Thiéboudienne au poisson sur un grand plateau : riz rouge à la tomate, poisson farci, manioc, carotte, chou, aubergine et gomboImage générée par IA
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Thiéboudienne au poisson (ceebu jën)

Un poisson farci au rof de persil, d’ail et de piment, une sauce tomate mijotée jusqu’à ce que l’huile remonte, de gros légumes fondants et un riz brisé cuit dans le bouillon jusqu’au xooñ croustillant : la recette de référence du thiéboudienne, le riz au poisson sénégalais.

Préparation
50 min
Cuisson
2 h 10
Total
3 h
Difficulté
Moyenne
Coût estimé
43 – 59 €
soit ≈ 8,50 €/pers.
Portions
6 pers.

Le thiéboudienne, ou ceebu jën en wolof, est le riz au poisson du Sénégal : un poisson farci d’un hachis de persil, d’ail et de piment, le rof, mijoté dans une sauce tomate avec de gros morceaux de légumes, puis un riz brisé cuit dans le bouillon, qui en absorbe toutes les saveurs. Cette recette suit la version rouge de référence, au mérou, le poisson qui remplace le mieux le thiof sénégalais, avec chou, manioc, carotte, navet, aubergine, patate douce, citrouille et gombos.

La réussite tient à trois moments. La sauce d’abord : le concentré de tomate doit cuire dans l’huile jusqu’à ce que celle-ci se sépare et remonte, sans quoi le plat garde un goût acide. Les légumes ensuite, ajoutés en deux temps, des plus fermes aux plus tendres, pour qu’ils restent entiers. Le riz enfin, versé dans une quantité mesurée de bouillon, puis fini à l’étouffée jusqu’à former au fond le xooñ, la croûte dorée que l’on se partage.

Comptez 50 minutes de préparation et un peu plus de 2 heures de cuisson, en grande partie sans surveillance, pour un grand plat de 6 personnes. Les ingrédients se trouvent en France : le riz brisé, le manioc et les gombos en épicerie africaine ou asiatique, le poisson chez le poissonnier. Le yet et le guedj, coquillage et poisson séchés fermentés, sont facultatifs ; leur rôle, les poissons de remplacement et les variantes sont expliqués dans les substitutions et la FAQ.

Fiche du plat
Thiéboudienne (ceebu jën)
Histoire, origine & variantes →
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Ingrédients

6 personnes

Préparation

  1. 1
    Préparer le rof
    • Persil plat 30 g
    • Ail 6 gousses
    • Cébette 2
    • Poivre noir 1 c. à café
    • Sel 1 c. à café

    Laver et sécher le persil, en garder les feuilles et les tiges fines. Peler l’ail, nettoyer les cébettes et épépiner le demi-piment en portant des gants ou en se lavant les mains aussitôt après. Tout piler au mortier avec le poivre noir et la cuillerée à café de sel, ou hacher au couteau puis écraser avec le plat de la lame. On cherche une pâte verte, humide et grossière, pas une purée lisse. Ce mélange, le rof (ou roff), parfume à la fois le poisson et la sauce.

    Pâte verte, grossière et très parfumée, qui se tient en petit tas.
  2. 2
    Farcir le poisson

    Rincer les darnes, les éponger soigneusement avec du papier absorbant. Avec la pointe d’un couteau, pratiquer dans la chair de chaque darne deux ou trois entailles profondes, jusqu’à l’arête, sans traverser. Glisser une bonne pincée de rof dans chaque entaille en poussant avec le doigt, puis refermer la chair. Avec un poisson entier, inciser les deux flancs en biais. Réserver le tiers du rof restant, qui ira dans la sauce.

    Darnes bien farcies, entailles refermées, rof bien enfoncé.
  3. 3
    Éplucher et tailler les légumes
    • Eau 2,5 l
    • Manioc 300 g
    • Carotte 3
    • Navet 2
    • Patate douce 1
    • Citrouille 300 g
    • Gombo 8

    Le thiéboudienne demande de gros morceaux, qui cuisent longtemps sans se défaire. Couper le manioc en tronçons de 6 cm, retirer la peau brune et la couche rosée, fendre chaque tronçon et ôter la fibre centrale. Couper le demi-chou en quatre en gardant un peu de trognon pour que les quartiers tiennent. Peler les carottes et les navets, les couper en deux ; peler la patate douce et la tailler en 4 tronçons ; couper l’aubergine en quartiers et la citrouille en gros morceaux, avec la peau. Raccourcir la queue des gombos sans les ouvrir. Enfin, laver le riz brisé dans plusieurs eaux, jusqu’à ce qu’elle soit presque claire, et le laisser égoutter.

    Légumes en gros morceaux réguliers, riz égoutté dans une passoire.
  4. 4
    Dorer le poisson

    Verser l’huile dans une grande marmite à fond épais ou une cocotte en fonte d’au moins 7 litres et la chauffer à feu moyen-vif. Y déposer les darnes farcies sans les serrer, en deux fois si besoin, et les faire dorer 3 à 4 minutes par face sans les remuer, pour qu’elles se décollent seules. Le poisson ne doit pas cuire à cœur : il ne fait que se raffermir et colorer. Le réserver sur une assiette. Cette huile parfumée au poisson et au rof sert de base à toute la sauce.

    Darnes dorées sur les deux faces, encore crues à cœur, qui se décollent sans se briser.
  5. 5
    Faire revenir les oignons
    • Oignon jaune 3
    • Poivron vert 1

    Baisser le feu à moyen. Mettre dans la marmite les oignons finement émincés et, si vous l’utilisez, le poivron vert en lanières. Les faire fondre 8 à 10 minutes en remuant souvent et en grattant les sucs laissés par le poisson. Ils doivent être tendres, translucides et commencer à blondir, sans brûler : des oignons trop colorés donneraient de l’amertume à la sauce.

    Oignons fondants, translucides, à peine dorés.
  6. 6
    Cuire la tomate jusqu’à ce que l’huile remonte
    • Concentré de tomate 140 g
    • Tomate 2

    Délayer le concentré de tomate dans un verre d’eau, le verser sur les oignons avec les tomates mixées et le tiers de rof réservé. Cuire à feu moyen en remuant régulièrement, en raclant bien le fond, pendant environ 15 minutes. La sauce épaissit, fonce et perd son goût acide de concentré cru ; le signe qu’elle est prête est que l’huile se sépare et remonte, rouge, à la surface. C’est l’étape qui donne au thiéboudienne sa couleur et sa profondeur.

    Sauce rouge sombre et épaisse, huile qui perle en surface, plus d’odeur de concentré cru.
  7. 7
    Mouiller et parfumer le bouillon
    • Laurier-sauce 2 feuilles
    • Tamarin 30 g

    Verser les 2,5 litres d’eau dans la marmite et bien mélanger pour délayer la sauce. Ajouter les feuilles de laurier, le piment entier, sans le percer pour qu’il parfume sans tout embraser, le tamarin si vous l’utilisez, et les 2 cuillerées à café de sel. Si vous avez du yet ou du guedj (coquillage et poisson séchés fermentés, vendus en épicerie africaine), en rincer un petit morceau et l’ajouter à ce moment : il donne au bouillon une profondeur iodée très caractéristique. Porter à ébullition puis laisser frémir 10 minutes.

    Bouillon rouge orangé, frémissant, au parfum de tomate, d’ail et de piment.
  8. 8
    Cuire les légumes fermes

    Mettre dans la marmite les légumes qui demandent la plus longue cuisson : le manioc, les quartiers de chou, les carottes et les navets. Ils doivent être immergés ; ajouter un peu d’eau chaude si nécessaire. Couvrir et laisser cuire 20 minutes à petits bouillons, en retournant une fois les quartiers de chou avec une écumoire, sans les briser.

    Légumes encore fermes mais la pointe du couteau commence à entrer.
  9. 9
    Ajouter le poisson et les légumes tendres

    Glisser délicatement les darnes de poisson dans le bouillon, entre les légumes. Ajouter la patate douce, l’aubergine, la citrouille et les gombos entiers. Couvrir et poursuivre la cuisson à frémissement doux 15 à 20 minutes. Le poisson doit être cuit à cœur, sa chair opaque, et tous les légumes tendres sous la pointe d’un couteau, sans se défaire. Goûter le bouillon et rectifier le sel : il doit être bien assaisonné, car il va parfumer tout le riz.

    Poisson opaque à cœur, manioc et carottes tendres, légumes entiers.
  10. 10
    Retirer le poisson et les légumes

    Avec une écumoire, sortir d’abord les darnes, puis les légumes, et les ranger dans un plat creux. Les arroser d’une louche de sauce, couvrir d’une feuille d’aluminium ou d’un couvercle et garder au chaud, par exemple dans le four éteint encore tiède. Retirer le piment entier, à servir à part pour les amateurs, ainsi que le laurier et le morceau de yet ou de guedj si vous en avez mis. Prélever aussi un bol de sauce pour le service.

    Bouillon seul dans la marmite, poisson et légumes intacts au chaud.
  11. 11
    Mesurer le bouillon et y verser le riz

    Mesurer le bouillon : pour 600 g de riz brisé, il en faut environ 1,2 litre ; retirer le surplus ou compléter avec de l’eau chaude. Porter à ébullition et verser le riz égoutté en pluie. Mélanger, puis cuire à découvert, à feu moyen, en remuant de temps en temps de bas en haut, environ 8 à 10 minutes, jusqu’à ce que le riz ait absorbé presque tout le bouillon et que de petits cratères se forment à la surface. Le riz prend alors une belle couleur orangée.

    Riz orangé qui a bu presque tout le bouillon, petits cratères en surface.
  12. 12
    Finir le riz à l’étouffée

    Poser une feuille de papier d’aluminium ou de papier sulfurisé directement sur la marmite, puis le couvercle par-dessus : l’ensemble doit être bien hermétique pour que le riz cuise à la vapeur de son bouillon. Baisser le feu au plus bas et laisser cuire 20 à 25 minutes. À mi-cuisson, retourner une fois le riz avec une spatule, de bas en haut, sans gratter le fond. Goûter : les grains doivent être tendres, gonflés et bien détachés. S’ils sont encore fermes, ajouter 2 à 3 cuillerées d’eau chaude et prolonger de 5 minutes.

    Riz tendre, gonflé, aux grains détachés et uniformément colorés.
  13. 13
    Laisser se former le xooñ

    Pour obtenir le xooñ, cette croûte de riz doré et croustillant que tout le monde se dispute, laisser la marmite couverte sur le feu doux 5 à 10 minutes de plus, sans plus toucher au riz. Le fond doit dorer et sentir le riz grillé, sans aucune odeur de brûlé. Pour le décoller, retirer la marmite du feu et la poser 2 minutes sur un torchon humide, puis gratter avec une spatule rigide.

    Croûte dorée et croustillante au fond, odeur de riz grillé, pas de brûlé.
  14. 14
    Dresser et servir
    • Citron vert 2

    Étaler le riz dans un grand plat rond et creux, celui que l’on partage au centre de la table. Disposer les darnes de poisson au milieu et les légumes tout autour, en couronne colorée, puis napper d’un peu de sauce réservée. Poser les morceaux de xooñ sur le bord du plat ou dans une assiette à part. Servir avec les quartiers de citron vert, le reste de sauce et le piment cuit, que chacun écrase selon son goût.

    Plat généreux : riz orangé, poisson au centre, couronne de légumes, xooñ à part.

Matériel

En images

Photos de la fiche Thiéboudienne (ceebu jën)

Avec vos appareils

Cocotte en fonte

C’est l’ustensile idéal pour le thiéboudienne : son fond épais répartit la chaleur pendant la longue cuisson des légumes et permet un xooñ régulier sans brûler. Choisir une cocotte d’au moins 7 litres, suivre la recette sans changement et, pour l’étouffée du riz, glisser une feuille de papier sulfurisé sous le couvercle. Point d’attention : la fonte garde longtemps la chaleur, baisser le feu un peu plus tôt pour le xooñ.

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Cookeo

Dorer les darnes farcies en mode dorer, en deux fois, et les réserver. Faire revenir les oignons puis cuire la sauce tomate 10 minutes en mode dorer, en remuant. Ajouter 1,5 litre d’eau, le reste du rof, le laurier, le sel, le manioc, le chou, les carottes et les navets, puis cuire 8 minutes sous pression. Dépressuriser, ajouter le poisson et les légumes tendres et cuire 3 minutes sous pression. Retirer poisson et légumes, garder 750 ml de bouillon pour 500 g de riz brisé et cuire 9 minutes sous pression, puis laisser reposer 5 minutes. Point d’attention : la cuve est trop petite pour 6 personnes avec tous les légumes, réduire les quantités d’un tiers ; il n’y a pas de xooñ.

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Astuces du chef

  • Le rof se pile, il ne se mixe pas : quelques coups de pilon suffisent pour une pâte grossière et très parfumée.
  • Ne lésinez pas sur la cuisson du concentré de tomate : tant que l’huile n’est pas remontée, la sauce n’est pas prête.
  • Salez franchement le bouillon avant d’y verser le riz : c’est lui qui assaisonne tout le plat.
  • Le riz brisé n’est pas un riz de second choix : ses grains cassés absorbent mieux la sauce, c’est lui qui donne la texture du thiéboudienne.
  • Beaucoup de cuisinières sénégalaises ajoutent au rof ou au bouillon un cube de bouillon : facultatif, il renforce le goût mais aussi le sel, à réduire en conséquence.
  • Pour un xooñ réussi, une marmite à fond épais et un feu vraiment doux valent mieux que n’importe quelle astuce.

Erreurs fréquentes

Sauce acide, goût de tomate crue

Le concentré n’a pas assez cuit avant d’être mouillé : le cuire 15 minutes dans l’huile avec les oignons, en remuant, jusqu’à ce que l’huile se sépare et remonte.

Riz pâteux et collant

Trop de bouillon ou riz remué sans cesse : mesurer environ 1,2 litre de bouillon pour 600 g de riz, laisser absorber à découvert puis finir à l’étouffée en ne retournant qu’une fois.

Riz encore dur sur le dessus

La marmite n’était pas hermétique : la couvrir d’une feuille d’aluminium sous le couvercle, ajouter 2 à 3 cuillerées d’eau chaude et prolonger de 5 à 10 minutes à feu très doux.

Légumes en purée

Ils étaient trop petits ou ajoutés tous ensemble : les tailler en gros morceaux et ajouter d’abord manioc, chou, carotte et navet, puis 20 minutes après les légumes tendres.

Poisson émietté

Poisson trop fragile ou bouillon trop vif : choisir des darnes épaisses d’un poisson ferme, les dorer sans les retourner trop tôt et les cuire à frémissement doux.

Plat beaucoup trop piquant

Le piment entier a éclaté ou a été percé : le plonger intact et le retirer avant de cuire le riz ; pour le rof, n’utiliser qu’un demi-piment épépiné.

Xooñ brûlé

Feu trop fort ou marmite trop fine : rester sur feu très doux, utiliser une marmite à fond épais et surveiller l’odeur ; dès qu’elle sent le brûlé, retirer du feu.

Remplacer un ingrédient

  • Mérou (thiof) remplacé par Dorade, bar, capitaine ou pagre en darnes épaisses

    Tous se tiennent bien dans la sauce et se farcissent facilement ; la dorade, plus fine, cuit 5 minutes de moins. Éviter les poissons à chair fragile, qui s’effilochent.

  • Riz brisé remplacé par Riz long ou riz parfumé non étuvé

    Grains plus longs et moins fondants, qui absorbent un peu moins de sauce ; réduire le bouillon à 1 litre pour 600 g de riz et la cuisson de 5 minutes.

  • Manioc remplacé par Igname ou pomme de terre à chair ferme

    Texture proche, plus fondante pour la pomme de terre ; l’ajouter avec les légumes tendres car elle cuit plus vite.

  • Jaxatu (aubergine amère) remplacé par Aubergine classique

    Plus douce et sans amertume ; c’est l’option la plus courante en France, utilisée dans cette recette.

  • Yet et guedj remplacé par Les omettre, ou ajouter une cuillerée de crevettes séchées

    Le plat reste très bon sans eux, avec un goût plus doux ; les crevettes séchées apportent une note iodée approchante, plus discrète.

  • Piment antillais remplacé par Piment vert frais ou piment de Cayenne en poudre

    Le piment antillais est proche du piment sénégalais par son parfum fruité ; le piment vert est plus doux, le Cayenne plus sec et plus franc.

Variantes

Version express

En 1 h 15 : utiliser des filets épais de poisson ferme (dorade, cabillaud), simplement badigeonnés de rof, et des légumes en morceaux moyens, en ne gardant que chou, carotte, aubergine et patate douce. Cuire la sauce 10 minutes, mouiller avec 1,5 litre d’eau, cuire légumes et poisson 20 minutes, les retirer, puis cuire 400 g de riz long dans 900 ml de bouillon, 15 minutes à couvert.

Compromis : sauce moins concentrée, riz long moins fondant que le riz brisé et pas de xooñ.

Version gastronomique

Utiliser un véritable thiof ou un beau mérou entier, farci de rof et de quelques crevettes décortiquées, et ajouter au bouillon un morceau de yet et de guedj pour sa profondeur iodée. Servir le riz moulé en dôme, entouré des légumes taillés régulièrement, et dresser le poisson entier sur le dessus.

Finition : quelques tranches de piment frais, du persil ciselé, des éclats de xooñ en décor, un bol de sauce réduite au tamarin et un jus de bissap bien frais.

Dressage et accords

Servir le thiéboudienne dans un grand plat rond et creux, posé au centre de la table, comme on le fait au Sénégal autour du bol commun. Étaler le riz orangé, disposer les darnes au milieu et les légumes en couronne, en alternant les couleurs : chou pâle, carotte, patate douce, aubergine, citrouille et gombos verts. Ajouter quelques cuillerées de sauce sur le poisson, poser le xooñ en morceaux sur le bord, et proposer à part les quartiers de citron vert, le bol de sauce et le piment cuit. Chacun se sert dans la portion du plat qui lui fait face, la maîtresse de maison rapprochant de chaque convive les meilleurs morceaux de poisson et de légumes.

À boire, à servir avec

Sans alcool : un jus de bissap (hibiscus) bien frais, légèrement sucré, ou un jus de gingembre, les deux boissons qui accompagnent le plus souvent le thiéboudienne au Sénégal ; un jus de bouye (fruit du baobab) pour les plus gourmands. Après le repas, un ataya, le thé à la menthe sénégalais servi en trois services. Vin : un blanc sec et fruité, comme un côtes-de-gascogne ou un vin blanc de Provence, ou un rosé frais.

Anti-gaspillage

  • Le bouillon en trop, après la mesure pour le riz, se garde 2 jours au réfrigérateur : il sert de base à une soupe de légumes ou à cuire un autre riz.
  • Les légumes restants s’écrasent grossièrement avec un peu de sauce et se servent sur du pain ou en accompagnement d’un poisson grillé.
  • Le riz restant se réchauffe à la poêle avec un filet d’huile : il redevient légèrement croustillant, comme un petit xooñ.
  • Les queues de persil non utilisées et la peau de citrouille vont au compost, les tiges fines de persil dans le rof.
  • Le poisson restant s’émiette, se mélange au riz et à un peu de sauce et se façonne en boulettes à poêler.

Questions fréquentes

Quel poisson utiliser pour le thiéboudienne en France ?

Le poisson de référence est le thiof, un mérou blanc d’Afrique de l’Ouest. En France, prenez du mérou, de la dorade, du bar, du capitaine ou du pagre, en darnes épaisses : ces poissons à chair ferme se tiennent dans la sauce et se farcissent facilement. Évitez les poissons à chair fragile.

Qu’est-ce que le rof du thiéboudienne ?

Le rof est un hachis de persil, d’ail, de cébette et de piment, pilé avec du poivre et du sel. On l’enfonce dans des entailles pratiquées dans le poisson, et une partie parfume la sauce. C’est lui qui donne au thiéboudienne son goût vert et relevé ; certaines familles y ajoutent un cube de bouillon.

Faut-il du riz brisé pour le thiéboudienne ?

C’est le riz habituel au Sénégal : ses grains cassés absorbent bien la sauce et donnent une texture tendre et fondante. On le trouve en épicerie africaine ou asiatique. À défaut, un riz long non étuvé convient, avec un peu moins de bouillon, environ 1 litre pour 600 g.

Comment réussir le xooñ ?

Utilisez une marmite à fond épais, mesurez bien le bouillon et finissez le riz à l’étouffée sur feu très doux. Une fois le riz cuit, laissez la marmite 5 à 10 minutes de plus sur le feu, sans remuer : le fond dore et devient croustillant. Posez ensuite la marmite sur un torchon humide pour le décoller.

Que sont le yet et le guedj ?

Le yet est un gros coquillage marin fermenté puis séché, le guedj un poisson fermenté et séché. Ajoutés en petits morceaux dans le bouillon, ils donnent au thiéboudienne une saveur iodée et profonde, très appréciée au Sénégal. Ils sont facultatifs et se trouvent dans les épiceries africaines ; leur odeur est puissante.

Peut-on préparer le thiéboudienne à l’avance ?

Mieux vaut le servir aussitôt, quand le riz est tendre et le xooñ croustillant. On peut cependant préparer le rof, farcir le poisson et éplucher les légumes la veille, ou cuire la sauce à l’avance. Les restes se réchauffent bien le lendemain, riz et poisson séparément, avec un peu de bouillon.

Combien de bouillon faut-il pour le riz du thiéboudienne ?

Comptez environ deux fois le poids du riz en bouillon, soit 1,2 litre pour 600 g de riz brisé. Retirez le surplus ou complétez avec de l’eau chaude avant de verser le riz. Trop de liquide donne un riz pâteux ; pas assez, des grains durs qu’il faudra finir avec quelques cuillerées d’eau.

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