat de côte et de poitrine de bœuf 1 heure à la cocotte-minute avec les légumes du bouillon et 2,5 litres d’eau, et chauffer à côté un cotechino précuit. Préparer pendant ce temps le bagnet vert au hachoir.
Compromis : la viande est moins fondante et le bouillon moins limpide ; sans langue, le plat est plus simple mais moins typique.
Version gastronomique
Composer un gran bollito avec, en plus, de la joue et de la queue de bœuf, une demi-poule, une tête de veau roulée et un zampone, chaque pièce cuite dans son propre bouillon. Servir sur un chariot chauffé, avec trois sauces : bagnet vert, bagnet rouge aux tomates et poivrons, et cugnà, la confiture piémontaise au moût de raisin.
Finition : une tasse de bouillon de bœuf filtré servie à la fin du repas.
Dressage et accords
Disposer les viandes tranchées sur un grand plat chaud, par familles : la poitrine et le plat de côte, la langue en tranches rosées, le cotechino en rondelles épaisses. Les arroser d’une louche de bouillon bouillant et entourer de pommes de terre et de carottes. Poser sur la table le bagnet vert, un petit bol de gros sel et, si l’on veut, de la mostarda ou de la moutarde. Chacun se sert et se ressert, la marmite restant au chaud.
À boire, à servir avec
Vins rouges du Piémont : une Barbera d’Asti, dont l’acidité tranche avec la richesse des viandes, un Dolcetto d’Alba souple et fruité, ou un Nebbiolo d’Alba pour un repas de fête. Sans alcool : eau pétillante, jus de raisin rouge peu sucré.
Anti-gaspillage
- Les restes de bouilli font des mondeghili, des boulettes milanaises panées et frites au beurre.
- Le bœuf froid se sert aussi en salade, avec des oignons, des cornichons et un reste de bagnet vert.
- Le bouillon filtré et dégraissé sert de base à une soupe, à des pâtes en bouillon ou à un risotto.
- Le bagnet vert restant se garde 5 jours au frais, couvert d’huile, et accompagne des œufs durs ou des pommes de terre.
Questions fréquentes
Quels morceaux choisir pour un bollito maison ?
Au moins deux morceaux de bœuf de textures différentes, par exemple une poitrine et un plat de côte, plus un morceau plus original : langue, cotechino, poule ou tête de veau. Trois ou quatre pièces suffisent pour 8 personnes.
Faut-il mettre la viande dans l’eau froide ou bouillante ?
Pour le bollito, on la plonge dans l’eau bouillante : la viande est plus savoureuse et garde ses sucs. Si l’on cherche avant tout un bouillon riche, on part d’eau froide.
Pourquoi cuire la langue et le cotechino à part ?
La langue rend beaucoup d’écume et un goût marqué, et le cotechino est gras et salé : cuits avec le bœuf, ils troubleraient et saleraient le bouillon.
Comment savoir si le bœuf est cuit ?
Une fourchette doit entrer et ressortir sans effort, alors que le morceau se tient encore. Il faut en général 3 heures à 3 h 30 à petits frémissements.
Peut-on préparer le bagnet vert à l’avance ?
Oui, et c’est même conseillé : la veille ou au moins une heure avant. Il se garde 5 jours au réfrigérateur sous un film d’huile.
Que faire des restes de bollito ?
Des mondeghili, boulettes milanaises de bouilli frites au beurre, une salade de bœuf froid, et une soupe ou des pâtes avec le bouillon.
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Bollito misto alla piemontese à Paris
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