Thiéboudienne, vue principaleImage générée par IA
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SénégalSénégalPlat principal complet

Thiéboudienne (ceebu jën)

Un riz rouge qui a bu toute la sauce, un poisson farci au persil et au piment, des légumes entiers et la croûte dorée du fond de la marmite : le plat national du Sénégal, servi dans le grand plat que l’on partage.

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Origine Plat national du Sénégal
Service Chaud
Difficulté Intermédiaire
Durée moyenne 3 h
Allergènes Poisson ; arachide (huile d’arachide, remplaçable par une huile neutre) ; mollusques si l’on ajoute du yet (coquillage fermenté)

Thiéboudienne (ceebu jën) : qu’est-ce que c’est ?

Le thiéboudienne, en wolof ceebu jën, littéralement « riz au poisson », est considéré comme le plat national du Sénégal. Un poisson, idéalement du thiof, est farci d’un hachis de persil, d’ail et de piment, le rof, puis mijoté dans une sauce tomate avec de gros morceaux de chou, de manioc, de carotte, d’aubergine et de gombo. Le riz cuit ensuite dans ce bouillon, dont il prend la couleur et toutes les saveurs.

On le sert au déjeuner dans un grand plat commun, le riz étalé, le poisson au centre et les légumes autour. Chacun mange dans la part qui lui fait face, à la main ou à la cuillère, et l’on se dispute le xooñ, le riz doré et croustillant du fond de la marmite. Le plat incarne la teranga, l’hospitalité sénégalaise : il y a toujours une part pour l’invité qui arrive.

Sa version la plus connue est rouge, à la tomate ; il existe aussi un thiéboudienne blanc, sans tomate, et des versions à la viande ou au poisson séché. Associé par la tradition à la ville de Saint-Louis, il est inscrit depuis 2021 au patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO, sous le nom de « ceebu jën, art culinaire du Sénégal ».

Histoire & origine

Le nom dit l’essentiel : en wolof, ceebu jën signifie « riz au poisson », de ceeb, le riz, et jën, le poisson. Les graphies françaises varient, thiéboudienne, thiéboudieune, thiébou dieune, et le plat est souvent appelé simplement thieb. Il réunit les deux ressources d’un pays tourné vers l’océan et vers le fleuve : le poisson débarqué par les pirogues de la côte, et le riz, cultivé de longue date en Casamance et dans la vallée du fleuve Sénégal.

La tradition orale attache sa naissance à Saint-Louis, l’ancienne capitale de la colonie, bâtie sur une île à l’embouchure du fleuve, et à une cuisinière saint-louisienne, Penda Mbaye, dont le nom reste associé, chez certains cuisiniers, à la version rouge du plat. Les récits divergent sur l’époque et les circonstances de cette invention, et il faut les prendre comme une mémoire collective plutôt que comme une histoire datée ; ils disent en tout cas l’attachement du Sénégal à la cuisine saint-louisienne, réputée pour sa finesse.

Le plat tel qu’on le connaît aujourd’hui doit beaucoup à l’époque coloniale. L’administration française pousse alors à la culture de l’arachide pour l’exportation, au détriment des cultures vivrières, et le Sénégal importe de grandes quantités de riz brisé, notamment d’Indochine : ces grains cassés, bon marché, deviennent le riz du quotidien. L’habitude est restée, et le riz brisé est toujours, pour beaucoup de Sénégalais, le seul qui convienne au thiéboudienne. La tomate, en concentré, donne ensuite au plat la couleur rouge qui en est devenue la signature, tandis que la version blanche, sans tomate, se prépare toujours.

En décembre 2021, l’UNESCO a inscrit « le ceebu jën, art culinaire du Sénégal » sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. L’inscription ne protège pas une recette figée : elle reconnaît un savoir-faire transmis surtout par les femmes, de génération en génération, et les valeurs de partage et d’hospitalité qui entourent le repas. Le plat fait face aujourd’hui à la raréfaction du thiof, dont le prix a fortement augmenté, et se cuisine de plus en plus avec d’autres poissons. Il a suivi la diaspora sénégalaise, en France notamment, où il est devenu un classique des restaurants africains et des repas de famille.

Le saviez-vous ?

Ceebu jën signifie simplement « riz au poisson » en wolof ; on dit ceebu yapp quand le poisson est remplacé par de la viande. Le xooñ, la croûte de riz doré du fond de la marmite, est souvent réservé aux enfants ou aux invités de marque, selon les familles. Au Sénégal, le thiéboudienne se mange traditionnellement au déjeuner, autour d’un grand plat posé au sol ou sur une table basse, chacun mangeant dans la portion qui lui fait face. Le riz brisé, si apprécié au Sénégal, était à l’origine un sous-produit du décorticage, vendu moins cher que le riz entier. L’inscription de 2021 à l’UNESCO porte sur l’art culinaire du ceebu jën dans son ensemble : savoir-faire, transmission et valeurs de partage, plus qu’une recette unique.

Composition traditionnelle

Un plat complet en trois temps : un poisson farci qui parfume la sauce, des légumes mijotés en gros morceaux, puis un riz cuit dans le bouillon jusqu’à former une croûte au fond de la marmite.

1 Poisson thiof (mérou blanc) traditionnellement, ou autre poisson à chair ferme en darnes ou entier, farci de rof
2 Rof persil, ail, piment, cébette ou oignon vert, poivre et sel pilés ensemble, parfois avec un cube de bouillon
3 Sauce oignons, concentré de tomate cuit longuement dans l’huile, laurier, piment entier ; parfois tamarin
4 Légumes chou, manioc, carotte, navet, aubergine ou jaxatu, patate douce, courge, gombo, selon le marché
5 Riz blanc riz brisé, cuit dans le bouillon de cuisson puis à l’étouffée, avec son xooñ Voir la fiche →
6 Saveurs d’appoint yet (coquillage fermenté séché) et guedj (poisson fermenté séché), facultatifs mais très appréciés
Ce que la recette traditionnelle ne contient pas
Riz cuit à part puis nappé de sauce : dans le thiéboudienne, le riz cuit dans le bouillon des légumes et du poisson Riz cuit dans une sauce tomate épicée sans poisson ni légumes en morceaux (c’est le riz au gras, ou jollof) Riz cuit au safran dans une poêle large avec viandes et haricots (c’est la paella) Poisson cuit dans une soupe safranée servie avec des croûtons (c’est la bouillabaisse)
La recette

Thiéboudienne au poisson (ceebu jën)

Un poisson farci au rof de persil, d’ail et de piment, une sauce tomate mijotée jusqu’à ce que l’huile remonte, de gros légumes fondants et un riz brisé cuit dans le bouillon jusqu’au xooñ croustillant : la recette de référence…

Temps total
3 h
Difficulté
Intermédiaire
Portions
6 pers.
Coût / pers.
≈ 8,50 €
Voir la recette pas à pas → 27 ingrédients · 14 étapes

Le matériel pour réussir la thiéboudienne (ceebu jën)

Ustensiles utilisés dans la recette Thiéboudienne au poisson (ceebu jën).

Conseils de réussite

  • Choisir un poisson à chair ferme, en darnes épaisses, qui ne s’effilochera pas dans la sauce.
  • Piler le rof grossièrement et l’enfoncer profondément dans les entailles du poisson.
  • Cuire le concentré de tomate dans l’huile jusqu’à ce que celle-ci remonte en surface.
  • Ajouter les légumes en deux fois, des plus fermes aux plus tendres.
  • Mesurer le bouillon avant d’y verser le riz brisé, puis finir à l’étouffée.
  • Laisser la marmite quelques minutes de plus sur feu doux pour obtenir le xooñ.

Erreurs fréquentes

  • Sauce acide Concentré de tomate mouillé trop tôt, avant que l’huile ne remonte : le plat garde un goût de tomate crue.
  • Riz pâteux Trop de bouillon ou riz remué sans cesse : les grains éclatent et collent.
  • Légumes défaits Morceaux trop petits ou tous ajoutés en même temps : ils se transforment en purée.
  • Poisson émietté Poisson trop fragile ou bouillon trop vif : il se délite dans la sauce.

Variantes

Traditionnelle
Ceebu jën rouge (bu xonq)

La version la plus répandue, à la sauce tomate, au riz orangé ; c’est celle de la recette de référence.

Traditionnelle
Ceebu jën blanc (bu weex)

Sans tomate : un riz clair, au goût plus marqué de poisson, de rof et de légumes.

Traditionnelle
Ceebu yapp

Le riz à la viande, de bœuf ou de mouton, cuit selon le même principe, fréquent lors des fêtes.

Traditionnelle
Thieb au poisson séché ou fumé

Version plus économique au poisson séché, fumé ou salé, au goût puissant.

Traditionnelle
Avec jaxatu et tamarin

Aubergines amères africaines et pointe d’acidité de tamarin dans la sauce, selon les familles.

Inspirée
Thieb aux fruits de mer

Poisson accompagné de crevettes ou de seiches ajoutées en fin de cuisson.

Adaptée
Version de France

Mérou, dorade ou capitaine, riz long à défaut de riz brisé et légumes de saison, sans yet ni guedj.

Adaptations par appareil

Cocotte Cookeo

Seuls les appareils réellement pertinents pour ce plat sont affichés.

Conserver et réchauffer

  • 2 jours au réfrigérateur, riz d’un côté, poisson et légumes de l’autre, dans des boîtes fermées.
  • Ne pas laisser le plat plus de 2 heures à température ambiante, en raison du poisson et du riz.
  • Le xooñ se garde à part pour rester croustillant.
  • RéchauffageRiz à couvert à feu doux avec quelques cuillerées d’eau ou de bouillon ; poisson et légumes doucement dans un peu de sauce, sans bouillir ; le xooñ 2 minutes à la poêle sèche.
  • CongélationDéconseillée pour le plat complet : le poisson se dessèche et le manioc devient spongieux. Congeler plutôt la sauce et le bouillon seuls, 3 mois.
Via Rankeat

Thiéboudienne (ceebu jën) à Paris : les meilleures adresses

  1. Moonlight à Paris Moonlight 13ᵉ arrondissement · cuisine africaine, spécialités camerounaises · €€€ 4,5/5 Note Rankeat Google 4,5 · 928 avis
  2. Le Stendhal Paris 20 à Paris Le Stendhal Paris 20 20ᵉ arrondissement · française, africaine · €€ 4,32/5 Note Rankeat Google 4,3 · 276 avis
Les meilleurs restaurants de thiéboudienne (ceebu jën) à Paris sur Rankeat →

Classement et notes : Rankeat · mis à jour le 25 octobre 2026

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Pour aller plus loin

Repères, techniques, histoire et vocabulaire pour tout savoir sur thiéboudienne (ceebu jën).

À quoi reconnaître un plat réussi ?

  • Riz tendre, aux grains détachés, d’une couleur orangée uniforme, qui a le goût de la sauce jusqu’au cœur.
  • Poisson entier, juteux, au rof vert bien visible dans les entailles.
  • Légumes entiers et fondants, ni fermes ni en purée.
  • Sauce profonde, sans acidité de tomate crue, ni trop grasse ni trop salée.
  • Xooñ doré et croustillant, sans goût de brûlé.
  • Piquant présent mais maîtrisé, avec le piment servi à part.

Techniques

Farce au rof

Inciser le poisson jusqu’à l’arête et enfoncer le hachis de persil, d’ail et de piment dans chaque entaille.

Sauce « jusqu’à ce que l’huile remonte »

Cuire longuement le concentré de tomate dans l’huile pour en ôter l’acidité.

Cuisson des légumes en deux temps

Légumes fermes d’abord, légumes tendres et poisson ensuite, pour que tout reste entier.

Riz cuit dans le bouillon mesuré

Laisser le riz absorber le bouillon à découvert, puis le finir à l’étouffée.

Xooñ

Prolonger la cuisson sur feu doux, sans remuer, pour faire dorer le fond de riz.

Alternatives

Variante
Ceebu yapp

Le même principe de riz cuit dans la sauce, à la viande de bœuf ou de mouton.

Proche
Jambalaya

Riz louisianais cuit dans une sauce tomatée relevée, avec poulet, saucisse et crevettes.

Proche
Paella valencienne

Riz cuit en couche fine dans un bouillon safrané, au fond grillé recherché.

Proche
Biryani

Riz parfumé cuit avec une viande ou un poisson épicé, à l’étouffée.

Chronologie

Avant l’époque coloniale
Le riz est cultivé en Casamance et dans la vallée du fleuve Sénégal ; riz et poisson se cuisinent déjà ensemble sur la côte et le long du fleuve.
Époque coloniale
La culture de l’arachide pour l’exportation se développe ; le Sénégal importe massivement du riz brisé, notamment d’Indochine, qui devient le riz du quotidien.
Date non établie
Selon la tradition orale, la cuisinière saint-louisienne Penda Mbaye met au point le riz au poisson qui deviendra le plat national.
XXe siècle
La version rouge, au concentré de tomate, s’impose et le thiéboudienne devient le plat de référence du déjeuner sénégalais.
Décembre 2021
L’UNESCO inscrit « le ceebu jën, art culinaire du Sénégal » sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

Service & accords

Le thiéboudienne est le plat du déjeuner par excellence au Sénégal. Il se sert dans un grand plat rond et creux, posé au centre : le riz étalé, le poisson au milieu, les légumes tout autour, le xooñ sur le bord. Les convives mangent ensemble, chacun dans la portion qui lui fait face, à la main droite ou à la cuillère, et la personne qui a cuisiné répartit les morceaux de poisson et de légumes vers chacun.

Au restaurant : dans les restaurants sénégalais, en Afrique comme en France, il est souvent servi à l’assiette, en portion individuelle, avec un quartier de citron vert et du piment à part ; certains le proposent seulement certains jours de la semaine, car sa préparation est longue.

À la maison : on le prépare en grande quantité pour toute la famille et les visiteurs, dans l’esprit de la teranga, et le repas se prolonge par les trois services de l’ataya, le thé à la menthe.

Sans alcool : les boissons sénégalaises sont les accords naturels du plat : jus de bissap à la fleur d’hibiscus, jus de gingembre bien relevé ou jus de bouye, à base de fruit du baobab.

Blanc : un vin blanc sec et fruité, comme un côtes-de-gascogne ou un blanc de Provence, dont la fraîcheur accompagne le poisson et la sauce tomatée.

Rosé : un rosé sec, servi bien frais, qui supporte la chaleur du piment.

Anecdotes

  • Au Sénégal, on dit volontiers que l’on reconnaît une bonne cuisinière à son thiéboudienne, et chaque famille défend sa manière de le préparer.
  • La raréfaction du thiof a fait de son prix un sujet de conversation courant au Sénégal, et beaucoup de foyers le remplacent par d’autres poissons.
  • Dans la diaspora, le thiéboudienne est souvent le plat des grandes réunions de famille et des fêtes associatives.

Lexique

Ceebu jën
Nom wolof du thiéboudienne : « riz au poisson ».
Ceebu yapp
Riz à la viande, préparé selon le même principe.
Thiof
Mérou blanc des côtes d’Afrique de l’Ouest, poisson de référence du plat.
Rof
Hachis pilé de persil, d’ail, de piment et d’oignon vert qui farcit le poisson.
Xooñ
Croûte de riz doré et croustillant au fond de la marmite.
Yet
Gros coquillage marin fermenté puis séché, utilisé comme condiment.
Guedj
Poisson fermenté et séché, qui donne une saveur iodée aux sauces.
Jaxatu
Aubergine amère africaine, souvent cuite dans la sauce du thiéboudienne.
Teranga
Hospitalité sénégalaise, valeur attachée au partage du repas.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le thiéboudienne ?

C’est le plat national du Sénégal, dont le nom wolof, ceebu jën, signifie « riz au poisson ». Un poisson farci d’un hachis de persil, d’ail et de piment mijote dans une sauce tomate avec du chou, du manioc, des carottes, de l’aubergine et des gombos ; le riz, souvent brisé, cuit ensuite dans ce bouillon. On le sert dans un grand plat commun.

Quelle est l’origine du thiéboudienne ?

La tradition le fait naître à Saint-Louis, l’ancienne capitale de la colonie du Sénégal, et l’attribue à une cuisinière saint-louisienne, Penda Mbaye ; les récits divergent sur l’époque. Le riz brisé, importé massivement pendant la période coloniale, et la tomate ont donné au plat sa forme actuelle, devenue la plus répandue au XXe siècle.

Le thiéboudienne est-il inscrit au patrimoine de l’UNESCO ?

Oui. En décembre 2021, « le ceebu jën, art culinaire du Sénégal » a été inscrit sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. L’inscription reconnaît le savoir-faire culinaire, sa transmission, surtout par les femmes, et les valeurs de partage et d’hospitalité qui entourent ce repas.

Qu’est-ce que le xooñ ?

Le xooñ est la croûte de riz doré et croustillant qui se forme au fond de la marmite à la fin de la cuisson. Très apprécié, il est souvent servi à part et partagé entre les convives, parfois réservé aux enfants ou aux invités. On l’obtient en laissant la marmite quelques minutes sur feu doux, sans remuer.

Comment mange-t-on le thiéboudienne au Sénégal ?

Au déjeuner, autour d’un grand plat commun. Le riz est étalé, le poisson posé au centre et les légumes autour. Chacun mange dans la partie qui lui fait face, à la main droite ou à la cuillère, et l’on rapproche des invités les meilleurs morceaux. Le repas se termine souvent par un thé, l’ataya.

Quelle différence entre thiéboudienne rouge et blanc ?

Le thiéboudienne rouge, le plus courant, est cuit avec du concentré de tomate qui colore le riz en orangé. Le thiéboudienne blanc, ceebu jën bu weex, se prépare sans tomate : le riz reste clair et le goût du poisson, du rof et des légumes est plus direct. Les deux se servent avec citron vert et piment.

Le thiéboudienne est-il épicé ?

Il est parfumé et modérément relevé. Le piment du rof donne une chaleur douce, et le piment entier cuit dans la sauce est retiré avant le riz, puis servi à part : chacun l’écrase dans son coin du plat selon son goût. On peut donc adapter facilement le piquant pour les enfants.

Sources