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Bún thang de Hanoï

Le bún thang à la hanoïenne : un bouillon clair de poulet, d’os de porc et de crevettes séchées versé sur des vermicelles fins garnis de poulet effiloché, de fils d’omelette, de giò lụa, de shiitakés et de radis mariné. Pour 4 bols, en 2 h 20 dont un peu plus d’une heure de travail.

Préparation
45 min
Cuisson
1 h 35
Total
2 h 20
Difficulté
Moyenne
Coût estimé
27 – 37 €
soit ≈ 7,90 €/pers.
Portions
4 pers.

Le bún thang est la soupe la plus délicate de Hanoï : un bouillon clair de poulet, d’os de porc et de crevettes séchées versé sur des vermicelles de riz fins, garnis de poulet effiloché, de fils d’omelette, de lanières de giò lụa, de shiitakés et de radis mariné. Chaque garniture est taillée finement et disposée en sections, pour un bol aussi beau que bon.

Cette recette suit la manière hanoïenne la plus courante. Elle demande du temps mais pas de difficulté particulière : le bouillon frémit pendant que l’on prépare les garnitures. On sert à part un peu de mắm tôm, la pâte de crevettes fermentée, du citron vert et du piment. Les quelques gouttes d’essence de cà cuống des recettes anciennes sont facultatives, l’insecte dont elle est tirée étant devenu rare.

Fiche du plat
Bún thang
Histoire, origine & variantes →
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Ingrédients

4 personnes

Préparation

  1. 1
    Réhydrater shiitakés et radis
    • Eau 3500 ml
    • Shiitake 15 g
    • Radis salé thaïlandais 60 g

    Rincer les shiitakés séchés et les couvrir d’eau tiède dans un bol. Dans un autre bol, couvrir le radis séché salé d’eau tiède : le trempage le dessale et l’assouplit. Laisser 30 minutes pendant que le bouillon cuit, puis égoutter et presser.

    Shiitakés souples, radis assoupli et moins salé.
  2. 2
    Blanchir les os de porc
    • Travers de porc 500 g

    Mettre les travers ou os de porc dans une casserole, couvrir d’eau froide et porter à ébullition. Laisser bouillir 3 minutes : l’écume grise remonte. Égoutter, rincer les os à l’eau froide et laver la casserole. Ce blanchiment garantit un bouillon limpide.

    Os propres, sans écume.
  3. 3
    Griller oignon et échalotes
    • Échalote 3

    Couper l’oignon en deux sans l’éplucher. Poser l’oignon et les échalotes dans une poêle sèche bien chaude, ou directement sur la flamme, et les griller 8 minutes en les retournant, jusqu’à ce que la peau noircisse par endroits. Retirer la peau brûlée : la chair grillée donne au bouillon une douceur parfumée.

    Chair tendre et parfumée, peau noircie retirée.
  4. 4
    Lancer le bouillon
    • Poulet 1400 g

    Dans un grand faitout, déposer le poulet entier, les os de porc blanchis, les 25 g de crevettes séchées rincées, l’oignon et les échalotes grillés. Couvrir de 3,5 l d’eau froide et porter doucement à frémissement. Écumer soigneusement pendant les premières minutes. Ne jamais laisser bouillir à gros bouillons.

    Surface frémissante, écume retirée.
  5. 5
    Cuire le poulet

    Laisser frémir 35 minutes, puis vérifier la cuisson : le jus qui s’écoule de la cuisse piquée doit être clair. Sortir le poulet, le plonger 5 minutes dans un saladier d’eau froide pour raffermir la peau et garder la chair moelleuse. Prélever les blancs et la chair des cuisses, puis remettre la carcasse et les os dans le bouillon.

    Jus clair à la jointure de la cuisse.
  6. 6
    Poursuivre le bouillon

    Poursuivre la cuisson 40 minutes au frémissement, à demi couvert, en écumant de temps en temps. Pendant ce temps, préparer les garnitures. Le bouillon doit rester clair et légèrement doré.

    Bouillon clair, parfumé de poulet et de crevette.
  7. 7
    Faire les omelettes fines
    • Œuf 4

    Battre les œufs avec une pincée de sel, sans les faire mousser. Huiler très légèrement une poêle antiadhésive à feu doux, verser juste assez d’œuf pour couvrir le fond en couche fine, cuire 1 minute sans colorer et retourner quelques secondes. Recommencer jusqu’à épuisement. Rouler les omelettes et les tailler en fils très fins.

    Omelettes jaunes, sans coloration, en fils fins.
  8. 8
    Préparer les shiitakés

    Presser les shiitakés réhydratés, retirer les pieds durs et émincer les chapeaux en fines lamelles. Les faire sauter 3 minutes dans une poêle avec quelques gouttes d’huile et de sauce de poisson, jusqu’à ce qu’ils soient tendres et brillants.

    Lamelles fines, tendres et assaisonnées.
  9. 9
    Mariner le radis
    • Sucre 1 c. à café
    • Vinaigre de riz 2 c. à soupe
    • Sucre 1 c. à soupe

    Presser fermement le radis réhydraté, le goûter : s’il est encore très salé, le rincer à nouveau. Le hacher en petits morceaux et le mélanger avec le vinaigre de riz et la cuillère à soupe de sucre. Il devient croquant, sucré-salé et acidulé : c’est le củ cải dầm, qui rafraîchit le bol.

    Radis croquant, équilibré entre sucré, salé et acide.
  10. 10
    Piler les crevettes séchées
    • Crevettes séchées 25 g

    Faire tremper les 25 g de crevettes séchées restantes 10 minutes dans de l’eau tiède, les égoutter et les éponger. Les faire griller à sec dans une poêle 3 à 4 minutes en remuant, puis les piler au mortier jusqu’à obtenir des flocons fins et légers, à la manière du ruốc tôm.

    Flocons fins, secs et parfumés, rose orangé.
  11. 11
    Tailler les garnitures
    • Giò lụa (chả lụa) 200 g
    • Rau răm (coriandre vietnamienne) 20 g
    • Oignon nouveau 4
    • Coriandre 10 g

    Effilocher la chair de poulet en fils très fins, à la main, dans le sens des fibres. Couper le giò lụa en tranches puis en lanières de la même finesse que l’omelette. Ciseler les oignons nouveaux, effeuiller le rau răm et la coriandre. Dans le bún thang, toutes les garnitures sont taillées très finement : c’est ce qui fait son élégance.

    Garnitures fines et régulières.
  12. 12
    Filtrer et assaisonner le bouillon

    Retirer la carcasse, les os et les légumes. Filtrer le bouillon dans une passoire fine, le dégraisser légèrement en surface et le remettre à frémir. Ajouter la sauce de poisson, le sel et le sucre, goûter et rectifier : il doit être limpide, doux et bien parfumé, légèrement plus salé qu’une soupe car les vermicelles ne sont pas salés.

    Bouillon limpide et assaisonné.
  13. 13
    Cuire les vermicelles

    Cuire les vermicelles de riz fins dans une grande casserole d’eau bouillante, 3 à 5 minutes selon le paquet. Les égoutter, les rincer à l’eau froide pour retirer l’amidon et les laisser bien s’égoutter. Juste avant de servir, les plonger quelques secondes dans de l’eau bouillante pour les réchauffer.

    Vermicelles tendres, bien séparés.
  14. 14
    Dresser et servir
    • Mắm tôm 4 c. à café
    • Citron vert 1
    • Piment rouge 2

    Déposer quelques feuilles de rau răm au fond des bols, puis les vermicelles réchauffés. Disposer par-dessus, en sections bien séparées, le poulet effiloché, les fils d’omelette, le giò lụa, les shiitakés, le radis mariné et les flocons de crevettes. Parsemer d’oignon nouveau et de coriandre, puis verser le bouillon bouillant au bord du bol pour ne pas déranger la garniture. Servir avec le mắm tôm, les quartiers de citron vert et le piment à part.

    Bol coloré, garnitures en sections, bouillon brûlant.

Matériel

Avec vos appareils

Cookeo

Mettre le poulet découpé, les os blanchis, les crevettes séchées, l’oignon et les échalotes grillés et 2,5 l d’eau dans la cuve (sans dépasser le niveau maximal), cuire 30 minutes sous pression, puis laisser la pression retomber naturellement. Point d’attention : le bouillon est moins limpide, le filtrer à travers un linge fin.

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Cocotte

Une grande cocotte en fonte peut remplacer le faitout : sa chaleur douce et régulière aide à garder un frémissement constant. Point d’attention : vérifier qu’elle contient bien 3,5 l d’eau et le poulet entier.

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Astuces du chef

  • Un bouillon limpide demande trois gestes : blanchir les os, écumer au début, et ne jamais dépasser le frémissement.
  • Les crevettes séchées donnent au bouillon sa douceur caractéristique : choisir des crevettes d’un orange vif, sans odeur d’ammoniaque.
  • Plonger le poulet cuit dans l’eau froide : la peau se raffermit et la chair reste juteuse.
  • Tailler toutes les garnitures à la même finesse : c’est la signature du bún thang.
  • Le mắm tôm se dose avec parcimonie : une pointe de couteau dans le bouillon suffit pour le découvrir.

Erreurs fréquentes

Bouillon trouble

Os non blanchis ou ébullition trop forte : blanchir les os, écumer au début, garder un frémissement et filtrer finement.

Bouillon fade

Pas assez de crevettes séchées ou cuisson trop courte : prolonger de 20 minutes et assaisonner à la fin avec la sauce de poisson.

Poulet sec

Cuit trop longtemps : le sortir après 35 minutes de frémissement et le plonger dans l’eau froide.

Omelette brune ou épaisse

Feu trop vif ou trop d’œuf : feu doux, couche très fine, cuisson sans coloration.

Bol trop salé

Radis mal dessalé ou bouillon salé trop tôt : bien tremper le radis et assaisonner le bouillon en dernier.

Vermicelles collés

Pas rincés ou gardés dans l’eau : les rincer à l’eau froide, bien égoutter et les réchauffer quelques secondes au moment de servir.

Remplacer un ingrédient

  • Giò lụa remplacé par Jambon blanc de qualité en lanières

    Goût plus doux, sans la note de sauce de poisson.

  • Radis séché salé remplacé par Daikon frais en julienne, mariné 30 minutes au vinaigre de riz, sucre et sel

    Plus croquant et plus frais, moins de profondeur.

  • Rau răm remplacé par Coriandre et un peu de menthe

    Parfum plus doux, moins poivré.

  • Shiitakés séchés remplacé par Shiitakés frais

    Goût moins intense ; en compter 80 g, sans trempage.

  • Poulet entier remplacé par Cuisses et carcasses de poulet

    Bouillon tout aussi parfumé ; chair de cuisse plus moelleuse que le blanc.

Variantes

Version express

Partir de 2 l de bouillon de poulet maison ou de bonne qualité, l’enrichir de 20 g de crevettes séchées et faire frémir 20 minutes. Utiliser du poulet rôti effiloché, une omelette fine, le giò lụa et des shiitakés frais poêlés ; remplacer le radis mariné par quelques lamelles de daikon au vinaigre.

Compromis : bouillon moins profond et moins limpide.

Version gastronomique

Cuire une jeune poule fermière avec les os de porc, les crevettes séchées et un peu de sá sùng (ver de sable séché) pour un bouillon plus profond, puis le clarifier soigneusement. Préparer un vrai ruốc de crevettes fraîches, ajouter un demi-jaune d’œuf salé au centre du bol, et parfumer chaque bol d’une goutte d’essence de cà cuống si l’on en trouve.

Finition : herbes cueillies au dernier moment et bouillon versé à table.

Dressage et accords

Dans un grand bol, déposer quelques feuilles de rau răm puis les vermicelles. Disposer par-dessus, en sections bien séparées comme les rayons d’une roue, le poulet effiloché, les fils jaunes d’omelette, les lanières roses de giò lụa, les shiitakés sombres, le radis mariné et les flocons orangés de crevettes. Parsemer d’oignon nouveau et de coriandre, puis verser le bouillon brûlant sur le bord. Servir avec le mắm tôm, le citron vert et le piment à part.

À boire, à servir avec

Thé vert chaud ou thé au jasmin, comme à Hanoï. Une bière blonde légère convient aussi, ou un blanc sec et aromatique. Sans alcool : thé glacé ou eau citronnée.

Anti-gaspillage

  • La chair des cuisses non utilisée garnit un riz sauté ou une salade de poulet au rau răm.
  • Le bouillon restant se congèle 3 mois et sert de base à d’autres soupes de vermicelles.
  • Les pieds de shiitakés parfument le bouillon pendant la cuisson.
  • Les chutes d’omelette et de giò lụa se glissent dans un riz frit.

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il pour faire un bún thang ?

Environ 2 h 20, dont un peu plus d’une heure de travail : le bouillon frémit 1 h 15 pendant que l’on prépare les garnitures.

Où trouver le giò lụa et le radis séché ?

Dans les épiceries asiatiques : le giò lụa au rayon frais, en rouleaux ; le radis séché salé en sachets, au rayon des légumes conservés.

Comment obtenir un bouillon limpide ?

En blanchissant les os, en écumant au début, en gardant un simple frémissement et en filtrant finement. Le sel et la sauce de poisson s’ajoutent à la fin.

Le mắm tôm est-il obligatoire ?

Non, il se sert à part : chacun en ajoute une pointe dans son bol. Son goût puissant surprend, mais il fait partie de la tradition hanoïenne.

Qu’est-ce que le cà cuống ?

Une essence tirée d’une grande punaise d’eau, dont quelques gouttes parfumaient le bún thang ancien. Devenue rare et chère, elle est souvent remplacée par un arôme, ou simplement omise.

Peut-on préparer le bún thang à l’avance ?

Oui : bouillon et garnitures se préparent la veille et se gardent au frais. On cuit les vermicelles et on porte le bouillon à ébullition au moment de servir.

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