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Nihari de bœuf, ragoût de jarret mijoté aux épices

Le grand ragoût du matin de l’Inde du Nord à la maison : jarret de bœuf saisi au ghee, mijoté de longues heures dans un bouillon parfumé au fenouil, aux cardamomes et au gingembre, lié à la farine et servi avec gingembre, piment vert, coriandre, citron et pain chaud.

Préparation
35 min
Cuisson
4 h 20
Total
4 h 55
Difficulté
Moyenne
Coût estimé
26 – 36 €
soit ≈ 5,10 €/pers.
Portions
6 pers.

Le nihari est un ragoût de jarret de bœuf ou de mouton, cuit si longtemps que la viande se détache de l’os et que le bouillon devient une sauce épaisse, brillante de ghee et chargée d’épices chaudes. Dans la vieille ville de Delhi, on le mijote toute la nuit pour le servir au petit matin, avec un pain levé et un trait de citron.

Cette recette garde l’esprit du plat en raccourcissant la cuisson : une cocotte en fonte au four à 150 °C remplace le chaudron scellé, et 3 h 30 suffisent pour un jarret fondant. Le mélange d’épices est torréfié et moulu maison, la sauce liée à la farine de blé en fin de cuisson, puis couronnée d’un ghee pimenté. Les garnitures fraîches, posées sur la table, font le reste.

Fiche du plat
Nihari
Histoire, origine & variantes →
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Ingrédients

6 personnes

Préparation

  1. 1
    Torréfier les épices entières
    • Graines de fenouil 1 c. à soupe
    • Cumin 1 c. à café
    • Cardamome 6 gousses
    • Clou de girofle 6
    • Cannelle 1 bâton
    • Poivre noir 1 c. à café

    Ouvrir les gousses de cardamome verte et noire pour en récupérer les graines (garder les cosses vertes, elles parfument aussi). Dans une poêle à fond épais, sans matière grasse, torréfier à feu moyen les graines de fenouil, le cumin, les cardamomes, les clous de girofle, la cannelle cassée en morceaux, le poivre noir et l’étoile de badiane, en remuant sans cesse, 2 à 3 minutes, jusqu’à ce qu’ils embaument. Les verser aussitôt dans une assiette pour stopper la cuisson.

    Épices un peu plus foncées, parfum chaud et boisé.
  2. 2
    Moudre le mélange d’épices
    • Noix de muscade 0,25 c. à café
    • Piment du Cachemire 3 c. à café
    • Curcuma 0,5 c. à café
    • Coriandre 1 bouquet

    Laisser refroidir les épices torréfiées 5 minutes, puis les moudre finement au moulin à épices ou au mortier. Mélanger la poudre obtenue avec la coriandre moulue, le gingembre sec, la noix de muscade râpée, 2 cuillères à café de piment du Cachemire et le curcuma. C’est le « nihari masala » : en garder 2 cuillères à café à part pour la finition.

    Poudre fine, homogène, d’un brun rougeâtre.
  3. 3
    Préparer la pâte d’ail et de gingembre
    • Ail 8 gousses
    • Eau 2 l

    Peler les gousses d’ail et 40 g de gingembre. Les mixer au mixeur plongeant avec 2 cuillères à soupe d’eau prélevées sur le total, ou les râper très finement, jusqu’à obtenir une pâte lisse. Tailler à part les 20 g de gingembre restants en fine julienne pour le service et les garder dans un peu d’eau froide.

    Pâte lisse, sans morceaux.
  4. 4
    Frire les oignons au ghee
    • Oignon jaune 2
    • Ghee 20 g

    Chauffer 80 g de ghee dans la cocotte en fonte à feu moyen. Y jeter les oignons émincés finement et les cuire 15 à 20 minutes en remuant régulièrement, jusqu’à ce qu’ils soient d’un brun doré profond et commencent à croustiller. Les retirer à l’écumoire en laissant le ghee dans la cocotte, et les étaler sur une assiette : ils vont devenir croustillants en refroidissant.

    Oignons uniformément brun doré, ni pâles ni noirs.
  5. 5
    Saisir le jarret
    • Jarret de bœuf 1500 g

    Préchauffer le four à 150 °C. Dans le ghee restant, bien chaud, saisir les tranches de jarret épongées, en deux fournées pour ne pas surcharger la cocotte, 3 à 4 minutes par face, jusqu’à ce qu’elles soient bien colorées. Les remettre toutes dans la cocotte.

    Viande dorée sur ses deux faces, sucs bruns au fond de la cocotte.
  6. 6
    Ajouter l’ail, le gingembre et les épices

    Baisser à feu moyen-doux. Ajouter la pâte d’ail et de gingembre et la faire revenir 2 minutes en remuant, jusqu’à ce que son odeur crue disparaisse. Ajouter le mélange d’épices, en gardant 2 cuillères à café pour la finition, et remuer 1 minute pour bien enrober la viande : les épices doivent griller dans le ghee sans brûler. Ajouter un trait d’eau si le fond accroche.

    Viande enrobée d’une pâte rougeâtre très parfumée.
  7. 7
    Mouiller et écumer
    • Laurier-sauce 2 feuilles
    • Sel 1,5 c. à café

    Verser l’eau chaude en grattant le fond pour décoller les sucs. Ajouter le sel, les feuilles de laurier et la moitié des oignons frits, émiettés entre les doigts : ils fondront dans la sauce et lui donneront sa couleur brune. Porter à frémissement et retirer l’écume grise qui monte en surface pendant quelques minutes.

    Bouillon brun clair, frémissant, surface propre.
  8. 8
    Lancer la longue cuisson au four

    Couvrir la cocotte de son couvercle et l’enfourner à 150 °C. Laisser cuire 2 heures sans soulever le couvercle : la chaleur douce et enveloppante du four imite la cuisson lente et scellée des grands chaudrons de nihari.

    Bouillon frémissant à peine au bord quand on soulève le couvercle.
  9. 9
    Ajouter les os à moelle et poursuivre
    • Os à moelle 500 g

    Sortir la cocotte, glisser les tronçons d’os à moelle entre les morceaux de viande et ajouter un peu d’eau chaude si la viande n’est plus couverte aux trois quarts. Remettre au four, couvert, environ 1 h 30. Le jarret est prêt quand il se détache de l’os et s’écrase à la cuillère. Sans os à moelle, poursuivre simplement la cuisson.

    Viande qui se détache de l’os à la fourchette, moelle tremblotante.
  10. 10
    Préparer les garnitures
    • Piment vert 3
    • Citron 2

    Pendant la cuisson, ciseler grossièrement la coriandre fraîche, émincer les piments verts en rondelles, égoutter la julienne de gingembre et couper les citrons en quartiers. Disposer chaque garniture dans un petit bol, avec le reste des oignons frits : chacun garnira son bol à table.

    Garnitures fraîches et prêtes avant la liaison.
  11. 11
    Lier la sauce à la farine
    • Farine de blé 40 g

    Poser la cocotte sur feu doux. Pour plus de goût, torréfier d’abord la farine 2 minutes à sec dans une poêle, jusqu’à ce qu’elle sente la noisette, puis la laisser refroidir. La délayer au fouet dans une louche de bouillon tiédi pour obtenir une pâte lisse sans grumeaux, la verser en filet dans la cocotte en remuant doucement autour de la viande, puis laisser frémir 15 à 20 minutes à découvert. Goûter et rectifier le sel.

    Sauce soyeuse qui nappe la cuillère, sans goût de farine crue.
  12. 12
    Préparer le ghee pimenté

    Chauffer 20 g de ghee dans une petite casserole jusqu’à ce qu’il frémisse. Hors du feu, ajouter les 2 cuillères à café de mélange d’épices réservées et 1 cuillère à café de piment du Cachemire : le ghee devient rouge vif en quelques secondes. Le verser aussitôt à la surface du nihari, sans mélanger.

    Ghee rouge orangé et parfumé, épices non brûlées.
  13. 13
    Laisser reposer

    Couvrir la cocotte et la laisser reposer 5 minutes hors du feu. Le ghee pimenté forme à la surface une couche rouge brillante, que les amateurs appellent parfois « tari » : on en prend un peu dans chaque louche.

    Fine couche de ghee rouge à la surface d’une sauce brune épaisse.
  14. 14
    Servir avec les garnitures et le pain

    Dans chaque bol creux, déposer un morceau de jarret, éventuellement un os à moelle, et couvrir de sauce en prenant un peu du ghee de surface. Laisser chacun ajouter gingembre, piment vert, coriandre, oignons frits et un trait de citron. Servir avec le pain réchauffé, que l’on déchire pour saisir la viande et saucer.

    Bol brûlant, sauce épaisse, garnitures fraîches posées au dernier moment.

Matériel

Avec vos appareils

Four traditionnel

Cocotte en fonte couverte à 150 °C, 3 h 30 environ, os à moelle ajoutés après 2 heures. Point d’attention : vérifier le niveau de liquide à mi-cuisson, la viande doit rester couverte aux trois quarts.

Cocotte

Sur la plaque à feu très doux, couvercle fermé, 4 heures environ, en remuant toutes les heures. Point d’attention : un diffuseur de chaleur évite que la sauce attache au fond.

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Cookeo

Mode dorer pour les oignons, la viande et les épices, puis 1,2 l d’eau et 1 h 15 de cuisson sous pression, et liaison en mode dorer 10 minutes. Point d’attention : ne pas dépasser le niveau maximum de la cuve et ajouter les os à moelle dès le départ, la cuisson étant courte.

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Autocuiseur

Après avoir saisi et épicé dans la cuve, 1 h 15 sous pression à feu doux dès la mise en rotation, puis liaison à découvert. Point d’attention : laisser la pression retomber naturellement pour garder la viande moelleuse.

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Astuces du chef

  • Choisissez du jarret avec l’os et demandez des tranches épaisses : la moelle et le collagène donnent au nihari son velouté.
  • Torréfiez la farine à sec avant de l’incorporer : elle perd son goût cru et apporte une note de noisette.
  • Cuisez la veille : refroidi une nuit, le nihari se dégraisse facilement et gagne en profondeur.
  • Gardez une louche de nihari de la veille pour la prochaine fournée : c’est le principe du « taar » des échoppes, à la maison.
  • Pour un nihari plus relevé, comme dans certaines échoppes de Delhi, doublez le piment du Cachemire et ajoutez une pincée de piment de Cayenne au ghee de finition.

Erreurs fréquentes

Viande encore ferme

Le jarret n’a pas assez cuit : prolonger de 30 minutes à 1 heure au four, couvert, en ajoutant de l’eau chaude si besoin.

Sauce trop liquide

Délayer 1 à 2 cuillères à soupe de farine supplémentaires dans un peu de bouillon et laisser frémir 10 minutes, ou réduire à découvert.

Sauce grumeleuse

Farine versée trop vite : passer la sauce au chinois en gardant la viande à part, puis la remettre dans la cocotte.

Goût amer

Épices ou oignons trop grillés : ajouter un peu de bouillon, du gingembre frais et davantage de citron au service, et surveiller la torréfaction la prochaine fois.

Plat trop gras

Cuire la veille, réfrigérer et retirer une partie de la graisse figée avant de réchauffer ; garder seulement une fine couche en surface.

Sauce trop salée

Allonger d’eau chaude, laisser frémir quelques minutes et compenser avec une pointe de farine délayée pour retrouver la texture.

Remplacer un ingrédient

  • Jarret de bœuf remplacé par Jarret de mouton ou souris d’agneau

    Goût plus marqué, cuisson un peu plus courte (2 h 30 à 3 h).

  • Jarret de bœuf remplacé par Joue ou paleron de bœuf

    Fondant aussi, mais sans l’os ni la moelle : sauce moins veloutée.

  • Ghee remplacé par Huile neutre et une noix de beurre

    Goût moins beurré et noiseté, risque de brûler plus vite à la saisie.

  • Farine complète (atta) remplacé par Farine de blé T55 ou T65

    Liaison identique, goût un peu moins rustique.

  • Mélange d’épices maison remplacé par Garam masala et une cuillère de graines de fenouil moulues

    Plus simple, profil moins précis et moins anisé.

  • Naan remplacé par Pain pita ou pain plat levé

    Même usage pour saucer, texture moins moelleuse.

Variantes

Version express

À l’autocuiseur : mêmes étapes jusqu’au mouillage avec seulement 1,2 l d’eau, puis 1 h 15 sous pression et une liaison de 10 minutes à feu doux. Comptez 2 heures au total.

Compromis : sauce un peu moins profonde, moelle plus fondue.

Version gastronomique

La version traditionnelle des échoppes : cuire le nihari une nuit entière au four à 100-110 °C, couvercle scellé d’une bande de pâte, avec un mélange d’épices enrichi de poivre long et de macis, et du jarret de mouton et de bœuf mêlés. Ajouter au matin une louche du nihari précédent, puis lier et servir avec des khamiri roti, pains levés maison cuits très chauds.

Finition : os à moelle servis à part, à aspirer ou à étaler sur le pain.

Dressage et accords

Servir le nihari dans des bols creux en métal ou en terre, un morceau de jarret au centre, un os à moelle à côté, la sauce généreuse et luisante de ghee rouge. Poser au milieu de la table de petits bols de gingembre en julienne, de piment vert, de coriandre, d’oignons frits et de quartiers de citron, et une corbeille de pains chauds.

À boire, à servir avec

Thé chaï au lait, l’accompagnement des petits matins de Delhi, ou un lassi salé. Bière : une blonde maltée ou une ambrée. Vin : un rouge épicé et souple, côtes-du-rhône ou grenache, ou un gewurztraminer sec. Sans alcool : eau citronnée, thé noir.

Anti-gaspillage

  • Le reste de sauce, allongé d’un peu d’eau, fait une soupe épicée réconfortante avec du riz ou des lentilles.
  • La viande effilochée garnit des parathas ou des wraps avec des oignons crus et du citron.
  • Les tiges de coriandre, hachées, peuvent aller dans la sauce dès le mouillage.
  • Le ghee figé récupéré en surface sert à faire revenir les épices d’un dal.

Questions fréquentes

Quel morceau choisir pour un nihari ?

Du jarret avec l’os, de bœuf, de mouton ou d’agneau, en tranches épaisses. Le collagène et la moelle donnent à la sauce sa texture veloutée.

Faut-il vraiment cuire toute la nuit ?

Non : dans les échoppes, on cuit de grandes quantités toute la nuit. À la maison, 3 h 30 au four à 150 °C ou 1 h 15 en autocuiseur suffisent pour une viande fondante.

Pourquoi ajouter de la farine ?

Elle lie le bouillon en fin de cuisson et donne au nihari sa texture épaisse et soyeuse. La farine complète (atta) est traditionnelle.

Le nihari est-il très piquant ?

Cette version est moyennement relevée : le piment du Cachemire colore plus qu’il ne pique. Chacun ajoute du piment vert à table selon son goût.

Peut-on le préparer à l’avance ?

Oui, c’est même meilleur : cuire la veille, réfrigérer, dégraisser, puis réchauffer et faire le ghee pimenté au moment de servir.

Avec quoi servir le nihari ?

Avec un pain levé chaud (khamiri roti, naan ou kulcha), du gingembre en julienne, du piment vert, de la coriandre, des oignons frits et du citron.

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