Marmite dieppoise en cocotte : poissons blancs, Saint-Jacques, moules et crevettes en sauce crème au cidre, assiette servieImage générée par IA
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Marmite dieppoise traditionnelle

Lotte, turbot, noix de Saint-Jacques, moules et crevettes pochés quelques minutes dans une sauce veloutée au cidre, aux poireaux et à la crème fraîche : la grande soupe de poissons normande de Dieppe, pour 6 personnes.

Préparation
35 min
Cuisson
45 min
Total
1 h 20
Difficulté
Moyenne
Coût estimé
58 – 80 €
soit ≈ 11,50 €/pers.
Portions
6 pers.

La marmite dieppoise est la grande soupe de poissons de la côte normande. Des morceaux de lotte et de turbot, des noix de Saint-Jacques, des moules et des crevettes y sont pochés quelques minutes dans une sauce blanche au cidre, aux poireaux fondus, aux champignons et à la crème fraîche. On la sert à l’assiette creuse, entre la soupe et le plat principal.

Cette version de référence est pensée pour réussir à la maison : chaque produit entre dans la sauce selon son temps de cuisson, la lotte d’abord, le turbot et les crevettes ensuite, les Saint-Jacques et les moules en tout dernier, hors du feu. Le jus des moules, soigneusement filtré, donne le goût de mer ; le cidre brut, l’acidité qui équilibre la crème. Le vin blanc sec, employé dans de nombreuses recettes, le remplace sans difficulté.

Comptez 35 minutes de préparation et 45 minutes de cuisson. Le turbot peut être remplacé par de la barbue ou des filets de sole, la lotte par du cabillaud ; les variantes et substitutions sont détaillées plus bas. La sauce peut être préparée à l’avance : il ne reste alors qu’à pocher les poissons, dix minutes avant de passer à table.

Fiche du plat
Marmite dieppoise
Histoire, origine & variantes →
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Ingrédients

6 personnes

Préparation

  1. 1
    Nettoyer les moules
    • Moules 1000 g

    Mettre les moules dans une bassine d’eau froide, les gratter au couteau pour retirer les petits coquillages, puis tirer sur le byssus, la touffe de filaments qui dépasse, pour l’arracher. Les rincer à plusieurs eaux sans les laisser tremper. Taper sur le plan de travail celles qui sont entrouvertes : si elles ne se referment pas, les jeter, comme celles dont la coquille est cassée.

    Moules propres, fermées, sans byssus ni sable.
  2. 2
    Préparer les poissons et les fruits de mer
    • Lotte 500 g
    • Turbot 400 g
    • Crevette 12

    Retirer la fine membrane grise qui entoure la lotte, puis la couper en médaillons épais de 3 cm. Vérifier qu’il ne reste pas d’arêtes dans les filets de turbot en passant le doigt à rebrousse-poil, et les tailler en morceaux de 5 cm. Retirer des noix de Saint-Jacques le petit muscle blanc et dur accolé sur le côté, les rincer rapidement et les éponger. Décortiquer les crevettes en gardant éventuellement la queue. Garder le tout au réfrigérateur jusqu’au moment de la cuisson.

    Morceaux de poisson réguliers, sans arêtes ni membrane ; noix sèches et nettes.
  3. 3
    Préparer les légumes
    • Poireau 2
    • Champignon de Paris 250 g

    Fendre les blancs de poireaux en deux dans la longueur, les rincer sous l’eau pour chasser la terre logée entre les feuilles, puis les émincer en fines demi-rondelles. Peler et ciseler les quatre échalotes en gardant deux d’entre elles à part pour les moules. Couper le pied terreux des champignons, les essuyer et les émincer en lamelles de 3 mm.

    Poireaux propres et finement émincés, échalotes ciselées, champignons en lamelles régulières.
  4. 4
    Ouvrir les moules

    Dans une grande cocotte, mettre les deux échalotes ciselées réservées, les 10 cl de cidre et les moules. Couvrir et chauffer à feu vif 4 à 5 minutes, en secouant la cocotte deux fois, jusqu’à ce que toutes les moules soient ouvertes. Les verser aussitôt dans une passoire posée sur un saladier pour recueillir tout le jus. Jeter celles qui sont restées fermées.

    Moules grandes ouvertes, chair orangée et dodue, jus abondant recueilli.
  5. 5
    Décortiquer et filtrer

    Dès qu’elles sont tièdes, retirer la plupart des moules de leurs coquilles et en garder une douzaine entières pour le décor. Filtrer le jus de cuisson à travers une passoire fine tapissée d’un papier absorbant ou d’une étamine : il contient souvent du sable. Goûter ce jus, naturellement salé, pour savoir combien saler la suite.

    Moules décortiquées couvertes pour ne pas sécher, jus clair et sans sable.
  6. 6
    Faire fondre poireaux et échalotes
    • Beurre doux 40 g
    • Échalote 2

    Rincer et essuyer la cocotte. Y faire fondre le beurre à feu moyen, ajouter les blancs de poireaux et les deux échalotes restantes, et les faire suer 8 minutes en remuant souvent, à couvert les premières minutes. Ils doivent devenir tendres et translucides, sans prendre de couleur : la marmite dieppoise est une préparation blanche.

    Poireaux fondants, brillants et toujours clairs.
  7. 7
    Ajouter les champignons

    Ajouter les lamelles de champignons dans la cocotte et poursuivre la cuisson 3 minutes à feu moyen, en remuant, jusqu’à ce qu’elles s’assouplissent et rendent un peu d’eau. Elles finiront de cuire dans la sauce.

    Champignons assouplis, sans coloration.
  8. 8
    Mouiller et faire infuser
    • Fumet de poisson 40 cl
    • Bouquet garni 1

    Verser le cidre restant et le laisser bouillonner à découvert 4 minutes, jusqu’à ce qu’il ait réduit de moitié : l’alcool s’évapore et la saveur de pomme se concentre. Ajouter le fumet de poisson, le jus des moules filtré et le bouquet garni, puis laisser frémir 10 minutes à découvert pour que la base prenne du goût.

    Bouillon parfumé, réduit d’environ un quart, au goût net de mer et de cidre.
  9. 9
    Crémer la sauce
    • Crème fraîche 30 cl

    Retirer le bouquet garni. Incorporer la crème fraîche au fouet et laisser bouillonner doucement 5 minutes, jusqu’à ce que la sauce épaississe légèrement et nappe à peine la cuillère : elle doit rester assez fluide pour être servie à la louche, comme un velouté. Goûter et saler seulement si nécessaire, puis poivrer.

    Sauce ivoire, veloutée, qui voile le dos de la cuillère.
  10. 10
    Pocher la lotte

    Baisser le feu pour que la sauce ne fasse plus que frémir. Plonger les médaillons de lotte, dont la chair ferme demande le plus de cuisson, et les pocher 3 minutes sans remuer, en les arrosant de sauce à la cuillère.

    Lotte devenue blanche et nacrée en surface.
  11. 11
    Ajouter le turbot et les crevettes

    Poser délicatement les morceaux de turbot et les crevettes dans la sauce, entre les médaillons de lotte, et poursuivre 3 minutes à petit frémissement. Ne remuer qu’en secouant doucement la cocotte : le turbot est fragile et se défait facilement.

    Turbot blanc et opaque qui commence à se détacher en feuillets ; crevettes roses.
  12. 12
    Finir avec les Saint-Jacques et les moules

    Ajouter les noix de Saint-Jacques et les moules décortiquées, puis les moules gardées dans leur coquille. Couvrir, couper le feu et laisser 2 minutes : la chaleur de la sauce suffit à cuire les noix, qui doivent rester nacrées à cœur, et à réchauffer les moules sans les durcir.

    Noix de Saint-Jacques tout juste opaques en surface, encore translucides au centre.
  13. 13
    Servir
    • Persil plat 6 brins
    • Cerfeuil 4 brins

    Ciseler le persil plat et le cerfeuil. Répartir les poissons et les fruits de mer dans des assiettes creuses préchauffées, verser la sauce par-dessus, décorer de quelques moules dans leur coquille et parsemer d’herbes. Servir aussitôt avec du pain grillé ou des pommes de terre vapeur.

    Assiettes fumantes, sauce ivoire, poissons entiers et brillants.

Matériel

En images

Photos de la fiche Marmite dieppoise

Avec vos appareils

Cocotte en fonte ou faitout

L’ustensile de référence : on y ouvre les moules, puis on y prépare la sauce et on y poche les poissons, en contrôlant facilement le frémissement. Point d’attention : rincer la cocotte après les moules pour éliminer le sable.

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Thermomix

Faire suer poireaux et échalotes avec le beurre 8 min, 100 °C, sens inverse, vitesse 1 ; ajouter champignons et cidre 5 min, Varoma, sens inverse, vitesse 1, gobelet retiré ; ajouter fumet, jus des moules ouvertes à part et crème, puis cuire 8 min, 100 °C, sens inverse, vitesse mijotage. Pocher lotte, turbot et crevettes dans le Varoma posé sur le bol pendant ces 8 minutes, et finir hors de l’appareil avec les Saint-Jacques et les moules. Point d’attention : ne jamais mettre les poissons dans le bol, ils seraient broyés.

Astuces du chef

  • Faites cuire les produits dans l’ordre de leur fermeté : la lotte, puis le turbot et les crevettes, enfin les Saint-Jacques et les moules déjà cuites.
  • Goûtez toujours le jus des moules avant de saler : selon la marée, il peut suffire à assaisonner toute la sauce.
  • Gardez les arêtes et la tête du turbot, ainsi que les carapaces des crevettes, pour un fumet maison : la sauce y gagne beaucoup.
  • Préférez un cidre brut fermier, sec et peu sucré ; un vin blanc sec et vif, comme un muscadet, convient aussi.
  • Préparez la sauce jusqu’à l’étape 9 quelques heures à l’avance : il suffira de la porter à frémissement et de pocher les poissons au dernier moment.
  • Une pointe de piment de Cayenne ou de curry, ajoutée dans la sauce par certains cuisiniers, relève discrètement la crème sans masquer les poissons.

Erreurs fréquentes

Poissons qui se défont

La sauce a bouilli ou les morceaux étaient trop petits : couper en gros morceaux, pocher à simple frémissement et ne pas remuer à la cuillère.

Saint-Jacques caoutchouteuses

Elles ont trop cuit : les ajouter en tout dernier, feu coupé, et les laisser 2 minutes à couvert dans la sauce chaude.

Sauce trop salée

Le jus des moules et le fumet étaient déjà salés : ne saler qu’à la fin, et allonger si besoin avec un peu de crème ou d’eau.

Sable dans les assiettes

Le jus des moules n’a pas été filtré : le passer à travers un papier absorbant ou une étamine avant de l’utiliser.

Sauce trop épaisse ou lourde

Elle a trop réduit : la détendre avec un peu de fumet chaud ; la marmite doit rester une soupe veloutée.

Goût acide ou alcoolisé

Le cidre n’a pas assez réduit : le faire bouillonner à découvert avant d’ajouter le fumet.

Remplacer un ingrédient

  • Turbot remplacé par Barbue, filets de sole, de saint-pierre ou de cabillaud

    La barbue et la sole gardent la finesse du plat ; le cabillaud est plus économique, mais plus fragile : le pocher seulement 2 à 3 minutes.

  • Lotte remplacé par Cabillaud en pavés épais ou lieu jaune

    Chair moins ferme et moins coûteuse ; l’ajouter en même temps que le turbot.

  • Cidre brut remplacé par Vin blanc sec, comme un muscadet

    Sauce plus vive et minérale, sans la note de pomme ; c’est la version la plus répandue en restaurant.

  • Noix de Saint-Jacques remplacé par Pétoncles ou queues de langoustines

    Les pétoncles, plus petites, cuisent en une minute ; les langoustines donnent une marmite plus festive.

  • Fumet de poisson remplacé par Bouillon de légumes léger allongé du jus des moules

    Sauce moins profonde en goût : réduire un peu plus le cidre pour compenser.

Variantes

Version express

En 30 minutes : faire fondre 2 blancs de poireaux émincés au beurre 5 minutes, mouiller avec 20 cl de cidre et 40 cl de fumet, réduire 5 minutes, puis ajouter 30 cl de crème. Pocher 800 g de cabillaud en gros morceaux 4 minutes, ajouter 300 g de moules décortiquées surgelées et 12 crevettes cuites 2 minutes.

Compromis : sans le jus frais des moules ni les Saint-Jacques, la sauce est moins iodée, mais le plat reste généreux et rapide.

Version gastronomique

Préparer un fumet maison avec les arêtes et la tête du turbot, monter la sauce avec une crème d’Isigny et une noix de beurre froid, et ajouter quelques langoustines et des coques.

Finition : poireaux taillés en julienne et frits pour le croustillant, noix de Saint-Jacques simplement saisies à part et posées sur la marmite au moment de servir, quelques crevettes grises décortiquées et du cerfeuil frais.

Dressage et accords

Servir la marmite dieppoise dans des assiettes creuses bien chaudes : répartir d’abord les morceaux de lotte et de turbot, ajouter deux noix de Saint-Jacques, deux crevettes et quelques moules décortiquées, puis napper de sauce à la louche. Décorer de deux ou trois moules dans leur coquille et parsemer de persil plat et de cerfeuil ciselés. Pour un repas convivial, apporter la cocotte à table et servir devant les convives, avec une corbeille de pain grillé.

À boire, à servir avec

Cidre : un cidre brut fermier, servi frais, prolonge la sauce. Vin blanc : un muscadet sèvre-et-maine sur lie, vif et iodé, ou un chablis, dont la minéralité accompagne les fruits de mer et la crème. Sans alcool : une eau pétillante au citron ou un jus de pomme brut pétillant.

Anti-gaspillage

  • Les arêtes, la tête du turbot et les carapaces des crevettes font un excellent fumet, à congeler pour une prochaine sauce.
  • Les verts de poireaux s’ajoutent au fumet ou à une soupe de légumes.
  • Un reste de sauce, sans les poissons, se sert sur des pâtes fraîches ou se transforme en gratin avec des pommes de terre.
  • Les pieds de champignons parfument le fumet avec les arêtes.

Questions fréquentes

Quels poissons mettre dans une marmite dieppoise ?

Des poissons à chair blanche et ferme de la Manche : la lotte, le turbot, la barbue et la sole sont les plus classiques. On en associe généralement deux ou trois, en comptant environ 150 g par personne. Le cabillaud ou le lieu jaune conviennent pour une version plus économique, à condition de les pocher moins longtemps.

Cidre ou vin blanc dans la marmite dieppoise ?

Les deux sont pratiqués. Le cidre brut donne une note de pomme et une acidité douce, très normandes ; le vin blanc sec, comme un muscadet, rend la sauce plus vive et minérale. Dans les deux cas, il faut le faire réduire avant d’ajouter le fumet, pour évaporer l’alcool et concentrer les arômes.

Comment éviter que le poisson se défasse ?

Taillez des morceaux assez gros, 3 cm pour la lotte et 5 cm pour le turbot, et pochez-les à simple frémissement, sans jamais laisser la sauce bouillir. Ajoutez-les dans l’ordre de leur fermeté et ne remuez pas à la cuillère : secouez doucement la cocotte pour les enrober de sauce.

Peut-on préparer la marmite dieppoise à l’avance ?

Oui, en partie. La sauce peut être préparée jusqu’à l’ajout de la crème plusieurs heures à l’avance et gardée au réfrigérateur ; les moules ouvertes et décortiquées aussi. Au dernier moment, portez la sauce à frémissement et pochez les poissons et les Saint-Jacques : ils doivent être cuits juste avant de servir.

Peut-on utiliser des fruits de mer surgelés ?

Oui, pour les crevettes et les noix de Saint-Jacques, à condition de les décongeler lentement au réfrigérateur et de bien les éponger. Les moules décortiquées surgelées dépannent, mais sans leur jus la sauce perd une partie de son goût iodé. Pour les poissons, le frais reste préférable.

Avec quoi servir la marmite dieppoise ?

Avec du pain grillé ou frotté d’ail pour saucer, ou avec quelques pommes de terre vapeur posées dans l’assiette. Servie en plat unique, elle se suffit à elle-même. Côté boisson, un cidre brut ou un vin blanc sec et iodé comme un muscadet s’accordent bien avec la crème et les fruits de mer.

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